Czytaj książkę: «La "noire idole": Étude sur la Morphinomanie»

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Laurent Tailhade

La "noire idole": Étude sur la Morphinomanie


Publié par Good Press, 2021

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066078232

Table des matières

La «Noire Idole»

LAURENT TAILHADE

La «Noire Idole»

Étude sur la Morphinomanie

Œuvres Complètes de Paul Verlaine

La «Noire Idole»

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LAURENT TAILHADE

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La «Noire Idole»

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Étude sur la Morphinomanie

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«... capa que cobre todos los humanos pensamientos, manjar que quita la hambre, agua que ahuyenta la sed, fuego que caliente el frio, frio que templa el ardor, y finalmente moneda general con que todas las cosas se compran, balanza y peso que iguala al pastor con el rey, y al simple con el discreto». Don Quijote, Part. II, Cap 68.

PARIS
ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR
Successeur de LÉON VANIER
19, Quai Saint-Michel, 19
1914

Il a été tiré vingt exemplaires sur Hollande Van Gelder numérotés de 1 à 20.

Les personnes étrangères aux études médicales: hommes de lettres ou du monde, romanciers, chroniqueurs, simples gobe-mouches qui parlent, écrivent, discourent sur le propos de la morphine et de la morphinomanie, ignorent, la plupart du temps, le premier mot de leur sujet. Ils préconisent avec un aplomb qui déconcerte, des lieux-communs aussi vagues qu'erronés. Bon nombre de docteurs ne sont guères plus instruits que le public sur les arcanes du voluptueux et sinistre poison. Les plus avisés décernent leur clientèle au spécialiste; d'autres, moins éclairés ou moins délicats, proposent des traitements infructueux et chimériques. Optimistes à l'excès, d'aucuns, regardent la morphinomanie comme une «mauvaise habitude», comparable à celle des cartes ou du tabac. Ils prétendent la guérir par des procédés aimables ou de spécieuses diversions: promenades, théâtre, injections d'eau claire et tout ce qui s'en suit. D'autres enfin, cyniques faiseurs de dupes, exploitent, sous couleur de la traiter, cette «maladie expérimentale» qui, à moins d'une cure efficace et rationnelle, permise aux thérapeutes seuls outillés pour cet objet, n'a d'autre aboutissant que le désespoir, la vésanie ou la mort.

Opium de l'Occident, la morphine est à peu près au suc de pavot, ingéré en pastilles ou fumé dans des pipes, ce que les brûlants alcools de grains ou de fruits: gin, hasselt, kirsch, genièvre ou schiedam, sont à la bière, au vin non frelatés. L'ivresse immédiate, foudroyante ne permet pas à l'adepte un moment de répit. De prime abord, la possession est complète, comme chez ces démonopathes dont les juges ecclésiastiques ou civils: Boguet, Remigius, Lancre, del Rio ont, à leur insu, étudié la névrose. Une force inconnue et despotique s'empare de la victime, agit à sa place, dédouble en quelque manière sa personnalité. Au MOI raisonnant et social, un autre MOI se substitue en qui toute idée, en qui tout sentiment est aboli par l'appétit égoïste de la piqûre béatifiante.

Comment les peuples indo-européens, à qui leur activité permet de conquérir le monde et d'exproprier «les races incompétentes», se laissent-ils envoûter par ce morne sortilège, destructeur de la force et de la volonté, au moment précis où l'universelle concurrence impose à l'homme de vouloir et d'entreprendre, sans une minute d'hésitation ni de repos? Les nations les plus actives semblent renchérir sur ce goût. A Londres, le samedi au soir, les apothicaires débitent de l'extrait thébaïque et des pilules d'opium brut, tout comme les bars versent du gin ou du wisky.

On entre dans la morphine par deux chemins inégalement semés de fleurs. Les uns, dans le but légitime d'accoiter leurs souffrances, ont recours aux vertus du terrible stupéfiant: d'autres y cherchent impudemment une sensation de plaisir, un bien-être que le docteur Ball a qualifié, le premier, d'euphorie. Mais, quelle que soit la porte ouverte sur cet enfer, par la thérapeutique ou l'appétit des sensations nouvelles, pareille est la damnation. «La Noire Idole», comme Quincey appelait sa carafe de laudanum, ne lâche pas sans d'incroyables efforts les dévots qu'elle a conquis.

Quel est donc ce philtre magique, cet élixir de mort qui vend si cher ses prétendus bienfaits? Sans remonter à Dioscoride, au médecin Andromachus, calmant les crises épileptiques de Néron à grand renfort de thériaque, à Galien qui soignait les maladies nerveuses de Julia Mæsa, de Julia Domna et de leurs courtisans, les propriétés soporatives de l'opium furent connues et largement utilisées par les morticoles d'autrefois.

Contrairement à la doctrine du Malade Imaginaire, l'opium ne fait pas dormir, ou, du moins, ne fait dormir qu'à très longue échéance. Il provoque tout d'abord une chaude ébriété; il confère au patient l'oubli momentané des plus cruelles douleurs. C'est un «remède désangoissant», ainsi que l'appelle à bon droit le docteur Dubuisson.

Dans les premières années du XIXe siècle, le chimiste Sertüner isola, parmi d'autres alcalis organiques, un alcoloïde à la fois sédatif et convulsivant, que l'opium de Smyrne, de l'Inde ou d'Egypte renferme dans la proportion moyenne de 10%.

L'empoisonneur Castaing utilisa, peu après (1823), la découverte du chimiste. Il «réalisa» son ami Ballet comme Lapommerais devait «réaliser», quarante et un ans plus tard, Mme de Paw, sa maîtresse, au moyen de la digitaline récemment acquise à la pharmacopée par Homolle et Quévenne. Hippolyte Ballet et Mme de Paw avaient commis l'erreur de souscrire une assurance sur la vie à leurs vénéneux compagnons. Castaing, après avoir attiré sa victime à Saint-Cloud (qui paraissait alors une villégiature suffisamment rustique), lui donna le boucon à l'auberge de la Tête Noire. C'était, dans du vin chaud, une solution fortement chargée d'acétate de morphine. Ballet trouva le vin si amer qu'il n'en but qu'une gorgée, attribuant ce mauvais goût au zeste du citron. La nuit fut mauvaise. Castaing, le jour suivant, administra une potion au malade qui rendit superflue toute médication ultérieure. Le pauvre garçon en mourut après quelques instants.

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Data wydania na Litres:
15 stycznia 2025
Objętość:
22 str. 1 ilustracja
ISBN:
4064066078232
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Właściciel praw:
Bookwire
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