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Marius Vachon

Le Palais du Conseil d'État et de la Cour des Comptes


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066331924

Table des matières

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Table des matières


E palais du Conseil d’État et de la Cour des Comptes, situé sur le quai d’Orsay, a été le premier monument détruit par l’incendie, dans les néfastes journées de mai1871. C’est par là qu’a commencé cette série d’épouvantables sinistres qui ont anéanti tant d’œuvres d’art et tant de richesses de tout genre. Sans avoir, au point de vue artitsique et historique, la même importance que les Tuileries, l’Hôtel de Ville, le Palais de Justice, etc., le palais du Conseil d’État et de la Cour des Comptes n’en était pas moins très intéressant comme œuvre d’architecture, et ne saurait être passé sous silence dans l’inventaire des pertes subies par l’art français pendant la guerre de1870-1871et pendant la Commune, que nous avons entrepris. Ce Palais contenait, en outre, des œuvres d’art d’une haute valeur, qui méritent d’être sauvées d’un oubli injuste. Nous croyons donc utile de lui consacrer particulièrement quelques lignes.

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Table des matières

LA construction du palais fut commencée en 1810, sous la direction de l’architecte Bonnard. Napoléon avait pris lui-même une part très active à la rédaction des plans. Il ne se contentait point d’approuver ou de rejeter ceux qui lui étaient soumis, il les modifiait de sa main. Le monument était destiné primitivement au ministère des affaires étrangères. Les travaux furent suspendus pendant la Restauration; on ne les reprit que la dernière année du règne de Charles X. Louis-Philippe les fit pousser activement, et affecta le palais au Conseil d’État et à la Cour des Comptes. A la mort de Bonnard, il en confia la direction à Lacornée, qui apporta de sensibles modifications à l’œuvre de son maître. La construction fut terminée en1842. Les dépenses totales s’étaient élevées à plus de douze millions.

Le palais, dont les murs sont encore entièrement debout, forme un immense quadrilatère compris entre les rues Bellechasse, de Poitiers, de Lille et le quai d’Orsay. Il a deux étages. Le rez-de-chaussée est d’ordre dorique-roman avec colonnes engagées. L’ordre ionique règne au premier étage; une attique genre Renaissance forme le deuxième étage. La façade principale se trouve sur la rue de Lille. Deux avant-corps forment une faible saillie sur le centre de la façade, et donnent un aspect plus imposant et plus de largeur à l’entrée du palais. Dans toute la longueur de cette façade en retrait, dix-neuf arcades à jour forment un portique qui précède la grande cour d’honneur. Le rez-de-chaussée est élevé d’environ deux mètres, hauteur des piédestaux qui supportent les colonnes de l’ordre dorique. On y accède par des perrons qui se trouvent dans les corps de logis à droite et à gauche de la cour d’honneur. Sur cette façade, les arcades du premier étage sont à jour comme celles du rez-de-chaussée, et forment ainsi une loggia d’un assez monumental aspect. La façade sur le quai d’Orsay est en avancée de plusieurs mètres sur les massifs des constructions, et est entourée d’une espèce de préau, garni d’une grille. Elle comprend, au rez-de-chaussée et au premier étage, dix-neuf arcades vitrées. Le deuxième étage est pourvu de croisées carrées, pratiquées dans l’attique. Les deux avant-corps sont ornés de pilastres au lieu de colonnes engagées, comme cela existe sur la façade principale. Les façades sur les rues Bellechasse et de Poitiers sont peu en harmonie avec celles-ci, et ne présentent point de décoration. Le palais a trois cours: la cour d’honneur et deux autres qui servaient de dépendances.

Le Conseil d’État occupait le rez-de-chaussée et une partie du premier étage; la Cour des Comptes le reste de l’édifice. Malgré l’heureuse disposition de certaines parties, le palais ne présentait point une physionomie d’ensemble très agréable. La construction paraissait lourde, écrasée et monotone. Les Parisiens ne semblent pas outre mesure désolés de son incendie, et ne considéreraient point certainement sa démolition complète comme une perte fâcheuse et irréparable pour l’art. «Jamais, disent-ils avec une certaine pointe d’ironie, le palais du Conseil d’État n’a été si beau et si pittoresque que depuis qu’il est incendié.»

Lorsque la Commune se fut installée à l’Hôtel de Ville, elle délégua au Conseil d’État un avocat assez inconnu nommé Peyrouton. Peyrouton s’empressa de prendre possession de ses nouvelles fonctions. Il se présenta au palais du quai d’Orsay, accompagné de quelques personnes qu’il avait choisies pour secrétaires et employés. Il y fut reçu par le chef du matériel, M. Noël, auquel il déclina ses nouveaux titres et qualités; et ordonna de lui faire visiter l’édifice de fond en comble. M. Noël s’exécuta. Pendant sa visite, Peyrouton et ceux qui l’accompagnaient, découvrirent une grande armoire de fer, scellée dans le mur et fermée par deux énormes serrures. Ils en réclamèrent les clefs au chef du matériel, qui déclara ne pas les avoir en sa possession. Peyrouton envoya quérir le serrurier habituel du Conseil d’État. Ayant reçu l’ordre d’ouvrir l’armoire, celui-ci répondit par un refus catégorique.

«Vous ne reconnaissez donc pas la Commune? lui dit le délégué au Conseil d’Etat.

Je ne vous reconnais ni vous ni la Commune, répondit l’ouvrier; je n’ai d’ordre à recevoir que de M. Noël.» Ce dernier, pressé par Peyrouton, consentit à ordonner d’ouvrir l’armoire. Il pouvait le faire sans inconvénient, cette armoire n’ayant jamais contenu que les registres de l’état civil de la famille impériale. M. Noël avait eu la précaution d’enlever ces registres et de les cacher au milieu de vieux papiers, aux archives, où malheureusement ils ont été brûlés. L’armoire ne put être ouverte qu’après un travail des plus longs. Peyrouton n’y trouva que quelques lettres autographes de Napoléon Ier, d’autant plus précieuses, il est vrai, qu’elles n’ont jamais été publiées. Il les envoya très scrupuleusement au délégué de l’Intérieur. Après l’entrée des troupes de Versailles, ces lettres furent retrouvées à l’hôtel de la place Beauveau, par le chef du service intérieur, et remises à M. Thiers. D’après les renseignements que nous avons recueillis auprès de l’illustre défunt, le dossier qui contenait ces documents historiques fut renvoyé par ses soins au fils du donataire, M. Boulay de la Meurthe, qui en a fait présent aux nouvelles archives du Conseil d’État.

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Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
27 str. 8 ilustracji
ISBN:
4064066331924
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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