Czytaj książkę: «Histoire aussi intéressante qu'invraisemblable de l'intrépide Capitaine Castagnette»
Manuel
Histoire aussi intéressante qu'invraisemblable de l'intrépide Capitaine Castagnette

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335861
Table des matières
AVANT-PROPOS.
I 1770-1793.
II SIÉGE DE TOULON. 1793.
III ARCOLE. 15, 16et17novembre1796.
IV PAQUES VÉNITIENNES. Mai1797.
V CAMPAGNE D’ÉGYPTE. 1798-1799.
VI PESTE DE JAFFA. 1799.
VII RETOUR DE BONAPARTE EN FRANCE. 1799(17vendémiaire an VIII, 18brumaire) .
VIII MARENGO; HOHENLINDEN; ULM; AUSTERLITZ; IÉNA; EYLAU; FRIEDLAND. 14juin1800; 3décembre1800; 17octobre1805; 2décembre1805; 14octobre1806; 8février1807; 14juin1807.
IX
X ESSLING ET WAGRAM. 22mai et6juillet1809.
XI RETRAITE DE MOSCOU; PASSAGE DE LA BÉRÉSINA. 21octobre1812; 29novembre1812.
XII SUITE.
XIII KOWNO.
XIV 1813-1814.
XV VINCENNES. 1814.
XVI VINCENNES. SUITE.
XVII DÉPART POUR L’ILE D’ELBE; RETOUR DE L’ILE D’ELBE; WATERLOO. 20avril1814; 1 er mars1815; 18juin1815.
XVIII RETOUR DE NAPOLÉON A PARIS; ABDICATION; MORT DE NAPOLÉON. 21juin; 22juin; 29juin1815; 5mai1821.

AVANT-PROPOS.
Table des matières
Il n’y a pas un seul d’entre vous, mes amis, qui n’ait entendu parler de l’homme à la tête de bois. Dans ma jeunesse, je suis allé plusieurs fois aux Invalides pour voir ce brave entre les plus braves; mais une fatalité dont il m’est impossible de me rendre compte m’a toujours empêché de le rencontrer.
L’homme à la tête de bois était, m’a-t-on assuré, très-mauvaise tête; il aimait passionnément le jeu de boules, et presque tous les jours, sur l’esplanade, on le voyait se quereller avec ses anciens compagnons d’armes. C’est sans doute ce qui l’a décidé, en mourant, à leur léguer cette tête si précieuse, leur demandant de s’en servir en mémoire de lui. Il voulait, par ce moyen, prendre part, même après sa mort, à son jeu favori.
C’est l’histoire du brave capitaine Castagnette, neveu de l’homme à la tête de bois, que je vais vous raconter.
I
1770-1793.
Table des matières

Castagnette (Paul-Mathurin) naquit à Paris, le15août1770, juste un an après celui qui fut plus tard l’empereur Napoléon Ier. Il suivit de près toutes les scènes sanglantes de la Révolution, ce qui le rendit très-philosophe. Il avait tant vu souffrir qu’il avait fini par s’accommoder de tout. Ce n’est pas que le sort le favorisât, au moins; à quinze ans, il était tombé trois fois par la fenêtre, deux fois dans un puits et quatre fois dans la rivière. Un de ses camarades lui creva un œil d’un coup de poing, parce qu’il n’avait pas voulu jeter de pierres à Marie-Antoinette, que l’on conduisait à l’échafaud (16octobre1793). «Bah! dit-il en rentrant borgne chez lui, je louchais quand j’avais deux veux, je suis bien certain maintenant de ne plus loucher.»
II
SIÉGE DE TOULON.
1793.
Table des matières

En1793, Castagnette, fatigué d’assister aux fêtes sanglantes de la République, résolut de se faire soldat et d’aller rejoindre son oncle, alors sergent dans le fameux régiment des sans-culottes. N’allez pas croire au moins, mes enfants, que les sans-culottes étaient des Écossais; non: on appelait ainsi les républicains les plus enragés, à cause de la négligence qu’ils affectaient dans leur costume.
Castagnette partit pour Toulon et se présenta au général Bonaparte, qui l’admit dans le bataillon de la Côte-d’Or.
Le17décembre, a l’assaut du Petit-Gibraltar, il fit des prodiges de valeur et s’exposa si bien, qu’un boulet anglais lui emporta le bras gauche. En passant près de l’ambulance dans laquelle on avait déposé le pauvre conscrit, le général Bonaparte remarqua sa nouvelle recrue.
«Comment! te voilà déjà hors de combat?

–Pas encore, mon général; tant que je pourrai tenir une arme, je servirai mon pays.
–Quel âge as-tu?
–Vingt-trois ans.
–Je te plains de tout mon cœur d’être ainsi mutilé.
–C’est bien de la bonté de votre part, mon général; mais vous n’avez pas besoin de me plaindre tant que cela, parce que, voyez-vous, j’avais un diable de rhumatisme dans le bras gauche, et du coup le voilà guéri.
–Capitaine, dit Bonaparte en se tournant vers un de ses aides de camp, vous ferez attacher un galon de sergent sur la manche de ce brave garçon; ça lui vaudra mieux qu’un emplâtre.»
III
ARCOLE.
15, 16et17novembre1796.
Table des matières
Trois ans plus tard, à Arcole, Castagnette se fit encore remarquer par son général en chef.
Vous avez tous vu, mes enfants, de belles images représentant l’attaque du pont d’Arcole. Bonaparte, tenant un drapeau d’une main ferme, s’élance, au milieu d’une grêle de balles, à la tête de ses troupes; le général Lannes reçoit trois blessures en le couvrant de son corps; son aide de camp, Muiron, qui lui a déjà sauvé la vie au siège de Toulon, est tué à ses côtés; les braves grenadiers d’Augereau hésitent devant cette pluie de mitraille: c’est là que le pauvre Castagnette eut les deux jambes emportées par le boulet qui tua Muiron.
Bonaparte ayant décidé qu’on évacuerait Arcole le soir même, on plaça le pauvre sergent dans une charrette avec d’autres blessés.
«Comment! te voilà encore? dit à Castagnette Bonaparte qui faisait sa ronde.
–Comme vous voyez, mon général. Cette fois-ci, c’est dans les jambes: un voleur de boulet me les a emportées. C’est bien fait, du reste; il n’y a rien qui n’ait son bon côté.
–Comment cela?
–C’est que, voyez-vous, je crois bien que, sans ce petit accident, j’allais reculer devant le feu. Mon boulet m’a empêché d’être un lâche; ça vaut bien un remercîment.
–C’est avec des lâches comme toi qu’on gagne des batailles. Tu me fais l’effet d’un brave garçon, et je regrette de n’avoir pas pu te faire faire ton chemin. Mais te voilà obligé de quitter le service.
–Moi, quitter le service, mon général! On voit bien que vous ne me connaissez pas. Avec votre permission, je continuerai la campagne à cheval avec mes deux jambes de bois.
–Tu es vraiment un brave soldat. Quand tu seras hors de danger, viens me demander une épaulette, je te la donnerai.»
Trois mois après, Castagnette avait une épaulette d’argent de plus, mais un œil, un bras et deux jambes de moins.
Darmowy fragment się skończył.