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Louis Jouve

Les Wiriot et les Briot, artistes lorrains du XVIe et du XVIIe siècle


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066333843

Table des matières

AVERTISSEMENT

PIERRE WOEIRIOT

I

II

III

IV

V

VI.

VII

VIII

IX

X

XI

XII

XIII

XIV

XV

XV

XVI

XVII

XVIII

XIX

XX

XXI

XXII


AVERTISSEMENT

Table des matières

Les notes que nous publions ici n’ont d’autre but que d’apporter de nouveaux documents pour la biographie des artistes de Damblain, moins ignorés du public aujourd’hui, mais point encore assez connus de ceux qui se plaisent à l’histoire des beaux-arts. C’est le recueil d’une suite d’articles parus dans le Patriote de Neufchâteau dès le mois de mars 1891, et interrompue pendant plusieurs mois.

Si tout n’a pas encore été dit sur les Wiriot et sur les Briot, du moins on peut déjà pénétrer dans les principales circonstances de leur vie. J’ai démontré sur des documents authentiques les liens étroits qui unissent les membres de chacune de ces familles et jeté plus de lumière sur le caractère individuel des plus fameux d’entre eux. Le catalogue de leurs œuvres, déjà fait du reste par MM. Meaume et Duménil, n’a pas été l’objet de mes recherches. Je me suis attaché à l’étude des milieux dans lesquels ils ont vécu et des faits qui ont servi à développer leurs talents ou qui ont occupé leur vie.

Pour ce qui reste à faire, la voie est désencombrée des principales difficultés qui l’obstruaient. Le nombre des erreurs commises ou à commettre se trouve restreint. Chaque révélation nouvelle le diminue, et si la tâche est ingrate pour l’auteur, d’importants résultats sont du moins acquis. Grâce à d’incessantes recherches, aux travaux de nos prédécesseurs et à de précieuses amitiés, nous avons pu, le premier, dégager les figures des artistes de Damblain des limbes qui, il y a un an à peine, les tenaient encore dans une demi-obscurité.

Aussi peut-on espérer de voir peindre un jour en pied, dans leurs traits d’homme et d’artiste, les grandes personnalités de Pierre Woeiriot, de François et de Nicolas Briot.

Décembre 1891.

L. JOUVE

PIERRE WOEIRIOT

Table des matières

Le graveur Pierre Woeiriot, ou Wiriot selon l’orthographe du nom de famille, est une de nos grandes célébrités locales, trop longtemps ignorée; elle a commencé à conquérir parmi la foule des Vosgiens une réputation égale à celle que, depuis quarante à cinquante ans, sur l’examen et l’analyse de ses œuvres, de rares amateurs sérieux et des archéologues seuls lui avaient faite à juste titre. On ne connaissait que bien peu de chose de sa biographie; de graves erreurs se répétaient dans de nombreux écrits d’une publicité restreinte et presque sans contrôle. La lumière ne s’est faite que peu à peu et, jusqu’à ces derniers temps, on peut dire que Woeiriot était encore inconnu dans les Vosges, sauf à Neufchâteau où le nom de sa famille reste impérissable, et qu’à Damblain où il a passé la seconde moitié de sa vie, occupé de ses travaux artistiques dans le petit fief de Champjannon qu’il tenait de sa mère, Urbaine de Bouzey, on n’y soupçonnait même pas son existence.

Dans la brochure que j’ai publiée l’an dernier , si j’ai pu contribuer à vulgariser son nom dans les Vosges, je m’en trouverai très. heureux. J’y donnais ce qu’on a trouvé de plus certain sur Pierre Woeiriot; j’ai rejeté ou confirmé quelques assertions douteuses, mais je ne suis pas entré dans bien des détails; j’ai laissé de côté toute longue dissertation sur des points obscurs, parce que mon but n’était que de mettre en lumière des biographies importantes d’artistes inconnus ou mal connus; l’obscurité y régnait par l’inattention de quelques écrivains contemporains, je ne veux pas dire ceux qui ont épuisé tous leurs moyens de recherches avec zèle et conscience.

Je voudrais aujourd’hui ajouter quelques développements sur certains points que je n’ai fait qu’indiquer; ils pourront intéresser les lecteurs du Patriote, je le crois, et je serais reconnaissant à toutes les personnes qui, occupées de recueillir les moindres miettes de l’histoire locale, voudraient bien me donner communication de ce qu’elles auront pu trouver concernant la famille Wiriot, de Neufchâteau, au 16e et au 17e siècle, et de leurs observations comme de leurs objections.

Je me propose ici de traiter de trois objets: 1° ce qui concerne Pierre Wiriot, l’aïeul de notre artiste ou plutôt sa pierre tombale; 2° les titres de noblesse de la famille et sa généalogie; 3° quelques points obscurs de la biographie du graveur illustre et ses travaux.

I

Table des matières

La pierre tombale de Pierre Wiriot. — Elle se trouve dans la chapelle baptismale de l’église St-Christophe à Neufchâteau, chapelle des plus curieuses et de la plus haute valeur artistique. Construite en dehors du plan primitif, elle demande une description particulière qui tient à notre sujet. M. d’Arbois de Jubainville, dans les Bulletins de la Société d’archéologie lorraine (T. VI, p. 33), n’en dit que quelques mots; il attire néanmoins l’attention des archéologues sur elle et «sur sa charmante voûte découpée à jour. C’est une des plus jolies constructions du XVIe siècle que nous ayons rencontrée. Mais on regrettera comme nous l’ignoble badigeon jaune qu’une main moderne a substitué aux dorures et aux vives couleurs si nécessaires pour faire valoir, comme ils le méritaient, tant de gracieux détails».

Antérieurement, en 1850, M. Humbert, architecte, avait été chargé de vérifier avec un de ses confrères, l’état de la tour de l’église de St-Chistophe et de donner un avis sur la possibilité de conserver cette tour. Au cours des-travaux qui furent ordonnés en 1859 et qui assurent à la tour une longue existence, M. Humbert a étudié l’église elle-même au point de vue de sa condition et des vicissitudes que cet édifice a subies, et il a publié cette étude dans les Bulletins cités plus haut (T. VI, p. 127).

La chapelle baptismale ne pouvait manquer de le frapper. «Qu’il me soit permis, écrit-il, sans blesser M. d’Arbois, de relever une erreur dans laquelle il est tombé relativemeut au joli baptistère qui est accollé au sud de cette église et dont il a cru la voûte en bois déchiqueté. Cette erreur peut provenir de ce que les nervures de cette voûte en sont complètement détachées, contrairement à ce qui se voit généralement, et je dirai plus aux règles de l’art qui veulent que les nervures supportent un plancher. Ici les arcs-doubleaux et les croisées d’ogive en pierres de taille abandonnent les murs pour former par dessous, à plus de 60 centimètres de distance, un filet ou une dentelle à jour, composé de trente-deux traverses, supportant douze pendentifs, le tout dans un espace qui n’a pas plus de trois mètres de largeur sur quatre de longueur. Je ne connais que la clef pendante de la chapelle de la Vierge, à l’église St-Gervais de Paris, qui puisse donner une idée de ce qu’est cette voûte; et encore cette comparaison est-elle incomplète, puisqu’à St-Gervais, la clef tient après la voûte, et qu’à St-Christophe l’ensemble des nervures et des pendentifs en est détaché.....

«Le mur à l’ouest de cette chapelle, formé en partie par un contre-fort, est sans aucune baie; mais ceux qui se trouvent au sud, au nord et à l’est (ce dernier formant une ahside pentagonale) sont percées de baies de fenêtres ogivales, en comptant l’arcade qui ouvre un passage dans la nef latérale.

«En supposant encore existants les pendentifs, qui sont tous détruits, en se figurant la peinture des nervures tranchant sur celle de la voûte qu’elle découpe en compartiments de toute forme, enfin en reconstruisant par la pensée les vitraux peints qui décoraient ces nombreuses fenêtres étroites et élancées, on aura entrevu un des plus beaux spécimens du style appelé gothiqne fleuri, mais on est bientôt rappelé à la réalité, car ces fenêtres sont pour moitié murées, et celles qui sont restées ouvertes, sont vitrées en blanc, ce qui permet de mieux distinguer l’ignoble badigeon qui empâte les moulures et l’autel mesquin et sans style dont on a embarrassé l’abside.

«Dans le milieu de cette chapelle, on voit encore la semelle en pierre qui supportait la cuve baptismale....

«Si je me suis un peu étendu quant au baptistère, c’est que j’ai voulu signaler ce petit édicule que j’ai eu occasion d’admirer souvent, comme une rareté peut-être unique dans son genre, et pour la. restauration duquel j’ai toujours fait des vœux aussi impuissants que sincères».

II

Table des matières

MM. d’Arbois et Humbert, archéologues fort compétents, cherchant les origines de l’église St-Christophe, étudiant les transformations ou réparations, n’ont rien dit de l’édification de la chapelle, rien dit de sa destination première; ils n’ont pas parlé de l’écusson bien visible sculpté sur la pointe de l’ogive du mur plein qui fait face à l’abside, ni lu au-dessus de l’ogive de l’arcade qui donne entrée au baptistère une date importante sculptée dans un encadrement; ils n’ont pas connu la pierre tumulaire fermant sur le milieu du pavé, immédiatement sous la clef de la voûte, l’entrée de la tombe. Rien dans leurs récits n’y fait allusion. Ils semblent croire toutefois que la construction de la chapelle du sud doit être attribuée, ainsi que le remplissage des arcades du porche, aux appréhensions qui se sont produites à plusieurs époques sur la solidité de l’édifice et au désir qu’on a eu de le contre-butter du côté où la tour avait fléchi et où la pente du sol semble l’attirer. La construction de la chapelle a dû contribuer sans doute à annuler la poussée de la masse de l’édifice sur le côté sud qui est assez fortement en pente, mais ce n’est pas ce but qui a été visé.

On ne saurait cependant blamer les archéologues cités plus haut de n’avoir pas vu ce qui était caché. Lors des travaux de réparations de J’église, on songea à la chapelle. Le silence de la tradition et de l’histoire fut alors heureusement rompu. Le centre de la chapelle était alors occupé par la cuve baptismale, soutenue, sous le plancher même qui cachait le pavage primitif, par une semelle de pierre; à l’abside s’élevait l’autel mesquin et sans style dont parle M. Humbert, autel de style rococo (18e siècle) qui sans doute avait été élevé par Mme des Sales, comtesse de Courtimont et de Rorthais, dernière abbesse des Clarisses de Neufchâteau, quand, au concordat, elle rétablit à ses frais le culte catholique à St-Christophe.

Quand on débarrassa le sol du plancher qui le couvrait, il fallut enlever, avec la semelle de pierre, un remblai de pierres brisées et de plâtras et alors apparut dans son état premier, moins usée qu’aujourd’hui, une pierre tombale au centre, et à l’abside, l’emplacement et les fragments trop rares de l’autel. Cette pierre représentait au trait, sous une arcature gothique de la dernière époque, deux personnages: un homme et une femme, couchés les mains jointes et revêtus du costume de leur temps; entre leurs têtes, deux écussons accolés, l’un tout à fait nu, l’autre représentant une balance avec trois bagues, deux en chef, l’autre en pointe. L’inscription suivante, en caractères gothiques, les encadrait; la voici:


Sous la tombe était l’entrée du caveau où ces deux personnages avaient été inhumés. Nous ne savons s’il a été visité, ou si la visite faite a été relatée quelque part; on doit certes regretter ou le manque de curiosité des intéressés ou l’absence d’un compte-rendu écrit. A ma connaissance, il a été pris au moins deux copies de l’inscription, l’une par M. Fremotte, l’habile peintre verrier de Neufchâteau qui l’a faite aussitôt qu’il eût eu connaissance de la découverte et depuis l’a rectifiée avec les soins les plus scrupuleux, l’autre par M. Feunette, bibliothécaire de la ville. Celle de M. Fremotte, qui a bien voulu me la communiquer, et je l’ai vérifiée sur les lieux, mais après la publication de ma brochure, est correcte, c’est celle qu’on a lue plus haut. M. Didot a donné la seconde qu’il tenait sans doute de M. Feunette; elle est fautive dans l’orthographe; mais la plus lourde erreur est celle qui lui fait écrire «Pierre Woriot (sic)» au lieu de Wiriot. Son correspondant, il faut le dire à sa décharge, était fort myope , et cette erreur puisée à la même source, probablement, a été reproduite depuis. M. Jacquot l’a commise ou copiée. J’ai vu de mes yeux et tàté du doigt le mot; il est bien comme je l’écris.

La lecture du nom Wiriot sur la pierre tombale est donc indiscutable.

Un autre nom, celui de sa femme, donne lieu au doute dans l’état où il est aujourd’hui. En 1860, M. Fremotte a lu adda, et rien qu’adda ajoute-t-il avec force; il n’y a jamais vu adam. Le second d est maintenant à moitié effacé, mais il reste encore assez de la branche supérieure pour qu’on puisse y reconnaître la barre horizontale qui est un signe d’abréviation. M. Didot, qui suit sans doute M. Feunette, écrit Ada (m) avec le trait sur l’a, l’m ne pouvant se lire. M. Jacquot, qui dit avoir copié l’inscription et, comme M. Didot, écrit Woriot, donne la leçon Adam comme si elle était positive. Ce n’est pas dans leur transcription qu’on trouvera la véritable lecture, et je ne parle pas d’autres fautes de copie dans l’orthographe qui au fond n’ont pas d’importance historique.

Evidemment Adam plaira davantage à la généralité des lecteurs; c’est un nom assez répandu, on le trouve même dans les environs de Neufchâteau; mais ici ce n’est pas une affaire de goût, mais d’exactitude historique et de vérité. Pierre, anobli par René II, dont le fils Jacquemin épousa Urbaine de Bouzey, deux fois noble par son père et par sa mère Collotte Voilot, aurait-il trouvé dans la petite bourgeoisie une Adda au nom aristocratique? S’il est moins usité que Collotte ou Catherine, si au moyen-âge il est prénom de femme plutôt que nom de famille, ne trouvons-nous pas aujourd’hui d’anciens prénoms immobilisés de générations en générations dans les généalogies, comme les Louis, les Marie, les Marguerite, les François, etc.

Adda est le nom de la bonne lecture, je le répète. Et coïncidence singulière! c’est une Adda qui, avec son mari, fonde la charmante chapelle de St-Christophe, et c’est une autre Adda qui, avec son mari, avait donné l’église elle-même à l’abbaye de St-Mansuy .

Reste à parler des dates de l’inscription tumulaire et de la destination de la chapelle.

III

Table des matières

La chapelle de St-Christophe.

Les pages précédentes n’offrent peut-être qu’un intérêt purement archéologique. L’histoire vraie cependant ne s’affirme, dans certains cas, que sur des détails arides; il faut prouver avant tout, et débarrasser le chemin des broussailles inutiles et des obscurités. On n’aime pas à marcher à travers le doute; l’écrivain consciencieux et le lecteur qui cherchent à s’instruire veulent la lumière en toute chose, mais celui qui tient la plume n’a pas toujours le bonheur de plaire quand il entre dans des discussions de lettres ou de chiffres, dont on ne saisit pas toujours l’importance. J’en demande pardon aux lecteurs du Patriote, il faut que j’aborde des matières qui ne sont stériles qu’en apparence. Je n’ai pas de goût pour le pédantisme, mais devant des assertions contradictoires ou sans fondement assuré, je n’hésite pas à combattre pour la vérité. Oh! que j’aimerais mieux, au lieu de mettre un microscope aux mains du lecteur pour étudier avec moi des formes de lettres sur une vieille pierre usée, lui faire un de ces récits où la joie éclate au cœur et le soleil rit à nos prés; mais me voilà lancé sur une route aride et ténébreuse, où les petits mérites de la victoire laissent insensible le lecteur, qui cherche une distraction légitime; je dois sacrifier ici l’agrément à la sincérité sévère des recherches historiques.

D’après une lecture faite en 1860, j’ai fait mourir Pierre Wiriot le 20 février 1515. M. Didot, d’après M. Feunette, a imprimé le 11..... 1524. M. Jacquot dit le 11..... 1521. Les deux dernières dates sont erronées; la première se trompe sur le mois seulement. J’ai vu la tombe, et il est difficile, en l’état où elle est, de se prononcer à première vue. Mais M. Fremotte, l’habile peintre verrier que l’on connait, ayant bien voulu faire pour moi un estampage de cette partie de l’inscription tumulaire, difficile et délicate opération, les doutes ont été levés. Il faut lire XX me de mars, le vingtième de mars 1515. Les deux xx du jour du mois ont été pris pour deux 1, mais la forme de ces chiffres examinés de près ne laisse pas place au doute; ici donc l’erreur de M. Feunette n’a rien qui puisse étonner. Quant au millésime, c’est bien 1515. La date du décès de la femme de Pierre ne peut prêter à l’équivoque ou à l’erreur, car elle est très lisible; je l’ai donnée correctement.

Supposons que la date 1515 puisse encore être controversée, il m’a été possible de la retrouver inscrite sur le même monument, et ici aucun des archéologues qui ont étudié la chapelle ne semble l’avoir aperçue ou du moins ne l’a mentionnée à ma connaissance. Cherchons et examinons. Une arcade fait communiquer la nef latérale de l’église avec la chapelle; elle est ogivale avec un pendentif séparant deux petites arcades trilobées. Ce pendentif est couvert sur son tympan d’un écusson couronné, qui est brisé et piqué, celui des ducs de Lorraine.

Enfin, au-dessus de la pointe de l’ogive, sur le plein du mur et du côté de la nef, on voit un cadre au milieu duquel se lit à première vue le millésime 1515, sculpté en relief sur un fond évidé et entouré d’une moulure. J’ai dit à première vue; c’est que le chiffre 1 de la dizaine de ce nombre s’impose aux regards par sa taille, car il dépasse par le haut et par le bas les chiffres voisins. Mais l’usage d’une échelle a fait voir à M. Fremotte que cette longue barre perpendiculaire traverse un zéro par le milieu. Cette superposition donne à ce chiffre compliqué l’aspect de la majuscule phi de l’alphabet grec, et puisque le millésime est sculpté en relief sur la pierre évidée, il en résulte qu’il a été sculpté le même jour par le même ciseau.

Cette singularité serait inexplicable, si elle n’avait pas pour but, à mon sens, de rappeler deux dates à la fois: 1505 et 1515; et puisque les chiffres sont taillés en relief sur la pierre évidée, il est naturel de penser qu’ils l’ont été avec une intention arrêtée. Comment interpréter ces millésimes? Quels événements veulent-ils rappeler? Avant de chercher une solution à ce problème, il y en a un autre à résoudre nettement et qui tient le premier dans sa dépendance, c’est la destination première de cette chapelle. C’est là qu’il nous faut revenir.

En y entrant, on remarque qu’elle est en contre-bas de la nef de l’église. A l’origine il n’en a pas été ainsi, car on s aperçoit facilement que les bases des piliers de cette nef sont enterrées d’une certaine épaisseur sous un pavage plus moderne formé de grandes dalles. Voici ce qu’on raconte à ce sujet. L’entreprise des démolitions de l’église des Cordeliers et du pavage de celle de St-Christophe fut mise entre les mains de la même personne qui prit les pierres de l’une pour exécuter son travail dans l’autre, sans qu’on se fut opposé à la surélévation du sol qui abaisse d’autant la hauteur de la nef. C’est ce qui a fait dire à M. d’Arbois de Jubainville, à qui ce détail était inconnu, que «l’église St-Christophe paraît un peu écrasée».

Qu’on me permette d’ajouter en manière de digression que les dalles immenses de la nef pourraient bien être les pierres tumulaires retournées de la famille du Châtelet, dont les membres étaient inhumés aux Cordeliers et dont nous trouvons les dessins dans la généalogie que D. Calmet a publiée.

Tout le monde sait que jadis on enterrait dans les églises. C’était le privilège des riches, des grands du monde, mais aussi la récompense des vertus publiques et des services rendus. Une pierre tumulaire, un mausolée ne suffisait pas toujours; on élevait une chapelle particulière. C’est ce qui fut fait à St-Christophe. La chapelle baptismale d’aujourd’hui est la chapelle funéraire de Pierre Wiriot et de sa femme Adda. Tout va nous le prouver.

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Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
15 stycznia 2025
Objętość:
125 str. 9 ilustracji
ISBN:
4064066333843
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
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