Czytaj książkę: «Chez les bêtes»

Czcionka:

Jeanne Leroy-Allais

Chez les bêtes


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066314934

Table des matières

Vat-et-Vient l’Irrésolu

Histoire d’un Veau gourmand et d’un os de petit salé

Les Prétentions de Guimel

Robin le tueur de loups

Piaulot

Tigrette la Curieuse

Les Facéties de Colas

Sidi, le petit âne roux

La Capricieuse Gotte

La Carrière de Bouton-d’Or

Une Oursonne mal léchée

Terrible destinée d’un petit lapin malpropre

Les Jeunes Abeilles du Rucher-aux-Lis

Histoire de trois petits poussins

Pauvre Pierrot


Vat-et-Vient l’Irrésolu

Table des matières


Vat-et-Vient était né sur un beau cuirassé d’escadre qui s’appelait le Vercingétorix.

Au temps de sa petite enfance, Vat-et-Vient avait été un raton modèle. Sans jamais hasarder la moindre observation, il mangeait ce qu’on lui permettait de manger — ni plus ni moins — allait où on lui disait d’aller, nichait dans le coin qui lui était assigné, et s’endormait quand on lui disait qu’il était temps de dormir.

Sa mère, la vieille Loute, et les autres mères du Vercingétorix le donnaient en exemple à tous ses jeunes camarades. Il causait, certes, moins de souci que son frère Peluchon qui était gourmand et sa sœur Grippette qui était raisonneuse.

Mais le petit rat grandit; vint le moment où il dut se gouverner lui-même, et ses bonnes qualités devinrent presque des défauts. Il trouvait si commode d’obéir qu’il ne pouvait s’habituer à prendre une détermination, ou plutôt il en prenait dix coup sur coup et toutes contradictoires.

Parfois, la nuit venue, il songeait que l’air de la mer devait être bon à respirer..., et le voilà filant sur le spardeck. Mais, à moitié route, il réfléchissait qu’on était plus en sûreté dans les soutes..., et il se précipitait à fond de cale.


Était-il à même d’un morceau de lard...? il lui prenait une envie de grain tendre, et il courait aux cages à poules du commandant. A peine s’y trouvait-il installé, qu’il regrettait son lard, et dégringolait vers la cambuse.

Il entamait une botte, la laissait pour une autre, et cette autre, il l’abandonnait pour une troisième qu’il lâchait encore plus vite.

Les jours de branle-bas, au lieu de se tapir dans un coin en attendant que le calme fût revenu, il galopait comme un fou des tourelles au blockhaus et des casemates à la hune, au risque de recevoir des coups de baïonnette ou de crosse de fusil. On le voyait partout à la fois, l’air effaré, se dirigeant à droite, puis à gauche, courant en avant, retournant en arrière sans rime ni raison, et ne poursuivant jamais jusqu’au bout le chemin où il s’était engagé.

De là ce nom de Vat-et-Vient qui lui convenait à merveille.

Il y avait à bord un vieux rat qui avait navigué sur toutes les mers; on l’appelait le cap’taine Drisse. Il fallait l’entendre raconter ses prouesses:

— Quand je faisais partie de la division du Pacifique...

Ou bien:

— Pendant ma grande campagne de Madagascar...

Ou encore:

— Une fois, à Obock...

Vous pensez bien qu’on n’a pas ainsi voyagé sans apprendre à connaître le monde, les gens et les choses. Le cap’taine Drisse était plein d’expérience et s’était voué à l’éducation de la jeunesse du bord.

Il apprenait aux ratons qu’il y a un temps pour tout: pour le lard fumé comme pour le grain des poules, pour le fromage comme pour le biscuit, qu’à certaines heures, la plage-arrière est malsaine pour les rats, qu’à certaines autres heures, c’est le carré des officiers ou le poste des matelots.


La question des bottes était des plus importantes. Drisse enseignait à ses élèves que les bottes d’aspirant sont incontestablement supérieures aux autres, et cela pour deux raisons: la première, c’est que le cuir en est fin et souple — la jeunesse étant volontiers faraude; — la seconde, c’est qu’elles n’ont pas encore eu le temps de s’imprégner d’eau de mer, ce qui les racornit et, à la longue, les rend positivement immangeables. Il y avait encore cette circonstance avantageuse que, n’étant pas logés d’une manière confortable, les aspirants laissent volontiers «à la traîne» leurs vêtements et chaussures.

Le cap’taine faisait apprécier à ses élèves les bottes du second — qu’il appelait familièrement le frégaton — tellement savoureuses qu’il n’en avait jamais rencontré de semblables, même au temps où il avait fait du cabotage en Méditerranée avec un fret de maroquin venant de Cordoue. Dieu sait pourtant si on y avait goûté à ce maroquin...! La cargaison y avait passé presque tout entière.

— Je ne sais vraiment pas, concluait Drisse, quel cuir le second emploie pour ses bottes.

Et ce gros bêta dé Peluchon prenait un air avantageux pour répondre:

— C’est peut-être du cuir de rat.

Par contre, il y avait un lieutenant de vaisseau dont la chaussure était d’un coriace...! Il fallait, en vérité, n’avoir rien à se mettre sous la dent pour s’y attaquer. Dame! c’était souvent le tour de Vat-et-Vient lequel, grâce à ses hésitations continuelles,, arrivait généralement quand tout le monde était pourvu. Il enrageait de ne pouvoir les entamer.


— Ah ça! est-ce qu’il ne changera pas bientôt de bottes, celui-là !

Mais celui-là changeait d’autant moins de bottes, que l’on respectait davantage les anciennes, et pour cause.

Celà, encore, n’était qu’un petit inconvénient; l’indécision de Vat-et-Vient lui faisait courir des dangers plus graves.

Que de fois, dans ses pérégrinations intempestives, il avait failli être happé par un chat ou écrasé sous le talon d’un matelot! Que de fois Drisse ou la mère Loute l’avaient rattrapé à l’instant où il allait disparaître dans une ratière!

Loute se désolait, le cap’taine grondait. Peine perdue! Ce n’est pas que Vat-et-Vient dédaignât leurs conseils, mais il ne s’en souvenait jamais au bon moment.


Le danger redoublait, et, avec le danger, la méfiance des vieux rats.

Un gabier, récemment embarqué et venant du port de Brest

— où, entre parenthèses, il aurait bien dû rester — avait déclaré à la gent ratière une guerre implacable. Le rapport fait aux «anciens» était chaque jour plus alarmant.

— Farinot en a tué huit..., il en a tué quatorze..., il en a tué dix-neuf.

Un matin, Peluchon vint avec cette nouvelle terrifiante:

— Il en a tué vingt-sept... Après l’inspection on l’a présenté au commandant qui l’a félicité.

— Sans compter la «double», ronchonna le cap’taine.

— Qu’est-ce que c’est que la «double» ? demandèrent les jeunes rats.


Drisse expliqua alors que, pour chaque rat tué, on donnait au matelot double ration de vin, de soupe ou de pain.

— Voyons, cap’taine, fit Grippette, que le souci de sa jolie taille incitait à la sobriété, vous n’allez pas nous dire que Farinot mangera vingt-sept portions de soupe...! il éclaterait.

— Il y mettra le temps, Grippette, mais il n’en cèdera pas une.

Peluchon n’avait pas l’air de trouver cela excessif; et la mère Loute murmurait dans une indignation chagrine:

— Encourager le massacre...! si ce n’est pas la honte des hontes!

Le cap’taine semblait avoir encore d’autres sujets d’appréhension.

— Mes garçons, dit-il un jour, cela tourne mal pour nous ici. On diminue l’équipage et l’on s’apprête à conduire le Vercingétorix à l’arsenal... Évidemment, ce n’est pas avec des intentions de villégiature.

— Avec quelles intentions, donc, cap’taine

— Des intentions de désarmement, j’en ai peur.

— Et alors...?

— Alors, on mettra le bâtiment en cale sèche pour effectuer les réparations nécessaires, et l’on profitera de l’occasion pour exterminer toute notre tribu.

— Que pourrait-on faire de plus que les pièges, les chats et Farinot...?

— Au-dessus des pièges, des chats et de Farinot, il y a le soufre, ou plutôt les vapeurs sulfureuses.

— C’est terrible, les vapeurs sulfureuses? interrogea Vat-et-Vient à qui l’inconnu faisait toujours peur.

— Quand tu en auras reniflé cinq minutes, mon garçon, tu m’en diras des nouvelles.

— Vous en avez reniflé, vous, cap’taine?

— Oui, quand j’étais en escadre à Cherbourg, à bord de l’Escopette. Je m’étais mis en retard pour sauver un petit imbécile du genre de Vat-et-Vient...; les camarades m’ont retiré à moitié mort.

— Mais qu’est-ce que cet engin meurtrier que l’on appelle soufre?

— Une pierre d’apparence bénigne qui brûle lentement, mais dont les vapeurs asphyxiantes pénètrent dans les plus petits recoins, tuant ce qui se trouve sur leur passage.

— Comment se sauvera-t-on, cap’taine? s’écria un clan de-peureux.

— Ah dame! comme on pourra: par des aussières, un cartahut ou du filin..., par un panneau ou par le tangon...; nous n’aurons pas le choix, mes garçons. Vous pensez bien qu’on ne mettra pas à notre disposition les échelles de commandement et la baleinière de l’amiral... Ainsi, tenez-vous prêts pour le départ.

Le soir même, Drisse qui avait été invisible toute l’après-midi, rentra à bord l’air très affairé.

— Mes enfants, dit-il à sa troupe, je viens d’assurer nos quartiers. La Sainte-Geneviève a terminé ses essais, on est en train d’y compléter les munitions et les vivres. Il n’y a encore que très peu de rats d’installés, nous pouvons donc choisir nos places. Pour comble de chance, le commandement est donné à ce capitaine de frégate dont les bottes sont si remarquables; nous nous établirons à son carré. Quant à moi, je suis très content de loger sur un bâtiment qui porte le nom d’une dame: c’est un gage de bonheur. Allons! je vais vous passer en revue pour m’assurer que personne ne manque.


Et d’une voix sonore, Drisse commanda:

— Front!

Mais Loute s’écriait éplorée:

— Où est Vat-et-Vient...? Attendez un peu, cap’taine... il était là encore tout à l’heure.


Oui, Vat-et-Vient était là encore tout à l’heure. Mais il s’était souvenu du petit morceau de lard croustillant et rosé qu’il avait caché la veille dans un caisson de matelot, et il avait pensé qu’il avait bien le temps de retourner le prendre. On sait ce que l’on quitte, on ignore ce que l’on trouvera.

Puis il avait réfléchi que ce lardon si rosé, si croustillant qu’il fût, ne valait peut-être point que l’on risquât sa vie..., et il avait rebroussé chemin.

Tout de même, non... c’était trop bête de laisser ce morceau de choix à mesdames les souris — des péronnelles qui ne diraient seulement pas: «Domino gratias»... Encore quelques pas vers la casemate.

Puis un piétinement confus rendit Vat-et-Vient au sentiment du danger, et il accourait bride abattue rejoindre sa compagnie au moment où le panneau retombait sur le dernier rat.

La mère Loute avait eu beau supplier, le cap’taine s’était montré inflexible.

— Je ne peux pas, avait-il dit, mettre cent rats en péril pour le sauvetage incertain d’un seul.

Il n’était que temps; la troupe de Drisse fut la dernière qui put sortir. Le lendemain, de grand matin, le cuirassé était à l’arsenal, les vapeurs de soufre accomplissaient leur besogne meurtrière; et jamais plus, on n’entendit parler de Vat-et-Vient ni de ses compagnons restés à bord du Vercingétorix.


Histoire d’un Veau gourmand et d’un os de petit salé

Table des matières


— Pas si vite, Marquis! pas si vite, mon petit! Tout le riz est pour toi; personne n’y viendra goûter. A quoi bon te hâter si fort?

Voilà ce qu’on entendait tous les jours et trois fois par jour dans la belle étable qui servait de logement à la Bringe, —une robuste cotentine — et à son veau Marquis.

Quand Marquis était venu au monde, le fermier l’avait trouvé si beau, si bien membré, — avec la tête courte, le front large, l’œil noir — qu’il avait dit tout de suite:

— Celui-ci n’est pas pour le boucher; et, s’il continue, ce sera un fameux taureau.

La Bringe ne se rendait peut-être pas un compte exact du sort qui attend les veaux auprès de ce terrible personnage qui s’appelle le boucher; mais elle se souvenait fort bien que l’an passé, quand elle avait eu ce beau petit roux, son maître était un jour entré dans l’étable avec un homme en tablier blanc, portant à la ceinture un long couteau engainé.

Ils avaient soupesé le veau, palpé sa chair, étiré ses membres; puis avaient discuté longtemps, parlant de pistoles, d’écus, de deniers. Finalement, ils avaient poussé, dans une grande carriole, le pauvre animal qui pleurait en appelant sa mère..., et la Bringe ne l’avait jamais revu.

La jument, qui allait souvent en ville et qui connaissait bien des choses, lui avait appris que, sans doute, son petit avait été envoyé à la boucherie, — un endroit inconnu d’où l’on ne revient pas; et depuis, la pauvre vache sentait un frisson d’épouvante lui traverser le corps, d’aussi loin qu’elle apercevait le sinistre tablier blanc.

Aussi, jugez comme elle fut heureuse d’entendre le maître déclarer que Marquis n’irait pas à la boucherie. Sans doute, on le laisserait grandir auprès d’elle comme une petite génisse qu’elle avait eue, voilà deux ans, qui paissait dans le pré voisin et avec laquelle elle allait, de temps en temps, faire la causette par-dessus la haie.


La Bringe était comme toutes les mères: elle trouvait son petit superbe et prenait plaisir à le voir gambader autour d’elle, un peu lourd et maladroit, la tête finissait toujours par entraîner le corps plus faible; et — comme elle le disait à ses camarades de pré, la jument et les brebis, — Marquis ne lui donnait que de la satisfaction. Il ne s’approchait jamais de la mare, ne taquinait point les poules ni le chien, et n’entrait pas effrontément à la cuisine comme le poulain qui, pour cela, avait souvent du bâton.

Pas désobéissant...! pas taquin...! pas hardi...! il était donc parfait votre petit veau...?

Hélas! chez les petites bêtes comme chez les petites gens, la perfection est rare. Non, Marquis n’était point point parfait: il était gourmand..., très gourmand..., horriblement gourmand...!

Tout jeune, lavait manifesté son penchant à la gloutonnerie.

Quand, à trois semaines — voyant qu’il était un bon gros petit bien dodu, bien solide — on avait décidé de le sevrer de sa mère, cela en avait fait des histoires...!

Sitôt que Fanchette, la servante, paraissait avec ses seaux bien nets pour traire la Bringe il protestait avec la dernière énergie, grognant, trépignant, donnant de grands coups de tète à la brave fille qui n’en pouvait mais. Et, quand elle avait les talons tournés, Marquis s’approchait de sa mère pour tâcher de glaner un peu de ce bon lolo qu’il jugeait être sa propriété exclusive.

Aussi avait-on dû recourir aux grands moyens, et emprisonner son mufle rose dans un de ces petits paniers ronds fabriqués tout exprès, à l’usage des veaux gourmands.


Ainsi muselé, il avait beau faire...!

Il faut dire qu’il avait fini par se résigner; et que maintenant, il était dans les meilleurs termes avec Fanchette.

Mais il était resté goulu.

Dès que la servante apportait son seau de riz cuit dans le petit-lait, avant seulement qu’elle l’eût posé par terre, Marquis fourrait dedans son museau tout entier et se mettait à boire si vite et si goulûment que, bien souvent, il était contraint de s’arrêter, éternuant, toussant, étranglant, au point que sa mère craignait de le voir trépasser.

C’est à ce propos qu’elle lui adressait le sage conseil que vous avez lu au commencement:

— Pas si vite, Marquis...!

Marquis pensait dans sa petite cervelle de veau que la Bringe était mal venue à lui faire des remontrances sur ce sujet; que lui, dont les dents étaient encore trop courtes pour paître, n’avait à boire que trois fois par jour, tandis que sa mère avait toujours à sa disposition l’herbe tendre et fleurie; et que cela devait être bien agréable de pouvoir manger toute la journée.

Marquis avait tort. Vous allez voir comment notre petit gourmand de veau faillit payer cher sa gloutonnerie.

— Maîtresse, dit la servante, un jour qu’on avait tué le cochon, Marquis est fort à cette heure, il peut bien boire autre chose que du lait. Si on lui faisait sa pâtée avec cette bonne eau de vaisselle si grasse, cela ne lui ferait pas de mal, au contraire, cela le ferait grossir.

— A ton idée, Fanchette, répondit la maîtresse qui n’avait pas l’humeur contrariante.

Le veau qui, par hasard était près de la maison, avait entendu ce colloque. Il n’avait encore jamais goûté à l’eau de vaisselle, mais, d’après le ton de Fanchette, il jugeait que cela devait être un fameux régal.


A peine la servante avait-elle paru sur le seuil que le veau se mit à sauter, à gambader autour d’elle, bien impatient de faire connaissance avec le contenu du grand seau de bois.

— Ah çà, Marquis, dit Fanchette, qu’est-ce qui te prend donc...? C’est-il que tu as mangé des mouches que te voilà si gai...?

Puis, elle se fâcha parce que Marquis, en folâtrant, avait à moitié culbuté le seau. Elle s’arrêta pour reprendre son aplomb; et, avant de se remettre en marche, donna un bon coup sur la tête du jeune gourmand qui reprit, un tantinet penaud, le chemin de l’étable.

Une fois arrivé là et le riz à sa disposition, quelle fête...! Il se mit à avaler..., mais par lampées si pleines, si rapides qu’il en perdit la respiration.

Tout à coup, la Bringe cesse d’entendre le clapotis de sa langue. Elle se retourne, étonnée d’abord, puis bientôt inquiète.

Marquis est là, le cou tendu, le corps secoué par une toux convulsive.

Rrron...! rrron...!

La Bringe croit que, mangeant gloutonnement comme à son habitude, le veau a, tout simplement, avalé de travers...

Si ce n’était que cela...! Mais Marquis paraît très malade: sa face exprime une angoisse extrême, les yeux lui sortent de la tête, sa langue est pendante, ses flancs battent par saccades violentes et précipitées.

La mère s’approche de son petit et cherche à le soulager en frottant son mufle contre la gorge qui paraît être le siège du mal... Vains efforts, le veau continue à s’étrangler.

Alors, affolée, ne sachant que faire, la pauvre Bringe court à la recherche de gens plus habiles qu’elle.

Par bonheur Fanchette n’était pas loin, occupée à gaver les gros dindons.


— Meu...! Meu...! fait la vache d’un air plaintif.

Et elle appuie son museau sur l’épaule de la servante pour bien lui marquer que c’est à elle qu’elle a affaire. Il faut qu’elle recommence bien des fois son manège avant de se faire comprendre.

— Qu’est-ce qu’il y a donc ma Bringe? demande enfin Fanchette peu habituée à la voir si démonstrative.

Heureuse de voir qu’elle a réussi à attirer l’attention, la vache se dirige du côté de l’étable..., puis se retourne vers Fanchette... fait de nouveau quelques pas..., se retourne encore..., tant et si bien que la servante finit par dire:

— Il faut que j’aille voir ce qu’elle veut, tout de même; il est peut-être arrivé quelque chose.


Il était arrivé que Marquis râlait étendu sur la paille, ne donnant plus signe de vie que par quelques soubresauts, et par des rrron, rrron devenus si faibles qu’on ne les entendait presque plus.

En fille expérimentée, la servante eut tôt fait d’enfoncer son poing dans la gueule entr’ouverte du veau et d’en tirer... un os de petit salé.

Oui, un os de petit salé oublié dans l’eau de vaisselle par cette étourdie de Fanchette.

Depuis ce temps, Marquis mange avec précaution, —avec méfiance même, — comme si toutes les nourritures du monde devaient immuablement contenir des os de petit salé.


Darmowy fragment się skończył.

Gatunki i tagi

Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
173 str. 122 ilustracji
ISBN:
4064066314934
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

Podobne książki