Czytaj książkę: «Fromentin»

Czcionka:

Henry Roujon

Fromentin


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066333713

Table des matières

I. — LES PREMIERS PAS.

<II. — LA TERRE PROMISE.

III. — UNE ÉVOLUTION.

IV. — LE MAITRE: SA PERSONNE ET SA DESTINÉE.


POUR PARAÎTRE LE 1er DE CHAQUE MOIS:

BREUGHEL LE VIEUX.

ALPHONSE DE NEUVILLE.

LE CORRÈGE.

GUSTAVE COURBET.

HUGO VAN DER GOES.

PAUL BAUDRY.

GOYA.

HÉBERT.

ALBERT DURER.

HENNER.

LE BRUN.

FANTIN-LATOUR.

LOUIS DAVID.

BASTIEN-LEPAGE.

PHILIPPE DE CHAMPAIGNE.

ROSA BONHEUR.

DÉJÀ PARUS:

VIGÉE-LEBRUN.

REMBRANDT.

REYNOLDS.

CHARDIN.

VELASQUEZ.

FRAGONARD.

RAPHAËL.

GREUZE.

FRANZ HALS.

GAINSBOROUGH.

L. DE VINCI.

BOTTICELLI.

MEISSONIER.

VAN DYCK.

RUBENS.

HOLBEIN.

LE TINTORET.

FRA ANGELICO.

WATTEAU.

MILLET.

MURILLO.

INGRES.

DELACROIX.

LE TITIEN.

COROT.

VÉRONÈSE.

PUVIS DE CHAVANNES.

QUENTIN LA TOUR.

H. ET J. VAN EYCK.

POUSSIN.

GÉROME.

EUGÈNE FROMENTIN


I. — LES PREMIERS PAS.

Table des matières

EUGÈNE-SAMUEL-AUGUSTE Fromentin-Dupeux est né à la Rochelle le 24 octobre 1820. Sa famille, très ancienne, était très honorée dans l’Aunis et la Saintonge.

L’Aunis, vieille province de France, brillante et molle sous les caresses d’un humide soleil, enveloppée des brumes fines de l’océan, et parfois, vague, immense, paraissant parmi les flots et les sables flotter sous le ciel aux lointains horizons indécis, comme une épave hérissée çà et là de jardins et d’oasis. Les Anglais la meurtrirent pendant plus d’un siècle. Si elle souffrit par eux la douleur et l’humiliation de la défaite, ils lui inspirèrent du moins la passion du grand commerce, le désir de la fortune. Par ses armateurs et ses banquiers, elle amassa des richesses, qui lui permirent de consacrer à l’amélioration de son bien-être matériel et à l’ornement de son esprit de nombreux jours de loisirs et de fête. Lentement se forma, dans le sein de cette société laborieuse, appliquée à ses devoirs, jalouse de ses libertés, une bourgeoisie puissante et cultivée, éprise de toutes les parures de l’intelligence.

La famille d’Eugène Fromentin tenait, du côté paternel, à l’Aunis par des racines anciennes. Ses ascendants, presque tous avoués, magistrats, et aussi loin qu’on peut remonter dans le passé, juqu’au commencement du dix-huitième siècle, firent partie de cette bourgeoisie, qui, dans cette région d’ardent protestantisme, constituait une noblesse.

Son père, médecin de grande valeur, conserva pendant trente-trois ans la direction de l’asile d’aliénés de Lafond, qu’il avait organisé près de la Rochelle. On le disait spirituel; mais l’irrésolution, la méfiance gênaient les meilleurs élans de son caractère. Sa mère, qui n’était pas pourvue d’une instruction bien forte, avait au contraire une âme sensible et chaleureuse. C’est à elle que, par tous les traits de sa nature physique, par les dons de sa nature morale, le peintre ressemble, tandis que son frère aîné, Charles, pratique et taciturne, ressemble à leur père dont il suivit la voie.

L’intelligence d’Eugène Fromentin s’éveilla tôt. Étonnant les professeurs du collège par ses facultés d’inspiration personnelle et d’assimilation, il fut aimé de tous. Plus tard, il confessa “d’avoir eu une enfance très gaie, presque bruyante”. Mais, vers sa quinzième année, une évolution se fit en lui. “J’avais pris involontairement, confesse-t-il encore, l’habitude de la réserve et du silence, habitude souvent importune, qu’on respectait par pitié autant que par tolérance. C’est à cela que je dois de m’être développé dans le sens de ma nature; et sans cela, j’étais faussé, perdu.” “Ses goûts d’art et de poésie, ajoute M. Pierre Blanchon, à qui j’emprunte ces détails dans son livre admirablement documenté, se heurtent aux idées bourgeoises de son entourage: le docteur n’y voit que frivolité, sa femme redoute une occasion de tentation. A l’époque même où il était en proie à cette crise de puberté morale, un sentiment romanesque ébranla son âme profonde des émotions de l’amour.

PLANCHE II. — LE CAMPEMENT ARABE

(Musée du Louvre.)

Sur la verdure sombre de l’oasis, la blancheur de la tente se découpe. Les Arabes se reposent, tandis que les chevaux détachés vont au gré de leur fantaisie. Cette scène toute simple, certainement prise sur le vif, se trouve rehaussée par l’art supérieur de Fromentin qui sait faire vibrer la lumière jusque dans les replis d’ombre les plus touffus


Les Fromentin possédaient, à une demi-lieue de la ville, à l’entrée du village de Saint-Maurice, un logis campagnard. Le pays d’alentour n’est qu’une terre plate, fertile et nue, sur une côte où la mer, enchaînée par Richelieu, perd, entre les caps et les îles qui l’amoindrissent, toute sa grandeur et sa poésie. Parmi leurs voisins de campagne, se trouvait une dame X..., restée veuve, à 43 ans, d’un capitaine au long cours. Elle habitait pendant l’hiver la Rochelle, et Saint-Maurice pendant l’été. Elle avait une fille, née à Port-Louis (île Maurice) en 1817, et qui, par conséquent, comptait trois ans de plus qu’Eugène Fromentin. Madeleine, — conservons-lui, par un sentiment de pieux respect, le nom qu’elle porte dans Dominique, — Madeleine, de sang créole par sa mère, était très brune, avec une blanche carnation et un teint mat. Nous ignorons d’elle presque tout. Il s’était épris d’elle avec violence. Brusquement, elle fut ravie à son ciel de 15 ans, au cadre familier de ses espérances et de ses rêves. Elle épousa un surnuméraire des contributions directes. Il souffrit d’impuissance dans sa jalousie, et d’autant plus que sa passion était sincère, ingénue. Sa gaieté s’évanouit, avec son insouciance; il raffina sur ses sentiments, creusa et retourna sa pensée. Ce fut en se réchauffant à la tendresse de son foyer, en se plongeant dans le labeur littéraire, poésies, essais de critique, fragment de drame, qu’il essaya de guérir sa blessure.

Quelques-unes de ces compositions de son adolescence sont d’un excellent élève de rhétorique, très sérieux, assidu, nourri de la meilleure substance des classiques, et dans l’âme inquiète duquel s’éveille déjà le goût des idées générales et s’agite l’ambition de créer, par une œuvre personnelle, de la beauté. On y remarque une grande facilité d’élocution, une éloquence abondante et solide, qui cherche à se distinguer, non par l’affectation d’une manière étrange, mais par la franchise des moyens les plus simples.

Ses études terminées au collège, il vécut un peu au hasard, pendant un an; on connaissait, dans la Rochelle, ses tentatives littéraires, et l’estime des lettrés, assez nombreux dans cette ville qui, en ce temps-là, le temps légendaire pour nous des berlines et des diligences, vivait d’une vie particulière et intense, ne lui faisait point défaut. Quelquefois, le soir, il s’en allait secrètement glisser, dans la boite du Journal de La Rochelle, une de ses copies de poète. Le lendemain, le journal publiait, sans nom d’auteur, le poème ou le récit, ou le morceau de critique. Et tout le monde le signait sans hésitation du nom d’Eugène Fromentin.

Il commençait à dessiner, à peindre. Son père, le docteur morose, lui inculqua, puisqu’il était lui-même un artiste amateur, et point maladroit, les rudiments du métier. L’heure était cependant venue de choisir pour cet enfant une carrière sérieuse. Charles étudiait la médecine à Paris. On orienta Eugène vers le droit. Il quitta la Rochelle en novembre 1830, non sans chagrin, car il se séparait, pour jamais peut-être, de la femme qu’il adorait du meilleur de son âme, et, dans son être délicat et nerveux, il éprouvait un trouble véritable d’aborder un pays inconnu, le grand Paris, si loin de la douce province, si indulgent à ses essais, si tendre aux premiers rêves de son cœur. Sa taille était fine, bien prise, quoiqu’il eût les jambes un peu courtes. Il avait la tête proportionnellement un peu forte. Son teint mat ne se colorait parfois que d’une légère rougeur. Sa chevelure brune tombait sur ses épaules. Ses joues étaient pleines; son visage, d’un bel ovale allongé. Ses lèvres, estompées d’une moustache naissante, étaient grasses; le front haut, arrondi, très beau. Le nez, qui depuis se busqua et prit la forme aquiline, était parfaitement droit; des yeux bruns, peut-être un peu trop grands alors, surmontés de beaux sourcils, étaient admirables, très doux, beaucoup plus qu’ils ne le furent plus tard; dans les moments d’enthousiasme, qui lui étaient assez fréquents en ce temps-là, et sous l’influence d’un sentiment d’étonnement ou de tristesse, ils se levaient au ciel avec une expression profonde.

A Paris, il vécut d’abord seul, à l’écart. Son éloignement pour la vulgarité et les extravagances des bavardages et des manières fut blâmé par quelques-uns de ses camarades, qui l’appelèrent “le petit monsieur comme il faut”. Il suivait nonchalamment les cours de l’École de Droit, avec assiduité les leçons de Michelet, de Quinet, de Sainte-Beuve, à la Sorbonne. Il apprenait, curieux de la beauté des œuvres humaines, à aimer Paris, et aux alentours, Versailles, Saint-Germain, Montmorency, les paysages pittoresques qui associent au charme de la nature les clartés glorieuses de l’histoire. Il dessinait de plus en plus, sans maître,la forme changeante des choses, et retenait dans ses dessins, autant qu’il le pouvait, le frémissement caché des âmes. “Ce sont ses bégaiements de paysagiste”, a écrit M. Louis Gonse, dans son abondant et parfait ouvrage de critique et de documentation, où il reproduit le plus ancien des croquis de Fromentin, une scène de Chatterton, dessinée le lendemain d’une représentation du drame de Vigny, au Théâtre Français. Ce dessin à la plume, du 2 avril 1841, semble aisé, juste de trait et d’une composition assez heureuse.

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8,58 zł
Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
38 str. 10 ilustracji
ISBN:
4064066333713
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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