Czytaj książkę: «Les Della Robbia, sculpteurs en terre émaillée»

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Henry Barbet de Jouy

Les Della Robbia, sculpteurs en terre émaillée : étude sur leurs travaux, suivie d'un catalogue de leur oeuvre, fait en Italie, en 1853


Publié par Good Press, 2021

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EAN 4064066333805

Table des matières

La première de couverture

Page de titre

A MONSIEUR LE COMTE DE NIEUWERKERKE,

CATALOGUE DE L’OEUVRE DES DELLA ROBBIA,

A MONSIEUR LE COMTE DE NIEUWERKERKE,

Table des matières

MEMBRE DE L’INSTITUT, DIRECTEUR GÉNÉRAL DES MUSÉES IMPÉRIAUX, INTENDANT DES BEAUX-ARTS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR

Il y a peu d’années que les sculptures en terre cuite émaillée des della Robbia ont pris rang dans les musées, le nombre en est encore aujourd’hui peu considérable; quelques fragments arrachés aux ruines des maisons florentines sont toute notre fortune et des motifs de décoration, isolés de l’ensemble architectural qu’ils avaient eu mission de compléter, ne donnent qu’une idée fort affaiblie de la valeur de l’invention et des talents de leurs auteurs; c’est en parcourant Florence , encore parée des œuvres de cette famille, que j’ai compris combien cet art de la sculpture en terre émaillée avait été ingénieusement trouvé, inventé à propos, appliqué heureusement et pratiqué avec éclat pendant une longue période de sa durée. Je ne tardai pas à être frappé des différences de style et d’exécution qui existent entre ces œuvres confondues sous un même nom, et distinguai bientôt trois classes qui, correspondant à trois générations, marquent l’origine de cet art et son plus grand éclat, sa continuation habile, sa suite et sa décadence. Trois noms sont les représentants de ces phases successives: Luca della Robbia; André, neveu de Luca; Jean, fils d’André ; et les travaux de ces trois hommes, qui ont eu des collaborateurs et des émules, embrassent l’espace de plus d’un siècle, compris entre 1435 et 1567. J’étudierai tour à tour le style ou le goût de chacun d’eux; je décrirai tous ceux de leurs ouvrages qu’il m’a été permis de voir; mais, avant tout, je crois devoir traduire ce qu’en a écrit Vasari. Malgré des erreurs de date et quelques inexactitudes, le peintre d’Arezzo est et sera toujours le plus précieux des chroniqueurs de l’art italien; je n’ai ouvert son livre, pour y lire la vie des della Robbia, qu’après avoir examiné mûrement et classé dans mon esprit les œuvres de cette famille; j’avoue que n’y ayant trouvé que des attributions qui confirmaient celles que j’avais préconçues moi-même, j’en ai éprouvé plus de sympathie pour l’écrivain du XVIe siècle. C’est à lui, et à lui seul, que j’emprunterais tous les détails de la vie de Luca, ne vaut-il pas mieux le laisser parler, et n’est-ce pas lui enlever déjà trop que de faire passer son dire de sa langue en la mienne?

LUCA DELLA ROBBIA,

SCULPTEUR FLORENTIN.

Luca della Robbia, sculpteur florentin, naquit l’an 1388, en la maison de ses ancêtres, qui est au-dessous de l’église de Saint-Barnabé, à Florence . Il y fut élevé avec soin jusqu’à ce qu’il eût appris, non-seulement à lire et à écrire, mais à compter, selon la coutume des Florentins, autant qu’il lui pouvait être nécessaire. Son père le fit ensuite instruire, en l’état d’orfèvre, près de Léonard fils de Jean, regardé alors comme le meilleur maître, en cet art, qu’il y eût à Florence: Luca ayant appris de lui à dessiner et à modeler en cire, devenu plus ambitieux, se mit à faire quelques ouvrages en marbre et en bronze, y réussit, et, abandonnant tout à fait le métier d’orfèvre, s’adonna à la sculpture , au point qu’il ne fit plus autre chose que tailler le marbre pendant le jour et dessiner la nuit. Il y mit tant d’ardeur que, maintes fois, sentant ses pieds glacés, pendant la nuit, et ne voulant pas quitter le dessin, il les réchauffa en les tenant dans un panier de copeaux, qui sont ces minces pellicules que les menuisiers lèvent sur les planches quand ils les travaillent avec le rabot; ce dont je ne m’étonne pas, puisque jamais personne n’a excellé en quoi que ce soit, si dès l’enfance il n’a commencé par supporter le chaud, le froid, la faim, la soif et les autres rigueurs; et qu’ils se trompent ceux qui prétendent pouvoir, dans le loisir et avec toutes les aises de la vie, parvenir aux rangs honorables; ce n’est pas en dormant, mais en veillant et travaillant sans cesse, qu’on y arrive. Luca avait à peine quinze ans lorsqu’il fut conduit, en même temps que d’autres jeunes sculpteurs, à Rimini, afin d’exécuter quelques figures et d’autres ornements en marbre pour Sigismond , fils de Pandolfo Malatesti, seigneur de cette ville, qui faisait faire alors, dans l’église de Saint-François, une chapelle et un tombeau pour sa femme qui était morte. Ce fut pour Luca l’occasion de faire preuve de son savoir par quelques bas-reliefs que l’on y voit encore.

C’était avant que les hommes de l’œuvre de Sainte-Marie — des-Fleurs le rappelassent à Florence où il fit pour la campanile de cette église cinq petites compositions, en marbre, qui sont du côté regardant l’église, et qui manquaient, suivant le dessin de Giotto, à côté de celles où André Pisano a représenté, ainsi qu’on l’a dit, les sciences et les arts. Dans la première, Luca fit Donato pour la grammaire; dans la seconde, Platon et Aristote pour la Philosophie; dans la troisième, un homme qui joue du luth pour la musique; dans la quatrième, un Ptolémée pour l’astrologie; et dans la cinquième, Euclide pour la géométrie. Ces bas-reliefs, par leur exécution, la grâce et le dessin, surpassent de beaucoup les deux faits, ainsi qu’on l’a dit, par Giotto qui, dans l’un, a figuré la peinture, par Apelle, et dans l’autre, la sculpture, par Phidias. C’est pourquoi les gens de l’œuvre qui, indépendamment des mérites de l’artiste, se laissèrent persuader par Messer Vieri de Medici, grand citoyen alors très-populaire et qui aimait beaucoup Luca, lui donnèrent à faire, en l’an 1405 , l’ornement en marbre d’un très-grand orgue que l’œuvre faisait construire alors, pour être placé au-dessus de la porte de la sacristie.

Luca a représenté sur la base, en quelques groupes, les chœurs de la musique qui chantent de diverses façons; il y mit tant de soin et a si bien réussi ce travail, qu’encore qu’il soit placé à une hauteur de 16 brasses, l’on voit le mouvement des lèvres de ceux qui chantent, l’agitation des mains de ceux qui règlent la mesure, par-dessus les épaules des plus petits, et toutes sortes de jeux, de chants, de danses et d’actes agréables qu’entraîne le plaisir de la musique . En outre, Luca fit au-dessus de la corniche. deux figures de bronze doré, qui étaient des anges nus, exécutés avec une grande délicatesse, ainsi que l’œuvre entière qui fut tenue pour une chose rare; et cependant Donatello qui fit ensuite l’ornement de l’autre orgue placé vis-à-vis celui-là, a montré beaucoup plus de jugement et de pratique que n’avait fait Luca, comme on le dira en son lieu: ses sculptures, presque toutes d’un haut relief et peu terminées, se voient beaucoup mieux, de loin, que celles de Luca, qui, quoique d’un bon dessin et d’une exécution parfaite, en raison même de leur délicatesse, échappent à la vue par l’éloignement, et n’apparaissent pas comme celles de Donato, qui ne sont presque qu’ébauchées. Les artistes doivent faire grande attention à cela, car l’expérience fait reconnaître que toute peinture, sculpture ou autre chose semblable, qui doit être vue de loin, a plus de force et de verve à l’état de belle ébauche qu’à celui d’œuvre terminée.....

Mais pour revenir à Luca, lorsqu’il eut achevé ce travail qui plut beaucoup, on lui donna à faire la porte en bronze de la sacristie; il la divisa en dix cadres, cinq pour l’un et l’autre battant, décorant la rencontre des angles d’une tête d’homme, différente pour chacun d’eux, en faisant de jeunes, de vieux, d’âge moyen, avec ou sans barbe, tous beaux, de façon que ce fut, pour l’ensemble de l’œuvre, un parfait ornement; puis, dans la composition des panneaux, en commençant par le haut, il représenta la Vierge ayant son Fils dans ses bras, d’une grâce charmante; dans l’autre, Jésus sortant du tombeau; au dessous, en chacun des quatre premiers cadres, est une figure d’évangéliste, et plus bas sont les quatre docteurs de l’Église, qui écrivent dans des attitudes variées: tout ce travail est si net et achevé que c’est une merveille, et il fait bien connaître combien il fut profitable à Luca d’avoir été orfèvre. Mais après ces travaux, ayant fait le compte du bénéfice qu’il en avait retiré et du temps qu’il y avait employé, il reconnut qu’il avait eu peu de gain et beaucoup de peine: il résolut d’abandonner le marbre et le bronze, et de voir s’il ne trouverait pas quelque chose de plus fructueux. C’est pourquoi, considérant que la terre se travaillait aisément et avec peu de fatigue, et qu’il ne s’agissait que d’imaginer un moyen pour conserver longtemps les ouvrages qu’on en voulait faire, il chercha si bien qu’il trouva le moyen de les préserver des injures du temps: après beaucoup d’essais, il inventa une couverte vitrifiée, composée d’étain, de terraghetta, d’antimoine et d’autres minéraux mélangés et cuits au feu d’un four disposé à cet effet, qui remplissait parfaitement le but et assurait aux ouvrages en terre une durée presque éternelle. Cette invention, qui lui appartient en propre, lui a valu une grande renommée et la reconnaissance des siècles à venir. Ayant donc réussi en tout ce qu’il désirait, il voulut que son premier ouvrage fût en l’arc qui surmonte la porte de bronze qu’il avait faite pour la sacristie, au-dessous de l’orgue de Sainte-Marie-des-Fleurs, et il y fit une Résurrection du Christ, si belle en son temps, que, lorsqu’elle fut mise en place, elle fut admirée comme une chose vraiment rare ; ce qui fut cause que les gens de l’œuvre voulurent que l’arc de la porte de l’autre sacristie, où Donatello avait fait l’ornement de l’autre orgue, fût également rempli par Luca de figures semblables et d’ouvrages en terre cuite; c’est pourquoi Luca y fit une Ascension du Christ , qui est une fort belle chose.

Ce fut alors que ne se contentant pas de cette belle invention si curieuse et utile, surtout pour les lieux où à cause des eaux, de l’humidité, ou pour d’autres causes, on ne peut avoir de peintures, Luca porta sa pensée plus loin, et après avoir fait des ouvrages en terre qui n’étaient que blancs, il y ajouta la coloration, à l’étonnement général et au plaisir de tous; et le magnifique Pierre, fils de Cosme de Médicis, l’un des premiers qui aient fait faire à Luca des terres cuites colorées, fit exécuter par lui toute la voûte, de forme hémisphérique, d’un cabinet d’étude dans le palais construit par Cosme, son père, avec diverses inventions, et aussi le pavé, ce qui fut une chose unique et fort agréable pour l’été ; et c’est assurément une merveille que, malgré les difficultés et les grandes précautions qu’exigeait la cuisson de la terre, la voûte aussi bien que le pavé semblent être, tant en a été parfaite l’exécution, non de plusieurs morceaux, mais d’un seul. La réputation de ces ouvrages se répandant non-seulement en Italie, mais par toute l’Europe, le nombre de ceux qui en voulurent avoir fut si grand que les marchands florentins, faisant continuellement travailler Luca, à son grand profit, en envoyèrent par tout le monde; et comme il ne pouvait seul suffire à tout, il fit quitter le ciseau à Octavien et Augustin, ses frères , et les mit à faire de ces travaux qui leur rapportèrent beaucoup plus que n’avait fait jusqu’alors la sculpture. Sans parler de leurs œuvres qui furent envoyées en France et en Espagne, ils ont beaucoup travaillé en Toscane: particulièrement pour Pierre de Médicis, dans la basilique de San-Miniato à Monte où ils ont décoré d’un très-beau soffite, à caissons octogones, la voûte d’une chapelle, en marbre, posée sur quatre colonnes, au milieu de l’église. Mais le plus remarquable travail qui soit sorti de leurs mains en ce genre, est, en la même église, la voûte de la chapelle de Saint-Jacques, où est enterré le cardinal de Portugal; sur cette voûte, qui est sans arêtes, ils figurèrent dans quatre médaillons les Évangélistes, et au centre l’Esprit-Saint, en remplissant les vides d’écaillés juxtaposées qui tournent et diminuent jusqu’au sommet; de sorte qu’on ne peut, en ce genre, voir rien de mieux ni trouver un ouvrage appareillé et exécuté avec plus de soin. Pour l’église de San-Piero-Buonconsiglio, près du Marché-Vieux, il fit dans un petit arc, au-dessus de la porte, la Madone qu’entourent quelques anges fort gracieux ; et sur la porte d’une petite église voisine de Saint-Pierre-Majeur , une autre Madone et des anges qui passent pour très-beaux. En outre, dans le chapitre de Sainte-Croix, érigé par la famille des Pazzi, de l’architecture de Pippo di ser Brunellesco, il fit toutes les figures émaillées que l’on voit en dedans et en dehors . L’on dit que Luca envoya au roi d’Espagne quelques figures en ronde bosse fort belles, et aussi des travaux en marbre. Pour Naples, il fit à Florence et avec l’aide d’Augustin, son frère, la sépulture en marbre de l’infant, frère du duc de Calabre, avec beaucoup d’ornements en terre émaillée.

Après quoi Luca chercha le moyen de peindre des figures et des compositions sur des carreaux de terre cuite, pour donner de la vie aux peintures, et il en fit l’essai sur un médaillon qui est au-dessus du tabernacle des Quatre-Saints, sur les murs d’Or-San-Michele; la surface en est plane: il y a figuré, en cinq motifs, les instruments et les insignes des arts de la construction, avec de fort beaux ornements. Pour le même monument, il a fait deux autres médaillons, mais ceux-là sont en relief: dans l’un, pour la confrérie des apothicaires, une Notre-Dame; et dans l’autre, pour les commerçants, un Lis qui surmonte un ballot, avec un cadre de fruits et de feuillages variés, si bien faits qu’ils semblent naturels et non de terre cuite émaillée.

Il fit encore pour Benozzo Federighi, évêque de Fiesole, dans l’église de San-Brancazio, un tombeau de marbre sur lequel Federigo est représenté couché, et l’on y voit trois autres demi-figures. Dans l’ornementation des pilastres, il a peint à plat certaines guirlandes et bouquets de fruits et feuillages si vifs et si naturels qu’avec le pinceau on ne ferait pas mieux en un tableau à l’huile; et en vérité, cette œuvre est merveilleuse et rare, car Luca a si bien fait les lumières et les ombres, qu’il ne semble presque pas possible que ce soit à l’aide du feu. Si cet artiste eût vécu plus longtemps, on eût vu de plus grandes choses encore sortir de ses mains; car, peu avant de mourir, il avait commencé à faire des compositions et figures peintes à plat, et j’en ai vu jadis quelques morceaux en sa maison, qui me font croire qu’il y eût facilement réussi, si la mort qui ravit presque toujours les meilleurs, lorsqu’ils vont faire quelque chose d’utile, ne l’eût emporté plus tôt qu’il ne fallait.

Après Luca, restèrent Octavien et Augustin, ses frères ; et d’Augustin naquit un autre Luca qui fut en son temps très-lettré . Augustin, continuant l’art de Luca, fit à Pérouse, en 1461, la façade de San-Bernardino, et y exécuta trois sujets en bas-relief et quatre figures en ronde bosse, d’une manière habile et délicate; et il y mit son nom de la façon qui suit: AVGVSTINI FLORENTINI LAPICIDÆ.

De la même famille, André, neveu de Luca, travailla le marbre fort habilement; on en peut juger dans la chapelle de Sainte-Marie-des-Grâces, aux portes d’Arezzo, où il fit pour la communauté, en un grand ornement de marbre, beaucoup de petites figures en ronde bosse et en bas-relief, à l’entour d’une Vierge peinte par Parri, fils de Spinello d’Arezzo. Le même André fit, en terre cuite, dans cette ville, le tableau de l’autel de Puccio di Magio, à Saint-François, et celui de la Circoncision, pour la famille des Bacci. Il fit aussi et de sa main, à Santa-Maria-in-Grado, un fort beau tableau avec beaucoup de figures; et pour la compagnie de la Trinité, au grand autel, également de sa main, un grand tableau représentant Dieu le Père qui soutient le Christ crucifié, beaucoup d’anges à l’entour et, au bas, san Donato et san Bernardo agenouillés . J’ajouterai que, dans l’église et autres lieux du Sasso della Vernia, il fit beaucoup de tableaux qui se sont conservés en ce lieu désert où aucune peinture n’eût pu se maintenir, ne fût-ce que quelques années . Le même André a exécuté à Florence toutes les figures qui sont sur la loge de l’hôpital de Saint-Paul, et elles sont fort bonnes, et aussi les enfants nus et emmaillottés que l’on voit dans les médaillons de l’hôpital des Innocents, qui sont vraiment admirables et montrent tout l’art et le talent d’André ; sans parler de beaucoup d’autres œuvres, presqu’à l’infini, qu’il fit dans le cours de sa vie qui fut de quatre-vingt-quatre ans.

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Data wydania na Litres:
15 stycznia 2025
Objętość:
61 str. 2 ilustracji
ISBN:
4064066333805
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Właściciel praw:
Bookwire
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