Czytaj książkę: «Mémoire sur la topographie médicale du IVe arrondissement de Paris»
Henri Bayard
Mémoire sur la topographie médicale du IVe arrondissement de Paris
Recherches historiques et statistiques

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066338343
Table des matières
AVANT-PROPOS.
PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE I.
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
Pauvres. Indigens.
CHAPITRE IV.
Pavage. Nettoiement des rues.
Eclairage .
Latrines, fosses d’aisances, voiries .
CHAPITRE V.
Halles aux grains .
Marché aux bestiaux .
Boucheries .
Charcutiers .
Marchands de volailles .
Marches au poisson .
Marché aux fruits et légumes .
CHAPITRE VI.
Altération des blés et farines .
Boulangers . — Pain .
Eaux publiques. Fontaines
Vin. Bière ou cervoise .
Bois. Chauffage .
Disettes . — Famines .
CHAPITRE VII.
MALADIES CONTAGIEUSES ET ÉPIDÉMIQUES.»
SECONDE PARTIE.
CHAPITRE I.
Quartier de la Banque de France.
Quartier Saint-Honoré .
Quartier du Louvre.
Quartier des Marchés .
CHAPITRE II.
HALLES ET MARCHES D’APPROVISIONNEMENT.
CHAPITRE III.
POPULATION.
CHAPITRE IV.
PAUVRES, INDIGENS.
CHAPITRE V.
DE LA PROSTITUTION DANS LE QUATRIÈME ARRONDISSEMENT.
CHAPITRE VI.
PAVAGE. — NETTOIEMENT DES RUES.
CHAPITRE VII.
MARCHE ET EFFETS DU CHOLÉRA-MORBUS DANS LE QUATRIÈME ARRONDISSEMENT.
CHAPITRE VIII.
MORTALITÉ.
CHAPITRE IX.
RÉSUMÉ GÉNÉRAL.
AVANT-PROPOS.
Table des matières
Je ne m’étais d’abord proposé que de publier quelques considérations sur la topographie médicale du quatrième arrondissement de Paris; mais les recherches, que je fus amené à faire successivement sur ce sujet, m’offrirent un tel intérêt, que j’agrandis bientôt le cercle que je m’étais tracé.
La formation des quatre quartiers, qui composent aujourd’hui le quatrième arrondissement, remonte à une époque fort ancienne; sur la rive droite de la Seine, ils ont été le centre de la ville, et dès que les enceintes qui les enveloppaient furent détruites, c’est autour d’eux que se sont groupés successivement les autres quartiers. Les faits que je cite dans ce mémoire établissent d’une manière évidente que le quartier des marchés, par exemple, qui, depuis sa création présente encore la même topographie, a toujours été placé dans des conditions d’insalubrité manifeste. Le voisinage du cimetière des Innocens a enfin causé de tels dangers pour la santé publique, que ce foyer d’infection fut éloigné ; mais il n’y a pas soixante ans que cette cause d’insalubrité a été détruite, et presque toutes les autres ont persisté, malgré de très notables améliorations de détails.
L’accroissement de la population, son accumulation derrière les murailles, à des époques où les guerres civiles et étrangères l’obligeaient à se défendre; les inondations, les famines sont autant de circonstances qui ont influé sur la santé publique et fait naître de graves maladies.
Avant d’étudier la topographie médicale du quatrième arrondissement, tel qu’il est actuellement circonscrit, il m’a paru tout à-la-fois curieux et utile d’exposer d’une manière rapide l’histoire de la vieille ville, sous le point de vue de l’hygiène et de la police médicale. Cette étude comparative des conditions diverses de salubrité, dans lesquelles certains quartiers d’une ville ancienne se sont trouvés placés à toutes les époques de leur formation, n’a encore été faite par personne que je sache, et il m’a fallu puiser à des sources bien nombreuses pour remplir, incomplètement encore, le plan que je m’étais tracé.
Les historiens de Paris, en rapportant les maladies qui décimèrent sa population, ont toujours parlé de la ville en général, et les auteurs, qui récemment ont résumé les documens si nombreux qui leur avaient été légués par leurs devanciers, se sont toujours bornés à des généralités sur les questions de salubrité et d’hygiène publique. J’ai donc été forcé de feuilleter ces premiers historiens pour y rechercher des détails confondus ou omis par les auteurs modernes. Je citerai avec exactitude toutes ces sources, afin qu’elles puissent servir à ceux de mes confrères qui désireraient faire, pour l’arrondissement qu’ils habitent, l’essai médical que je tente pour le quatrième arrondissement.
L’intérêt que m’ont toujours présenté les questions de salubrité et d’hygiène s’est singulièrement accru, je dois le dire, depuis que j’ai été placé dans des conditions favorables pour étudier la population indigente, dans ses greniers, ses misères et ses excès. Médecin du bureau de bienfaisance du quatrième arrondissement, je visite ces foyers de maladie qu’une philanthropie éclairée cherche à éteindre tous les jours, et j’ai pu reconnaître, comme tous mes collègues sont à même de le vérifier à Paris, que la salubrité et l’hygiène y laissent encore beaucoup à désirer, et que la police médicale devrait être plus sévère.
Ce mémoire se compose de deux parties:
Dans la première, je trace la topographie des quartiers qui forment le quatrième arrondissement. Les limites, la nature et la disposition du sol, l’exposition aux vents sont successivement étudiées.
Pour faciliter l’examen comparatif, auquel je me livre, de la topographie ancienne de la ville, j’ai accompagné ce travail de plans multipliés et exécutés avec une scrupuleuse exactitude, d’après l’excellent ouvrage de Dalamare. On peut suivre tous les progrès de l’accroissement rapide de ces quartiers qui bordent la Seine, et de ceux qui bientôt les ont enveloppés.
Cette revue topographique, je la fais d’abord jusqu’au dix-huitième siècle; puis, j’examine quelles causes extérieures ou dépendantes du sol ont pu influer d’une manière fâcheuse sur la santé publique. Ainsi, les inondations, l’accumulation des immondices, des boues, les défauts et l’absence de constructions de fosses d’aisances, le pavage, l’éclairage, le voisinage des cimetières, forment autant de chapitres spéciaux; toutes ces causes générales à la ville tout entière agissaient avec plus de gravité encore sur les quartiers primitifs qui ont toujours offert et conservent encore un entassement fâcheux pour la santé publique.
Le quartier des halles a toujours servi d’entrepôt, de magasin à toutes les denrées qui alimentaient la population de Paris; j’ai voulu rendre plus complet ce mémoire en étudiant les questions de police médicale qui ont préoccupé les magistrats chargés du soin de la santé publique; l’ouvrage si précieux de Delamare m’a presque seul fourni les élémens de cet examen, et tout en suivant l’ordre méthodique que je me suis imposé, j’ai fait de nombreux emprunts à l’œuvre peu connue et trop peu lue d’un homme de grand mérite. Les fontaines publiques, l’eau, les grains, le pain, la viande, le poisson, les vins, la bière fournissent le sujet d’une étude rapide qui permet au moins, d’établir quelques probabilités sur l’influence hygiénique que ces alimens ont pu exercer sur la population à diverses époques.
Je termine enfin cette première partie de mon mémoire par la citation des disettes qui ont eu lieu jusqu’au dix-huitième siècle, et par l’énumération des maladies qui ont régné d’une manière épidémique ou endémique plus particulièrement dans les quatre quartiers du Louvre, Saint-Honoré, des Marchés et de la Banque, qui composent aujourd’hui le quatrième arrondissement.
Paris, 10 juin 1842.
PREMIÈRE PARTIE.
Table des matières
CHAPITRE I.
Table des matières
§ I. — Le quatrième arrondissement est situé sur la rive droite de la Seine, au centre de la ville; il est borné à l’ouest par les rues Froid manteau et des Bons-Enfans, à l’est par la rue Saint-Denis, au sud par les quais, et au nord par la place des Victoires, les rues Coquillière et de la Grande-Truanderie. Il se compose des quartiers du Louvre, Saint-Honoré, des Marchés et de la Banque. La superficie totale est de 560,000 mètres carrés; d’après le recensement fait en 1831, la population des deux sexes composée d’habitans à domicile était de 45,111.
Le sol est bas et sans mouvement de terrain dans les quartiers Saint-Honoré, du Louvre, des Marchés. Dans le quartier de la Banque, il est légèrement incliné du nord au sud.
§ II. — Par un effet naturel du relief du terrain qui place les différens quartiers de la ville en amphithéâtre sur les deux rives du fleuve, ceux de ces quartiers qui sont les plus voisins de l’eau, et par conséquent les plus bas, se trouvent en partie abrités par les quartiers plus élevés qui les dominent, et ceux-ci le sont à leur tour par les quartiers plus hauts qui se terminent aux barrières.
Les quartiers Saint-Honoré, de la Banque sont situés au nord-est, et exposés aux vents du sud-ouest.
Ceux du Louvre et des Marchés sont situés à l’est, et exposés aux vents d’ouest.
Or, les vents qui règnent le plus communément sur l’horizon de Paris sont ceux du sud, du sud-ouest, de l’ouest, du nord et du nord-ouest(). Sur une année moyenne, déduite d’une série d’observations recueillies à l’Observatoire royal et qui embrassent 21 ans (1806-26), ces vents soufflent pendant 279 jours ou les trois quarts de l’année; ceux d’est, de nord-est et de sud-est, pendant 86; ils amènent constamment avec eux, dans l’été, un ciel pur et de beaux jours; dans l’hiver, un froid vif et piquant.
Les vents de nord-ouest, d’ouest et de sud-ouest au contraire, et nous venons de dire que ce sont les plus fréquens, chargent l’atmosphère de nuages épais, donnent des temps couverts, des jours sombres, des pluies, des brouillards, une température quelquefois molle et chaude, le plus souvent humide et froide.
Le quatrième arrondissement est exposé presque toute l’année aux vents de sud-ouest et d’ouest, il est donc placé dans des conditions peu favorables pour sa température. La proximité de la rivière qu’il borde dans toute sa longueur, l’abaissement presque complet du sol, sa composition sablonneuse qui permet aux eaux de s’infiltrer avec une grande facilité ; toutes ces causes générales, réunies, contribuent à augmenter l’insalubrité de plusieurs de ses rues.
CHAPITRE II.
Table des matières
TOPOGRAPHIE ANCIENNE.
§ III. — Pendant les trois premiers siècles qui suivirent la fondation de Lutèce, son étendue paraît avoir été bornée à celle de l’île de la Cité. Les abords de la Seine étaient couverts de marais, de bois. Pendant le quatrième et le cinquième siècles, des faubourgs furent bâtis au midi et au nord, et si on s’en rapporte aux preuves diverses fournies par d’anciens titres, une enceinte de murs aurait été construite sur la rive droite(); elle commençait à la Porte de Paris; continuait le long de la rue Saint-Denis, où il y avait une porte prés de la rue des Lombards, passait ensuite au cloître Saint-Médéric, où il y avait une autre porte; tournait par la rue de la Verrerie, entre les rues Bar-du-Bec et des Billettes; descendait rue des Deux-Portes; traversait la rue de la Tixeranderie et le cloître Saint-Jean, près duquel était une troisième porte, et finissait sur le bord de la rivière entre Saint-Jean et Saint-Gervais. Ces noms modernes font mieux comprendre quelle était cette enceinte.
Il suffit de jeter les yeux sur le plan (n° I) pour se rendre compte de l’étendue que pouvait occuper cette enceinte; on remarque que la rue Saint-Denis et l’emplacement de l’église Sainte-Opportune sont déjà indiqués par des constructions.
Childebert fit bâtir l’an 559, sur la rive droite de la Seine, une collégiale sous l’invocation de Saint-Vincent, et qui prit plus tard le nom de Saint-Germain-l’Auxerrois, lorsque, vers l’année 1010, le roi Robert fit reconstruire cette église qui avait été saccagée par les Normands.
Cette église fut dotée des terres qui l’environnaient, et par suite des constructions qui ne tardèrent pas à s’élever à l’entour, il y eut deux bourgs de Saint-Germain-l’Auxerrois (Voir le plan n° II).
Une chapelle, située dans le faubourg septentrional, et qu’on nommait Notre-Dame-du-Bois, fut rebâtie et pourvue de chanoines, lorsque le corps de l’abbesse d’Almenèche, sainte Opportune, y fut apporté en 931. Entre ces bourgs et la ville de Paris subsistaient encore de grandes campagnes, des marais qui furent desséchés, ensemencés ou convertis en jardin, et des prés et des vignes que les propriétaires avaient fait enclore de haies et de fossés pour se séparer les uns des autres. De là viennent tous les noms de Culture qui se sont conservés à certaines rues.
Entre ces jardins et ces marais, il y avait une certaine étendue de terre des domaines du roi, qui se trouve nommée dans les anciens titres latins Campela, Champeaux ou Petits-Champs. C’est une partie de ce terrain que les premiers rois donnèrent pour y faire le cimetière de Paris; n’estant pas permis en ce temps d’enterrer dans les villes. Sur une autre partie, se tenait le marché aux bestiaux. Ce cimetière et ce marché furent placés en cet endroit, parce qu’il était situé entre la cité, la ville, les bourgs de Saint-Germain-l’Auxerrois, la Culture-l’Evêque et le Bourg-l’Abbé, au milieu et assez proche de tous ces lieux. Philippe-Auguste fist bâtir dans ce marché deux grandes halles, qu’il fist clore, et y transféra une foire qu’il acheta des religieux de Saint-Lazare, l’an 1183, et il fit aussi clore de murs le cimetière de la ville, aujourd’huy des Saints-Innocens.
Quelques historiens de Paris ont semblé hésiter à fixer l’époque à laquelle ils devaient faire remonter la construction du mur d’enceinte; un auteur en attribue la fondation à Louis-le-Gros. Nous pensons que l’on peut avoir quelque confiance dans le récit de Rigord , médecin et historiographe de Philippe-Auguste:
«..... L’occasion du voyage d’outre-mer, que ce prince
«entreprit l’an 1190, avec une puissante armée, luy parut
«favorable pour persuader aux Parisiens, sous prétexte
«de leur propre sûreté, d’entreprendre cette closture
«qui devoit les mettre à couvert de leurs ennemi
«pendant son absence. Pour leur en faciliter l’exécution,
«le roy se chargea d’indemniser les propriétaires des
«terres et de tous les autres lieux ou passeroient les fondations
«des murs et les fossez; le reste de la dépense fut
«faite par les bourgeois. L’ouvrage fut commencé la
«même année et continué sans interruption, tant en l’absence
«du roy, qui ne fut que d’un an, que depuis son
«retour jusqu’en 1211, qu’après vingt années de travail
«le tout se trouva achevé... »
Pour comprendre le développement de cette muraille et son étendue sur les terrains dont nous faisons la topographie, il est nécessaire de s’aider du nom des rues et des édifices actuels.
Le mur commençait sur le bord de la rivière en dehors de l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois qu’il protégeait, traversait les rues Saint-Honoré, des Deux-Ecus, l’emplacement actuel de la halle au Blé, les rues Coquillière, Montmartre, etc., et se terminait au-dessus du quai des Célestins, à travers la caserne de l’Ave-Maria.
Ces descriptions sont nécessaires pour remplir le but que nous nous proposons, et qui est d’étudier les conditions générales de salubrité dans lesquelles a dû se trouver la population des quartiers les premiers construits.
Si on examine le plan (n° III), il est facile de voir que les quartiers qui composent aujourd’hui le quatrième arrondissement se trouvaient presque complètement formés par les bourgs de Saint-Germain-l’Auxerrois qui furent enclos. Déjà cette partie de la ville était la plus peuplée.
Le cimetière des Innocens se trouva dans l’intérieur de la ville, il eut pour voisinage six petites rues, qui furent bâties, sous Philippe-Auguste, pour loger les juifs. Ainsi, dès cette époque (1220), il ne se trouvait plus que vers le nord des terrains en culture qu ne fussent pas couverts de maisons.
Un siècle à peine s’était écoulé, que les nouveaux accroissemens des. faubourgs forcèrent de les entourer. de fossés et de murs. Commencée en 1367 par Charles V, cette enceinte, dont la construction fut poussée activement par Hugues Aubriot, prévôt de Paris, fut enfin terminée en 1383 sous Charles VI.
Dès cette époque, les quartiers dont nous faisons l’histoire se trouvèrent non-seulement complétés, mais encore débordés par les constructions qui s’étendaient jusqu’au nouveau mur d’enceinte.
En effet, cette clôture commençait au bord de la Seine, rue Saint-Nicaise, traversait la rue Saint-Honoré, du Rempart, de Richelieu, le Palais-Royal, la place des Victoires, la rue des Fossés-Montmartre, rue Neuve-Saint-Eustache, du Petit-Carreau (voir le plan n° IV).
En se trouvant abrités des vents de l’ouest et du nord par toutes ces constructions nouvelles, les quatre quartiers du centre furent exposés à d’autres influences plus ou moins fâcheuses et que nous devons étudier.
§ IV. — II est facile de voir, sur chacun des plans qui accompagnent ce Mémoire, les diverses transformations qu’on subies certaines portions de quartiers. Ainsi en résumé, dès 508, l’emplacement de Sainte-Opportune et de quelques maisons avoisinant le Châtelet se trouvait entouré par la première enceinte sur la rive droite de la Seine; les habitans étaient exposés à toutes les influences marécageuses du sol qu’ils occupaient.
En 1180, tous les terrains au nord étaient couverts par les maisons qui s’étaient élevées autour de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, et formaient les deux bourgs de Saint Germain: le cimetière se trouvait à-peu-près au centre des bourgs qui chaque jour tendaient à détendre. Les bois environnans étaient défrichés et mis en culture; mais à l’ouest, et au sud, les bords de la rivière étaient occupés par des marais.
Sous Philippe-Auguste, en 1220, la nouvelle enceinte enveloppa les bourgs qui jusqu’alors se trouvaient en pleine campagne; et si les maisons furent garanties de la violence des vents d’ouest et nord par la hauteur des murailles, elles n’en furent pas moins exposées aux inconvéniens qui résultèrent des voisinages des marais qui bordaient la rive gauche, de l’influence des vents du sud, qui y portaient les effluves, et de la multiplicité des fossés qui devinrent de véritables cloaques. La malpropreté excessive des rues força à en paver quelques unes et à prescrire des mesures pour le nettoiement.
Le cimetière des Innocens fut entouré de murs ainsi que les halles, et tout à côté six rues fermées furent construites pour y loger les juifs, dont la malpropreté a toujours été proverbiale.
Des champs cultivés avoisinaient encore ces quartiers, qui bientôt devinrent un foyer de contagion.
Il nous suffira maintenant de mentionner quelques-uns des changemens qui se sont opérés dans la topographie partielle des quartiers que nous étudions; la délimitation qu’ils ont aujourd’hui était dépassée, avons-nous déjà dit, par les constructions qui s’étaient élevées; mais, jusqu’en 1589, le mur d’enceinte passait à peu de distance du quartier Saint-Honoré et du quartier Saint-Eustache; de ces côtés il y avait la proximité des champs et le renouvellement de l’air.
Il n’en était plus de même pour les quartiers des Halles, Saint-Germain-l’Auxerrois et Sainte-Opportune, dont les maisons s’étaient entassées, où l’accroissement de la population avait attiré un commerce très actif.
Les espaces libres et en culture au nord-est du quartier des Halles s’étaient à leur tour recouverts de pierres et avaient emprisonné ces quartiers.
En 1643, une partie de l’enceinte de Charles VI avait été détruite pour faire place aux nouveaux quartiers élevés par Henri IV et Louis XIII.
La construction du Pont-Neuf avait nécessité l’exhaussement des quais et des rues aboutissantes, et contribué un peu à la salubrité de celle partie du quartier; mais les Halles avaient toujours dans leur voisinage le cimetière des Innocens, qui depuis onze cents ans servait à l’inhumation de la plupart des paroisses de Paris! car les classés les plus riches avaient presque seules le privilège d’être enterrées dans les églises.
L’examen du plan (n° IV) fait voir combien les rues s’étaient multipliées par la subdivision des terrains.
En 1700, sous Louis XIV, de nombreux accroissemens se firent dans la ville, et les quartiers du centre s’en ressentirent; des rues furent alignées, reconstruites et leur terrain très exhaussé en raison du pavage et des pentes que nécessitaient l’écoulement des eaux et des conduites pour les fontaines. Le plan (n° V) permet de suivre tous ces détails.
Une description topographique plus minutieuse nous éloignerait du but de ce Mémoire.
Il nous suffit de décrire la division qui existait alors pour les quartiers suivans:
Le quartier Sainte-Opportune était borné par la rue Saint-Denis, l’Apport-Paris, la rue de la Ferronnerie, y compris les charniers des Innocens, les rues Saint-Honoré, des Prouvaires, du Roule, de la Monnaie, le quai de la Mégisserie.
Le quartier du Louvre ou de Saint-Germain-l’Auxerrois était borné à l’orient par le quartier précédent, au midi par les quais, au nord et à l’ouest par les rues Saint-Honoré et Froidmanteau.
Le quartier Saint-Eutache touchait les précédens au midi.
Le quartier des Halles comprenait la rue Saint-Denis jusqu’à la rue Mauconseil, la rue de la Tonnellerie, et au midi il joignait le quartier Sainte-Opportune.
On voit que les limites actuelles du quatrième arrondissement sont à-peu-près les mêmes que celles qui circonscrivaient alors ces divers quartiers réunis.
Darmowy fragment się skończył.