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Gyp

Ohé ! les dirigeants !


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066301927

Table des matières

L’AFFAIRE LEGATEU ET C IE

CE QU’ILS DISENT LES UNS DES AUTRES

DANS UN SALON LUXUEUX ET QUELCONQUE.

LEUR MISSION

CHEZ LA DOUAIRIÈRE DE VIROFLAY.

Images coloriées

DU

Petit BOB

PARIS

LÉON CII AILLE Y, ÉDITEUR

14, RUE DE RICHELIEU, 14

A.

Monsieur GEORGES THIÉBAUT

BOB et GYP


L’AFFAIRE LEGATEU ET CIE

Table des matières

AU CINQ HEURESDE LA COMTESSE LAILET-FLEURY.

Salon Louis X VI plus pur que nature. Tentures de quinze seize vert d’eau. Groupes de Saxe, boites anciennes, bibelots rares, fleurs idem. Portraits de famille dans ries cadres étourdissants. Sur un chevalet, un tableau voilé.

Cinq ou six personnes seulement. Conversation générale et embêtante.

Entrée du vicomte de la Poze suivi de Folleuil.

LA POZE (35ans, pas mal tourné, bien mis et très snob. (A la comtesse Lhet-Fleury.)

–Permettez-moi de vous présenter M. de Folleuil... (Folleuil salue, tout en examinant la comtesse «sans avoir l’air».)

LA. COMTESSE LAHET-FLEURY (38ans. Belle personne. Profil accentué, lèvres grasses et molles, grands yeux voilés. Cheveur très noirs, un peu laineux. Beaucoup de poitrine et de hanches. La taille serrée avec exagération. Pieds, mains et oreilles abominables. Très adroitement pomponnée et maquillée. Du chic. (A Folleuil: )

–Comme c’est aimable à vous, monsieur, de venir me voir!...

FOLLEUIL, très poli et très froid.–La Poze m’a dit, madame, que vous désiriez me montrer un tableau...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Oui... certainement... mais je suis surtout ravie de... (Présentant le comte Lahet-Fleury: ) Mon mari...

LE COMTE LAHET-FLEURY (50ans. Les cheveux et les favoris crépus, très noirs (sans teinture). Même profil que sa femme. Les mêmes beaux yeux. Habillé par le meilleur tailleur de Londres. L’élégance d’un sac de pommes de terre. (Tendant la main à Folleuil.)–Je suis très heureux, monsieur, de faire enfin votre connaissance...

FOLLEUIL, donnant sa main comme à regret. –Monsieur...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Il y a si longtemps que nous entendons parler de vous par nos amis!...

LE COMTE LAHET-FLEURY.–Comme d’un connaisseur émérite...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Et surtout comme d’un homme d’esprit...

FOLLEUIL, saluant.–Monsieur... (Il semble chercher de l’œil le tableau.)

LA COMTESSE LAHET-FLEURY... Asseyez-vous donc!... vous avez derrière vous un fauteuil... quand vous êtes entré, nous parlions de cette affaire Legateu qui, paraît-il, passionne tout Paris... je ne suis pas du tout au courant..

FOLLEUIL.– …

LE COMTE LAHET-FLEURY.–Nous voyagions en Italie quand cette affaire a éclaté.. de sorte que nous n’avons rien su au début...


Le President du Conseil faisait trébucher

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Et que les comptes rendus des audiences ne nous apprennent pas grand’chose...

UN VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Ils nous apprennent de bien vilaines choses, en tous cas...

UN MONSIEUR BIEN PENSANT.–Et si inutiles!... Pourquoi donc remuer toute cette vase?...

FOLLEUIL.––Pouréviter de remuer la boue... on a eu besoin d’une affaire scandaleuse pour détourner l’attention d’une autre affaire plus scandaleuse encore... on a choisi celle-là....

LE COMTE LAHET-FLEURY, jouant la candeur. –Comment ça?....

FOLLEUIL.–Oui... il y avait des tiraillements de cabinet... les ministres de la justice et de la guerre voulaient poursuivre les voleurs, les poursuivre pour de vrai... on disait: le ministère Citoyen est un ministère honnête... un ministère à poigne...

LE COMTE LAHET-FLEURY.–Et alors?...

FOLLEUIL, qui a conscience qu’il embête considérablement le comte.–Et alors, M. Citoyen, que les poursuites pour de vrai auraient plutôt gêné, barrait, sans avoir l’air, le chemin à ses deux collègues de bonne foi... chaque fois qu’ils croyaient atteindre le but, le président du conseil les faisait trébucher...

LA P OZE, qui voit que le comte Lahet-Fleury fait une tête.–Crois-tu?.

FOLLEU IL.–Je crois!... et c’est pour ça, qu’afin d’occuper d’autre chose le public prêt à se fâcher, il a eu l’ingénieuse idée d’exploiter la mort de M. Legateu...

LA COMTESSE LAHETFLEUR Y.–Qu’est-ce que c’était que M. Legateu?...


Cétait. un vieux gardon un peu déprime et très riche.

FOLLEUIL.–Un vieux garçon, un peu déprimé et très riche, qui avait noce beaucoup sous l’empire, et qui, avait eu, à cette époque, une sorte de célébrité... ’

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Je ne le connaissais pas du tout!...

LA POZE.–Vous le connaissiez sans savoir que c’était lui... on le rencontrait partout... aux premières, aux vernissages, aux courses,-au Bois, où il se promenait régulièrement en petit complet bleu, avec une cravate bleue à pois blancs, une fleur toujours fraîche, et des guêtres immaculées...

FOLLEUIL.–Oui... il était démodé et pro prêt...

LE PETIT DE JABO.–Et ramolli!...

FOLLEUIL.–Pas absolument... il aurait pu encore, un an ou deux avant sa mort, faire la pige avec bien des petits jeunes...

LE PETIT DE JABO .–Il é tait cousu de manies...

FOLLEUIL.–Pas gênantes...

LE PETIT JABO.–Allons donc!... il embrassait toutes les femmes dans la rue...


FOLLEUIL, Pas toutes!... celles qui étaient jolies et grandes... et ça, au printemps seule-?. ment... c’est là d’ailleurs ce qu’on a d’abord fait valoir contre lui...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Dame!...

MADAME DE TYRDÈLE.–Moi aussi, on m’a embrassée dans la rue... rue de la Paix... au beau milieu... et à trois heures de l’après-midi...

LE COMTE LAHET-FLEURY, très lourdement. –Ça ne me surprend pas!...

FOLLEUIL, à demi-voix à la Poze.–Pourquoi diable ne m’as-tu pas dit où tu m’amenais, toi?...

LA POZE.–Comment?... je ne t’ai pas dît que nous venions chez les Lahet-Fleury?...

FOLLEUIL.–Si... mais tu ne m’as pas dit ce qu’ils étaient..., tu sais que j’ai ce monde-là en horreur?...

LA POZE.––Ce monde-là!... mais c’est une idée fixe!... tu le vois partout!... voilà que tu vas croire à présent que les Lahet-Fleury sont...

FOLLEUIL.–Je ne le crois pas... j’en suis sûr!...

LA POZE, stupéfait de bonne foi.–Des gens qui s’appellent Lahet-Fleury?...

FOLLEUIL.–Le nom ne fait rien à la chose... ils changent tous de nom, à présent!... ils achètent un titre au pape elle tour est joué... à ceux qui n’y voient pas plus loin que toi...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY, revenant à son idée.–Alors, selon vous, ce serait M. Citoyen, le ministre, qui aurait inventé celte affaire Legateu?...

FOLLEUIL.–Il a été très secondé par le marquis de Ténia et par M Dchongry...

LA. COMTESSE LAITETFLEURY.–Ah! oui!... le marquis de Ténia!... qu’est-ce au juste que le marquis de Ténia?...

FOLLEUIL.

–Au juste...


Ni marquis, ni Ténia, mais arrogant, beau, parleur, un toupet bœuf... .


Il trotte deux cents mètres et puis après il perd l’equilibre !… et il penche, il penche, ça fait frémir !…

c est assez difficile à savoir... c’est un... (Il regarde Mme Lahet-Fleury et hésite un instant)... un étranger... qui n’est ni marquis, ni Ténia... mais qui est un très habile homme, arrogant, beau parleur, un toupet bœuf...

LA POZE.–Il avait une sorte de demi-situation, Ténia!... je le connaissais vaguement...

FOLLEUIL.–Ça ne m’étonne pas de ta part!...

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Mais pourquoi le ministre eût-il été gêné par les poursuites de l’autre affaire... de l’affaire dont vous parliez tout à l’heure?...

FOLLEUIL.–L’affaire des Batèaux du Nord?... mais... parce qu’elle aurait gêné beaucoup de gens du personnel gouvernemental... ainsi, Beynaif, par exemple... pour ne citer que celui-là!…

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Je le connais, Beynaif!...

LE VIEUX MONSIEUR TRÈS COMME IL FAUT, effaré. –Vous le connaissez?...

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–De vue... de vue seulement... je le rencontre quelquefois au Bois... à cheval...

Mme DE TYRDÈLE.–Moi aussi!... il a un pantalon tirebouchonné... et des pieds si drôlement placés!...

LE PETIT DE JABO.–Et des mains!... c’est ses mains qu’il faut voir!... il a dû prendre des leçons au manège, «sur le tard»... et il fait ce qu’on lui a dit de faire... il tourne «les ongles en dessus»!...

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–L’avez-vous vu trotter?...

LE PETIT DE JABO.–Jamais! ..

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Il ne trotte pas souvent... ni longtemps... au bout de cent cinquante mètres il se déplace... et il penche... il penche... ça fait frémir!...

FOLLEUIL.–Tout ce que vous voudrez!... il est ridicule... mais il a un bel estomac!...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Ah!... comment le savez-vous?...

FOLLEUIL.–C’est une façon de parler...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT, ahuri.–’ Ah!...

LA POZE.–Et Elisabeth Dehongry, donc!... en voilà une qui a un bel estomac!..

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Pourquoi parlez-vous de Mlle Dehongry à propos de Beynaif?...

LA POZE.–C’est pas à propos de Beynaif... c’est à propos d’estomac...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT, intéressé. –Ah!...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Elle paraît jouer, dans cette affaire Legateu, un très beau rôle...

FOLLEUIL.–Ah! oui!... parlons-en!... elle a commencé par battre la grosse caisse et annoncer à grands fracas sa liaison avec ce malheureux Legateu... puis elle a voulu le circonvenir, l’entourer à elle toute seule... c’est alors qu’elle s’est heurtée à Ténia qui nourrissait le même projet... et qui se cramponnait, fallait voir!..


Elle a commencé par battre la grosse caisse.

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Melle Dehongry a bien fait!...

FOLLEUIL.–De quoi faire?... de dénoncer à la police un homme qui la gênait... d’en faire arrêter un second qui s’était moqué d’elle... et d’autres encore qui, à divers titres, ne lui plaisaient pas...

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Elle s’est indignée de voir les tripotages, la rapacité, le...

FOLLEUIL, riant.––Et au nom de la morale, elle a voulu nettoyer!... Ben, c’est égal!... que ce soit elle qui ait tenu . le balai, c’est tout de même drôle!...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–C’est bien fin de siècle!...


FOLLEUIL.–C’est même commencement de l’autre!...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Il n’y a rien du tout, dans cette affaire, en somme, et je voudrais qu’on m’expliquât comment on a pu, dans ces conditions-là, poursuivre?...

FOLLEUIL.–Parce que l’affaire des Bateaux du Nord était là, poussée par deux ministres enragés, et promettant toutes les révélations les plus désastreuses sur le parti opportuniste...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Oui... Eh bien?...

FOLLEUIL.–Eh bien, Robert Macaire veillait...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Robert Macaire?...

FOLLEUIL.–C’est le vieux Fidèle qu’on appelle comme ça!...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Pourquoi?...

FOLLEUIL.–D’abord, à cause de son esprit pratique, de sa largeur de vue, de son absence de préjugés... ensuite et surtout, à cause de son ami Bertram...


Alors on a fait sortir de terre l’affaire Lagateu et Cie

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Donc Fidèle veillait?... et puis?...

FOLLEUIL.–Et puis, comme il est tout puissant au Palais où il fait ce qu’il veut... grâce à son excellent ami... comme, d’autre part, le ministre de la justice se trouvait entouré de tous les magistrats nommés depuis vingt ans par le parti opportuniste, qui l’entravaient de tout leur pouvoir, il a été roulé, roulé comme une simple crêpe!... il fallait une affaire pour détourner l’attention, une affaire considérable... alors on a fait sortir de terre l’affaire Legateu et Cie...

LA POZE, rêveur.–Le fait est qu’il y a des tas de gens qui ont fait pire que ceux-là!..

FOLLEUIL.–Parbleu!... nous en avons tous dans nos amis et connaissances!... il n’y avait pas grand’chose, mais on pouvait trouver beaucoup... en donnant l’instruction non pas à un bon magistrat rigolo, qui ne l’eût pas prise au sérieux, mais à un chercheur...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–On l’a donnée à M. Guignol!...

FOLLEUIL.–Guignol!... s’il vous entendait, seigneur!... il veut qu’on prononce Guiguenol... comme s’il y avait un u et un e...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT. — Pourquoi veut-il qu’on prononce comme ça?...

Mme DE TYRDÈLE.–Parce que c’est plus poétique, probablement!...


, On s’est bien garae de comer l’instruction –à un bon magistrat, rigolo ..’

FOLLEUIL, qui a envie de s’en aller, à Mme Lahet-Fleury.–Si vous voulez bien me montrer le tableau, Madame, je...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Tout à l’heure... nous sommes trop heureux de jouir de vous... de votre conversation... C’est un tableau qui vous plaira sûrement, il est de Léonard...

FOLLEUIL.–Léonard?...

LE COMTE LAHET-FLEURY.–De Vinci... pour vous donner une idée de sa beauté, il est assuré pour50mille francs...

FOLLEUIL.–Ça me donne surtout une idée de sa valeur...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–C’est la même chose!...

FOLLEUIL.–

LE COMTE LAHET-FLEURY.–C’est plus beau que la Joconde...

FOLLEUIL, narquois.–Mâtin!...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY.–Vous en jugerez… mais avant, parlez-moi de cette affaire qui occupe tout le monde et dont je ne sais –rien... ou presque... il a trouvé quelque chose?...

FOLLEUIL.–Qui ça?...

LA COMTESSE LAHET-FLEURY. M. Guignol...

FOLLEUIL, reprenant.–Guiguenol1il n’a rien trouvé du tout!... mais il a pris des aairs indig11és, . et il s’est mis a injurier ses clients...

LE VIEUX MONSIEUR COMME IL FAUT.–Quels clients?...

1FOLLEUIL.– Ben, les accuses!... il les . traitait, avec une désinvolture extrême... Melle Dehongry lui avait certainement recommandé la sévérité...


On a donne l’anane a un homme sérieux. à un chercheur..

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Melle Dehongry?... quelle autorité avait-elle donc pour...

FOLLEUIL.–Pas la moindre... mais elle donnait des tuyaux... sur les gens qui lui déplaisaient... elle fournissait ce qui n’existait pas, ou guère...

LA POZE.–Elle jouait, cette fois, les grandes utilités!...

FOLLEUIL.–Elle devrait les jouer toujours... et borner là son ambi

tion!...

LE COMTE LAHET-FLEURY. –Si vous lui disiez ça!...

FOLLEUIL.–Oh!... mon Dieu!... je le lui dirais bien!...

Mme DE TYR–DÈLE .–(qui est un peu bébête)–


Il a pris des airs indiqués!...

Moi, je la croyais très bonne, Melle Dehongry?...

FOLLEUIL.–Bonne?... Ah! fichtre non!... on l’a bien vu!... elle a été d’une écœurante férocité!...

Mme DE TYRDÈLE.–Je ne parle pas de son caractère... mais seulement de son talent..... j’avais entendu dire qu’elle en avait beaucoup...

LA POZE.–Ça ne peut être qu’à Legateu que vous avez entendu dire ça?...

FOLLEUIL.–Quelque invraisemblable que ça puisse paraître, je l’ai vue supportable une fois...

LA POZE.–Dans quoi?...

FOLLEUIL.–Dans un drame... qui s’appelait... attendez donc!... «la Bonne manière»... ou quelque chose comme ça... c’était à la Porte-Saint-Martin... ou à l’Ambigu...

Mme DE TYRDÈLE.–Elle est si jolie!... est-ce qu’il y avait longtemps que ça durait, cette liaison avec Legateu?...


Elle l’endort en jouant de la mandoline pendant ce temps elle a la paix...

FOLLEUIL.–Un an environ... elle le soignait, lui racontait les potins et lui. jouait de la mandoline... ça l’endormait, et alors, pendant ce temps-là, elle avait la paix...

LE MONSIEUR BIEN PENSANT.–Cette paix qu’on a cherché à troubler?...

FOLLEUIL.–Précisément!... alors, elle a regimbé et elle a démontré clairement que Ténia et Cle. avaient voulu faire chanter Legateu...

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Ograniczenie wiekowe:
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Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
107 str. 79 ilustracji
ISBN:
4064066301927
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
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