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Eugène Müntz
L'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le XIVe siècle

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066329303
Table des matières
I
II
APPENDICE
I Guillaume d’Avignon, architecte d’un pont sur l’Elbe en 1333.
II
BENOIT XII
CLÉMENT VI
INNOCENT VI
URBAIN V
GRÉGOIRE XI
BENOIT XIII
III
IV Le Palais d’Avignon d’après le « Labyrinthe royal ».
V
VI
VII Le Palais d’Avignon au XVII e siècle, d’après le manuscrit Chigi.
VIII
CLÉMENT VI
INNOCENT VI
URBAIN V
I
Table des matières
L’histoire des arts dans le Comtat Venaissin, assez terne pendant la première période gothique, acquiert tout à coup une importance capitale avec la translation du Saint Siège à Avignon. L’architecture, la sculpture, la peinture, les arts décoratifs, ne profitent pas seulement du luxe, fameux à juste titre, des nouveaux souverains d’Avignon, et du concours des maîtres les plus éminents, Français, Italiens, Espagnols, voire Allemands et Anglais; ils sont également appelés, grâce au passage incessant de tout ce que l’Europe comptait alors de princes, de prélats, de grands seigneurs, de personnalités éminentes, à étendre au loin leur influence. Comme autrefois Rome, désormais Avignon donnera le ton aux entreprises artistiques de centaines de Mécènes forcés de se tenir en relations constantes avec la cour pontificale.
Cette considération m’a engagé, il y a de longues années déjà, à rechercher les divers documents de nature à éclaircir un chapitre de l’histoire des arts dans notre pays, chapitre qui est encore à écrire, et je viens demander aujourd’hui au Comité la permission de l’entretenir des recherches que je n’ai cessé de poursuivre depuis1879.
Ce fut à cette époque qu’un architecte et décorateur éminent, M. Alexandre Denuelle, à qui les Archives de la Commission des Monuments historiques doivent un si grand nombre de reproductions de la plus scrupuleuse exactitude, me demanda de rechercher dans les Archives du Vatican, enfin accessibles aux travailleurs, les documents relatifs à l’histoire du palais des Papes. Je me mis à l’œuvre aussitôt et j’eus la joie de découvrir un immense fonds, complètement inexploré; bien plus, dont aucun savant moderne n’avait soupçonné l’existence.
Je n’entretiendrai toutefois pas aujourd’hui le Comité de ces investigations, qui portent sur un grand nombre de centaines de volumes: elles feront l’objet d’un mémoire spécial.
Il me suffira de rappeler que le recueil connu sous le titre de Introitus et Exitus Cameræ apostolicæ forme la source principale de l’histoire des arts à la cour d’Avignon.
Cette collection inappréciable ne fournit pas seulement en abondance les détails les plus nouveaux sur l’histoire de l’art à Avignon et dans le midi de la France, elle contient aussi une foule de renseignements sur les diverses constructions entreprises aux frais ou sous les auspices des papes dans le reste de la France, en Italie et ailleurs encore. C’est ainsi que le registre no183, de l’année1340, nous donne le détail des dépenses effectuées à Paris, pour la construction de l’église Saint-Bernard; le registre no180(1339-1341), celui des dépenses relatives à la restauration de la basilique de Saint-Pierre et d’autres églises de Rome.
Une seconde série, également très intéressante, est celle qui comprend les inventaires du Trésor apostolique.
Les principaux de ces inventaires sont, d’après le P. Ehrle, qui en a dressé la liste:
L’inventaire du mois d’avril1314, rédigé pendant le conclave de Carpentras (Archives Secrètes du Vatican; Instrum. Miscell. an. 1314. Copies: Cod. archiv. Avin., no467, autrefois LVII, t. VII).
Inventaires datant la plupart de l’année1320(Cod. archiv. Avin., no448. Expensæ Palatii apostolici, 1317, 1337). Les41premiers ff. sont consacrés aux dépenses de la maison pontificale de1316à1318.
Inventaires de1342, 1343à1348(Cod. archiv. Avin., no289).
Inventaire de1353(Cod. archiv. Avin., no475).
Inventaire de1339, 1369(Cod. no468).
Inventaire de1371, 1383(Cod. no469).
Inventaire de1411(Cod. A. 76des archives du chapitre de Saint-Pierre à Rome). La description des livres remplit les ff. 10à43.
D’importantes informations seront en outre fournies par les archives des notaires apostoliques d’Avignon, conservées avec bien des lacunes, hélas, dans les Archives du Saint Siège.
Une mention doit être également accordée aux Régestes, bien que la moisson que l’historien d’art rapporterait d’une telle recherche ne serait pas en rapport avec le travail qu’entraînerait le dépouillement de cette collection colossale, dans laquelle les bulles de Jean XXII, pour ne citer qu’un exemple, forment plus de40,000numéros. Parmi les bulles les plus intéressantes sont celle relative au palais pontifical (Benedicti XII reg. ann. VII, cod. no129, fol. 195); celle de la fondation de l’église Sainte-Marie à Villeneuve-les-Avignon. (Bibl. nationale, ms. latin, no8971, fol. 238.)
Je citerai enfin les Registres des obligations de la Chambre apostolique, le Catalogue des familiers de Clément VI, les Diversorum.
Le dépouillement des registres contenant la liste des officiers pontificaux, chapelains d’honneur, sergents d’armes, etc., fournira aussi des contributions importantes pour l’histoire de l’art. Je citerai le vol. 325comme contenant la liste des familiers de Clément VI.
Un des Régestes de Clément VII (an. VI, part. IV, t. XXXVI), nous offre la liste des chapelains pontificaux d’Urbain V, de Grégoire XI et de Clément VII. On lit au fol. 235: «Sequuntur nomina cappellanorum honoris factorum per dominum Urbanum papam quintum. Johannes Marchi monachus monasterii Fontisfrigidi ordinis Cisterciencis, Narbonensis diocesis.–Jacobus de Cocella de Neapoli, ordinis fratrum minorum...» (suivent25noms).–Fol. 236: «Item qui sequuntur sunt de tempore domini Gregorii pape XI et de anno primo...» (113 noms). Fol. 260: «Sequuntur nomina cappellanorum honorum (sic) per dominum Clementem papam VII factorum de anno primo...» (71noms). «Sequuntur nomina cappellanorum honorum tam de tempore domini Urbani V quam domini Gregorii et domini nostri moderni Clementis VII repertorum in regesto magistri H. Bayler...» (284noms).–Fol. 251Vo: «Sequuntur cappellani honoris. quorum littere sunt michi Pontio Beraldi commisse...» (17noms).
–Fol. 252vo: «Cappellani honorum mei Johannis de Neapoli anni tertii...» (44noms). Fol. 254. «Nomina cappellanorum honorum reperta in regestris magistri Gilberti de Tadinghem domini nostri pape secretarii...» (16noms). Fol. 255: «Infrascripti fuerunt recepti in cappellanos honoris dicti domini nostri Clementis pape septimi... sedis apostolice, prout constat per bullas dicti domini nostri de regestro ad cautelam apportatas...» (9noms). Fol. 257. «Anno domini millesimo trecentesimo LXVII et die XXVI mensis januarii pontificatus domini Urbani pape quinti fuit receptus in cap pellanorum honoris (numerum) venerabilis vir dominus Bollandus Nicolai licentiatus in legibus...» (suivent74noms).
Il ne m’a pas été possible jusqu’à présent de mettre à contribution les Archives du département de Vaucluse, ni les Archives de la ville d’Avignon, qui sont sur le point d’être réunies à celles du département. Mais si j’en juge par la médiocrité des résultats qu’en ont retirés jusqu’ici les détenteurs de ces dépôts, dans leurs différentes publi cations (il me suffira de citer les travaux de M. Achard), ce n’est point là qu’il faut chercher des éléments propres à renouveler l’histoire de l’art dans le Comtat.
Les Archives de la Commission des monuments historiques sont surtout riches en documents dessinés: fresques de Notre-Dame des Doms, de la salle du Consistoire, de la tour Saint-Jean, par M. Denuelle; fresques de la chapelle d’Innocent VI (à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon), par M. Brune; église d’Uzeste avec le tombeau de Clément V par M. Duphot; la Chaise-Dieu avec le tombeau de Clément VI, par M. Bruyerre.
A côté des documents authentiques conservés dans les archives, il faut accorder une place d’honneur aux témoignages des chroniqueurs contemporains. Les vies des papes d’Avignon, recueillies pour la première fois par Baluze, réimprimées ensuite par Muratori, avec quelques additions, ne semblent jusqu’ici pas avoir été analysées méthodiquement. Il importe, avant de poursuivre notre examen, de reproduire ici ces textes précieux, trop imparfaitement utilisés jusqu’ici par les archéologues modernes. Si, au XVe siècle, les historiens de la papauté, notamment Platina, n’ont pas ajouté de détails essentiels aux récits des chroniqueurs du XIVe siècle, en revanche aux XVIe et XVIIe siècles, Panvinio, Ciacconio, Duchesne, Frison, les Bollandistes, Baluze, dans ses précieux commentaires, nous ont conservé une foule d’informations du plus vif intérêt sur les fondations laissées à Avignon, soit par les papes, soit par les cardinaux.
Je n’en dirai pas autant de l’ouvrage de Gatticus, qui est très pauvre en notices sur la période avignonaise (j’y citerai, t. I, p.262, le récit de la visite faite à Avignon en1412par la reine Yolande), ainsi que de l’ouvrage bien connu du prolixe Cancellieri.
Un dépouillement méthodique des ouvrages historiques ou géographiques imprimés au XVIe et au XVIIe siècle fournirait certainement aussi de très utiles indications. Je n’en veux pour preuve que le Labyrinthe royal de Valladier et l’Itinerarium Galliæ de Jodocus Sincerus.
Le Labyrinthe royal de l’Hercule gaulois triomphant sur le sujet des faits héroïques de Henri IV représenté à l’entrée de la royne Marie de Médicis dans la cité d’Avignon, 19novembre1600(par Valladier; Avignon, 1600) est un ouvrage dans lequel on ne s’attend guère à rencontrer des détails sur l’histoire du palais des Papes, et cependant Valladier y a donné un résumé très substantiel des principales vicissitudes de ce monument. Je ne crois pas que ce témoignage intéressant ait jamais été cité; en tout cas il a été mis à contribution par Fantoni Castrucci dans son Istoria della città d’Avignone (Venise, 1678). Il ne me semble que plus important de reproduire ici une notice qui a été la source première de beaucoup d’autres. Je constaterai à ce sujet que, dès le temps de Valladier, les tours du palais portaient le nom sous lequel elles n’ont cessé d’être connues.
Citons encore le témoignage de l’auteur du Voyage de France (1673); il nous parle des grandes salles du palais qui servent à jouer à la paume ou au ballon; il signale en outre la salle où le vice-légat entend ceux qui ont affaire à lui. Une mention est également accordée à «l’Audience de la Rote et à l’Arsenal, qui en est proche».
Une publication contemporaine, le Caducée français, est par contre absolument nulle au point de vue archéologique1).
Ce que je me propose plus spécialement de faire connaître aujourd’hui, ce sont celles des sources manuscrites qui se trouvent en dehors du Vatican. Ces sources se divisent en trois grands groupes: l’un conservé à Rome, notamment dans les Bibliothèques Barberini et Chigi, l’autre à la Bibliothèque nationale de Paris, le dernier à Avignon même.
La présence, à la Barberine, de tant de documents curieux sur l’histoire d’Avignon s’explique par les relations des deux Suarès avec les neveux du pape Urbain VIII Barberini. Le fonds Suarès n’y forme pas moins de69volumes. Je citerai en particulier parmi eux le no XXXVIII, 71, Monumenta de rebus Avenionensibus, et le no XXXVIII, 36, Insignia cardinalium decessorum Avenione in curia pontificia.
Le premier de ces ouvrages, un volume non paginé, contient la description «Urbis Avenionis,–Avenio a Saracenis liberata,–Incursiones Saracenorum», des extraits de chroniques, la description des sculptures d’Apt représentant la vie de saint Eléazar. (Collectio rerum memorabilium Avenionensium a1311ad1400, avec des épitaphes. Sommaire de la recherche des mémoires d’Avignon.– Catalogus Episcoporum et Archiepiscoporum Avenionensium ab anno70ad1437, etc.)
Le no XXXVIII, 36, est destiné à servir de supplément à l’ouvrage de Ciacconio: Vitæ et res gestæ Pontificum romanorum, dont la première édition avait paru en1630. Ce manuscrit, dont je possède la copie, contient, outre les armoiries des cardinaux morts à Avignon, de précieux détails sur leur vie ou sur leur sépulture. Quoiqu’il ait été utilisé par les continuateurs de Ciacconio (édition de1677), il fournirait encore plus d’une information intéressante.
J’ignore pour quel motif le manuscrit, qui porte l’incidatur et l’imprimatur du maître du palais apostolique, n’a pas été livré à la publicité.
Voici la composition du volume:
«Ecussons: Cardinalis Roberti Guib. Brancassiorum in ecclesia Fratrum Prædicatorum Avenione. Simonis de Laugham, eadamque cardinalis Andoini seu Andruini de Roca. N.N. in dicta ecclesia Fratrum Prædicatorum. Johannis de Blandiaco ex tabula picta in ecclesia S. Desiderii Avenesia. N.N. in ecclesia S. Catherinæ Avenione. Arnaldi et Jacobi de Via nepotum ex sorore Joannis XXII. N.N. in sacello ecclesiæ patrum Francis-canorum. Cardinalis Joannis de Grangia. Petri de Corsinis.– Cardinalis Petri Blavi. N.N.
Je citerai encore, dans le volume XXXVIII, no42, ff. 1et2, des dessins d’Avignon, etc.; dans le XXXIII, no71, des notes et des extraits dont l’analyse serait trop étendue.
Le XXXVIII, 100, contient, au commencement, le dessin de la fontaine de Vaucluse avec cette inscription:
FONTI NUMEN INEST; HOSPES VENERARE LIQUOREM
UNDE BIBENS CECINIT DIGNA PETRARCA DEIS.
Puis la vue de la maison de Pétrarque à Vaucluse; Sorgue; l’Isle; des vers et épigrammes sur la maison de Pétrarque, l’épitaphe de Laure, etc.
Un autre manuscrit de Suarez, le XXXIX, 73, contient la liste des manuscrits conservés à la Chartreuse de Villeneuve, vers1610. Le R.P. Ehrle, qui a rapproché cette liste de celle insérée dans l’inventaire rédigé du temps d’Innocent VI [Archiv. Avin., no475, ff. 41, 42], constate que beaucoup de manuscrits primitifs se trouvaient encore à leur poste au début du XVIIe siècle.
C’est également à un Suarez, à Henri (mort vers1669), que sont dus les importants recueils conservés au Cabinet des manuscrits, à la Bibliothèque nationale. Parmi ceux de ces manuscrits qui concernent Avignon, je citerai, d’après l’Inventaire des Manuscrits latins, de M. Delisle, le no897, Avenio christiana; le no8972, Avenionis historia ecclesiastica ab anno1367ad annum1640; le no8973, Avenionis historia politica; le no8974, Avenionensium paparum historia; le no8975, Avenionensis schismatis historia.
Le manuscrit no8973, du fonds latin, est surtout consacré à la période antérieure aux papes, et le no8972à la période postérieure; par contre le no8971renferme en abondance des notices intéressantes. C’est un in-folio de263feuillets (moins les ff. 12-14omis dans la pagination).
Le no8974se compose surtout d’extraits d’ouvrages imprimés: Platina, Ciacconio, Duchesne, etc.
Les souvenirs des papes du XIVe siècle ont trop fait oublier ceux des papes du XVIe et du XVIIe siècle. L’intérêt d’un manuscrit que j’ai découvert, il y a une dizaine d’années, dans la bibliothèque Chigi, à Rome, consiste précisément dans les détails qu’il nous fournit sur les traces de magnificence laissés au palais par les représentants des souverains pontifes du XVIe et du XVIIe siècle. Ce manuscrit, dont la rédaction est postérieure à l’année1664et antérieure à l’année1667, date de la mort d’Alexandre VII, qui y est mentionné comme vivant, est consacré à la description des armoiries et inscriptions des papes existant à Avignon. L’idée de s’occuper d’Avignon au point de vue des écussons pontificaux et cardinalices sculptés ou peints dans la ville peut paraître bizarre, et j’avoue que lorsque je vis pour la première fois le manuscrit de la bibliothèque Chigi, je ne lui accordai que peu d’attention, mais en réfléchissant que les armoiries sont des signatures, que dans les monuments elles tiennent lieu d’inscriptions, je ne tardai pas à reconnaître toute l’utilité de ce relevé.
Le travail débute par la description des armoiries sculptées sur les murailles de la ville. Cette partie n’offre qu’un intérêt relatif, beaucoup d’écussons existant encore. Néanmoins, eu égard à sa brièveté, je la reproduirai ci-après.
Nous entrons ensuite dans la cour d’honneur du palais. L’auteur nous montre la façade du fond ornée sous chaque fenêtre de fresques imitant des tentures, et sur chacune de ces tentures, dont les extrémités sont maintenues par des enfants ailés, les armoiries d’un pape en compagnie de beaucoup d’autres. Plusieurs des fresques, exposées aux intempéries, étaient déjà fort endommagées à cette époque.
Plus loin, il est question d’une tour construite par Clément VII, sur celui des côtés du palais qui est exposé au sud.
La chapelle haute est décrite comme privée de tous ornements, soit de peinture, soit de sculpture. (Voy. l’Appendice, § VII.)
A la bibliothèque d’Avignon, dirigée avec tant de zèle et de compétence par M. Deloye, je citerai principalement, comme m’ayant fourni quelques détails utiles, les histoires générales d’Avignon, rédigées au siècle dernier ou au commencement de celui-ci, alors que tant de monuments, aujourd’hui détruits, étaient encore debout: de ce nombre sont les manuscrits de Teissier, le «Journal historique et recherches pour servir à l’histoire d’Avignon, tirés de plusieurs auteurs latins, italiens et français et de quantité de manuscrits depuis l’année 1177jusques et inclus celle de1740, par M.J.L. (J. Laurent, Drapier, docteur en droit),» deux volumes petit in-folio, t. I (681pages), 1177-1648; t. II, 1648-1756; les Mémoires de Fransoy (1818).
Je me hâte d’ajouter que ces auteurs, n’ayant pas à leur disposition les Archives du Vatican, ont dû se contenter d’informations très générales. Si du moins ils avaient pris la peine de décrire le palais des Papes, tel qu’il était de leur temps! Mais c’est là un travail dont ils n’ont même pas soupçonné l’utilité. Aussi connaissons-nous peut-être mieux l’état du monument au XIVe siècle qu’au XVIIIe!
Je ne fais qu’indiquer ici pour mémoire divers manuscrits du fonds de Massilian et du fonds de Chambaud: on en trouvera le détail dans les passages où je les ai utilisés.
Le recueil du chanoine Deveras, quoique souvent consulté, peut rendre encore bien des services. Il se compose de deux manuscrits différents: A. «Recueil des Inscriptions, et Epitaphes qui se lisent dans les églises, chapelles, cloîtres de la ville d’Avignon, fait en1729par J.R.D.P. et chanoine de Saint-Pierre d’Avignon. Cette copie a été faite par le R.P. Pierre Vani, religieux célestin, et le chanoine Deveras a recueilli toutes ces épitaphes et inscriptions «ne temporum injuria memoria eorum cum fabrica ecclesiarum intercidat.» Petit in-fol., 180pages écrites.
B. «Recueil des épitaphes et inscriptions qui sont dans les églises d’Avignon, par Jean Raymond Deveras, 1750(+ 1785)». Edition plus complète, 476pages paginées. Des copies de ce recueil se trouvent dans le manuscrit17e du fonds Chambaud.
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