Czytaj książkę: «Geneviève»

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Alphonse de Lamartine

Geneviève

Histoire d'une servante


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066326869

Table des matières

PREFACE.

I.

II.

III.

IV.

V.

VI.

— VII —

VIII.

IX.

X.

XI.

XII.

XIII.

XIV.

XV.

XVI.

XVII.

XVIII.

XIX.

XX.

XXI.

XXII.

XXIII.

XXIV.

XXV.

XXVI.

XXVII.

XXVIII.

XXIX.

XXX.

I.

II.

III.

IV.

V.

VI.

VII.

VIII.

IX.

X.

XI.

XII.

XIII.

XIV.

XV.

XVI.

XVII.

XVIII.

XIX.

XX.

XXI.

XXII.

XXIII.

XXIV.

XXV.

XXVI.

XXVII.

XXVIII.

XXIX.

XXX.

XXXI.

XXXII.

XXXIII.

XXXIV.

XXXV.

XXXVI.

XXXVII.

XXXVIII.

XXXIX.

XL.

XLI.

XLII.

XLIII.

XLIV.

XLV.

XLVI.

XLVII.

XLVIII.

XLIX.

L.

LI.

LII.

LIII.

LIV.

LV.

LVI.

LVII.

LVIII.

LIX.

LX.

LXI.

LXII.

LXIII.

LXIV.

LXV.

LXVI.

LXVII.

LXVIII.

LXIX.

LXX.

LXXI.

LXXII.

LXXIII.

LXXIV.

LXXV.

LXXVI.

LXXVI.

LXXVIII.

LXXIX.

LXXX.

LXXXI.

LXXXII.

LXXXIII.

LXXXIV.

LXXXV.

LXXXVI.

LXXXVII.

LXXXVIII.

LXXXIX.

CX.

XCI.

XCII.

XCIII.

XCIV.

XCV.

XCVI.

XCVII.

XCVIII.

XCIX.

C.

CI.

CII.

CIII.

CIV.

CV.

CVI.

CVII.

CVIII.

CIX.

CX.

CXI.

CXII.

CXIII.

CXIV.

CXV.

CXVI.

CXVII.

CXVIII.

CXIX.

CXX.

CXXI.

CXXII.

CXXIII.

CXXIV.

CXXV.

CXXVI.

CXXVII.

CXXVIII.

CXXIX.

CXXX.

CXXXI.

ÉPILOGUE.

CXXXII.

CXXXIII.

CXXXIV.

CXXXV.

CXXXVI.

CXXXVII.

CXXXVIII.

CXXXIX.

CXL.

CXLI.

CXLII.

CXLIII.

CXLIV.

CXLV.

CXLVI.

CXLVII.

CXLVIII.

CXLIX.

CL.

CLI.

CLII.

CLIII.

CLIV.

CLV.

CLVI.

CLVII.

CLVIII.

CLIX.

CLX.

CLXI.

CLXII.

CLXIII.

CLXIV.

CLXV.

CLXVI.

CLXVII.

CLXVIII.

CLXIX.

CLXX.

CLXXI.

CLXXII.

CLXXIII.

PREFACE.

Table des matières

I.

Table des matières

Avant d’ouvrir par l’histoire de Geneviève cette série de récits et de dialogues à l’usage du peuple des villes et des campagnes, nous devons dire dans quel esprit ils ont été conçus, à quelle occasion ils ont été composés, et pourquoi nous dédions ce premier récit à Mlle Reine Garde, couturière et servante à Aix en Provence. Le voici.

II.

Table des matières

J’étais allé passer une partie de l’été de 1846 dans cette Smyrne de la France qu’on appelle Marseille, ville digne par son activité commerciale de servir d’échelle principale à la navigation marchande et de rendez-vous aux caravanes de feu de l’Occident, nos chemins de fer; ville digne par son goût attique pour toutes les cultures de l’esprit de s’honorer, comme la Smyrne d’Asie, des souvenirs des grands poëtes. J’étais logé hors de la ville, trop bruyante pour des malades, dans une de ces villas, autrefois bastides, sorties de terre dans toute la circonférence de son sol pour donner, avec le loisir du dimanche, la vue de ses voiles et les brises de sa mer à cette population avide de plaisirs naturels, et qui boit la poésie de son beau climat par tous les sens.

Le jardin de la petite villa que j’habitais ouvrait par une petite porte sur la grève sablonneuse de la mer, à l’extrémité d’une longue avenue de platanes, derrière la montagne de Notre-Dame-de-la-Garde, et tout prés de la petite rivière voilée de lentisques qui sert de ceinture au beau parc et à la villa toscane ou génoise de la famille Borelli. On éntendait de nos fenêtres les moindres mouvements de la vague sur les bords de son lit et sur son oreiller de sable, et quand on ouvrait la porte du jardin, on voyait les franges d’écume s’avancer presque jusqu’au mur, et se retirer alternativement comme pour tenter et pour tromper dans un jeu éternel la main qui aurait voulu se tremper dans l’onde. Je passais des heures et des heures assis sur une grosse pierre, sous un figuier, à côté de cette porte, à contempler cette lumière et ce mouvement qu’on appelle la mer. De temps en temps, une voile de pêcheur, ou la fumée rabattue comme un panache sur la cheminée d’un bateau à vapeur, glissait sur la corde de l’arc que formait le golfe, et interrompait la monotonie de l’horizon.

III.

Table des matières

Les jours ouvriers, cette grève était à peu près déserte; mais les dimanches, elle s’animait de groupes de marins, de portefaix riches et oisifs, et de familles des négociants de la ville qui venaient se baigner ou s’asseoir entre l’ombre du rivage et le flot. Un murmure d’hommes, de femmes et d’enfants, heureux du soleil du repos, se mêlait aux babillages des vagues légères et minces comme des lames d’acier poli sur le sable. De nombreux petits bateaux doublaient à la voile ou à la rame la pointe du cap de Notre-Dame-de-la-Garde, ombragée de pins maritimes. Ils traversaient le golfe en rasant la terre pour aller aborder sur la côte opposée. On entendait les palpitations de la voile, la cadence des huit rames, les conversations, les chants, les rires des belles bouquetières ou de ces marchandes d’oranges de Marseille, filles de Phocée, amoureuses des golfes, et qui aiment à jouer avec les écumes de leur élément natal.

IV.

Table des matières

A l’exception de la famille patriarcale des Rostand, ces grands armateurs qui unissent Smyrne, Athènes, la Syrie, l’Egypte a la France par leurs entreprises, et à qui j’avais dû tous les agréments de mon premier voyage en Orient; à l’exception de M. Miége, agent général de toute notre diplomatie maritime sur la Méditerranée à l’exception de Joseph Autran, ce poëte oriental qui ne veut pas quitter son horizon parce qu’il préfère son soleil à la gloire, je connaissais peu de monde à Marseille. Je ne cherchais pas à connaître, je cherchais l’isolement pour le loisir et le loisir pour l’étude; j’écrivais l’histoire d’une révolution sans me douter qu’une autre révolution regardait déjà par-dessus mon épaule pour m’arracher les pages à peine terminées, et pour me remettre un autre drame de la France, non sous la plume, mais dans la main.

V.

Table des matières

Mais Marseille est hospitalière comme sa mer, son port et son climat. Les belles natures ouvrent les cœurs. Là où sourit le ciel, l’homme est tenté de sourire aussi. A peine étais-je installé dans ce faubourg, que les hommes lettrés, les hommes politiques, les négociants à grandes vues, les jeunes gens qui avaient un écho de mes anciennes poésies dans l’oreille, les ouvriers même, dont un grand nombre lit, écrit, étudie, chante, versifie et travaille à la fois des mains, affluèrent dans ma retraite, mais avec cette réserve délicate qui est la pudeur et la grâce de l’hospitalité. J’avais les plaisirs sans les gènes de cet empressement et de cet accueil; mes matinées à l’étude, mes journées à la solitude et à la mer, mes soirées à un petit nombre d’amis inconnus, venus de la ville pour s’entretenir de voyages, de littérature ou de commerce.

VI.

Table des matières

Ces questions de commerce, Marseille ne les rétrécit pas en questions de petit trafic, de mesquine épargne, et de parcimonie de capital; Marseille les voit en grand comme une dilatation et une expansion du travail français, et des matières premières de ce travail importées et exportées de l’Europe à l’Asie. Le commerce, pour les Marseillais, est une diplomatie lucrative, locale et nationale à la fois. Il y a du patriotisme dans leurs entreprises, de l’honneur sur leurs pavillons. de la politique dans leurs cargaisons. Leur commerce est une bataille éternelle qu’ils livrent à leurs risques et périls sur les flots, pour disputer l’Afrique et l’Asie aux rivaux de la France, et étendre la patrie et le nom français sur les continents opposés de la Méditerranée.

— VII —

Table des matières

Une rencontre inattendue donnait en ce moment une fermentation morale de plus à ces entretiens sur le commerce à Marseille. Un grand économiste, dont le nom venait de surgir nouvellement en France, et qui promettait ce qu’il tient aujourd’hui, bon sens, courage et conscience, M. Frédéric Bastiat, était à Marseille. II y avait été appelé pour y traiter, dans des réunions publiques, la question du libre échange, cette révolution du commerce, cette liberté des dix doigts de la main contre l’arbitraire du travail. M. Bastiat, que je connaissais de nom et d’oeuvre, vint me voir. Il m’engagea à assister à ces réunions. Je connaissais ces questions. Je partageais en grande partie ses opinions sur le libre échange; je ne différais que sur l’application plus ou moins rapide et plus ou moins révolutionnaire de ses théories. Je les voulais lentes, graduées et transformatrices, pour donner au travail protégé lui-même le temps de se transformer sans périr. J’assistai à de magnifiques séances où M. Bastiat, M. Reybaud, les députés, les académiciens, les grands négociants de Marseille, luttèrent de bon sens et d’éloquence. Je fus amené à y prendre la parole. On me traita en hôte du pays; Marseille me nationalisa par son accueil. Cette belle ville devint une patrie de reconnaissance pour moi, comme elle était déjà une patrie de mes yeux. Ces séances accomplies, je repris ma solitude et mon travail dans mon faubourg

VIII.

Table des matières

Un dimanche, au retour d’une longue course en mer avec Mme de Lamartine, on nous dit qu’une femme, d’un extérieur modeste et embarrassé, était arrivée par la diligence d’Aix à Marseille, et qu’elle nous attendait depuis quatre ou cinq heures dans une petite serre d’orangers qui faisait suite au salon de la villa sur le jardin. Je laissai Mme de Lamartine entrer dans la maison, et j’entrai dans l’orangerie pour recevoir cette pauvre étrangère. Je ne connaissais personne à Aix, et j’ignorais complétement le motif qui pouvait avoir amené cette voyageuse d’une patience si obstinée à nous attendre toute une demi-journée.

En entrant sous l’orangerie, je vis une femme, jeune encore, d’environ trente-six ou quarante ans. Elle était vêtue en journalière de peu d’aisance ou de peu de luxe; une robe d’indienne rayée, déteinte et fanée; un fichu de coton blanc sur le cou; ses cheveux noirs proprement lissés, mais un peu poudrés, comme ses souliers, de la poussière de la route en été. Ses traits étaient beaux, gracieux, de cette molle et suave configuration asiatique qui exclut toute tension des muscles du visage, qui n’exprime que candeur et qui n’inspire qu’attrait; de grands yeux d’un bleu noirâtre, une bouche un peu affaissée aux coins par la langueur; un front pur de tout pli comme celui d’un enfant; les joues pleines vers le menton et se joignant par des ondulations toutes féminines à un cou large et un peu renflé au milieu comme le cou des statues grecques; un regard de clair de lune réfléchi dans une vague plutôt que du soleil de son pays, une expression de timidité mêlée de confiance dans l’indulgence d’autrui, émanant de l’abandon de sa propre nature. En tout l’image de la bonté qui la porte dans son attitude comme dans son cœur, et qui espère la trouver dans les autres. On voyait que cette femme, encore agréable, avait dû être très-attrayante dans sa jeunesse. Elle avait encore ce que le peuple, qui définit tout sans phrase, appelle le grain de beauté, ce prestige, ce rayon, cette étoile, cet aimant, ce je ne sais quoi qui fait qu’on attire, qu’on charme et qu’on retient. Son embarras et sa rougeur devant moi me donnèrent le temps de la bien regarder et de me sentir moi-même à l’aise, en paix et en bien-être avec cette inconnue. Je la priai de s’asseoir sur une des caisses d’orangers recouvertes d’une natte d’Egypte, et pour l’y encourager, je m’assis moi-même sur une caisse en face. Elle rougissait de plus en plus, elle balbutiait, elle passait sa belle main potelée et un peu massive sur ses yeux. Elle ne savait évidemment quelle attitude prendre ni par où commencer. Je la rassurai, et je l’aidai par quelques questions pour lui ouvrir la voie de l’entretien qu’elle paraissait à la fois désirer et craindre.

IX.

Table des matières

— Madame... lui dis-je. — Elle rougit davantage encore.

— Je ne suis pas mariée, Monsieur, me dit-elle; je suis fille.

— Eh bien, Mademoiselle, voulez-vous me dire pourquoi vous êtes venue de si loin, et pourquoi vous avez attendu si longtemps notre retour pour m’entretenir? Est-ce que je puis vous être utile à quelque chose? Est-ce que vous avez une lettre à me remettre de la part de quelqu’un de votre pays?

— Oh! mon Dieu non, Monsieur, je n’ai rien à vous demander, et je me serais bien gardée de me procurer une lettre des messieurs de mon pays pour vous, ou de laisser connaître seulement que je venais à Marseille pour vous voir. On m’aurait prise pour une vaniteuse qui voulait se rendre plus grande qu’elle n’est en allant s’approcher des hommes qui font du bruit. Oh! ce n’est pas cela.

— Eh bien alors, que venez-vous me dire?

— Mais rien, Monsieur!

— Comment, rien? Mais rien, cela ne veut pas la peine de perdre deux jours pour venir d’Aix à Marseille, de m’attendre ici jusqu’au coucher du soleil, et de retourner demain d’où vous venez!

— C’est pourtant vrai, Monsieur; vous devez me trouver bien simple. Eh bien, je n’ai rien à vous dire, et je ne voudrais pas pour un trésor que l’on sût à Aix que je suis venue ici!

— Mais enfin, quelque chose vous a poussée à venir; vous n’êtes pas comme ces vagues que vous voyez, qui vont et viennent sans savoir pourquoi. Vous avez une pensée; vous paraissez spirituelle et vive; voyons, cherchez bien, quelle a été votre idée en prenant une place dans la diligence d’Aix, et en vous faisant conduire à ma porte ici?

— Eh bien, Monsieur, dit-elle en passant ses deux mains sur ses joues comme pour en faire disparaître la rougeur et l’embarras, et en rejetant ses belle boucles de cheveux noirs, humides de sueur. derrière ton cou. c’est vrai, j’avais une idée, une idée qui ne me laissait pas dormir pepuis huit jours. Je me suis dit: «Reine! il

» faut te contenter! Tu ne diras rien à personne, tu fermeras ta boutique

» le samedi soir de bonne heure, tu prendras la diligence de

» nuit, tu passeras le dimanche à Marseille, tu iras voir ce monsieur,

» tu repartiras pour Aix le dimanche soir, tu seras le lundi

» matin à ton ouvrage, et tout sera fini; tu te seras contentée une

» fois dans ta vie, sans que les voisins ou voisines se doutent seulement

» que tu es sortie de la rue ou du cours.»

X.

Table des matières

— Mais pourquoi teniez-vous tant à me voir. et comment saviez-vous seulement que j’étais ici?

— Oh! Monsieur, répondit-elle, voilà : Il y a un monsieur à Aix qui est bien bon pour moi, parce que je suis couturière de ses filles et que j’ai été autrefois servante à la campagne dans la maison de sa mère. La famille a toujours conservé de l’amitié et des égards pour moi, parce qu’en Provence les nobles et le pauvre peuple, ça ne se méprise pas, au contraire, les uns en haut, les autres en bas, mais tous de bon cœur sur le même pavé. Donc, ce monsieur et ses demoiselles qui savent mon inclination pour la lecture, et que je n’ai pas les moyens de me procurer des livres et les papiers, me prêtent quelquefois la gazette quand il y a quelque chose qu’ils pensent pouvoir m’intéresser, comme des gravures de modes, des modèles de chapeaux de femmes, des romans bien intéressants ou des vers comme ceux de Reboul, le boulanger de frimes, ou de Jasmin, le coiffeur d’Agen, ou des vôtres, Monsieur; car ils savent que c’est tout mon plaisir de lire des vers, surtout des vers que chantent bien dans l’oreille ou qui pleurent bien dans les yeux!

— Ah! j’y suis, dis-je en souriant; vous êtes poëte comme vos brises qui chantent dans vos oliviers, ou comme vos rosées qui pleurent dans vos figues?

— Non, Monsieur, je suis couturière; une pauvre couturière de la rue***, à Aix, et même je ne rougis pas de vous le dire; je ne me fais pas plus dame que ma mère ne m’a fait; j’ai commencé par être domestique, et j’ai été dix-huit ans servante et bonne d’enfants chez M. de***. Ah! les braves gens! Demandez-leur. Ils me regardent toujours comme étant de la famille, et moi de même. Ce n’est que ma santé qui m’a obligée d’en sortir et de prendre l’état de couturière en gros, seule dans ma chambre avec mon chardonneret. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Vous me demandiez pourquoi j’étais venue, et comment j’avais su que vous étiez ici. Voilà, Monsieur:

8,60 zł
Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
300 str. 1 ilustracja
ISBN:
4064066326869
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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