Czytaj książkę: «Traité d'architecture pratique»

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Jean-François Monroy

Traité d'architecture pratique


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066317263

Table des matières

AVERTISSEMENT.

INSTRUCTION ET TRAITÉ D’ARCHITECTURE-PRATIQUE SELON L’ART.

HONORAIRES DES ARCHITECTES,

MAÇONNERIE.

PRIX des Matériaux à Paris en l’année 1781.

REGLES GÉNÉRALES

APPRECIATION

CHARPENTERIE.

COUVERTURE.

PAVÉ EN GRÈS.

MESURES EN BATIMENS

TARIF D’ABRÉVIATION,

DÉMONSTRATION

GÉOMÉTRIE-PRATIQUE.

DÉFINITION DE GÉOMÉTRIE.

DE LA SUPERFICIE PLANE DU CERCLE.

AVERTISSEMENT.

Table des matières

POUR connoître le Toisé, il faut savoir les principes de la Géométrie pratique, démontrée suffisamment en ce Traité pour ce qui concerne le Bâtiment,&sans se surcharger la mémoire des Mathématiques en général, qui exigent une trop longue étude: d’ailleurs, il y a des Auteurs qui en ont amplement traité,&auxquels les Artistes peuvent avoir recours, s’ils désirent d’en avoir une plus ample connoissance.

L’Auteur de ce Traité n’y a développé que tout ce que la pratique&partie de la théorie lui ont appris. Il espere que le Public recevra favorablement ce Traité, qu’il a détaillé en termes analogues à l’Art, pour le rendre plus à la portée de l’Ouvrier.

Ce Traité, utile, tant aux Architectes, qu’Entrepreneurs&Propriétaires qui conduiront& desireront de faire bâtir, les mettra en état d’apprécier le prix de chaque toise d’ouvrage dans toute l’étendue du Royaume (sur la mesure de Paris), d’après la connoissance qu’ils prendront dans chaque endroit du prix de l’acquisition des matériaux, nature d’iceux,& valeur des journées d’Ouvriers, la main-d’œuvre &fourniture étant égales par-tout.

Il y est aussi joint un Tarif particulier d’abréviations pour opérer avec plus de facilité& d’accélération, ainsi que la maniere de calculer toutes natures d’ouvrages sur le même principe, &une abréviation de figures de Géométrie pratique les plus nécessaires en Bâtimens.

Si cet Ouvrage peut plaire au Public, l’Auteur se propose, à la suite, de faire un autre Traité concernant la Menuiserie, Serrurerie, Vitrerie, Marbrerie, Plomberie&Peinture d’impression, en un ou plusieurs volumes.

Et de plus encore, à cette suite, de faire un Traité général du Toisé&estimation de de tous les Ouvrages qui composent le Bâtiment, d’après un plan imaginaire où toutes les parties susceptibles de la bâtisse seront réunies, pour faciliter en peu de temps à la connoissance d’iceux, fondée sur ces mêmes principes.

Il n’a pas jugé à propos de parler des servitudes&rapports d’Experts, attendu qu’il y a des loix établies à ce sujet.

P.S. Le lecteur voudra bien observer que les appréciations des prix des matériaux contenus en ce volume ont été faites sur les prix en l’année1781(comme est dit ci-après),&qu’ils ont varié depuis ce temps, ainsi qu’ils en sont encore susceptibles, tant en augmentation qu’en diminution;&que pour suppléer à cesdites variations, tant à Paris qu’en Province, l’on aura attention de faire des appréciations particulières sur chaque nature d’ouvrage, suivant les détails de ce Traité.

Ce premier volume ne contient que la Maçonnerie, Charpente, Couverture, Brique, Carrelage, Fouille de terre, Glaise, Vuidange, Pavé de Grès,&Blocage; le toisé selon l’Art &pratique, ainsi qu’il est observé dans les bâtimens du Roi, Ponts&Chauffées,&Fortifications.



INSTRUCTION
ET TRAITÉ
D’ARCHITECTURE-PRATIQUE
SELON L’ART.

Table des matières

HONORAIRES DES ARCHITECTES,

Table des matières

ARCHITECTES,

SUIVANT l’usage, il est dû à l’Architecte, pour honoraires à la construction d’un bâtiment, le fol pour livre du montant des mémoires en réglement, pour ses projets, bienveillance à la construction, pour l’exécution d’iceux&réception des ouvrages, lors de la perfection; c’est à raison de cinquante livres par mille ci. 501.

Nota. Ces honoraires paroissent trop modiques pour les Architectes de mérite&à talens, en considérant les changemens, souvent réitérés de projets, jusqu’à la réception de l’un d’iceux; il conviendroit de leur accorder six deniers de plus par livre.

INSPECTEURS.

L’INSPECTEUR est utile pour mettre à exécution les projets, veiller à la construction totale, pour la faire exécuter suivant l’art, en l’absence de l’Architecte, stipuler les intérêts du Propriétaire, en empêchant la fraude des différens Ouvriers,&prendre les attachemens des parties cachées, pour être produites justes lors du toisé.

Il est dû à un bon Inspecteur de théorie&pratique la moitié des honoraires dus à l’Architecte, toutefois qu’il aura cette capacité&probité, afin de ne lui point occasionner les fraudes qu’ils font journellement, lorsque le mérite&les peines ne sont pas récompensés. Un Inspecteur d’un mérite tel qu’on le suppose, fera avec un Aide, suivant la conséquence de la bâtisse, plus que dix hommes ordinaires à cent livres par mois ne feront, la plus grande partie étant sans pratique.

TOISEURS.

APRÈS la perfection totale des travaux, les Entrepreneurs prennent un Toiseur pour faire les mémoires appréciés de leur ouvrage suivant les prix convenus, ou par estimation faite par l’Architecte.

L’on donne pour honoraires à un Toiseur, dix livres par mille du montant des mémoires en réglement, pour sa minute&expédition en ouvrages neufs en fourniture totale, le temps de la vérification y compris: à Paris, l’Entrepreneur le défraie de la nourriture,&à la campagne, il est voituré à la charge de l’Entrepreneur, nourri, logé, chaussé, éclairé&payé vingt sols par lieue de transport pour son temps oisif.

Dans les menues réparations où il y a plus de détail, il est de la prudence de l’Entrepreneur de satisfaire les peines& soins de son Toiseur, qui ne peut faire ces ouvrages à dix livres du mille; il ne seroit payé exactement que comme Ecrivain.

Dans les ouvrages à façon, il n’est pas juste de ne donner au Toiseur que les mêmes honoraires de ceux en fourniture, il seroit encore plus lésé; à cet effet, c’est d’apprécier le prix des ouvrages comme s’ils étoient en fourniture, pour lors ce même prix de dix livres du mille peut être suffisant.

Il faut que ce Toiseur soit un honnête homme, de bonne conduite, non partial,&bon Praticien, cet art exigeant ce grandes réflexions pour opérer juste: il faudroit pour s’en assurer, exiger que sur tous mémoires faits par chaque Toiseur, le nom&la demeure y fussent mis, afin de pouvoir juger son mérite par ses opérations; car il arrive souvent qu’un Toiseur sans pratique induit en erreur l’Entrepreneur ou le Propriétaire, de l’un desquels il fait perdre la confiance, ce qui, pour l’ordinaire, occasionne des procès. Un Entrepreneur non lettré, quoique bon Bâtisseur, croit tout ce que son Toiseur lui dit; le Propriétaire sensible au montant de son mémoire, le fait vérifier par l’Architecte, qui se trouve forcé de faire une grande diminution à laquelle l’Entrepreneur ne veut point acquiescer, s’en rapportant au conseil de son Toiseur, quelquefois sans connoissance: alors il persiste en sa demande&donne à entendre que c’est l’Architecte qui ne lui rend pas justice; de là s’ensuit un procès quelquefois ruineux pour l’Entrepreneur&le Propriétaire: si l’Entrepreneur a tort, après bien des frais faits; il est condamné aux dépens; souvent il a reçu plus qu’il ne lui est dû,&la plus grande partie ayant été employée en frais, il devient insolvable si sa fortune n’est pas bien appuyée,&le Propriétaire à découvert, est encore, de surplus, obligé de payer ces frais.

C’est donc à ce Toiseur, sans connoissance ou sans pratique, auquel on doit attribuer toutes les fautes commises, inférées dans son mémoire fait avec des usages captieux&sans aucuns principes, qui font naître journellement, non-seulement, comme il est dit ci-devant, des procès ruineux pour le Propriétaire ou pour l’Entrepreneur, mais encore une multiplicité de disgraces pour les Architectes, Experts, Juges de toutes contestations en bâtimens, sur lelquels réjaillissent communément toutes cesdites fautes, qui leur donnent un travail aussi difficile à résoudre qu’incompréhensible.

APPAREILLEURS.


Un bon Appareilleur est un Artiste que l’on doit considérer ; c’est de son talent que dépend la solidité du bâtiment & le bien-être de l’Entrepreneur, par sa connoissance pratique des matériaux, & doit être payé, chaque mois, cent cinquante livres, ci 150 l. ″s.″d.

TAILLEURS DE PIERRES.


Chaque bon Tailleur de pierres doit sols payé, chaque jour, quarante-cinq sols, ci 2 5 ″

COMMIS.


Un Commis dans un Bâtiment est censé un bon Artiste Praticien, dont l’objet est


de veiller à la conduite des Ouvriers, faire tant les rôles des journées, qu’exécuter avec attention les plans donnés par l’Architecte, selon l’art, & doit être payé, chaque mois, cent livres, ci 100 l. ″s.″d.

POSEURS.


Un Poseur, quand il possede bien son état, est un Ouvrier encore à considérer dans un bâtiment ; c’est lui qui seconde l’Appareilleur. Il a ordinairement quatre livres chaque journée, & même plus, selon la difficulté de l’ouvrage, ci 4 ″ ″
Un Contreposeur, chaque jour, est payé deux livres dix sols, ci 2 10 ″
Un bon Maçon, pour faire les plâtres, est payé, chaque jour, deux livres cinq sols, ci 2 5 ″
Un Limosin limosinant, est payé, chaque jour, une livre quinze sols, ci 1 15 ″
Un Manœuvre est payé, chaque jour, une livre cinq sols, ci 1 5 ″

Ces différens prix de Journaliers se paient ainsi à Paris,&varient dans la Province suivant la cherté des vivres; mais les bons Artistes sont &doivent être payés également par-tout, afin d’exciter leur émulation&éviter les supercheries.

Avis sur ces Prix fixés.

Comme tous les Artistes&Ouvriers ne sont point égaux en talens,&qu’il en est de beaucoup supérieurs les uns aux autres, il faut, proportionnellement à leur mérite, avant que de les mettre en œuvre, convenir de leurs honoraires&prix, afin qu’ils n’aient pas sujet de contraindre leur paiement au-dessus de leur capacité.

MAÇONNERIE.

Table des matières

CHOIX DES MATÉRIAUX

LE sable de terrein est le meilleur, s’il est net& dépourvu de terrestriété;&pour s’en assurer, il faut le frotter dans un linge sans qu’il le tache,&qu’il soit rude aux doigts.

Le sable de riviere est bon quand il est fin; mais il ne faut l’employer que lorsqu’il est sec, afin que la chaux s’y incorpore,

Les eaux.

Il faut observer que toute eau quelconque n’est point bonne pour éteindre la chaux; celle de mer ne vaut rien, elle seche en œuvre trop facilement,&ne se lie qu’avec peine avec les matériaux: l’eau de mare qui croupit ne vaut rien, étant épaisse d’immondices; il faut se servir d’eau de riviere, de puits, de fontaine, ou de pluie.

Ces eaux de mer&de mare ne valent rien non plus pour l’emploi du plâtre, elles lui donnent une lenteur à se durcir,&font gercer les enduits.

Il ne faut jamais employer de poussiere dans le plâtre, elle lui ôte tous ses sels&le fait aussi gercer.

Ciment.

Il faut que le ciment soit de tuile concassée, composé de glaise desséchée,&non de ciment fabriqué, comme font la plupart, qui y mêlent de la poussiere qu’ils rougissent avec de la brique, pour mieux tromper; d’abord, c’est que la brique ne vaut rien, il faut de la tuile&carreaux composés de glaise pour que la chaux s’y incorpore, ce qu’elle ne fait pas avec la brique&la poussiere, qui n’est que terre.

Chaux.

La meilleure chaux, tant à Paris qu’ailleurs, est celle faite avec la pierre la plus dure&bien cuite. Celle préférée à Paris est de Senlis, la Chauffée&Châville; elle ne double pas à l’extinction comme celle de Melun, mais elle est beaucoup meilleure.

Pour bien éteindre la chaux, il ne faut mettre de l’eau qu’à mesure qu’elle s’échauffe, pour ne la point noyer, mais en mettre suffisamment pour qu’elle ne brûle point,&la raboter pour la broyer.

A l’extinction, il est aisé de s’appercevoir si elle n’est pas bien cuite, par les pierres non cuites que l’on y trouve, qui se nomment biscuits, en termes d’ouvriers, lesquelles l’on met de côté pour en faire déduction au Marchand sur sa livraison.

Meilleure façon d’éteindre la chaux, suivant M. Philibert de Lorme, Architecte,&approuvée après l’expérience faite.

Lorsqu’il est nécessaire d’une grande quantité de chaux pour toutes bâtisses, il faut s’assurer de la bonne cuisson, la déposer à pierre seche dans un trou fait dans terre, d’une grandeur suffisante, couvrir cette chaux d’environ deux pieds d’épaisseur de sable, sur lequel jeter de l’eau abondamment, remplissant le vuide de la cavité qui aura été observé entre le sable&le fol de la berge, l’eau filtrera à travers ce sable pour s’imbiber dans la chaux au-dessous sans se brûler, réitérant l’eau tant qu’elle s’imbibera; les pierres s’amortissent, la chaux venant à gonfler fait fendre le sable pour s’exhaler; il faut remplir cette fente de sable. La chaux éteinte ainsi s’amortit de même que si elle étoit broyée; cette façon de l’éteindre lui donne une qualité supérieure, conservant tous ses sels, qui ne peuvent s’évaporer.

Tous enduits faits de cette chaux, suivant cette derniere extinction, ne gercent point. C’est de cette façon que l’éteignent les Peintres pour faire les enduits pour peindre à fresque.

La chaux éteinte ainsi se conserve liquide longtemps, facilite à faire le mortier de sable ou ciment sans eau,&la construction est infiniment meilleure.

Plâtre.

Le plâtre à Paris seroit encore bien supérieur à ce qu’il est, s’il n’y avoit de la supercherie par les Plâtriers, d’une part, lesquels souvent pèchent par le manque de cuisson qui lui empêche de se consolider vivement,&ce que l’Ouvrier nomme du plâtre lent, joint aussi à ce qu’ils mettent de la terre sur le four, qu’ils mêlent avec ledit plâtre lors de la cuisson, ce qui lui ôte de sa qualité;&d’autre part, l’Ouvrier y mêle de la poussiere pour l’employer à l’hourdis des murs, aires de planchers,&cloisons hourdées. C’est à toutes ces supercheries qu’il faudroit veiller, pour laisser au plâtre toute la qualité dont il est susceptible.

Mortier de chaux&sable.

Pour faire de bon mortier de chaux&sable, il faut le composer de trois mesures de sable&une de chaux éteinte, ainsi que pour le ciment, si l’on veut faire de bonnes constructions.

Mortier de terre.

Aux différens murs hourdés en terre, il faut faire choix de terre que l’on nomme argille ou terre neuve à four, laquelle est grasse. C’est celle qui se consolide le mieux avec le moilon,&cette construction qui en résulte n’est bonne que lorsqu’elle est faite l’été, où elle fait corps; car dans l’hiver, elle ne seche point; les pluies continuelles la délaient,&font écrouler la construction. Lorsque ces murs sont ravalés en plâtre, il faut bien dégrader les joints du moilon pour griper le plâtre, sans quoi le ravalement n’existeroit pas longtemps, le plâtre ne faisant point corps avec la terre.

Pierre dure.

Toutes pierres dures, pour être bonnes, doivent être sans fil, moye, ni bouzin; c’est à quoi tout Architecte ou préposés de sa part doivent veiller.

Le fil, 1o. est un défaut qui se trouve dans la pierre, occasionné par l’affaissement du terrein dans la carriere, qui a pris de la charge par endroits. 2o. Il est encore souvent occasionné par une autre charge ou effort, lorsque les Carriers font tomber un bloc de pierre dans la carriere, après avoir souchevé la masse. 3o. Autre effort par les Voituriers lorsqu’ils déchargent la pierre aux atteliers.

Un Entrepreneur qui a payé au Carrier cette pierre avec ce défaut, cherche les moyens de ne rien perdre, &fait tailler cette pierre avec tout le ménagement possible pour la mettre en place en son entier; alors quelle disgrace n’en survient-il pas? Il arrive que lorsque cette pierre a pris charge sous le fardeau de l’élévation du bâtiment, elle occasionne un affaissement à l’édifice; il est donc essentiel d’y prendre garde.

L’Entrepreneur raisonnable ne devroit point mettre de pierres semblables en œuvre; ces défauts ne sont point généraux: si cela arrive à quelques-unes, alors il doit en faire un autre emploi, ne devant pas oublier qu’il lui est accordé pour déchet de pierre un sixieme dans le prix de ses ouvrages,&que s’il n’y avoit aucun événement, où pourroit-il prouver du déchet?

La moye est une terrasse qui se trouve en délit dans la hauteur de la pierre non consolidée, laquelle se dissout à l’air&à l’humidité.

Le bouzin est de même du tendre qui est conservé par ménage par l’Entrepreneur, pour augmenter la hauteur de la pierre; ce bouzin n’est qu’une terre non consolidée qui, de même, peu-à-peu se dissout ou se mutile à l’intempérie de l’air, défaut essentiel de construction par la mauvaise qualité de ces matériaux.

Pour faire une bonne construction en pierre, il faut faire attention que toute liaison ne doit être que de la moitié de la hauteur de la pierre, afin d’éviter le porte à faux,&que les harpes ne cassent par un tassement.

EXEMPLE.

Une assise de douze pouces de haut ne doit avoir que six pouces de liaison, ainsi des autres à proportion: la pratique nous démontre qu’il se fait des tassemens presque dans tout édifice, quand les liaisons dérogent du principe ci dessus par excès; lors du tassement non général, les harpes cassent, vu le grand porte à faux, n’ayant pas assez de force pour y résister.

De même, lorsque l’on construit une jambe étriere, ne donner que la harpe suffisante pour se lier avec le moilon, en considérant que le moilon fait un tassement plus considérable que la pierre, par la multiplicité des joints,&fait casser la harpe de pierre qui se trouve en porte à faux quand elle n’est point proportionnée comme dessus, à la hauteur de la pierre, faute qui fe commet journellement&qu’il faut éviter.

Ne jamais engager un appui de croisée en pierre sous les trumeaux, vu le tassement continuel d’iceux par les deux bouts, lequel casse dans le milieu de la croisée, ce qui est assez ordinaire.

Pierres Vergelé&Saint-Leu.

Les pierres de Vergelé&de Saint-Leu sont égales en tout leur contenu; il peut, de même que la pierre dure, se trouver des fils, par les efforts qu’elles reçoivent lorsque les Charretiers les déchargent à l’attelier.

Les liaisons doivent être sur le même principe que dessus.

Il ne faut jamais permettre aux Ouvriers&Entrepreneurs de démaigrir les lits de pierre, ainsi qu’ils le font, à six pouces de l’arrête des paremens; il en survient que ce démaigrissement fait cavité dans l’épaisseur des murs, malgré que les pierres soient coulées ou fichées avec mortier ou plâtre; le fardeau de l’élévation les fait casser, vu que le plâtre coulé est noyé &ne peut se consolider pour résister à l’affaissement. L’Ouvrier dit que ce démaigrissement est fait pour que le mortier ou plâtre faffe corps avec la pierre, ne pouvant le faire avec une partie lisse. Cela est vrai, mais non pas un démaigrissement de cette espece; il ne faut faire que des abreuvoirs pour conserver toujours un plain pour appui dans toute l’épaisseur du mur, suivant la figure A.: il y aura plus de solidité.

D’ailleurs, lorsque ces lits sont totalement démaigris, le poids de l’élévation n’a d’appui que sur l’arrête des paremens,&excite par la charge à de grandes épaufrures, en termes d’Ouvriers, ou écornures.

Il est essentiel d’avoir un Inspecteur Praticien en partie pour la pierre Saint-Leu, afin de prendre garde qu’il n’en soit employé de lits en paremens; les lits n’étant pas plus durs que les paremens, on s’y trompe,&cette faute, ou mauvaise manœuvre, cause de la disgrace après la construction, les pierres se délitant par la charge&intempérie de l’air.

Observations concernant la bonne construction en pierre.

Lorsque l’on emploie de la pierre dure ou autre, l’Entrepreneur doit avoir soin de la faire poser toujours sur son lit pour plus de solidité, afin qu’elle soit dans le cas de résister sous le poids de l’édifice, se trouvant en même position que la nature l’a formée,&non sujette à s’épaufrer, comme il arrive lorsque les lits sont en parement; l’air&l’humidité la dissout&la délite, n’étant point sur son lit.

De même, de ne la point mettre de lit en joint, fondé sur les tassemens qui se font journellement dans les édifices. Comme il arrive qu’une partie de l’édifice peut tasser, l’autre partie lui résiste: si la partie résistante est de lit en joint, celle fléchissante sur icelle fait déliter la partie résistante par son affaissement.

Le lit de la pierre se connoît par les veines&les coquillages toutes de niveau qui s’y trouvent,&non perpendiculairement.

Le marbre se connoît de même, mais pas si distinctement, vu la variété des différens cailloux&congellations.

L’on peut cependant poser la pierre de lit en joint, dans la hauteur de l’entablement d’un édifice, en la faillie de l’assise supérieure seulement; elle résistera plus long-temps à l’intempérie de l’air, étant moins sujette à se déliter en sa faillie, qui se trouve en parement sous la mouchette pendante.

Cette observation n’est&ne doit pas être générale pour la bonne construction.

Pour empêcher l’écoulement des eaux pluviales en cette faillie, il faut observer la maniere de profiler la moulure supérieure, afin que l’eau ne s’écoule point dans la faillie de la mouchette pendante, ainsi qu’il est démontré ci-après, mais seulement pour faire connoître que la construction sera reconnue bonne, s’il s’en trouvoit quelqu’assises de lit en joint, tant en pierre dure qu’en pierre tendre en cette position.

On a vu des Appareilleurs commettre de grandes fautes à la construction des arrestiers de voûtes, d’arrêtés&arcs de cloître, n’ayant point observé que lorsqu’ils terminent la fermeture d’une de ces voûtes, la clef&arrestiers en douelles sont en délit. L’Appareilleur trace sans observation la retombée sur le lit de dessous,&coupe sur le lit de dessus: comme il y a peu de retombée à cette terminaison de voûte de un, deux&deux pouces&demi, la douelle se trouve en délit, ainsi que cela s’est pratiqué à Paris, à la gallerie à gauche de la face, sur le parterre, aux Tuileries, dont beaucoup sont mutilés par le délit provenant du manque d’attention,

C’est en cette position que les paremens sont& doivent pour lors être regardés pour lits, les douelles &coupes se trouvent en paremens,&la solidité selon l’art.

Il est donc essentiel de faire choix d’un bon Appareilleur, c’est de lui que dépend la bonne construction; mais aussi, pour exciter&son émulation&ses plus sérieuses attentions, il faut lui donner des appointemens proportionnés à son mérite,&non pas le molester comme sont la plupart des Entrepreneurs, qui n’ont d’autre connoissance dans la bâtisse que la maîtrise qu’ils ont achetée.

Autre Observation concernant les saillies d’Architecture, pour éviter que les eaux pluviales ne noircissent les moulures au-dessous du premier membre supérieur.

Pour un entablement, il faut que le profil soit suivant la figure50, avec jet-eau sous la faillie du carré ou congé triangulaire qui écarte l’eau pluviale, laquelle ne peut remonter ni s’écouler plus loin, son poid la faisant tomber à son à-plomb en cet endroit.

Et de même pour toutes plinthes, suivant les différentes figures51.

Moilons.

Le moilon doit être sans bouzins, bien gisans; chaque rang doit être de niveau, avec liaison de hauteur &épaisseur.

Il ne faudroit jamais permettre à un Entrepreneur de tailler son moilon sur son attelier, lorsqu’il en est nécessaire, attendu que quand il a fait choix du plus beau dans son approvisionnement pour le tailler, ce qui reste n’est nullement bon en construction, n’étant que des boules&rebuts qui ne sont plus propres qu’à employer à faire des massifs&non des murs; c’est ce qui fait qu’où il s’entaille, on voit des tassemens çonsidérables; conséquemment défaut essentiel. L’Entrepreneur doit l’acheter tout taillé du Carrier, ou le faire tailler sur la carrière.

Moilon provenant des carrieres à plâtre.

Ce moilon est de peu de valeur en construction; il ne vaut rien à rez-de-chaussée; l’humidité le faisant mutiler à l’intempérie de l’air, il s’écrase facilement sous le fardeau; il résiste mieux en élévation toutes les fois qu’il est ravalé en plâtre pour le mettre à couvert de ladite intempérie: cependant, aux endroits où il n’y en a point d’autres, on est contraint de s’en servir.

Platras.

Les platras des démolitions qui s’emploient aux bâtimens ne doivent être qu’en élévation, ne pouvant être à l’humidité, vu qu’ils salpêtreroient. Ils doivent être posés en liaison de hauteur&épaisseur.

Brique.

Il y a à Paris de trois sortes de brique de huit pouces de long, sur quatre pouces de large, dont de deux sortes, qui viennent de la Bourgogne; elle est très-dure &émaillée en partie par la nature du terrein; elle est bonne dans la partie inférieure du rez-de-chaussée pour résister à l’humidité, dont une sorte a deux pouces d’épaisseur, l’autre un pouce. La troisieme sorte est des environs de Paris, bonne à l’intérieur&en sur-élévation. Cette derniere est meilleure pour recevoir les ravalemens en plâtre, n’étant point émaillée &plus spongieuse; elles doivent être toutes posées en liaisons.

PRIX des Matériaux à Paris en l’année 1781.

Table des matières

SAVOIR;

Pierre dure.


Le pied cube de pierre dure brute des mesures ordinaires vant vingt sols, ci 1 l. ″ s. ″ d.
Celle d’échantillon en grands morceaux a coûtée trente & quarante sols le pied cube, susceptible de se marchander. Ces morceaux s’emploient pour balcons ou marches de longueur, quand on ne veut point de joint.

Pierre Vergeté.


La pierre de Vergelé se vend au tonneau. 8 ″ ″
Chaque tonneau contient quatorze pieds cubes, & vaut sur le port à Paris, au bas du Cours-la-Reine
Le charrois de chaque tonneau est payé au Voiturier 1 12 6
Le toisé & gravé sur le port ″ 16
Valeur pour chaque tonneau rendu à l’attelier 9 14 ″

La pierre de Vergelé provient des carrieres de Saint-Leu-Taverny, enPicardie; elle arrive à Paris par bateaux: c’est le banc du ciel de ces carrieres que l’on fait tomber, &qui se détache souvent par accident. Sa qualité est maigre&coquillée; elle sert ordinairement à faire le revêtement des quais le long des rivieres, les voûtes des ponts&caves,&autres lieux souterrains.

Pour son emploi dans l’eau, il y a du choix à faire, attendu qu’il s’en trouve de très-pleine&grasse, susceptible de ce déliter à l’intempérie de l’air&des gelées. La plus coquillée est maigre&est la meilleure; elle se débite à la scie à dent; cependant il s’en trouve quelquefois où il faut une scie à grès, comme à la pierre dure, ce qui n’est pas ordinaire,&toutes les fois qu’elle est ainsi, l’Entrepreneur a grand soin de l’employer comme pierre dure; d’ailleurs elle est aussi bonne.

Pierre de Saint-Leu.

Cette pierre est tendre, mais bonne en élévation par sa légéreté,&se durcit à l’air: elle ne doit être employée en construction que depuis le fol du premier étage, afin que l’humidité ne la mutile pas, étant spongieuse. Il faut avoir attention, lors de la construction, de la mouiller avant que de la couler ou ficher, afin que le plâtre ou mortier ne se desseche&puisse faire corps avec elle, sans quoi ce coulis se réduiroit en poussiere par la sécheresse d’icelle.

Moilon dur des environs de Paris.


Chaque toise cube de moilon brut coûte, rendue aux atteliers de Paris, la somme de quarante-huit livres, ci 48 l. ″ ″
Les quatre voies doivent faire la toise cube quand elles sont bien chargées, la plupart des Entrepreneurs le reçoivent ainsi.
Beaucoup ne s’en rapportent pas à la


voie ; ils le font entoiler à toise cube qui leur coûte 3 livres chaque toise. Selon eux, ils estiment valoir la toise cube 51 livres, compris l’entoisage. Ces 3 liv. ne doivent pas être admises, vu l’avantage qu’ils en retirent, en ce qu’ils font esmiller grossièrement les paremens, ainsi qu’ils les bouzinent ; besogne qu’ils auroient eu à faire lors de la construction, pour mémoire, ci mémoire.
En moilon, il n’est dû aucun déchet, le Carrier accordant à ce sujet, lors de l’entoilage, trois pouces de plus sur la longueur & la largeur, & six pouces sur la hauteur. Cette bonne mesure est pour le bouzinage & équentage, pour le parpaing des murs, pour mémoire, ci mémoire.

Moilon piqué.


Le Carrier vend le moilon piqué au cent, au compte, la somme de 16l. ″ s. ″ d.
Neuf cents moilons piqués en moyenne proportionnelle font une toise cube. Les neuf cents, au prix de 16 livres le cent, valent la somme de 144 livres payées au Carrier, à déduire ou soustraire la valeur du cube de moilon brut, de 48 livres, reste pour la valeur de la taille de ces neuf cents moilons 96 liv. c’est par consèquent 10 livres 13 sols 4 deniers chaque cent accordés au Carrier, pour la plus valeur de la taille seulement, ci 10 13 4
Chaque cent de moilon piqué ne fait


qu’une toise superficielle de paremens, compris déchet pour la fixation des hauteurs, pour mémoire, ci mémoire.

Les Carriers paient aux Piqueurs de moilon3livres du cent pour façon, les neuf cents valent27livres de taille; ils bénéficient donc sur ces neuf cents de moilon de la somme de69livres, que l’on croiroit être un monopole, mais la démonstration ci-après va prouver le contraire.

Pour avoir de beau moilon sur la carriere, il faut pour le tailler, le triller; alors le surplus devient de peu de valeur, il n’est bon que pour faire des massifs; le Carrier le regarde comme du garni, qu’il vend à vil prix&en pure perte pour lui; c’est ce qui l’oblige de se dédommager sur le moilon piqué, en le vendant plus cher.

Les Architectes, jusqu’à présent, n’ont estimé la plus valeur de la taille du moilon que6livres; c’est une lésion, attendu que ce moilon piqué qu’ils estiment ne valoir que ce prix de6livres la toise superficielle, n’est autre chose que du moilon esmiller grossiérement enduit en partie de plâtre, avec des faux joints tracés de pierre noire, lesquels se dégradent par l’humidité&intempérie de l’air, en très-peu de tems, ce qui n’arrive pas au moilon piqué bien fait, tel qu’il est apprécié ci-dessus.

Moilon esmiller ou smiller.


Le moilon esmiller doit être estimé à la somme de 5 livres 6 sols 8 deniers, moitié de celui piqué ci-dessus. ci 5 l. 6 s. 8 d.

Meuliere.


La toise cube de Meuliere, rendue aux atteliers de Paris, vaut 48 livres, ci 48 ″ ″

Moilon provenant des carrieres à plâtre.


La toise cube coûte 36 livres rendue aux atteliers des villages circonvoisins, ci 36 l. ″ s. ″ d.

Plâtras provenans des démolitions.


Chaque toise cube de plâtras coûte à l’Entrepreneur, rendue à son attelier, la somme de 24 livres : savoir ; huit tombereaux, à la toise, à 1 livre le tombereau, d’acquisition au profit du conducteur du bâtiment, valent 8 livres & 16 livres ; pour le transport d’iceux, à 2 livres chaque tombereau, valent ensemble comme dessus 24 ″ ″

Brique.


Le millier de brique de Bourgogne, de la plus forte, vaut, rendu à l’attelier, 54 livres : savoir ; 50 livres d’acquisition, & 4 livres de voiture pour le transport du port à l’attelier, ci 54 ″ ″
Le millier de brique provenant des environs de Paris vaut, rendu idem, à l’attelier, la somme de 36 ″ ″

Carreaux de terre cuite à six pans.


Le millier de grands carreaux provenans de Massy coûte, rendu aux atteliers de Paris, la somme de 30 ″ ″
Le millier de petits carreaux vaut 9 livres 10 sols, ci 9 10 ″


Chaque cent de carreaux d’âtre quarrés, de chacun huit pouces sur huit, vaut 7 l. 10 s. ″ d.
Chaque cent de carreaux à bandes, de chacun six pouces sur six, vaut 3 12 ″
Tous carreaux doivent être posés sur plâtre pur, la poussiere ne faisant point corps avec le plâtre.
Les boisseaux ou pots de terre pour les chauffes d’aisances, bien vernissés, de neuf pouces de diamettre sur neuf de haut, sont payés, chaque pots 7 s. ci ″ 7 ″
Les pots à deux, pour les sieges d’aisances, valent chacun ″ 14 ″
Chaque pot à ventouse, de neuf & dix pouces de long, de quatre de diamettre, vaut ″ 3 6
Chaque tuyau de grès pour les conduites, de deux pieds de long & trois pouces de diamettre, vaut ″ 10 ″

Sable.


La toise cube de sable de terrein, de la meilleure qualité, vaut, rendue aux atteliers, la somme de 24 ″ ″

Ciment.


Le muid de ciment de bonne qualité vaut 20 livres ; il est composé de douze septiers ou quarante-huit minots, le septier de douze boisseaux, ci 20 ″ ″
C’est chaque boisseau 2 sols 9 deniers ci ″ 2 9

Chaux vive.


Le muid de chaux vive de la bonne qualité, rendu aux atteliers de Paris, est composé de quarante-huit minots ou quarante-huit pieds cubes, & vaut la somme de 55 I. 4 s. ″ d.
Pour l’extinction de chaque muid, la somme de 4 16 ″
La fouille du trou renfermant la chaux éteinte payée à part, suivant sa nature de fouille, ainsi que la construction du bassin pour l’extinction.

Plâtre.


Le muid de plâtre coûte à l’Entrepreneur, rendu à l’attelier 10 15 6

SAVOIR:


Le muid d’acquisition du Plâtrier vaut 10 l. ″ 1. ″
La voiture ordinaire est de deux muids, qui valent 20 livres, ci 20 ″ ″
Une journée de Manœuvre à la carriere, de 1 5 ″
Gratification au Charretier ″ 6 ″
Dépense pour les deux muids 21 11 ″


Chaque muid, comme dessus dit, vaut 10 15
Et contient 36 sacs, c’est à raison de 6 s. le sac.

Mortier d’argille ou terre franche.

Pour mettre à prix ce mortier, il faut apprécier la fouille en cube à2livres5 sols la toile, ensuite la charge&transport, suivant l’éloignement.

REGLES GÉNÉRALES

Table des matières

Pour la bonne construction d’un Bâtiment en Maçonnerie.

IL faut faire la fouilla des rigoles de fondations toujours de niveau jusques sur un fond solide;&si toutes fois il se trouvoit une portion de terre mouvante d’une profondeur extraordinaire, il ne faut point y asseoir la maçonnerie que sur de bonnes plattes-formes &racineaux, avec décharge de maçonnerie ceintrée au-dessus, sans cela point de solidité.

Il faut observer que tous murs en fondations soient construits en bon mortier de chaux&sable, soit en pierre ou en moilon, ainsi qu’il en sera ordonné par l’Architecte, avec trois pouces d’empattement de chaque côté, plus épais que les murs en élévation, tant de face que de resent, ne parlant point des contre-murs&retombées, des voûtes; la loi le démontre clairement à ce sujet.

Pour la construction des murs de face en élévation, il faut les lever avec fruit ordinaire de six lignes par toise s’ils sont en moilon,&d’une ligne par toise s’ils sont en pierre, les jauger paralelles, conséquemment en surplomb à l’intérieur, afin de prévenir la pouffée au vuide d’iceux, par les planchers&combles; la pratique nous l’enseigne. Tous murs ainsi construits reviennent à leur à-plomb lors de la perfection du bâtiment, quand ils ont pris leur écart& affaissement.

Et pour que l’affaissement d’un bâtiment se fasse également en son contenu, il faut que la bâtisse totale soit toujours menée de niveau dans le pourtour du bâtiment; la pratique nous le démontre. Lorsqu’un bâtiment est fait en deux temps, il est prouvé que la derniere partie faite entraîne la premiere par un second affaissement, n’ayant pu se faire ensemble lors de la premiere construction.

Il faut construire tous les murs à chaux&sable, en la hauteur du rez-de-chaussée seulement, se consolidant dans l’humidité: il n’est pas bon en élévation que pour des murs de grande épaisseur, qui lui conserve de l’humidité; mais aux murs de foible épaisseur, il ne fait pas corps, au contraire, il se desseche& devient en poussiere: l’hourdis des murs en élévation est meilleur en plâtre.

Les scellemens des poutres&solives ne doivent être faits en plâtre, ni à chaux&sable, observant qu’ils échauffent presque toutes les portées dans ces murs, leur conservant une humidité: il est de la prudence de l’Architecte de faire garnir tout le pourtour des bois à un pouce d’isolement, en brique maçonnée avec de la terre franche; l’on évitera ces inconvéniens,&le bois se conservera long-temps.

Construction d’un Puits en pierre ou moilon.

Le mur doit être éparpaigné de son épaisseur égale, depuis le haut jusqu’en bas, observant qu’il y a un tassement continuel occasionné par le ravin de l’eau qui mine le sable sous le rouet,&souvent oblige de draguer sous œuvre pour faire descendre la maçonnerie, afin d’avoir plus de hauteur d’eau. Si ces murs ne sont d’égale épaisseur, ils ne peuvent descendre au desir, se trouvant retenus par les terres.

Cheminées.

Les tuyaux de cheminées en languettes de plâtre seront pigeonnés à la main de trois pouces d’épaisseur, compris enduit; il ne doit point y avoir de santons dans les languettes de face, ne servant qu’à trancher les plâtres&exciter à des crevasses continuelles, par où se communique la fumée dans les appartemens au derriere des lambris,&peut causer l’incendie; il ne faut que des bouts de santons dans les costieres seulement pour les lier avec les murs. Ne point mettre de barres de languettes aux manteaux de cheminées, n’étant d’aucune utilité; les languettes&tablettes ceintrées se soutiennent par elles-mêmes. Jamais fer lisse n’a fait corps avec le plâtre, le manteau est suffisant: ces barres de languettes produssent le même inconvénient que le fanton.

Défauts essentiels à la construction des cheminées d’appartemens,&ce qui les obligent presque toutes à fumer.

C’est que l’on donne ordinairement dix pouces de passage aux tuyaux de cheminés, à la hauteur des tablettes ou gorges,&à l’arrivée des planchers supérieurs. Il faut les construire ainsi qu’il est démontré par la figure B, en profil. Le passage au niveau du plancher haut sera de dix pouces,&de quatorze pouces au niveau de la tablette du manteau; cet évasement faisant entonnoir, empêche l’approche de la fumée à cette tablette, ne trouvant plus rien qui l’arrête en cette hauteur où elle est plus abondante, passe librement dans la partie supérieure,&produit de l’air qui l’enleve beaucoup plus que ne fait l’ordinaire usage; il est vrai que le corps du manteau aura quatre pouces de plus de faillie que les anciennes cheminées,&que la languette de face aura sept pouces d’épaisseur par le haut,&trois pouces par le bas, pour monter le corps à-plomb, comme il doit être pour recevoir le parquet de cheminée.

Souvent à ces manteaux de cheminées, il y a des coffres occasionnés par les dévoiemens; les Maçons rarement enduisent les languettes à l’intérieur de ces coffres, n’étant point vues, c’est un défaut de construction; elles doivent être enduites pour lier le pigeonnage,&faute de le faire, ces languettes se fendent, étant poussées par l’enduit extérieur, n’ayant rien au côté opposé qui lui résiste, ce qui occasionne l’incendie, par la fumée&le feu qui s’introduitent dans le coffre,&brûlent les bois qui y sont renfermés.

Lors de la construction des souches de cheminées, suivant la figure C, le Maçon, à la fermeture, fait un adoucissement sur le mur d’adossement&languettes de faces opposés,&jamais sur les côtieres en retour, défaut de construction qui souvent occasionne la fumée à rentrer dans la chambre, par la colonne d’air supérieure qui a plus de facilité à descendre dans les angles. Cette opération a été faite&a réussi dans bien des endroits, c’est pourquoi il est urgent de le faire: d’ailleurs, l’Entrepreneur, lors de son toisé, demande sa souche, compris fermeture en languettes comme en côtieres.

Lorsqu’il sera fait des tuyaux de cheminées dans l’épaisseur des murs, il ne faut jamais que les murs jettent harpes dans les languettes, soit en pierre ou moilon, observant que ces harpes de foible épaisseur cassent toutes par le renflement de la languette de plâtre. C’est une mauvaise contruction que de faire passer des tuyaux dans l’épaisseur des murs; ils sont tranchés& de peu de solidité: souvent on les dévoie pour pouvoir en placer d’autres aux étages supérieurs,&les solives d’enchevétrures se trouvent posées en porte-à-faux; il vaut mieux les endosser. Toute cheminée qui pilastre n’est jamais disgracieuse.

Il seroit à souhaiter que toutes les cheminées fussent construites en languettes de brique, pour plus de solidité,&même pour éviter l’incendie que peuvent causer les crevasses qui se font dans les languettes de plâtre. Il est vrai qu’en brique elles sont plus cheres qu’en plâtre; mais aussi sont-elles moins sujettes à l’entretien,&beaucoup plus de sûreté contre l’incendie,&plus solides.

Planchers.

Tous les aires des planchers seront en plâtre pur, sur bardeau ou lattis cloué, jointif, avec isollement au pourtour des murs de deux pouces, pour éviter la pouffée d’iceux ou écart, lequel vuide sera rempli de poussiere. Non-seulement l’écart des murs, mais encore le renflement de l’air, par l’effet du plâtre, lorsqu’il est terminé par quelque chose qui lui résiste, jusqu’à ce qu’il ait fait son effet.

Toutes les fois que les planchers seront plafonnés dessous, il sera fait déduction sur la superficie de l’aire, la surface de la trémie de l’âtre de la cheminée étant demandée au plafond, ne valant que le prix du plafond seulement

Saillies d’’hitecture à l’éxtérieur des murs de face.

Les faillies en plâtre, à l’extérieur des murs de face adaptées sur ces murs, sans observer encorbellement de moilon lors de la construction, sont de nulle valeur; l’on se contente seulement de mettre quelques rapointissages ou chevillettes,&souvent aucunes; qu’elle disgrace n’en survient-il pas? Ce relief de plâtre plaqué se détache des murs, les eaux pluviales passent ou filtrent entre iceux,&pourrissent les linteaux des croisées qui sont au derrière; ces différentes faillies se détachent, tombent&tuent ou blessent le public; ainsi, pour la solidité&sureté, c’est totalement à supprimer. Toutes faillies d’Architecture en général à l’extérieur doivent être faites en pierre, faisant parpaing total des murs, quoique la face soit en moilon&même en pans de bois, c’est la meilleure construction, sans avoir égard aux discours frivoles de la Police en bâtimens, qui défend de mettre de la pierre sur du moilon. Ce n’est pas dans cette construétion où l’on a sujet de contredire, c’est plutôt sur celle d’une jambe sous poutres, étrieres ou encoignures. Si le rez-de-chaussée étoit en moilon,&le surplus en pierre, il n’y auroit aucune solidité,&seroit sujet à s’écrouler; mais une assise parpaignée sur moilon dans la longueur d’un mur de face, portant faillie d’architecture, représente une platte-forme qui lie le moilon supérieur&inférieur,&fait alors une bonne construction.

En pans de bois, l’assise de pierre proposée pour faillies d’Architecture sera faite suivant la figure D, avec élégissement sur le dessus, pour que le repos des eaux pluviales ne soit point susceptible de leur filtration dans l’intérieur du pan de bois; laquelle assise sera posée entre deux sablieres, sans quoi la construction est de nulle valeur.

Fosses d’aisance.

Il est d’usage de construire les murs des fosses en moilon hourdé en plâtre au panier, à bain nageant dedans, afin que les joints soient mieux remplis, ce que le gros plâtre non coulé ne fait point, pour éviter les cavités qui produisent la filtration des matières. Malgré ces attentions, cela n’empeche pas qu’elles ne filtrent,&n’infectent presque tous les puits de Paris, &Couvent aussi par la négligence des ouvriers, qui, lorsqu’il leur reste du plâtre dans leur auge qui commence à se durcir, le mette en garni dans le mur, lequel fait cavité, n’ayant plus son liquide,&ce qui cause souvent les filtrations.

Observations à faire pour bien construire les murs d’une fosse d’aisance,&empêcher la filtration des matieres.

Il faut poser le rang de moilon intérieur de cette fosse suivant la figure E, de deux ou trois pouces plus haut ou plus bas que celui extérieur, pour faire rédent,&chevaucher les lits, afin qu’il ne se trouve aucun passage libre aux matieres, ainsi qu’aux lits de niveau, faits de même avec plâtre au panier, à bain liquide;&lorsque le Maçon se trouvera avoir du plâtre durci dans son auge, qu’il n’aura pas, par sa négligence, employé à temps, il faut qu’il le jette, attendu qu’il ne vaut plus rien pour cette construction.

La meilleure, pour l’hourdi de ces murs, doit être en bon mortier de chaux&sable, se conservant toujours liquide lors de la construction, rempli mieux les vuides,&par conséquent moins de filtration.

Lorsque l’on fait un massif au fond d’une fosse d’aisance, toutes les fois que la crue de l’eau s’y introduit, il faut le construire en voûte à contre-sens, suivant la figure F, pour empêcher le soulevement de l’eau, de même à chaux&sable.

Démonstration d’appréciation du prix de la démolition d’une ancienne fosse d’aisance lorsque tous les matériaux Je trouvent pourris par la filtration des matières.

On doit considérer cette fosse comme matiere ayant l’odeur encore plus subtile par la filtration, conséquemment la démolition&enlevement aux champs doivent être paiés à l’Entrepreneur Maître Mâçon plus cher que la matiere liquide du Vuidangeur.

EXEMPLE.


Chaque toise de vuidange, à distance ordinaire, est payée au Vuidangeur, compris transport aux décharges fixées, la somme de 48l. ″ s. ″ d.

DÉTAIL.


Pour charge, transport & décharge, la somme de 24l. 48 ″ ″
Pour le transport avec des bachoux, dans les tonneaux, puisement & charge. Idem 24l. Ensemble, comme dessus dit
Suivant ce prix ordinaire alloué au Vuidangeur pour sa vuidange, il est prouvé que les Maçons emploient, plus que le Vuidangeur, le double du temps à démolir, piocher & charger avec transport dans la rue, pour mettre les immondices en charge ; chaque toise cube pour cette main d’œuvre vaut 48 ″ ″


Ci-contre 48 l. ″ s. ″d.
Pour l’enlevement aux champs, le même prix accordé au Vuidangeur, de 24 livres la toise cube, quoique le Gravoitier n’en exige que 18, & que le poids soit plus pesant que les gravois ordinaires ; mais les gratifications données aux Ouvriers pour les encourager à supporter la mauvaise odeur, & le double du temps qu’ils emploient à charger, équivalent les 6 livres à ajouter ; donc, vaut le même prix du Vuidangeur, ci 24 ″ ″
Valeur chaque toise cube en réglement 72 ″ ″

La fouille de terre qui se trouve quelquefois à faire dans les fosses d’aisance, pour l’agrandissement d’icelles, doit être payée le même prix, étant infectée de même par la filtration des matieres.

Il faut en outre avoir égard que des ouvriers Maçons ne sont point habitués à l’odeur des matieres fécales comme le font les Vuidangeurs, qui en font leur état; aussi les payent-on plus chers que lorsqu’ils sont employés aux ouvrages ordinaires, encore sont-ils forcés de sortir plus souvent de ces travaux que les Vuidangeurs, pour respirer le bon air, l’odeur étant plus subtile que la matiere liquide; sans ces pré cautions, ils n’y resisteroient pas, puisqu’ils sont même contrains de se relayer: plusieurs en ont été incommodés,&en ont perdu la vue. Ces représentations, qui paroissent fondées, font preuves de la demande ci-dessus.

Les Vuidangeurs refusent journellement de faire ces sortes de démolitions au prix des Maçons.

Il est juste que tout homme travaillant à quelqu’ouvrage pénible&non ordinaire, où sa vie est en risque, soit dédommagé par un paiement proportionné,

EXEMPLE.

Un Gravoitier est payé, chaque toise cube de fouille de terre ordinaire enlevée aux champs, la somme de 16livres6 sols9deniers de deux cents seize pieds cubes: la vuidange, à la toise cube, est en même mesure, &est payée au Vuidangeur48livres; donc la compensation est faite à proportion de la difficulté&péril éminent.

Il y a très-peu de temps que plusieurs Maîtres Maçons ont faits leurs représentations à ce sujet d’après la représentation de l’Auteur, attendu qu’ils étoient lésés sur ces sortes d’ouvrages, ne leur étant ci-devant payés que comme fouilles ordinaires. Il est de la prudence de l’Architecte d’apprécier tous ouvrages quelconques à leur juste valeur,&de les augmenter ou diminuer suivant que les circonstances le requierent.

Veut-on savoir ce qui souvent occasionne que les ouvrages ne sont point estimés à leur juste valeur. Cela provient 1o. de la faute d’un Toiseur sans pratique, 2o. d’un Entrepreneur non lettré qui met toute sa confiance dans son Toiseur qui en abuse, 3o. de l’Architecte qui, distrait par la multiplicité de ses occupations, l’empêche de faire un examen bien exact,&qu’il n’aime point que l’on lui fournisse les occasions d’augmenter les ouvrages non mis à prix, attendu qu’effectivement il pourroit arriver que des Propriétaires l’accuseroient de s’entendre avec les Entrepreneurs; quoique ces soupçons paroissent fondés, la probité ne doit point y avoir égard, l’honnête homme éclairé doit conduire celui qui ne l’est pas,&pour cet effet. il faut préférer l’habile&honnête homme à l’ignorant&partial

Représentation pour la construction des murs de clôture des cours&jardins.

L’on construit ces murs à fruit des deux côtés, d’un pouce&demi chaque côté, étant fixés de dix-huit pouces d’épaisseur par le bas, réduits à quinze pouces par le haut, sous chaperon au-dessous du larmier ou bordure.

Ces murs à fruit sont construit contre l’art. Le chaperon est fait pour mettre à couvert le corps du mur, la bordure ou larmier, pour en écarter les eaux pluviales; pourquoi donc ne les point faire à-plomb, afin que l’égout de cette bordure ne tombe point sur ce mur? C’est ce qu’on appelle la bonne construction, &non pas à fruit, observant que l’égout dégrade continuellement ces murs,&devient même incommode aux espaliers dans un jardin.

L’on crépit ordinairement ces murs en plâtre, lesquels n’existent pas long-temps; ils se dégradent par l’humidité&intempérie de l’air. Pour qu’ils existent longtemps, ils doivent être faits de bon mortier de chaux: &sable, en bonne saison, pour qu’ils se consolident, &l’on ne sera pas obligé de les faire tous les quatre ans, mais bien lorsque les murs s’écrouleront.

Le fruit ou salut ne convient qu’à un mur de terrasse pour le roidir contre la poussée des terres.

Observation pour la démolition d’un vieux bâtiment.

Avant de faire la démolition, il faut faire un toise du cube total en œuvre, des murs, cloisons, pans de bois, cheminées, planchers,&c. fixé au prix de la fouille de terre ordinaire;&si toutefois ces démolitions de murs étoient consolidées comme certaine bâtisse, où il a fallu masse&coins pour faire la démolition, ce qui n’est pas ordinaire à Paris, tous les bâtimens étant construits, en plâtre,&très-peu de bons mortiers; il faudroit y apprécier un prix convenable.


Mettre à part tous les matériaux quelconques des pierres, moilons & platras, pour qu’ils puissent être toisés & être donnés en compte à l’Entrepreneur, pour être remis en œuvre & les estimer à leur juste valeur ; & sera payé à l’Entrepreneur pour l’entoisage d’iceux, à chaque toise cube, trois livres, ci 3 l. ″s. ″d.
Si les matériaux sont transportés à distance de la démolition, chaque relais de distance de dix toises sera payé cinq sol, ci ″ 5 ″
Pour connoître la quantité de l’enlèvement des gravois aux champs, provenus de la démolition, d’après le précédent toisé en œuvre, il faut faire déduction des matériaux donnés en compte ; le surplus sera le cube de l’enlèvement des gravois aux champs ; fixer à prix l’estimation suivant l’éloignement des décharges ordinaires ; pour Paris, c’est trente-six fois chaque tombereau, ci 1 16 ″

Lors de ces démolitions, il faut que le Propriétaire se munisse d’un homme de confiance, pour avoir soin de resserrer dans un magasin tous les vieux fers, plombs, bois de charpente, menuiseries&autres, pour empêcher que les Ouvriers ne puissent rien emporter;& lorsque les démolitions seront faites, il faut donner tous les matériaux en compte, de quelque nature qu’ils puissent être, aux différens Entrepreneurs, d’après un reçu signé d’eux.

Pour apprécier juste toutes démolitions, il faut prendre connoissance du temps à ce employé, compter la quantité de tombereaux de gravois enlevés aux champs, lesquels doivent être de trente six pieds cubes chacun,&s’ils sont moins grands, faire déduction sur le prix de la voiture, en même proportion du moins. S enlèvement se fait à la toise cube, de tombereaux de trente-six pieds cubes, alors il en faut sept chaque toise cube remuée ou jectisse, n’en faisant que six en masse avant la démolition.

Autre Observation.

Avant la construction d’un bâtiment quelconque, il faut faire les plans, profils&élévations, désigner les différentes natures d’ouvrages, faire un devis estimatis de la dépense, pour en produire le montant au Propriétaire, afin qu’il puisse compter avec lui-même, &ne point se mettre dans le cas de la plupart des Entrepreneurs, qui font accroire aux Propriétaires une dépense de moitié au-dessous de ce qu’elle doit être; c’est pour lors une surprise, qui souvent fait la ruine des Propriétaires, si toutefois les termes des paiemens ne sont point limités,&l’Entrepreneur devient lui-même Propriétaire. Pour éviter ces supercheries, il faut détailler tous les objetsqui composent la construction, fixer les prix&tempéramment,&dire, d’après le marché fait double, sous signature privée, ou passé devant Notaires, que l’Entrepreneur se charge de faire tous les ouvrages contenus au présent détail pour prix&somme de ..... sans diminution ni augmentation, à moins qu’il n’en soit ordonné par écrit signé de l’Architecte&du Propriétaire,&que tout ce en quoi les ouvrages contenus au présent détail pourroient excéder, seront à la charge de l’Entrepreneur&en pure perte pour lui. Si cependant Il y avoit quelques augmentations en sus de la convention (toutes les fois qu’elles seront reconnues ordonnées par le Propriétaires), elles seront payées en plus valeur par estimation. De même, si par changement il y avoit moins, sera faite déduction au total du devis détaillé.

Dans les blocs en bâtiment, jamais changement de projet ne doit casser le marché; le bloc a toujours son entiere exécution,&le Propriétaire n’est tenu que de payer suivant l’estimation tout ce qui excede par changement.

Quand dans un bloc il n’est point fait le détail des ouvrages bien circonstanciés, il naît des contestations à l’infini.

L’Entrepreneur industrieux, pour avoir l’ouvrage, fait sa soumission à un prix à plus de moitié au-dessous de la valeur totale de la construction. Le Propriétaire &l’Architecte acceptent cet Entrepreneur, le regardent comme un honnête homme, qui se contente de gagner peu,&pensent qu’ils ont une bâtisse à bon compte; mais ils ne prévoyent pas le piege que l’on leur tend; une lésion aussi considérable ne peut avoir lieu. L’Entrepreneur peut faire un toisé général pour se rendre compte;&quand il trouve une lésion d’une si grande conséquence, il fait naître une erreur en son calcul à la fixation de son bloc,&fait remettre tout à estimation. La loi est très-formelle à ce sujet. L’on revient toutefois d’erreur de ce calcul ou omission pour un majeur, lorsqu’il prouve lésion de plus de moitié,&un tiers pour le mineur, ayant moins d’expérience cette loi du conseil est ainsi établie& enregistrée en parlement). Il faut donc éviter ces blocs. Pour détruire toute surprise, si l’Entrepreneur fait des ouvrages à vil prix, sans pouvoir revenir sur ses pas, alors voici comment il se dédommage sur la construction.

SAVOIR:

1o. En pierres, des plaquis ou carreaux au lieu de parpaings.

Des parpaings avec fil, moyes&bouzins.

2o. En moilons, nulle attention pour les liaisons, point ébouzinés,&de la moindre qualité.

3o. En plâtre, l’hourdi des murs, aires des planchers,&massif, moitié ou trois quarts de poussiere mêlés ensemble.

4o. En sable, le moins bon, non dépourvu de terre, de nulle valeur,&le plus souvent provenu des fouilles du bâtiment.

5o. En chaux, le moins possible, n’étant que de de l’eau blanchie.

6o. De la latte blanche en place de celle de cœur de chêne.

7o. Aux recouvremens des bois de charpente, point de latte ni cloux, les bois hachés ou rustiqués seulement.

8o. Les languettes de cheminées, sans arrachemens aux murs d’adossemens,&c.

En tout marché bien fait, doit être spécifié le prix de la toise de chaque nature d’ouvrage fait suivant l’art, sujet à dire d’Expert&gens à ce connoissant.

Que tous les plans, profils&élévations soient reconnus&signés doubles des Propriétaires, Architectes &Entrepreneurs.

Ne jamais permettre qu’un Entrepreneur sous-marchande ses ouvrages à des tâcherons, à des prix beaucoup au-dessous de ceux qui lui sont accordés; les tâcherons, vu la modicité du prix, ne peuvent trouver leur compte qu’en faisant de mauvaise besogne, faisant emploi des matériaux tels que la nature les a produits, sans en ôter les défectuosités.

Rien ne doit se marchander en bâtiment à sous-entreprise que la taille de pierre, mais aussi l’Etrepreneur ne doit jamais y comprendre l’appareil, afin déviter la prodigalité des matériaux: il faut que l’Appareilleur soit toujours à la solde de l’Entrepreneur, ou du Propriétaire s’il fait travailler par économie, afin que le vil intérêt de la tâche ne le mette pas dans le cas de ne faire choix des matériaux sans déchet le plus possible, ce qui arrive journellement.

Suivant les prix d’estimations démontrées ci-après, l’Entrepreneur est fixé à un dixieme de bénéfice, d’après le total de sa dépense; mais aussi doit-il être payé de ses travaux dans le cours de l’année d’après la perfection de ses ouvrages, sinon le Propriétaire tenu de faire rente de ce qui est dû à l’Entrepreneur d’après l’année révolue: pour lors l’Entrepreneur qui aura besoin de son dû pourra faire un emprunt, en subrogeant à ses droits &actions le Bailleur de fonds.

Nombre d’Etrepreneurs font des marchés de leur bâtisse, avec les Propriétaires, par délégation de leur paiement sur les loyers. Le Propriétaire accepte cette proportion,&combine qu’il sera une vingtaine d’années sans rien recevoir pour le paiement de sa bâtisse,&que ce temps expiré, il jouira d’un revenu qui ne lui aura rien coûté; mais il ne prévoit pas que souvent il arrive que sa bâtisse est insolide, par les supercheries qui se sont pratiquées lors de la construction; de sorte qu’au moment qu’il croit jouir, il n’a plus rien, étant obligé à des dépenses considérables pour réparer l’édifice, Est-il possible qu’un honnête homme d’Entrepreneur soit payé avec l’intérêt de ses deniers&perde son fonds? C’est un abus des plus grands,&un piege que l’on tend au Propriétaire. Souvent une bâtisse faite insolidement, estimée, suivant ces conventions, à cent mille livres, n’en a coûté que cinquante mille par les supercheries: alors où est donc l’avantage?

Il est d’autres Propriétaires qui font bâtir à crédit,&qui paient la rente de leur bâtisse: quels avantages y trouvent-ils? Ce n’est pas pour leur profit qu’ils ont fait bâtir, c’est pour l’Entrepreneur.

Tout Propriétaire qui ne veut faire bâtir qu’à crédit, en payant rente aux Entrepreneurs, feroit beaucoup mieux de faire un emprunt total,&ne payer cette rente qu’à une seule personne; il auroit moins d’embarras que de payer à chacun des Entrepreneurs, lesquels, au moyen de cet emprunt, étant payés comptant, feroient l’ouvrage à bien meilleur compte qu’un crédit. L’on trouve journellement à faire des emprunts toutes les fois qu’il y a hypotheque ou quittance d’emploi; mais ils ne doivent se faire que lorsque la bâtisse est faite dans un emplacement favorable,&que le revenu excede l’intérêt de l’emprunt.

Démonstration du toisé de la Maçonnerie,

SAVOIR;

Tous les murs, tant en fondation qu’élévation, seront mesurés en leur longueur, hauteur&épaisseur en œuvre, tous les vuides de portes&croisées déduits, sans aucune demi-face; après ces déductions faites, le surplus de la surface sera dû à l’Entrepreneur.

Murs en Pierres.

Sera faite la déduction du vuide des croisées du dessus de l’extrados des claveaux de fermeture jusques sur les appuis ou banquettes, si toutefois il n’y a point d’élégissement à niveau du plancher, afin de développer particuliérement les claveaux à leur extrados, faisant la longueur d’iceux,&non entre les tableaux sur leur hauteur proportionnelle, pris suivant la ligne d’inclinaison des coupes tendantes au centre.

Développer la taille intérieure des tableaux, feuillures&embrassemens, scellemens&follemens des croisées ou chassis, suivant les prix ci-après; toiser les ceintres de charpente à ce nécessaire,&scellemens d’iceux; distinguer les différentes natures de pierres.

Cuber le déchet de pierre des évuidemens d’angles en pierre dure demandé au prix de l’ouvrage en œuvre, étant en pure perte.

Le déchet des évuidemens en Saint-Leu, Vergelé, &Lambourdes, demandés au prix de l’acquisition du Marchand, lesquels peuvent se scier: de ces déchets, l’Entrepreneur en fait usage en sa bâtisse, dans des soubassemens de croisées élégies, fermetures de cheminée, ou de bons moilons, différent de la pierre dure, qui est ébauchée à la pointe,&mis en gravoir, qu’il fait enlever aux changes.

La taille cintrée en pierre dure se toise à face& demie, eu égard au grand ébauche, différent d’un parement droit.

Et en pierre tendre, une face seulement, n’y ayant point d’ébauche, étant faite avec la scie à dents.

Toutes faillies en pierre se comprend avec l’épaisseur du mur en plus épaisseur, suivant les prix ci-après.

Aux faillies des plinthes&entablemens, sera tait la déduction des paremens non faits au derriere d’icelles.

La taille des saillies sera développée en plus valeur chaque membre, pour six pouces réduits, petits comme grands, l’épannelage y compris.

La faillie des corps pilastres&tables, chacun pour six pouces de taille en plus valeur.

Pour toiser la pierre suivant l’art, il faut l’équarrir de la forme qu’exige celle en œuvre, de même qu’il sera démontré au traité ci-après.

Murs en Molion.

Lesdits murs seront de même toisés, déduction faite des vuides sans aucune demi-face,&après, sera fait le développement du parement intérieur des tableaux, feuillures&embrassemens, follemens&scellemens des chassis de croisées&portes.

Le mur de dix-huit pouces d’épaisseur, ravalé en plâtre, ne doit être toisé que de seize pouces&demi, observant que les enduits des deux paremens contiennent dix-huit lignes d’épaisseur,&qu’il n’y a en moilon que l’épaisseur susdite,&que le prix des ravalemens ci-après est apprécié particuliérement.

Les faillies d’Architecture quelconques, pilastres& tables, seront développées en plus valeur en léger, suivant les prix ci-après, ainsi qu’il est démontré ci dessus, en pierre.

Les massifs en moilon seront à la toise cube, sans paremens.

Légers ouvrages en Plâtre.

Les. plafonds seront à toise superficielle, observant sur iceux de déduire les plâtres non faits dans la saillie des corniches, n’y ayant que cloux&lattes; déduire de même tout ce qui en sera tronqué par les passages de cheminées&autres.

Les faillies des corniches seront mesurées en leur pourtour au milieu d’icelles, moyenne proportionnelle, &non aux nuds des murs,&seront mises à prix ci-après détaillés.

Les retours ne pouvant se traîner, étant coupés à la main, il sera accordé deux pieds de longueur en plus valeur chaque retour, sur la hauteur du profit.

Cloisons.

Les cloisons de distribution seront mises à prix chaque toise superficielle, suivant leur nature; sera faite la déduction des vuides de portes&croisées,&sera fait le développement intérieur du tableau, feuillures, &cueillies d’arrêtes en plus valeur de léger, démontré ci-après.

Le vuide d’une baie de porte de six pieds sur trois pieds de large produit dix-huit pieds de surface,& Je développement intérieur quinze pieds de pourtour sur douze pouces réduits: savoir, six pouces de feuillure, trois pouces de cueillie,&trois pouces pour le recouvrement du tableau, ensemble comme dessus, douze pouces réduits; c’est conséquemment trois pieds de surface à déduire sur cette baie.

Planchers.

Les aires de planchers, ou plâtre pur, de deux ou trois pouces d’épaisseur sur bardeau ou lattis cloués jointifs, seront mis à prix à toise superficielle, suivant leur nature, avec déduction du passage des cheminées &âtres, s’il y a un plafond dessous;&si au lieu de plafond il y a des entrevous, l’âtre sera demandé comme plafond.

Les entrevous&augets entre les solives, idem, à toise superficielle.

Les languettes de cheminées, idem.

Les enduits, renformis, crépis&rejointemens, idem, à toise superficielle, suivant leur nature.

Si toutefois, dans la construction des murs en moilon, il n’y avoit aucun linteaux,&que toutes les baies fussent cintrées en moilon, il sera accordé à l’Entrepreneur une plus valeur, non pour les matériaux, étant les mêmes mais pour le double du temps à ce employé à proportion de la grandeur des baies; cette construction est très-bonne; car souvent les linteaux de charpente s’échauffent,&causent des ruptures&réparations fréquentes: ces décharges ne sont pas plus coûteuses que les linteaux pour le Propriétaire, mais le bois plus avantageux pour l’Entrepreneur, tenant lieu de moilon &plâtre.

Toutes les fois qu’il est mis des linteaux, il faut qu’ils aient douze pouces de portées sur les trumeaux pour faire liaison avec la maçonnerie, car n’étant que de six pouces, ils deviennent en porte-à-faux sur l’arrête des tableaux,&tendent à l’écroulement, n’ayant point suffisamment d’appui.

D’après le détail ci-après, démontré à sa juste valeur, l’on évitera les tromperies&supercheries de toutes parts; mais aussi ne faut-il pas que les Entrepreneurs obligent les Propriétaires à une dépense plus forte qu’ils ne peuvent faire; c’est inexcusable: mais quand à celles d’ignorance, qui consistent à refaire ce que l’on a mal fait, à changer un dessein,&à l’augmenter, alors cela procede du peu de connoissance ou du caprice du Bâtisseur, qui lui-même y donne lieu: il devient difficile de les détailler; il n’y a que celles qui se font ingénuement&sans ignorance qui ont plus besoin de l’être, ce sont ce les qui procedent du choix des matériaux, lesquels, lorsque l’on les a mis en œuvre, paroissoient bons& sont devenus mauvais par la suite des temps, ou de ce que les ouvrages ont fait un effet auquel l’on ne s’attendoit point.

Il est presque impossible aujourd’hui de bien bâtir, attendu que le Propriétaire qui veut jouir, ne donne point le temps de faire choix des matériaux;&la plu part des Entrepreneurs que l’appas du gain rend avide de vanité, s’empressent à servir celui qui les met en œuvre, cherchent à s’insinuer dans son esprit, prennent tout ce qui se présente,&ce qui peut promptement concourir à leur desir; bon, mauvais, tout s’admet, &l’envie de jouir ferme les yeux du Bâtisseur, d’où il résulte souvent des ouvrages mal fait.

Il faut toujours, avant de bâtir, avoir une certaine provision de matériaux, tels que pierres, moilons& sable, qui souvent, étant fraîchement tirés de la carriere, ne font point corps avec la chaux, le plâtre&le sable, sur-tout dans l’arriere-saison, relativement à son humidité, n’ayant pas eu le temps de se sécher; ainsi de tous autres ouvrages qui composent le bâtiment.

Il n’est point fait mention dans ce Traité de la position, aspect&distribution que doivent avoir les bâtimens, il y a des Architectes très-éclairés à ce sujet qui les savent prendre suivant les différens sujets, états, &qualités des personnes qui les emploient.

Pour avoir quittance d’emploi en bâtimens pour hypothéqué de l’avance de ces deniers.

Il faut avant la construction d’un bâtiment, faire avec l’Entrepreneur un devis&marché devant Notaire, prendre connoissance du contrat d’acquisition de l’emplacement, ainsi que la quittance de liquidation; mais aussi seroit il à propos que tout Propriétaire ne fût autorisé à faire un emprunt sur son bien fonds, sans le mentionner sur son contrat; l’on éviteroit les surprises continuelles, qui font un tort considérable aux Entrepreneurs, n’ayant aucunes hypotheques certaines de l’avance de leurs deniers par des emprunts antérieurs, dont le fonds, ni la bâtisse ne suffisent pas pour les payer.

Il faut, après la perfection du bâtiment, faire1esti-mation&réception par Expert, entérinées au châtelet; sans cette précaution, nuls privileges.

Ces opérations ainsi faites, le Propriétaire qui veut se liquider avec ses Entrepreneurs, peut faire un emprunt, en subrogeant le Bailleur au lieu&place des Entrepreneurs,&jouit du privilege, toutes les fois que ce sont tous Maitres qui ont fait bâtisse.

APPRECIATION

Table des matières

Du prix des Ouvrages de maçonnerie, suivant la valeur des matériaux à Paris, en l’année1781, avec facilité d’en faire usage par-tout le royaume, en prenant connoissance de la valeur, tant des matériaux que du prix des Ouvriers, suivant les différens endroits.

SAVOIR;

Murs en pierre dure.

Nota. Le sixieme du déchet alloué en plus valeur du cube de la pierre en œuvre, est fondé sur ce qui suit:

1o. La taille des lits atteints, jusqu’au vif.

2o. Pour la fixation du parpaing des murs à deux paremens.

3o. Le déchet, lors du débit des parpaings, marches, dalles&appuis qui se trouvent journellement par les fils qui se découvrent après le débit fait,&qu’au lieu de pierres de taille, l’Entrepreneur n’a que de très-mauvais moilons, perte réelle, mais encore les sciages.

4o. Observant qu’aux murs de terrasses en pierre à un parement, l’on ne doit allouer à l’Entrepreneur qu’un dixieme pour déchet.


Chaque toise cube contient deux cents-seize pieds, & un sixieme accordé pour déchet, ensemble deux cents cinquante-deux pieds, à 20 sols le pied cube, valent 252 l. ″s. ″d.
Le dixieme de bénéfice dû à l’Entrepreneur vaut 25 4 ″
Pour l’enlèvement de trente-six pieds cubes de gravois aux champs, provenus du déchet, à 1 fol le pied cube payé au Gravoitier, & un dixieme de bénésice comme dessus, valent ensemble 1 19 7
Pour la pose des deux cents seize pieds cubes, à 6 sols le pied cube, compris bardages, équipages nécessaires & fourniture de plâtre, valent, compris le dixieme de bénéfice, la somme de 64 liv 16s. Toutefois que ce prix sera tant en fondation qu’en élévation, en supposant que la fixation d’élévation soit à vingt-quatre pieds de hauteur, estimant toute pose de pierre à rez-de-chaussée 5 sols le pied, & à vingt-quatre pieds de hauteur 7 sols le pied, ensemble 12 sols, donc la moitié, comme ci-dessus dit, est de 6 sols moyenne proportionnelle ; & pour fixer ce prix ou élévation par tant du prix à rez-de-chaussée, de 5 sols, augmenter d’un denier par pied cube d’élévation, donc les deux cents seize pieds cubes, à 6 sols le pied cube, valent 6 4 16 ″
Valeur de chaque toise cube, brute en œuvre 343 l. 19 s. 7 d.
Chaque pouce d’épaisseur vaut 41 l. 15 s. 6d. 4/6.

Détail du plâtre qui doit entrer dans une toise cube de pierre, pour les lits&joints, supposé en quatre assises de dix-huit pouces de haut chacune.


Il en faut dix-huit sacs, à 6 fois le sac, composant quatre lits de plâtre d’un pouce d’épaisseur, les joints montans y compris, ensemble douze pieds cubes, ou dix-huit sacs comme-denus, valent 5 l. 8 s. ″ d.

Idem, pour connnoître la valeur de la pose de la toise cube de pierre, de deux cents seize pieds,

SAVOIR;


Deux jours de Poseur, à 4 livres par jour, valent 8 l. ″ s. ″ d.
Deux de Contreposeur, à 50 sols par jour, valent 5 ″ ″
Quatre de Ficheur, à 35 sols par jour, valent 7 ″ ″
Six de Manœuvre, à 25 fois par jour, valent 7 10
Seize de Bardeur, pour le charrois & mise sur le tas, audit prix, valent 20 ″ ″
Plâtre 5 8 ″
Pour les chêvres, gruau, cables, charriot & autres ustenciles, le dixieme de cette dépense, vaut 5 5 9
Dépense chaque toise cube 58 l. 3s. 9 d.
Le dixieme de bénéfice pour l’Entrepreneur vaut 5 16 7 3/12.
Valeur en réglement 64l. ″ s. 4d.

Le détail de l’autre part est forcé de 15fois8deniers sur la pose de cette toise cube, c’est pour éviter fractions,&le fort denier alloué à l’Entrepreneur est fixé à6sols.

Appréciation pour développer la valeur de la taille de pierre contenue en murs de toute épaisseur.

SAVOIR;

Il est payé ordinairement au Tailleur de pierre tâcheron12livres la toise superficielle de taille, chaque parement vu; cet usage peut être bon pour un mur de dix-huit pouces d’épaisseur, mais n’est point proportionné aux grandes épaisseurs, comme aux plus foibles.

EXEMPLE.

Dans les murs, de quelques épaisseurs qu’ils soient, il faut fixer chaque toise superficielle de paremens à huit livres,&développer la superficie des lits&joints à quatre livre la toise superficielle, considérant, 1o. que les paremens sont le cœur de la pierre qu’il faut piocher, hacher,&layer; 2o. les lits, comme moins dures, ne sont que piochés&hachés: 3o. les joints n’étant que rustiqués, ne valent que moitié de la taille des paremens, motifs de l’appréciation de ces différentes tailles, observant que plus un mur a d’épaisseur, plus il y a de joints&lits: il n’en pas possible que dans un mur de six pieds d’épaisseur, le tâcheron puisse faire le double de taille, de lits&joints, différent d’un mur ordinaire de dix-huit pouces d’épaisseur, au même prix de12livres chaque toise de parement vu; la pratique le démontre clairement,&le détail ci-après va le prouver. Il faut observer qu’il n’y a que deux paremens dans un mur de six pieds d’épaisseur, comme dans celui de dix-huit pouces,&que celui de six pieds doit être plus cher en taille.

Détail de la valeur de chaque toise superficielle de mur en pierre dure, en œuvre de dix-huit pouces d’épaisseur à deux paremens.

SAVOIR;


Les dix-huit pouces d’épaisseur, à 4 livres 15 sols 6 deniers le pouce brute, en œuvre, suivant le détail ci-dessus, valent la somme de 85l. 19s. ″d.
Deux toises superficielles de taille des deux paremens, à 8 livres chaque toise, valent 16 ″ ″
Les lits & joints ; suivant la figure G, ensemble soixante-douze pieds de pourtour sur dix-huit pouces de large, produssent trois toises superficielles, à 4 liv. la toise 3 valent 12 ″ ″
Le dixieme de la valeur de cette taille, en plus valeur pour l’appareil & l’agrément de la taille contenus en cette toise, vaut 2 16 ″
Le dixieme de bénéfice dû à l’Entreneur sur la taille, appareil & ragrément, vaut 3 1 6
Valeur en réglement, chaque toise 119l. 16s. 6d.
Chaque pouce d’épaisseur de ces murs vaut 6 l. 13 s. 1 d. 2/3.

Un Tailleur de pierre, chaque journée, taille environ quinze pieds de superficie de pierre ordinaire en paremens, joints&lits aux prix ci-dessus; savoir, six pieds de surface. de paremens,&neuf pieds de lits& joints, c’est est46 sols8deniers par jour,&il n’est payé de l’Entrepreneur que45sous; donc il y a1 s. 8d. environ de bénéfice sur chaque journée.

Il y a des Tailleurs de pierre qui ne sont pas payés 45sous, mais aussi ne font-ils pas la même quantité de taille qu’un bon ouvrier, ce qui se trouve compensé dans le bénéfice accordé à l’Entrepreneur.

Autre détail pour un mur de trente-six pouces d’épaisseur en pierre idem.

SAVOIR;


Les trente-six pouces d’épaisseur, à 4 liv. 15 sols 6 deniers le pouce, chaque toise superficielle brute en œuvre valent 171l. 18s.″d.
Deux toises superficielles de taille pour les deux paremens, à 8 liv. la toise, valent 16 ″ ″
Les lits & joints, ensemble soixante-douze pieds de pourtour, suivant le développement ci-dessus, sur trois pieds de large, produisent six toises de surface, au même prix de 4 liv. la toise, valent 24 ″ ″
Le dixieme de cette dépense de taille, pour l’appareil & ragrément, vaut 4 ″ ″
Le dixieme de bénéfice dû à l’Entrepreneur pour cette appareil & ragrément, vaut 4 8 ″
Valeur chaque toise en réglement 220l. 61. ″d.
Chaque pouce d’épaisseur vaut 61. 2s. 4d. 1/2.

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Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
207 str. 30 ilustracji
ISBN:
4064066317263
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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