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F. Charron
Montpellier de Médillan

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066334208
Table des matières
I
De l’origine du nom.
Climat.
Altitude.
Le bourg.
Les maisons.
La cure.
Curés.
L’église.
Personnes enterrées dans l’église.
Le clocher.
La cloche.
Parrains.
Marraines.
L’arbre de la Liberté.
Les villages.
Le sol.
Faune et Flore.
Bois.
Hydrographie.
Administration.
Autrefois
II
Professions
Sexe
État civil
Densité de la population
Hygiène.
Alimentation.
Vêtements.
Eclairage.
Émigration et Immigration.
Un cas de longévité.
Années de grande mortalité.
Etude comparative.
III
IV
Instituteurs
Institutrices
V
Une requête (1739)
VI
Le chemin de Charlemagne
VII
1789
1793
1814
1848
1870
VIII
Les mesures locales
De la pochée
Du quinteau
Les propriétés.
Denrées.
Salaires.
Bétail.
Travaux à la tâche.
Etude fiscale
IX
Les sorciers
Le devin
Les maisons hantées.
Les vendus au diable.
Les mal baptisés.
Les trésors cachés.
Quelques proverbes locaux
X
Une abjuration
Quelques extraits
Vers sur la prise de Berg-op-Zoom (1747)
Une dispense de mariage accordée par le pape.
Remède dont on s’est servi pour la maladie épidémique qui a régné sur les bêtes à corne dans les années 1748-1749-1750.
Remède contre le chancre qui vient à la bouche et à la gorge.
XI
De Livenne
Bernardeau de la Briandière.
Le général Muller
XII
Brejon-Lamartinière
XIII
I. — Un testament
II. — Déclaration des biens de main-morte
III. — Arrantement et calcul a esté fait de la prize et baillette appelée la grande prize des Hyllairets situées en la paroisse de Monpeslier étant en sept pièces séparées les unes des autres.
IV. — Transaction entre le sieur Bertry curé de Montpellier et Jean Cadoreau portant obligation de neuf livres.
V. — Un délit de chasse
VI. — A propos d’une dîme
VII. — Insultes à un magistrat
VIII. — Transaction sur procès entre Monsieur Pierre Bertry, curé de Montpellier, et Monseigneur l’Evêque de Saintes.
IX. — En 1787.
X. — Acquisition de biens nationaux
XI. — Un prêtre réfractaire.
XII. — Estimation des biens ayant appartenu à la fabrique de Montpellier.
XIII. — Un maire accusé de concussion.
XIV. — Un garde champêtre pour deux communes.
XV. — Au sujet d’un banc.
XVI. — Un maire qui émigra
XIV
Jean-Pierre Viaud
Nicolas Guillau de Sersé
De Laporte de Lissac.
Notaires.
Société de chasse.

I
Table des matières
LE PAYS
De l’origine du nom.
Table des matières
La commune de Montpellier appartient à l’ancienne province de Saintonge, de la capitale de laquelle elle n’est éloignée que de seize kilomètres.
Son nom, que l’on trouve écrit Monpesler, Montpesler, Monpeslier, Montpeslier et enfin Montpellier, a des formes archaïques .
Son étymologie, sur laquelle, d’ailleurs, on n’est pas fixé d’une façon définitive, a donné naissance à plusieurs hypothèses, singulièrement différentes les unes des autres.
Dans ce mot, certains chercheurs ont vu:
Mons pessulus (mont fermé au verrou).
Mons puellarum (mont des Pucelles).
Mons pistillarius (mont des épiciers) .
D’autres, surtout les littérateurs, estiment que Montpellier vient de Montpuellier, Mons puellaris (mont de la jeune fille).
Enfin, pour M. Léon-G. Pélissier , la seule étymologie valable serait Mons petrosus (montagne de pierres), d’où on aurait fait Montpeirié, et, ajouterons-nous, peut-être, Montpellier, par corruption.
Cette dernière hypothèse nous parait être la plus vraisemblable et la plus près de la vérité, du moins en ce qui concerne Montpellier de Saintonge, qui est assis sur un banc de pierres.
Quant au mot Médillan, d’où vient-il, et que signifie-t-il?
Faut-il admettre qu’il vient de Médillac, mais qu’il est plus récent, et qu’il signifie ruines romaines? La chose est possible, bien que cependant on ne conserve pas le souvenir de vestiges romains dans les environs; ou bien, en décomposant le mot, faut-il y voir med (milieu, centre de réunion) et lann, mot irlandais, signifiant: saint, sanctuaire, cimetière. Cela nous porterait à supposer, alors, que, du temps de l’occupation romaine, c’était à Montpellier qu’avaient lieu les enterrements des personnages de marque et que c’était un centre de réunion où les peuples s’assemblaient. C’est encore possible; car, dans le domaine de l’hypothèse, où ne peut-on pas aller? Et puis, certains travaux agricoles ont mis à découvert plusieurs sarcophages.
Cependant, pour nous, notre avis est tout autre et beaucoup plus terre à terre: Médillan devait être, autrefois, le nom d’un village, aujourd’hui disparu, ou le nom d’un fief, débaptisé. Et, pour corroborer notre opinion, nous avons, dans les environs. Lidon (village) pour Saint-André, et Pellouaille (lieu dit) pour Saint-Simon.
Climat.
Table des matières
Le climat est tempéré ; le voisinage de l’Océan (25 kilomètres) et de la Gironde (15 kilomètres) détermine des hivers tièdes et pluvieux, rarement neigeux, avec des étés peu brûlants.
C’est le climat girondin.
Altitude.
Table des matières
L’altitude de la commune est peu élevée; c’est ce qui fait que la configuration générale de la localité a un aspect plutôt plat.
Les principales cotes du nivellement général de la commune sont:
Le bourg, 37 mètres;
Le Moulin de Gougeon, 36 mètres;
Les champs de Briasse, 37 mètres;
Les Cinq Timbres, 38 mètres;
Durand, 36 mètres.
Ajoutons que, tout autour du bourg, une légère dépression de terrain forme le mamelon sur lequel est bâti Montpellier.
Le bourg.
Table des matières
Le bourg, propret et bien bâti sur un petit mamelon et par conséquent toujours à sec, coupé en croix par deux chemins de grande communication, est plaisant et agréable.
Il est prolongé par les villages de La Grande Maison, de Chez Baty et des Bodins; il n’est point placé au centre de la commune, il s’incline un peu trop à l’est.
Tout autour les autres villages l’environnent comme une ceinture de forts.
Les maisons.
Table des matières
Elles peuvent se diviser en deux catégories: les anciennes et les nouvelles.
Les anciennes, celles qui ont été bâties il y a cent ans et plus, sont un peu orientées au hasard et nul goût n’a présidé à leur construction; elles se composent du rez-de-chaussée comprenant une ou deux pièces et d’un grenier dans lequel on entasse les récoltes de blé, d’avoine, de pommes, de noix, etc.
Ces maisons sont généralement dépourvues, de toute commodité et très souvent la même pièce sert tout à la fois de cuisine, de salle à manger et de chambre à coucher. Les abords ne sont pas toujours bien praticables et pour sortir il faut quelquefois traverser de véritables cloaques.
Mais hâtons-nous de dire que ces habitations deviennent rares; beaucoup ont été heureusement transformées par les générations nouvelles, et d’autres ont disparu pour faire place à des constructions neuves.
Celles-ci, mieux orientées, mieux aménagées et mieux distribuées, témoignent des progrès de l’hygiène à travers nos campagnes. La cuisine forme toujours une pièce à part; les chambres à coucher sont aérées et éclairées par de larges fenêtres, et beaucoup ont un premier étage.
Convenablement entretenues, blanchies tous les ans, ayant les abords en harmonie avec l’édifice, elles révèlent comme maîtres des agriculteurs sans doute, mais aussi des hommes ayant le souci de leur dignité et de la santé de leur personnel.
La cure.
Table des matières
Dans ses Etudes sur l’ancien diocèse de Saintes, l’abbé Cholet dit: «Montpellier, cure, droit de patronage exercé par l’abbé de Baignes du XIe au XVIIe siècle.»
C’est en vain que nous avons cherché la référence où l’abbé Cholet, d’ordinaire exact, s’était documenté. Nous n’avons rien trouvé.
Par contre, les différents pouillés, consultés à ce sujet, sont unanimes à désigner l’évêque de Saintes, comme collateur de la cure de Montpellier.
Ainsi Alliot, dans son Bénéfices de l’Evêché de Saintes (1527) dit: «Montpellier, cure, évesques de Saintes présente et confère.»
Lacurie, dans son Pouillé manuscrit , désigne également l’évêque de Saintes.
Il donne même le revenu de la cure qui, d’après lui, aurait été

Enfin l’abbé Bonnerot, dans son Pouillé manuscrit, donne aussi l’évêque de Saintes comme collateur; l’abbé Bonnerot enregistre un revenu de 1.500 livres pour l’année 1782; seulement il fait relever cette cure de l’archiprêtré de Corme-Royal, tandis que, d’après l’abbé Cholet, elle relevait de l’archiprêtré d’Arvert.
Curés.
Table des matières

En 1813, au départ de M. Bouyer, la cure de Montpellier devint vacante et le service religieux fut assuré, à partir de cette date et jusqu’en 1848, par les curés de la commune de Rioux dont les noms suivent:


Il est probable que la commune de Montpellier dut intervenir dans ce binage en assurant une rétribution quelconque au desservant. Mais ce n’est qu’à partir de 1839 que nous trouvons trace de cette rétribution, ainsi que l’indique la délibération ci-dessous du conseil municipal.
Le 10 mars 1839, le conseil municipal se réunit à la mairie pour que M. Pohu, curé de Rioux, vienne dire la messe tous les quinze jours, savoir: le deuxième dimanche de chaque mois à onze heures et le quatrième dimanche à dix heures; il devra aussi faire faire la première communion.
«Le maire et les membres du conseil municipal se
«charge de lui faire une caite en laditte commune à la
«fin du mois d’août pour lui ramassé du grain pour
«laditte année.»
Le 26 mai 1839, le conseil vote au budget de 1840 une somme de cent francs à M. Pohu, desservant, pour son binage.
En 1848. la cure de Montpellier fut pourvue d’un titulaire et, depuis cette époque, MM. les Curés qui se sont succédé sont:

L’église.
Table des matières
La vieille église paroissiale, entourée de l’ancien cimetière, aujourd’hui transformé en place publique, est actuellement placée sous l’invocation de saint Martin.
Or, si nous nous en rapportons à certains auteurs, ce saint n’a pas toujours été le patron de Montpellier car, dans son Bénéfices de l’Evêché de Saintes (1527), Alliot désigne comme patron saint Pierre, et l’abbé Lacurie cite saint Pierre et saint Martin à la page 56 de son Pouillé manuscrit (1586).
FAÇADE DE L’ÉGLISE.

«Cette église est un monument datant de la fin du
«XIIe siècle pur, bien conservée, arcature fort remar- «quable à la façade; trois portails, celui du milieu ou- «vert à quatre voussures, plein cintre pur; les deux «autres à ogives romanes. Aujourd’hui deux nefs, la «troisième n’ayant pas été reconstruite lors de l’écroule- «ment partiel de l’église; chevet droit; longueur «28 mètres, largeur 7m60, hauteur, sous voûte, «10 mètres» .
A la voûte dominant le chœur se trouve l’inscription suivante:
Pavete ad sanctuarium meum
Tremblez devant mon sanctuaire.
Personnes enterrées dans l’église.
Table des matières
Le 7 décembre 1679, Jeanne Vignaud.
Le septième décembre mil sept cent dix sept a été enterré dans cette église Me Josias Coûtand, âgé de soixante et dix-huit ans, décédé après avoir reçu les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction et avoir déclaré hautement qu’il n’y avait nulle simulation dans son procédé et que, s’il en agissait de la sorte dans les derniers jours de sa vie, c’était par les motifs d’une véritable conversion.
MOULIN, curé de Monpellier.
Le 23 décembre 1719, Me Jean Reutin, avocat en la cour du département.
Le 30 juillet 1722, Pierre Viaud, marchand.
Le 16 mars 1724, Perret Marie.
Le 5 novembre 1750, Daniel-Pierre Hyllairet.
Le 24 avril 1753, Mme Angélique de Beaumont, épouse de M. de Livenne, écuyer, seigneur du Grand Loron et autres lieux, dans la chapelle de l’église paroissiale de Saint-Martin de Monpeslier.
Le 1er avril 1772, Marie Gelineau, épouse de Pierre Bertrand.
Le 9 novembre 1772, Jean Marchand, sacristain et instructeur de la jeunesse de cette paroisse, dans la chapelle collatérale de cette église.
Le 13 janvier 1773, Marie-Magdelenne Cadoreau, épouse de sieur Pierre Viaud.
Le 12 octobre 1779, Pierre Viaud, juge de Cozes et autres lieux.
Le 4 décembre 1780, Me Pierre Bertry, curé de cette paroisse.
Il est regrettable que rien n’indique d’une façon précise où reposent ces corps.
Le clocher.
Table des matières
Le clocher, de forme carrée, a 17 mètres de hauteur et 4 m. 60 de largeur à l’intérieur. Il est percé de 8 fenêtres ayant 4 mètres de haut, 2 mètres de large à l’extérieur et 0 m. 80 à l’intérieur. Ces fenêtres, à plein cintre, étaient autrefois divisées en deux par une colonne; actuellement, une seule existe dans son état primitif; les colonnes des sept autres ont été détruites et les fenêtres à moitié maçonnées.
La cloche.
Table des matières
La cloche de l’église a été refondue une première fois en 1840, et le conseil municipal d’alors vota, dans sa réunion du 31 mai, une somme de 400 francs pour cette dépense: 360 francs seraient affectés à la refonte et au métal fourni et 40 francs à la ferrure.
Quant à celle qui existe actuellement, elle revient à 2.218 francs, pèse 550 kilos et porte l’inscription suivante:
J’AI ÉTÉ FONDUE EN L’AN 1869, SOUS L’INVOCATION DE SAINT MARTIN DE MONTPELLIER-DE-MÉDILLAN. PIE IX ÉTANT PAPE, NAPOLÉON III, EMPEREUR, MONSEIGNEUR THOMAS, ÉVÊQUE, HENRI SEILLET, CURÉ, LOUIS GRILLET, MAIRE, BOLLÉE ET SES FILS FONDEURS A ORLÉANS.
MON NOM EST REGINA. MES PARRAINS ET MARRAINES SONT CEUX ET CELLES QUE PROTÈGE MA VOIX.
Parrains.
Table des matières
A. BEURRIER, E. GEORGET, A. GUICHARD,
J. GUILBAUD, A. LAPORTE, A. LUCAZEAU,
A. LUCAZEAU, G. LUCAZEAU, E. MOISNARD,
A. MORIN, E. MORIN, A. NEAUD,
L. POITEVIN, B. SOUCHAL, Z. SAUVIGNON. A. VIAUD.
Marraines.
Table des matières
E. ARRIVÉ, E. BEURRIER, A. CHEVALIER,
E. COURAUD, L. GRILLET, E. LUCAS,
M. MAUTRET, E. MOISNARD, E. PERDRIAU,
B. PERRIER, N. PERRIER, F. PICOULET,
P. PUYRAVAUD, E. ROUFFINEAUD, N. VIAUD.
La charpente du beffroi coûte 282 francs.
L’arbre de la Liberté.
Table des matières
L’arbre de la Liberté de la place de l’Eglise est un vieil ormeau aux racines puissantes et dont la tête altière domine la cité.
L’hiver, il est blanc de givre, tandis que, l’été, son épais feuillage sert de refuge à quantité de moineaux qui, justement parce que c’est un arbre de la Liberté, y établissent leurs nids sans crainte des représailles.
Cet arbre, d’une hauteur de vingt-six mètres, a un tronc d’une circonférence de 4 m. 25 à la base; de 3 m. 25 à hauteur d’homme et de 2 m. 55 à 5 mètres de hauteur.
Il date de 1792 et, à ce titre, il mérite d’être surveillé et protégé par l’autorité municipale, car il doit être un des rares survivants de cette époque, ayant échappé aux investigations de la Restauration (1815-1830) et de Léon Faucher, ministre de l’intérieur (1848-1849), qui firent rechercher avec soin les arbres de la Liberté et donnèrent des ordres pour qu’ils fussent arrachés.
L’ARBRE DE LA LIBERTÉ.

En 1896, le conseil municipal y fit placer une plaque commémorative, portant l’inscription ci-dessous;
PLAQUE
DÉDIÉE PAR LE CONSEIL
MUNICIPAL LE 14 JUILLET 1896
POUR PERPÉTUER LA DATE
DE LA PLANTATION DE
L’ARBRE DE LA LIBERTÉ
14 JUILLET 1790
Les villages.
Table des matières
Au sud, il y a Orennes avec ses carrières de sable; Les Maisonneuves, petit hameau; La Sauveté, gros village de près de 80 habitants; Crugence, dans le marais, avec son usine malheureusement muette; Loriou, séjour agréable, lieu de pêche et de chasse, arrosé d’eaux vives, entouré de mottes fertiles et qui possédait une chapelle autrefois; à l’ouest. Le Pérat, protégé par des peupliers séculaires; Durand, avec ses garennes et ses bois; Les Chapelles sur la lisière des bois; au nord, Les Michauds, site riant et ombragé avec ses arbres lierrus; Les Cinq Timbres, carrières de silex; Les Joguets, où il y avait un médecin autrefois, et dont le château fut probablement une petite seigneurie, car la propriété qui l’entoure était ceinte d’un fossé de deux mètres, encore bien apparent; à l’est, Chez les Lièvres, pays de chasse, et Les Arrivées, petit village niché dans la verdure.
CHATEAU DES JOGUETS

Le sol.
Table des matières
Le sol est formé de terrains crétacés; il est fertile et assez profond et s’adapte, par conséquent, à toutes sortes de cultures.
Au point de vue agricole, il appartient, en majeure partie, à cette catégorie de terres dites varennes; cependant, on rencontre aussi quelques sables, des groies, de la banche, et dans le nord de la commune de riches carrières de silex.
Très morcelé il a une superficie de 1.470 hectares.
Le tableau ci-dessous en indique la répartition en 1911, au double point de vue de la superficie des propriétés et du nombre des exploitants.
Division de la propriété.

L’exploitation du sol se pratique de trois manières différentes:
Il y a le faire-valoir direct, quand le propriétaire cultive sa propriété seul ou avec des domestiques; le métayage, quand le propriétaire et celui qui cultive ont chacun la moitié des revenus; dans ce cas, le maître fournit le sol et le cheptel, et le métayer son travail; et enfin le fermage, quand un homme, fournissant bétail et instruments aratoires, exploite une propriété à sa guise et paye une redevance annuelle au propriétaire.
Dans les deux derniers cas, métayers, fermiers et propriétaires sont tenus à des engagements respectifs, mentionnés dans un bail, dont la durée est de 3, 5 ou 7 ans.
A Montpellier, c’est le faire-valoir direct qui est le plus en usage, ainsi qu’en témoigne le tableau suivant:
Exploitation du sol.

Quant aux terres louées, leur prix-courant de location est de 10 francs par journal (36 ares).
Faune et Flore.
Table des matières
Nous n’avons point ici de gros animaux sauvages. Il y a quelques années, cependant, un loup fut tué dans le pays.
Les hôtes habituels de nos bois sont: les renards, les putois, les fouines, les blaireaux, les belettes, quelques chats vivant à l’état sauvage, et, pour ravager nos cours d’eau, la loutre.
Les serpents que l’on rencontre sont: la couleuvre (vulgairement appelée dard) et plusieurs de ses variétés, dont la couleuvre à collier; toutes sont non venimeuses et, par suite, inoffensives; il y a aussi la couleuvre vipérine, la vipère, l’aspic, plus dangereux à cause leur venin.
Comme plantes, on trouve; l’absinthe (artemisia absinthium), l’ache (apium), l’ajonc (ulex europaeus), l’anémone (anemone pulsatilla), l’angélique (angelica silvestris), l’arrête-bœuf (ononis), les bruyères (erica), le buis (buxus sempervirens), la grande ciguë (conium maculatum), la petite ciguë (aethusa cynapium), le chardon (carduus), la chélidoine (chelidonia), la douce-amère (solanum dulcamara), le genêt à balai (sarothamnus scoparius), le lierre terrestre (hedera terrestris), la lavande (lavandula officinalis), la menthe (mentha syluestris), le myrte (myrtus), la morelle (solanum) la mélisse ou citronelle (melissa officinalis), l’oseille (rumex acetosa), le pied d’alouette ou dauphinelle (delphinuum consolida), la pâquerette (bellis vivace), le plantain (plantago major), le saigne-nez ou mille feuilles (achillea millefolium), la sanguenite (artemisia maritima), le sureau hièble (sambucus ebulus), la saponaire (saponaria), la sauge (salvia sclarea), le tussilage ou pas d’âne (tussilago fanfara), la valériane (centranthus ruber), la violette (viola odorata), la verveine (verbena), etc., etc.
Il y a aussi une quantité de plantes, auxquelles les habitants attribuent des propriétés médicinales, et qu’il faut cueillir à tel ou tel moment de l’année. Nous donnons, dans le tableau suivant, celles que nous avons pu nous procurer, en respectant scrupuleusement les croyances:
Toutes ces plantes doivent sécher à l’ombre.

Bois.
Table des matières
Les bois, situés surtout à l’ouest et au nord de la commune, occupent une assez vaste étendue de territoire; ils ont pour essence dominante le chêne. On y trouve aussi des hêtres, des frênes, des pibles, des charmes, des taillis de châtaigniers, dont le bois travaillé par les frêtiers sert à faire des cercles de barriques, des manches de pelles, des râteaux, etc.
Comme champignons citons: les cèpes, les oronges, les chanterelles ou fesiques, les morilles, les carnioles, les brunettes, les clauneaux, les barbes, tous comestibles, recherchés et consommés. A noter encore une certaine quantité de champignons vénéneux ou tout au moins de suspects et auxquels on ne touche pas.
Hydrographie.
Table des matières
Comme hydrographie, la commune de Montpellier est pauvre; elle ne possède que le petit cours d’eau de Loriou, alimenté par les superbes fontaines de Grand Font, et dont la végétation aquatique nourrit une certaine quantité de brochets et d’anguilles pour le plus grand plaisir des passionnés de la pêche; il a pour affluent le petit ruisseau de la Boissonnerie, quelquefois à sec pendant l’été.
Du côté midi et sur une certaine étendue, Montpellier est arrosé par le canal de la Seudre qui lui sert de limite avec les communes de Saint-André-de-Lidon et de Thaims.
Administration.
Table des matières
Au point de vue administratif, Montpellier dépend de la sous-préfecture, du tribunal, du bureau de recrutement et de l’inspection primaire de Saintes; du canton, de la justice de paix, de la brigade de gendarmerie, du doyenné et du timbre et domaine de Gémozac; de la perception de Tesson; du bureau de poste et des contributions indirectes de Saint-André-de-Lidon , des ponts et chaussées de Saujon; du consistoire de Cozes; des mines et carrières de Bordeaux et de l’inscription maritime de Royan.
Autrefois
Table des matières
D’après l’aveu de 1659, Montpellier faisait autrefois partie «de la baronnie et chastellenie de Cozes en Xain-
«tonge, relevant du roy à cause de son chasteau de
«Xaintes au debvoir d’un long espervier apprétié à
«demy escu sol, à muance de seigneur, consistant en ung
«chasteau, haulte, moyenne et basse justice, debvoir de
«guet, bians, courvées, droicts de fours et de moulins
«baniers, fuye, garrennes, droicts de moutonnage et de
«capitainage sur touttes les parroisses de ladite chastel-
«lenie, dixme de bled et de vin, droict de banc à vin
«durant six sepmaines en toutes lesdites paroises, droicts
«de sceaulx et de contracts, créer notaires, poids et
«mezures, minage, billette, plassage, ventes, péages,
«passages, marchez, huict foires par an, boucheries,
«ports, naufrages, pescheries dans l’étendue de la chas-
«tellenie, sans qu’aultres y puisse pescher et générale-
«ment tous aultres droicts de baron et chastellain confi-
«nant depuis.....
«.....
«et delà le long du grand chemin qui va à Monpeslier
«et de là à Pisany et à Thézac.....
«et y a en ladite chastellenie et
«baronie les bourgs et paroisses de Cozes.....
«..... Monpeslier et plusieurs
«fiefs qui sont tous de la dite baronnie et chastellenie
«et vault par an la dite
«baronnie et chastellenie environ cinq mil livres de
«revenu» .
Ajoutons que Montpellier a appartenu au canton de Cozes jusqu’en 1806, époque à laquelle il a été rattaché à Gémozac.
II
Table des matières
LA POPULATION
Vers quelle époque l’homme a-t-il fait son apparition dans la localité ?
C’est une question à laquelle nous n’avons pas la prétention de répondre, d’autant plus qu’à Montpellier il n’y a point de station préhistorique. On trouve cependant deci, delà, quelques silex taillés ou polis, des flèches, des pointes, des haches, qui témoigneraient de la présence de homme à l’époque où il n’avait encore que ces armes et outils à sa disposition.
Puis les grandes invasions barbares sont venues; les peuples primitifs ont été chassés et remplacés par d’autres, jusqu’au jour où les Gallo-Romains s’établirent définitivement dans le pays. C’est de ces derniers que descend toute la population de la Saintonge.
D’après le recensement de 1911, la population de la commune comprend 628 habitants et 210 ménages ou feux, ce qui fait une moyenne de 3 personnes par feu.
Or, en 1705, la paroisse de Montpellier comptait 180 feux et si, pour ne rien exagérer, pour rester même au-dessous de la réalité, nous estimons qu’il y avait 4 personnes par feu, cela nous donne une population de 720 habitants.
Et en prenant la même base pour les années qui vont suivre, nous avons:
1706 — 190 feux et 760 habitants.
1710 — 258 feux et 1032 habitants.
Dans son Dictionnaire géographique, l’abbé Expilly donne en 1770, 245 feux pour le bourg de Montpellier, ce qui, d’après notre base, aurait fait une population de 980 habitants.
Lorsque la Révolution éclata en 1789, le bourg comptait 220 feux et par conséquent 880 habitants.
Les registres de l’état civil coûtaient en 1706, trois livres et dix sols.
En 1710, la somme à payer pour les registres de l’état civil se décomposait ainsi:

Actuellement ces mêmes registres coûtent 45 fr. par an.
Professions
Table des matières
Au point de vue professionnel, les 628 habitants de la commune de Montpellier se décomposent ainsi:

Sexe
Table des matières

État civil
Table des matières

Densité de la population
Table des matières
43 habitants par kilomètre carré
Hygiène.
Table des matières
Peu à peu les règles de l’hygiène pénètrent nos mœurs campagnardes; et les diverses influences provenant des milieux dans lesquels l’homme évolue sont mieux appréciées.
C’est ainsi que la propreté va prédominant de plus en plus; le régime alimentaire s’améliore de jour en jour; l’eau, principal véhicule de bien des maladies, est employée avec plus de circonspection; les fumiers sont placés de manière à ne pas contaminer les puits et quantité d’ustensiles de cuisine malsains disparaissent peu à peu.
Dans les maladies, de nombreuses mesures prophylactiques sont prises.
Les conseils du médecin sont écoutés avec déférence, si ce n’est sous le rapport de l’enfance, où il y a encore beaucoup à faire.
Disons enfin que la stabulation est aussi en progrès et que les animaux sont mieux logés qu’autrefois.
Alimentation.
Table des matières
Si le régime alimentaire de nos grands-pères n’était point aussi varié que le nôtre, il était aussi bien plus sain.
Du pain de méture, de la bouillie de maïs, les légumes du jardin, le lait de la vache ou de la chèvre, les produits de basse-cour et la viande du porc, voilà quel était leur menu.
Si nous ajoutons qu’ils avaient du vin d’où étaient exclus le soufre et le sulfate de cuivre, l’on ne sera plus étonné de la robustesse de leur tempérament et de leur résistance aux maladies qui nous assaillent et qui leur étaient inconnues.
Actuellement, la campagne, comme la ville, est inondée de produits manufacturés, conserves et denrées, véritables produits chimiques qui délabrent nos estomacs et ruinent nos santés.
Vêtements.
Table des matières
Nos vieillards, qui ne subissaient pas comme nous les caprices de la mode, trouvaient aux villages tous les éléments nécessaires à leur toilette. Non seulement la laine de leurs moutons leur fournissait bas, chaussettes et gilets, mais encore une étoffe appelée cadis et qui servait à confectionner les habillements d’hiver; quant aux costumes d’été, ils étaient pris dans la pièce de toile du tisserand.
Il y avait aussi une étoffe appelée dreuillet et avec laquelle on faisait des robes.
Aujourd’hui le contact des villes a amené toute une transformation: les vêtements de cadis ont été remplacés par des étoffes plus nouvelles avec une coupe plus seyante; les jolis bonnets de nos paysannes ont fait place à des chapeaux multiformes et la chaussure fine a fait disparaître les souliers ferrés d’autrefois.
Il est cependant un long manteau de drap noir, à capuchon et appelé cape, que les femmes portent encore aux champs, l’hiver, pendant le deuil, aux enterrements et aux services funèbres et qui résiste aux assauts de la mode.
Citons aussi le devanteau (tablier) et la kisnotte (coiffure d’été).
Eclairage.
Table des matières
Pour s’éclairer, nos ancêtres avaient une lampe à huile appelée chareuil ou chaleuil, mais plus souvent des chandelles de résine faites par la ménagère et supportées par une yoube placée dans la cheminée.
Cependant on se servait aussi de chandelles de suif faites avec le suif des moutons tués pendant les vendanges. Mais, vu leur petit nombre, on ne les employait que le plus rarement possible, pour que la provision dure longtemps, afin d’en acheter peu, car elles coûtaient de 1 fr. à 1 fr. 20 la livre.
Tout cela a disparu pour faire place à nos actuels moyens d’éclairage, plus dispendieux il est vrai, mais combien plus propres et plus éclairants!
Émigration et Immigration.
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Ces mouvements de la population sont plus importants qu’on ne se l’imagine tout d’abord. Sans doute, ils procèdent lentement, par petites quantités, ne portent que sur quelques sujets, chaque année; mais, à la longue, ils absorbent toute une agglomération de gens et finissent par modifier profondément la population d’une localité.
Du moins, c’est ce qui se passe à Montpellier, où nous pouvons dire que, tous les 50 ans environ, plus des trois quarts de la population sont changés.
Un cas de longévité.
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Mercier Rose, née à Montpellier le 6 mars 1810, y est décédée le 13 mars 1908, à l’âge de 98 ans et 7 jours.
Années de grande mortalité.
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1779
Année signalée par le curé Bertry (Voir Registres paroissiaux).
58 décès: 27 hommes, 31 femmes.
Mois de septembre: 13 décès, dont 8 enfants de moins de cinq ans.
Mois d’octobre: 16 décès, dont 11 enfants de moins de cinq ans.
1785
40 décès: 23 hommes, 17 femmes.
Les décès portent surtout sur les enfants de moins d’un an: 13 décès, et sur les personnes de 60 à 80 ans: 10 décès.
1800
30 décès: 20 hommes, 10 femmes.
Fructidor: 14 décès.
Personnes de 60 à 80 ans: 12 décès.
1805
36 décès: 15 hommes, 21 femmes.
Pas de mois chargés.
Personnes de 60 à 80 ans: 12 décès.
Etude comparative.
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Période quinquennale.
1676-1677-1678-1679-1680.
Naissances, 115.
Mariages, 24.
Décès, 85.
Moyenne de la vie: 28 ans.
Période quinquennale.
1876-1877-1878-1879-1880.
Naissances, 87.
Mariages, 27.
Décès, 79.
Moyenne de la vie: 47 ans.
Période quinquennale.
1806-1807-1808-1809-1810.
Naissances, 127.
Mariages, 30.
Décès, 85.
Moyenne de la vie: 36 ans.
Période quinquennale.
1906-1907-1908-1909-1910.
Naissances, 33.
Mariages, 26.
Décès, 49.
Moyenne de la vie: 58 ans.
III
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LES MŒURS
Si les habitants de Montpellier se font surtout remarquer par leur tenacité au travail, leur économie et leur amour de la famille, il faut aussi dire qu’étant d’un tempérament gai et enjoué, ils aiment les fêtes dont les principales sont: les fêtes du Carnaval avec ses bals masqués et ses déguisements grotesques, ses calvacades bizarres et ses réunions familiales bruyantes où l’on fait force crêpes, merveilles, beignets, etc.; les plantations des mais aux portes des jeunes filles (rares); les feux de la Saint-Jean avec ses rondes populaires et enfin les réjouissances de la moisson et de la vendange.
Pendant que le feu de la Saint Jean brûle (le feu nouveau comme on dit), la jeunesse, timidement d’abord, forme une ronde; puis, l’exemple étant contagieux, jeunes et vieux se donnent la main et répètent en chœur ce rondeau bien saintongeais:

J’allis aux champs aux gorets Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Mes gorets s’sont écartés Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Mes gorets s’sont rassembles Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Et se sont mis à danser Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Qui n’a pas voulu danser Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Ma mie voulez-vous danser Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Et z’y poussit un grous p... Youp lou la larirette au gué Tra la la, tra la la La la la!
Pour la moisson, c’est surtout quand on bat le blé que l’on fête.
Quand on arrive à la dernière gerbe à mettre sur la machine , personne ne peut la soulever. Les uns après les autres on essaye mais on retombe bientôt sous le fardeau en déclarant qu’elle est trop lourde et que l’on ne peut pas.
Mais voilà le maître de la maison qui arrive avec une marie-jeanne et des verres...
Chacun boit un coup; la gerbe, devenue légère, vole sur|la machine et le travail s’achève.
Au repas qui termine, plus d’un bon vin coule, les conversations sont animées, les chants se succèdent et l’on ne se sépare pas sans danser «Le Cabinet» dont voici l’air et les paroles avec quelques retouches:

Derrière chez nous, il y a un petit bois (bis)
Où l’on y cueille plus de cinq cents noix.
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet de mon cousin, de ma cousine,
Dans le cabinet de mon cousin Joseph.
Où l’on y cueille plus de cinq cents noix. (bis)
J’en cueillis deux, j’en mangeai trois.
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet, etc.
J’en cueillis deux, j’en mangeai trois; (bis)
J’en fus malade pendant neuf mois.
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet, etc.
J’en fus malade pendant neuf mois; (bis)
Tous les médecins venaient m’y voir
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet, etc.
Tous les médecins venaient m’y voir, (bis)
Mais mon amant n’y venait pas
Dans le cabinet (bis)
Dans le cabinet, etc.
Mais mon amant n’y venait pas; (bis)
Puis un beau jour il s’y trouva
Dans le cabinet (bis)
Dans le cabinet, etc.
Puis un beau jour il s’y trouva; (bis)
Sa seule présence guérit mon mal
Dans le cabinet (bis)
Dans le cabinet, etc.
Sa seule présence guérit mon mal, (bis)
Et je retournai dans le petit bois,
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet, etc.
Et je retournai dans le petit bois (bis)
Pour aller cueillir d’autres noix
Dans le cabinet, (bis)
Dans le cabinet, etc.
Cette chanson se chante en chœur et en formant une ronde. Mais quand on arrive au mot Joseph, il faut que chacun soit immobile, fixe, talons réunis. Celui qui n’arrive pas à la cadence ou qui fait un pas d’écart est condamné à boire un coup.
Mais ce qui marque surtout l’expansion de la joie la plus vive, ce sont les vendanges.
Le départ pour la vigne a ordinairement lieu en charrettes. Le chemin se fait alors au milieu de cris de joie, de plaisanteries, de quolibets décochés à l’adresse de tous ceux que l’on rencontre.
Si la route se fait à pied, c’est par groupes compacts et en chantant cette marche:

Aux Brandes nous allons
Les vignerons sont bons garçons!
Les vignerons sont bons,
Mignonnette ma mie,
Les vignerons sont bons
Pour vendanger les vignes.
Dans les vignes, la même gaieté règne et les plus moroses eux-mêmes sont obligés de se dérider.
Chacun surveille scrupuleusement son travail et un peu celui de la jeune fille d’à côté car si un raisin lui échappe, oh! alors, tant pis pour la coupable! Elle est impitoyablement, mais amicalement débarbouillée avec une graine du raisin oublié et puis ensuite... embrassée.
Les vendanges terminées on mange l’oie comme on dit. Ce jour-là, les vendangeurs reviennent des vignes avec un bouquet enrubanné que l’on mettra à la fenêtre du chai; et grimpés sur des charrettes, ils chantent:

En m’envenant de la foire,
Et dondon ma dondaine!
De la foire à Saint-Roman
Les rubans volant au vent!
J’ai rencontré une bergère,
Et dondon ma dondaine!
Qui gardait ses moutons blancs,
Les rubans volant au vent!
Je lui demandai la belle,
Et dondon ma dondaine!
Combien gagnez-vous par an?
Les rubans volant au vent!
Je ne gagne pas grand’chose,
Et dondon ma dondaine!
Je ne gagne que deux cents francs
Les rubans volant au vent!
Venez avec moi la belle,
Et dondon ma dondaine!
Vous en gagnerez autant,
Les rubans volant au vent!
Vous n’aurez qu’un lit à faire,
Et dondon ma dondaine!
La couchette au petit Jean
Les rubans volant au vent!
Vous coucherez avec ma mère,
Et dondon ma dondaine!
Et avec moi le plus souvent,
Les rubans volant au vent!
Pour le festin qui va suivre, la maîtresse de maison s’est mise en frais, car elle tient à ce que ce dernier repas soit au-dessus des autres tant par l’abondance que par la variété des mêts.
Quand chacun est à table, le botteur s’avance et offre au patron un bouquet qu’il accompagne du petit discours suivant qu’il récite comme une leçon apprise dans un manuel.
Je vous présente ce bouquet,
Qui n’est ni beau ni bien fait;
Il n’est pas si beau que vous le méritez,
Je vous prie de m’excuser.
Cette petite cérémonie faite, le repas commence, les langues se délient et on se sépare fort avant dans la nuit en se donnant rendez-vous pour l’année prochaine, mais non sans que les chanteurs aient été mis à contribution.
Quelquefois même un bal de vendange clôture.
Les noces sont l’occasion d’agapes fraternelles, où, pendant plusieurs jours, les amusements et les chants se succèdent sans interruption.
La mariée est toujours précédée d’un musicien, qui joue ses marches les plus entraînantes, pendant que le cortège se déroule dans les rues du village.
C’est un honneur pour elle que de tirer des coups de fusil sur son passage, quand elle se rend à la mairie et à l’église.
Avant de se séparer, on monte la couronne. Alors, au haut d’une longue perche, qu’on est allé couper dans les bois avec le musicien, et qu’on place à la tête d’un arbre peu éloigné de la maison ou à l’un des angles de la maison elle-même, on attache une couronne et une bouteille, vide ou pleine, que le marié devra briser d’un coup de fusil.
Si c’est la dernière fille de la famille, on y joint le balai de la maison.
Cette opération se fait par un invité, travesti, au pied duquel on a attaché une longue corde. Et à mesure qu’il s’élève dans l’échelle, la noce chante:

Mon père a fait bâtir château,
La monterons-nous la couronne en haut?
Dondaine! dondaine!
La monterons-nous la couronne en haut?
La monterons-nous
Sans boire un coup?
Celui qui monte la couronne boit un coup, s’élève d’un degré dans l’échelle, et le chant continue:
Encore un échelon plus haut.,
La monterons-nous la couronne en haut?
Dondaine! dondaine!
. .... etc.
Et l’on ne s’arrête que quand la couronne est montée. C’est alors que le marié doit briser la bouteille d’un coup de fusil. Il tire ordinairement deux coups, car le premier est chargé à blanc.
Il y a quelque quinze ans, il était d’usage d’aller porter la couronne à la mariée, la veille de la noce, au soir.
Cette couronne, encadrée de quatre chandelles allumées, était placée sur un boyard (brancard), soutenu par deux filles et deux garçons. Toute la jeunesse suivait.
Cette habitude est, aujourd’hui, tombée en désuétude.
Quand une personne se marie avec un veuf ou une veuve, il est encore d’usage d’aller la corner, comme on dit. Alors, avec des instruments bizarres: arrosoirs, casseroles, sifflets, etc., on fait, chaque soir et quelques jours avant le mariage, une cacaphonie épouvantable, devant la demeure de cette personne.
Ce tapage cesse quand le corné a payé une bombance aux corneurs.
C’est le charivari.
Parlerai-je enfin de la fâte de Noël qui, chaque année, ramène sous le toit paternel les enfants et quelques parents éloignés?
A cette occasion, on met la bûche de Noël, dont quelques familles ont encore conservé la vieille tradition. Avec un quasi respect, toute la maisonnée va la chercher pour la mettre au feu, et il faudra que, sans s’éteindre, elle dure jusqu’au premier de l’an. C’est de bon augure.
Heureuse tradition!
La foire se tient le deuxième mercredi de chaque mois, et les frairies ont lieu: l’une, le premier dimanche de juin; l’autre, le dernier dimanche d’août.
Ces jours-là, on reçoit de nombreux amis; car si les Montpelliérains éprouvent toujours du plaisir à rencontrer de vieilles connaissances, ce plaisir est doublé quand ils les reçoivent chez eux.
Toute l’après-midi et une bonne partie de la nuit, il y a bal. La jeunesse évolue alors dans les valses, quadrilles, polkas et danses diverses et nouvelles.
Mais ce que dansaient surtout nos grands-pères, c’était le bal dont mainte vieille femme murmure encore l’air et les paroles à ses petits enfants, et que voici:

Aux abords de Marennes
J’ai perdu mes bas, ma mère!
Aux abords de Marennes
J’ai perdu mes bas.
Et mes jarretières étout
J’ai tout quitté là-bas, ma mère!
Et mes jarretières étout,
J’ai tout quitté là-bas!
Pour terminer, disons que, pour les enterrements, il est d’usage de payer un repas aux porteurs, chez les restaurateurs du bourg, et que la passion de la foire fait perdre plus d’une belle journée, qu’on regrette plus tard.
Darmowy fragment się skończył.