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Diverse Auteurs
Chefs-d'oeuvre de peinture
Les musées d'Italie, de Flandre, de Hollande, de France et d'Angleterre

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333935
Table des matières
ADAM ET ÈVE,
LA SAINTE FAMILLE,
LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS,
LA MADELEINE,
VÉNUS DÉSARME L’AMOUR,
SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE,
UNE SIBYLLE,
VÉNUS QUI SE MIRE,
LA COMMUNION DE LA MADELEINE,
ÉRIGONE,
ÉDUCATION DE L’ENFANT JÉSUS,
JUDITH ET HOLOPHERNE,
LES CINQ SENS,
UN CONCERT,
HOLLANDAISE SUR SON STOEB,
LA GUITARE,
LA VIEILLE A LA LAMPE,
PARIS ET HÉLÈNE,
GALATÉE,
SOMMEIL D’ENDYMION,
DIDON,
CLYTEMNESTRE,
PHÈDRE ET HIPPOLYTE,
L’AURORE ET CÉPHALE,
LE FLEUVE SCAMANDRE,
ZÉPHYR SE BALANÇANT AU DESSUS DES EAUX,
LA LECTURE DE LA BIBLE,
SUPPLICE DE JEANNE GREY,
M me DE LA VALLIÈRE ET M me DE THÉMINES DANS LE COUVENT DE LA VISITATION A CHAILLOT,
LA PEINTURE,
LA FAMILLE DU MARIN,
VOEUX A LA MADONE,
SCÈNE DE L’INQUISITION,
LE RÊVE DU BONHEUR,
L’ÉCRIVAIN PUBLIC,
LA DAME BLANCHE,
GALILÉE DANS LES PRISONS DE L’INQUISITION,
RAPHAEL ET LA FORNARINA,
LA CIRCASSIENNE AU BAIN,
M. LE DUC DE BORDEAUX ET M lle DE BERRY, ENFANS,
LE RETOUR AU -VILLAGE,
JEUNES BUCHERONS SURPRIS PAR UN LOUP,
UNE CROISÉE,
CONCERT DE CHATS,
MÉPRISE DE PIRON,
SAINTE GENEVIÈVE,
L’AMOUR CAPTIF,
LA QUÊTE AU BAL,
LA PETITE BAIGNEUSE,
VUE D’UN PALAIS D’ITALIE,
LA MORT DE ROLAND,
CAMPAGNE DE LA GRÈCE,
LE SOIR,
LE MATIN,
LE COUP DE VENT,
SACRIFICE D’ABRAHAM,
LE MOULIN,
DÉPART POUR LA CHASSE,
PAYSAGE,
TANCRÈDE BLESSÉ,
HERMINIE,
CHAUMIÈRE FLAMANDE,
LA CHAUMIÈRE ÉCOSSAISE,
LE MATIN,
LE SOIR,
PAYSAGE HISTORIQUE,
PAYSAGE HISTORIQUE,
LE PRINTEMPS,
L’AUTOMNE,
LA TOUR,
RUINES,
UN TORRENT,
PAYSAGE AU CLAIR DE LUNE,

ADAM ET ÈVE,
Table des matières
TABLEAU DE RAPHAEL D’URBIN.
Ce tableau est du nombre des peintures si vantées des salles de Raphaël au Vatican; elles seraient les plus belles de l’univers si le temps, l’humidité, et quelques accidens ne les avaient fort altérées. Ce tableau est un des huit qui ornent la voûte de la chambre de la Signature, lesquels sont peints sur des fonds de mosaïque en or. Quatre de ces tableaux sont de forme ronde, et représentent la Théologie, la Philosophie, la Jurisprudence et la Poésie personnifiées par quatre femmes accompagnées d’enfans tenant des attributs caractéristiques. Placés au-dessus des célèbres fresques de la Dispute du Saint-Sacrement, de l’École d’Athènes, du Parnasse, etc., ils en forment en quelque sorte la légende. Les quatre autres tableaux de ce plafond sont de forme carrée; ils ont pour sujet: l’Astronomie, Apollon vainqueur de Marsyas, le Jugement de Salomon, enfin Adam et Ève, tentés par le serpent. Nous donnons ici la gravure de ce dernier, déjà reproduit dans la belle estampe de M. Richomme. Comme tous les ouvrages de Raphaël, on admire dans celui-ci la sagesse et la simplicité de la composition, la pureté des formes, la noblesse de l’expression, et cette grâce inimitable dont seul il a eu le sentiment. (V. pl. 2.)
LA SAINTE FAMILLE,
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PAR RAPHAEL.
La Vierge, debout dans un paysage, d’une main tient l’enfant Jésus par-dessous le bras, et de l’autre, qu’elle appuie sur la tête de Saint-Jean, elle semble lui faire entendre qu’il doit s’incliner devant le fils de Dieu. La pose des deux enfans est aussi aimable que gracieuse. — Derrière ces trois figures, dans un chemin montueux, on aperçoit Saint-Joseph à mi-corps.
Raphaël peignit ce tableau pour le duc d’Urbin. Celui-ci en fit présent au roi d’Espagne, qui, à son tour, le donna au roi de Suède Gustave-Adolphe, père de la reine Christine. Cette princesse, à qui l’on reproche d’avoir méconnu le mérite de plusieurs tableaux du Corrège qu’elle fit mutiler, eut pour celui de Raphaël une prédilection particulière: tout le temps qu’il fut en sa possession, on ne le vit qu’à travers une glace; elle le couvrait. Ce tableau devint ensuite la propriété de D. Livio Odescalchi, neveu d’Innocent XI; il passa des mains de ce dernier dans la collection du duc d’Orléans, régent. Il est passé en Angleterre avec quelques chefs-d’œuvre de la célèbre galerie du Palais-Royal. (V. pl. 3.)
LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS,
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TABLEAU DE RAPHAEL.
La Vierge, avec cette figure douce et divine dont Raphaël a fixé le type, tient l’enfant Jésus sur ses genoux. Une légère auréole surmonte sa tête. Ce morceau exquis se distingue surtout par la beauté du dessin et le goût des draperies. Il est au nombre des chefs-d’œuvre du Sanzio. ( V. pl. 4.)
LA MADELEINE,
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DU CORRÈGE.
La Madeleine, retirée dans le désert, est étendue à terre, la tête appuyée sur son bras droit, et méditant sur les saintes Ecritures, dont elle tient le livre de la main gauche. Le champ du tableau est sombre; c’est un site spacieux avec des arbres et de la verdure.
Cette peinture est une des plus adorables du Corrège. — Ce qui étonne ici, c’est la facilité de l’exécution, l’empâtement des couleurs, la morbidesse des chairs, la grâce et l’intelligence du clair-obscur, et la beauté de la Madeleine. Ce tableau est dans l’ombre, à l’exception de la partie nue du corps de la pécheresse éclairée par une vive lumière. — Le contraste qui resulte de ce parti est augmenté par la robe bleu foncé dont la sainte est vêtue. — Des critiques ont blâmé cette vigoureuse opposition, l’incorrection des pieds: la tête est éclairée par le simple reflet du livre sur lequel elle est penchée; elle est d’un goût exquis, et révèle les plus grandes beautés du clair-obscur. — Ce tableau fut acquis par Auguste III, roi de Pologne, pour six mille écus d’or qui furent frappés exprès; on le mit sous verre, dans un cadre de vermeil enrichi de pierreries. C’est l’un des tableaux les plus précieux de la galerie de Dresde, si riche en productions capitales des plus belles époques de l’art.
Dimension, 1 pied 1 pouce sur 1 pied 6 pouces: peint sur cuivre. (V. pl. 5.)
VÉNUS DÉSARME L’AMOUR,
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TABLEAU DU CORRÈGE.
Toutes les qualités de grâce indicible, de morbidesse, de charme et de vérité de couleur qui distinguent la manière d’Allegri sont réunies ici dans tout leur éclat.
Ce tableau est un des plus beaux du Musée. (V. pl. 6.)
SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE,
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PAR LE DOMINIQUIN.
Saint-Jean l’Evangéliste, le plus jeune des apôtres, est ici représenté à mi-corps, les mains appuyées sur un livre ouvert, et tournant ses regards vers le Ciel dont il paraît recevoir les divines inspirations. Au-dessus de sa tête plane l’aigle qui le caractérise; il lui apporte la plume avec laquelle il doit écrire son évangile. Près de lui est le calice d’où sortent des couleuvres qui rappellent le miracle opéré en sa faveur, lorsqu’après avoir consacré le précieux sang de Jésus-Christ dans une coupe empoisonnée à dessein, il n’en ressentit aucun mal, non plus que tous ceux qui avaient participé avec lui au saint mystère.
Ce tableau est du meilleur temps du maître. Son principal mérite est dans la sublimité de l’expression de l’Évangéliste dont la physionomie est empreinte de cette douceur, de cette candeur, qui distinguent l’apôtre chéri de Jésus-Christ, et dans la finesse, la pureté et la correction du dessin, la science du pinceau, et l’harmonie des teintes. Le vêtement de Saint-Jean est vert; la draperie qui passe par-dessus est rouge; le fond du tableau est brun. Ce tableau a appartenu au chevalier de Lorraine, puis au duc d’Orléans. (V. pl. 7.)
UNE SIBYLLE,
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PAR LE DOMINIQUIN.
Les Sibylles anciennes prétendaient avoir le don de prédire l’avenir.
On ne peut rien ajouter au respect que les païens, surtout les Romains, avaient pour les oracles des Sibylles, dont ils conservaient la collection dans le Capitole. On avait une si grande foi aux prédictions que renfermait ce dépôt, que dès qu’on avait une guerre à entreprendre, lorsque la peste ou la famine, ou quelque maladie épidémique affligeait la ville ou la campagne, on ne manquait pas d’y avoir recours. C’était une espèce d’oracle permanent, aussi souvent consulté par les Romains que celui de Delphes l’était par les Grecs et par plusieurs autres peuples. Le sénat ordonnait particulièrement de les consulter lorsqu’il s’élevait quelque sédition, lorsque l’armée avait été défaite ou quand on avait observé quelques prodiges qui menaçaient d’un grand malheur.
Le Dominiquin, dans le tableau dont nous donnons la gravure, a représenté l’une des Sibylles des anciens sous les traits d’une jeune femme dont le regard fixe, la physionomie animée, la font paraître inspirée de l’esprit prophétique. Elle est richement vêtue; ses mains sont appuyées sur le livre des destins. Le style du dessin, la noblesse du caractère de cette demi-figure, qui est de grandeur naturelle, la placent parmi les beaux ouvrages de son auteur. Toutes les parties du tableau sont de la plus belle exécution.
Ce tableau est parfaitement conservé. (V. pl. 8.)
VÉNUS QUI SE MIRE,
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PAR LE TITIEN.
Vénus, assise sur un lit, et n’ayant pour cacher ses charmes qu’une draperie écarlate jetée sur ses genoux, se regarde dans une glace que l’Amour lui présente. Elle tient d’une main l’arc du jeune dieu, et de l’autre fait un mouvement inspiré par la pudeur. Le rideau qui sert de fond à cette figure est vert.
On retrouve dans ce charmant tableau cette magie de pinceau qui caractérise le grand talent du Titien. Aucun peintre ne connut mieux l’art de donner de l’éclat et du relief à ses figures de femmes, par la combinaison des lumières, des ombres, et des reflets, autant que par le ton local des draperies.
Ce tableau, dont les figures sont de grandeur naturelle, a appartenu à la reine Christine de Suède. (V. pl. 9.)
LA COMMUNION DE LA MADELEINE,
Table des matières
PAR L’ALBANE.
La Madeleine, que font suffisamment reconnaître sa beauté, sa longue chevelure, la tête de mort placée près d’elle, et surtout l’air de contrition et de béatitude que le peintre a su lui donner, est à genoux et va recevoir la sainte hostie, que lui présente un ange descendu sur un nuage. Deux autres anges, dans l’attitude de la contemplation, assistent à cette scène attendrissante. Le fond du tableau rappelle le désert où la sainte pénitente termina ses jours. On aperçoit une partie de la grotte qui lui servait de retraite.
La simplicité et la grâce de cette composition, la mélancolie et le retour sur soi-même qu’elle inspire, le dessin naturel et le coulant des figures, l’aimable expression des deux anges qui contemplent la Madeleine, enfin la fraîcheur du coloris rendent ce tableau l’un des plus recommandables de l’œuvre de l’Albane, que les poètes ont surnommé «le peintre des grâces.»
La proportion des figures de ce tableau est d’environ dix pouces: il est peint sur cuivre. Après avoir appartenu à M. de Nancré et ensuite au duc d’Orléans, il est passé en Angleterre. (V. pl. 10.)
ÉRIGONE,
Table des matières
PAR LE GUIDE.
La fille d’Icarius, à demi-nue, les cheveux en désordre et flottant sur ses épaules, regarde avec un désir ardent la grappe de raisin sous laquelle Bacchus s’est transformé pour la séduire.
Le Guide, qui n’a point été surpassé dans l’art de peindre les femmes et de leur faire exprimer ces sensations de l’âme qui se manifestent par les yeux, ne pouvait choisir un sujet plus analogue à son grand talent. La tête d’Erigone est un nouvel exemple de la perfection que trouvait parfois ce peintre inimitable.
Ce tableau a appartenu à M. de Seignelay avant de passer dans la galerie du Palais-Royal. Il a été porté en Angleterre avec les autres chefs-d’œuvre de cette célèbre galerie. (Voir pl. 11.)
ÉDUCATION DE L’ENFANT JÉSUS,
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PAR FR. MAZZOLA, DIT LE PARMESAN.
La Vierge, vue à mi-corps et de dos, montre à lire à l’enfant Jésus. Elle étend son bras gauche vers son fils. Celui -ci, devant elle, assis sur un coussin, soutient son livre de la main droite et porte l’autre vers sa bouche, mouvement qui indique son embarras pour assembler ses lettres. Un ange, dont on ne voit pas la tête, semble faire répéter Jésus, et lui indiquer du doigt le mot qu’il cherche.
Ce sujet charmant est rendu avec cette grâce qui distingue les productions du Parmesan, et justifie en quelque sorte le surnom de Rafaelino, petit Raphaël, que lui donnèrent ses contemporains.
Ce tableau est de la plus belle manière du maître. ( Voir pl. 12.)
JUDITH ET HOLOPHERNE,
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PAR L. CAMBIASI.
Judith fut une de ces femmes fortes que Dieu, dans sa colère, armait quelquefois pour exterminer les ennemis d’Israël. L’héroïne est ici représentée tenant d’une main l’épée d’Holopherne, et de l’autre la tête de ce général des armées de Nabuchodonosor, auquel elle vient de donner la mort. Une servante reçoit dans un bassin ce précieux gage de la valeur de la veuve de Manassé.
Cette composition, d’un grand style de dessin et d’exécution, d’un effet vigoureux, est d’une hardiesse de pinceau qui ne laisse aucun doute sur l’exactitude de ce que rapportent les biographes qui ont dit que ce maître, doué d’un génie brûlant, a autant exécuté d’ouvrages à lui seul que plusieurs peintres ensemble. (V. pl. 13.)
LES CINQ SENS,
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PAR LE VALENTIN.
Dans le catalogue de la galerie du Palais-Royal de 1727, ce tableau est désigné sous le titre d’une Femme qui joue de la guitare. Ce titre ne parait point exact, — et nous croyons plutôt que ce sont les Cinq sens que le peintre a voulu représenter: la vue, — par un homme qui regarde avec une lunette; — l’odorat, par un autre qui flaire un melon; — le goût, par un troisième qui boit la liqueur contenue dans une gourde; — l’ouïe, par une femme qui joue de la guitare; et — le toucher (mais toucher rude), par deux hommes qui se donnent des coups de poing. Quoi qu’il en soit, ce tableau n’appartient pas au genre historique; on ne doit le considérer que comme une de ces compositions burlesques, sur lesquelles le Valentin aimait à s’exercer. Ce genre, quelquefois bizarre, admet des caractères variés, en opposition les uns avec les autres, et il en résulte, sous le pinceau d’un grand maître, des contrastes et des effets intéressans. Il se fait encore remarquer par un ton de couleur ferme et vigoureux, une touche large et facile. (V. pl. 14.)
UN CONCERT,
Table des matières
PAR LE VALENTIN.
Cinq personnages rangés autour d’une table composent cette scène: l’un joue de la mandoline, l’autre du violon; le vieillard qui tient une flûte semble attendre que sa partie réclame sou jeu; derrière lui, une jeune femme joue du tambour de basque; enfin, un soldat, peu sensible sans doute aux charmes de la mélodie, se distrait en buvant. Le Valentin eut une prédilection marquée pour ces sortes de sujets, qui, souvent burlesques et rarement gracieux, convenaient particulièrement à son talent. Le peintre, admirateur et imitateur du Caravage, négligea, comme lui, le choix de ses modèles, et se laissa emporter par le besoin de produire: aussi admire-t-on principalement chez cet artiste la hardiesse, la force, la chaleur de l’exécution, de grands effets rendus avec beaucoup d’art, et une couleur vigoureuse.
Les plans de ce tableau ne se dégradent point assez. (Voir pl. 15.)
HOLLANDAISE SUR SON STOEB,
Table des matières
PAR GÉRARD DOW.
Une femme hollandaise prend l’air, appuyée sur le perron d’entrée de sa maison, appelé en hollandais stoeb. Elle paraît occupée à considérer ce qui se passe de l’autre côté du canal qui est devant elle.
Cette femme est blonde, et sa carnation, qui est de la plus grande délicatesse, est rendue avec toute la fraîcheur de la nature. Son manteau de velours vert, doublé d’hermine, et le tapis de Turquie sur lequel elle s’appuie, sont d’une vérité qui fait illusion. (V. pl. 16.)
LA GUITARE,
Table des matières
PAR DAVID TÉNIERS LE JEUNE.
Une jeune femme joue de la guitare; elle est entourée de deux enfans dont l’un fait des bulles de savon avec un tuyau de paille. Voilà le tableau de David Téniers; — son style est agréable, et le caractère de la figure principale est plein de finesse et de gaîté ; la touche en est spirituelle. Les draperies manquent de vérité et paraissent être faites de pratique. Ce joli tableau appartient à cette classe d’œuvres que Téniers composait et terminait, dans l’espace d’un ou de deux jours, pour satisfaire aux nombreuses demandes des amateurs. (V. pl. 17.)
LA VIEILLE A LA LAMPE,
Table des matières
PAR GÉRAD DOW.
Ce tableau célèbre est connu sous le nom de la Vieille à la lampe; il passe pour être le portrait de la mère de Gérard Dow. Le fini le plus délicat, l’imitation exacte de la nature, l’intelligence parfaite du clair-obscur, constituent le principal mérite de ce tableau, que sa belle conservation rend plus précieux encore.
«En voyant les tableaux de Gérard Dow, que la touche la
» plus délicate, le fini le plus précieux, placent au premier
» rang des peintres de son genre, on a peine à croire, dit
» M. Landon, qu’il se soit formé à l’école de Rembrandt, dont
» le pinceau n’est rien moins que soigné, et dont la manière est
» heurtée, souvent jusqu’à l’affectation. Le maître et l’élève,
» également recommandables par la vérité du coloris, la vi-
» gueur et l’harmonie du clair-obscur, ne diffèrent essen-
» tiellement que sous un rapport: Rembrandt calculait l’effet
» de ses tableaux sur la distance nécessaire entre la peinture
» et l’œil du spectateur; — Gérard Dow voulait que les siens
» gagnassent encore à être vus de près, et il a atteint ce double
» but. Quelque fini qu’en soit le travail, les parties sont tou-
» jours subordonnées au tout, et l’on n’admire pas moins l’ac-
» cord et la justesse de l’ensemble, que la finesse des détails.»
Ce tableau a un pied de haut sur neuf pouces de large. (V. pl. 18.)
Darmowy fragment się skończył.