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Auguste Belloc

Traité d'un nouveau système de couleurs pour colorier les épreuves albuminées


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066335236

Table des matières

AVANT-PROPOS

TRAITÉ DE PHOTOGRAPHIE OPÉRATOIRE

COULEURS INEFFAÇABLES pour colorier les épreuves albuminées .

PRIX-COURANT

PRIX-COURANT EXCEPTIONNEL

NOMENCLATURE

AVANT-PROPOS

Table des matières

En1860, nous publiâmes, dans l’Annuaire des Sciences, un petit traité qui nous valut de tels éloges, que nous le fimes suivre de nos Causeries photographiques, et que nous nous étions proposé de continuer, en1862, ce genre de publication, comme infiniment utile aux opérateurs. Cette année-là, cependant, notre travail alla beaucoup plus loin, et, au lieu d’un Manuel élémentaire, nous donnâmes notre Photographie rationnelle. Après ce grand travail, nous pouvions nous reposer, tout était dit, rien de nouveau à enregistrer. Mais ce n’est pas pour les anciens de la photographie qu’il est utile d’écrire: les journaux et les revues les tiennent au courant des essais et des découvertes, fausses ou vraies, que le monde entier publie; et leur habitude du travail photographique les rend aptes à répéter toutes ces expériences. Mais il reste toujours la classe si nombreuse des commençants, elle trouve peu ou point à se procurer des ouvrages élémentaires, et il nous a paru utile de joindre, à notre catalogue, quelques instructions au courant de la plume, dont la rédaction, plus claire que savante, fût à la portée de tous, en présentant, d’une manière nette et précise, les moyens de simplifier les manipulations et de réduire les théories à quelques propositions faciles à saisir et à mettre en pratique.

Felix qui potuit rerum cognoscere causas,

a dit, Virgile. Ce bonheur-la doit être une obligation pour tout opérateur, soit qu’il veuille tirer parti de son art, soit qu’il veuille en faire une science d’agrément.

Au premier abord, rien n’est si facile, et bon nombre d’enthousiastes ont acheté des appareils avant d’avoir pris la première leçon, se sont mis bravement à l’œuvre et ont réussi... à perdre leur temps et leur argent. Il est incontestable, cependant, que l’élève peut arriver à de bons résultats en commençant: s’il a la chance de posséder un travail simple et bien fait sur les manipulations; s’il a quelqu’adresse dans les mains et quelqu’esprit d’observation; s’il a, surtout celui de ne pas se décourager vite, de suivre à la lettre son guide pratique, et d’opérer avec une propreté constante.»

C’est dans ce but que nous publions ce Guide, avec la certitude qu’il deviendra d’une utilité absolue à tout commençant.

Toutefois, comme tout ouvrage de science, même le plus lucide, peut être encore difficile à comprendre, si l’expérience ou la démonstration fait défaut, nous nous mettons à la disposition de nos clients en leur offrant nos leçons gratuites, soit dans nos ateliers, soit par correspondance, bien persuadé qu’en nous rendant ainsi utile aux photographes, nous n’en travaillons que mieux à la prospérité de notre maison; et, depuis quelques années, chaque pas que nous avons fait dans cette voie nous a confirmé dans nos prévisions. En effet, nos élèves trouvent nos produits parfaits, parce qu’ils savent les mettre en œuvre, et la fidélité de ces clients nous est garantie. Aux jours de défaillance, quelques-uns nous ont quitté, accusant les substances d’impureté; mais ils n’ont pas tardé à nous revenir en faisant leur meâ culpâ.

Notre intention est de persévérer dans cette méthode, qui, ayant pour objet de fabriquer de bons produits et pour but de former de bons élèves, doit avoir pour résultat de favoriser et de faciliter les progrès de l’art photographique déjà si avance, mais encore si loin de l’idéal qu’il peut légitimement espérer atteindre. A. BELLOC.

TRAITÉ DE PHOTOGRAPHIE OPÉRATOIRE

Table des matières

Le Verre et la Glace.

OBSERVATIONS.

La glace est le meilleur des supports du collodion; le décapage s’opère rapidement et parfaitement. Elle est plane, et, si le négatif est parfait de finesse et de pureté. le positif sera, aussi, parfait de tous points.

Le verre n’a, sur la glace, que l’avantage du bon marché; car, quels que soient le choix et le prix, il est toujours légèrement ondulé et poreux; de là, difficulté du nettoyage et impossibilité souvent d’obtenir, avec, un négatif plein de fermeté et de finesse, un positif semblable: la pression du châssis-presse ne pouvant s’exercer également.

Nettoyer la glace.

PREMIÈRE OPÉRATION.

A l’aide de la boîte-tamis, mettez sur la glace de la potée rouge ou protoxide de fer, et5à6gouttes d’acide nitrique. Avec un tampon de linge promenez cette pâte sur le verre pendant une minute.

Avec un second linge, essuyez les épaisseurs du verre, et ce premier frottis, fortement et de manière à sécher parfaitement la glace.

Avec un troisième tampon propre et quelques, centimètres cubes d’éther, frottez de nouveau le verre jusqu’à ce que toute humidité ait disparu, ce qui n’est pas long et ce dont on s’assure en condensant la vapeur de l’haleine sur le bon côté. Si, vue par transparence, la buée ne forme ni taches, ni rayures, ni aspect graisseux, la glace est propre, on doit l’enfermer dans une boîte. Elle conserve sa propreté pendant plusieurs jours. C’est une erreur de retoucher à la glace au moment de la mettre en œuvre.

OBSERVATIONS.

L’alcool, l’ammoniaque, l’eau même, peuvent concourir au décapage du verre, et, faute d’acide nitrique, on pourrait assurément avoir recours à un autre liquide; mais l’opération serait moins prompte et moins finie, moins certaine. Du reste, quel que soit le moyen employé, si la glace est couverte d’une image, il faut l’enlever-d’abord avec de l’eau si le cliché n’est pas verni, avec de l’ammoniaque s’il est vérni. On répand quelques grammes de ce liquide sur un des clichés et l’on colle l’autre dessus; en quelques secondes, la couche peut être enlevée parfaitement. De tous les systèmes de nettoyages, le plus rapide est celui que nous donnons. Trois tampons distincts, qui peuvent servir une journée entière, suffisent si on ne les salit pas avec les mains; le dernier qui doit finir est meilleur après quelques glaces polies: il contient plus d’éther. Dix minutes suffisent au polissage complet et parfait d’une normale.

Collodionner la glace.

DEUXIÈME OPÉRATION.

Enlever la poussière avec un fort pinceau. mettre le collodion sur un angle, en le versant par un petit filet continu, jusqu’à ce qu’on juge qu’il y en a assez; couvrir la glace du liquide en inclinant la main de manière à l’amener sur toutes les parties sans se précipiter, sans acoup et surtout sans toucher le doigt; recevoir l’excès dans le flacon en y posant l’angle de la glace. Avant que les dernières gouttes soient tombées, incliner la glace de droite à gauche et la ramener sur la verticale, afin que ce liquide qui se fige, ne se fixe pas sur ses rides diagonales. La glace étant dans cette position, avec le revers du doigt s’assurer que le collodion est presque sec; plonger alors la glace dans le bain, d’un seul coup, en soulevant la cuvette, de manière à amener le liquide dans le bas, pendant qu’on met la glace dans le haut, laisser tomber la cuvette soulevée, qui, dans ce mouvement, ramènera le bain rapidement et couvrira le collodion, Agiter le bain en faisant subir à la cuvette un mouvement de basculage. Ce bain passant ainsi et repassant aura plus tôt enlevé l’aspect huileux qui couvre la couche, et lorsque, vu à jour frisant, cet aspect aura disparu, soulever la glace avec un crochet et la saisir par un angle avec un morceau de papier buvard. Laisser égoutter un instant et la mettre dans le châssis.

Exposition dans la chambre noire.

TROISIÈME OPÉRATION.

Il est bien entendu qu’avant de mettre la glace en œuvre, on a dû préparer une chaise, un appui-tête, une table, etc., tout un petit mobilier, qui encadre et remplisse le fond; on a dû également donner la première plisse le fond; on a dû également donner la première direction à la chambre noire, placer le modèle et déterminer la pose. Ces précautions sont surtout nécessaires en été où, par un trop grand retard, la couche impressionnée pourrait se présenter trop sèche sous l’agent révélateur.

Cela fait, placez le modèle très-exactement au foyer sur la glace dépolie, et de telle sorte que l’ensemble lui-même soit également au foyer, ce que vous obtiendrez en plaçant le corps du modèle presque de profil, pendant que la tête sera de trois quarts.

Enlevez la glace dépolie et remplacez-la par le châssis porte-glace. Faites poser le modèle pendant, un temps que votre expérience personnelle peut, seule déterminer; craignez moins de prolonger ce temps que de le tenir insuffisant.

Lorsque le temps, de la pose vous a paru suffisant, fermez le volet, retirez le châssis de la chambre, rentrez dans le laboratoire, et procédez au développement de l’image.

OBSERVATIONS.

Nous devons nous borner à propos du temps de pose à quelques indications que l’opérateur intelligent saura bien approprier à tous les cas qui se présenteront dans sa pratique.

En pleine lumière directe, avec un objectif à portrait, on peut obtenir instantanément tous les objets à grande distance. Avec l’objectif à paysage et diaphragmé, on peut également saisir, en quelque sorte, au passage, les ciels nuageux, la mer, les vagues, les vaisseaux, etc.

En rapprochant les distances, mais en pleine lumière diffuse et avec l’objectif double, ou peut aussi obtenir, à l’instant, même, un portrait en pied, de quelques centimètres de hauteur, tandis qu’il ne faut pas moins de3 à4secondes, pour un portrait plaque normale dans les mêmes conditions de lumière. Un monument blanc ou de couleurs claires peut, être reproduit en20secondes avec l’objectif simple fortement diaphragmé. Le paysage vert demande40secondes, la gravure, 3, 6ou10minutes, suivant la distance de l’objectif au sujet, et en vertu de cette loi, que la couche sensible est d’autant plus rapidement impressionnée que l’on opère à une plus grande distance du sujet, et d’autant plus fortement que le sujet est plus lumineux.

Quel que soit le temps de la pose, la couche sensible a été décomposée plus ou moins, et l’agent révélateur amènera l’image à un point plus ou moins près de la perfection. Si le temps de la pose n’a pas été assez long, l’image sera très-noire sur les parties lumineuses du modèle, et ne sera pas venue dans les parties noires. Si, au contraire. l’image est restée grise dans les parties blanches, ou si elle est grise également partout, c’est que le temps de la pose aura été dépassé.

De toutes ces opérations, la plus difficile est, certainement, l’appréciation du cliché. Un cliché, pour être parfait, doit venir inversement, du même ton que le modèle. Le haut du front, la côte du nez, la pommette de la joue, en un mot, toutes les parties éclairées doivent être presque noires, et les autres parties, dans des tons relatifs, c’est-à-dire inverses, d’ombre et de lumière. L’habit le plus noir doit accuser des détails dans ses parties les plus ombrées. Du reste, à la première épreuve positive qu’il fera. l’opérateur s’apercevra des défauts de son cliché. Si son cliché est faible, la figure sera grise, sans éclat, sans modelé; les habits seront sans détails et sans relief.

On peut quelquefois remédier à la faiblesse d’un cliché, même après qu’il a tiré des épreuves. Il suffit pour cela de le mouiller et de le soumettre de nouveau à la solution d’acide pyrogallique mêlée d’argent, si toutefois le cliché n’a pas été verni.

Développer l’image.

QUATRIÈME OPÉRATION.

Dans un flacon à large ouverture, mettez une solution décantée ou filtrée de sulfate de fer ammoniacal et répanez-la immédiatement, sans temps d’arrêt sur la couche: maintenez cette solution sur la glace en la tenant horizontalement, mais en inclinant légèrement la main de auche à droite, afin que le liquide agisse encore également pendant une minute ou deux.

Au bout de ce temps, le révélateur n’agit plus sur l’image; rarement, aussi, est-elle complète, à moins d’un temps de pose exagéré

Si donc l’image est trop faible, il faut la renforcer. A cet effet, lavez l’épreuve jusqu’à ce qu’elle n’ait plus l’aspect huileux.

Renforcer l’épreuve négative.

Mettez environ30centigrammes de solution d’acide pyrogallique dans un vase à bec, et à peu près3centigrammes solution de nitrate d’argent; tenez la glace horizontalement et répandez le liquide sur la couche, de telle sorte que la surface en soit couverte entièrement et sans temps d’arrêt. Maintenez la glace ainsi, mais en inclinant de droite à gauche comme précédemment, afin que le liquide agisse également partout; versez le liquide dans le vase, regardez l’épreuve par transparence et continuez de reverser ce même liquide sur l’épreuve jusqu’à ce qu’elle soit, à point.

Lorsque l’image est en voie de formation par les arrosages successifs de l’agent révélateur, il faut tenir la glace de manière à ne pas perdre de vue les progrès de son développement, car si, dans beaucoup de cas, l’image se complète assez lentement pour que l’opérateur soit à même de juger et de suspendre l’effet du réactif, il arrive aussi parfois que l’image est à son dernier point dès le premier ou le second arrosage; il est alors urgent de chasser le réducteur en lavant la glace, ne fût-on pas même certain que le développement est complet, car l’opérateur sera toujours maître de continuer le développement s’il juge l’image trop faible.

Il y a d’autant plus lieu d’agir ainsi, qu’il vaut mieux, avoir un cliché un peu faible que trop venu. Il n’y a point de remède à un négatif noir, tandis qu’on peut renforcer un cliché trop faible.

On peut développer l’image avec de l’acide pyrogallique sans le secours des sels de fer. Nous dirons dans quel cas on doit donner la préférence à l’un ou à l’autre de ces révélateurs, ou les faire se succéder afin d’en obtenir les meilleurs résultats.

Fixer l’épreuve négative.

OBSERVATIONS.

Deux agents peuvent désioder le cliché: le cyanure de potassium et l’hyposulfite de soude. Nous donnons la préférence à ce dernier sel, qui a sur l’autre l’avantage de respecter les plus faibles demi-teintes du cliché, et d’être surtout parfaitement inoffensif, tandis que le premier détruit les demi-teintes, rend le cliché trop translucide et est un poison violent. Nous ne le reconnaissons indispensable que pour les positifs directs sur verre.

CINQUIÈME OPÉRATION.

Tenez le cliché horizontalement et versez dessus une solution saturée d’hyposulfite; en quelques secondes l’iodure d’argent libre aura disparu. Regardez la glace par transparence; si la dernière trace de l’iodure (couleur blanc jaunâtre) est dissoute, lavez; lorsque le cliché aura été soumis à un lavage assez long, qui a pour but. d’enlever l’hyposulfite, posez la glace sur du papier buvard et contre le mur, le collodion lui faisant face.

Le cliché peut être séché devant le feu, mais non. à la lampe qui pourrait le casser. Lorsque le cliché est sec, on doit le vernir; c’est le plus sûr moyen de protéger le collodion. La gomme en solution est une demi-mesure qui ne met pas complétement l’image à l’abri des injures de toute sorte que lui prépare un long tirage.

Vernir le cliché

SIXIÈME OPÉRATION.

Devant un feu de braise, faites sécher le cliché s’il est humide; que la glace soit chaude, à être appréciée au toucher avant d’étendre le vernis. Etendez-le de la même manière que le collodion. Eloignez la glace du feu, mais lorsque la dernière goutte de vernis est tombée, approchez-la encore un peu; le vernis sera brillant et sec.

Positifs sur verre ou sur toile.

Tout collodion propre au négatif peut donner de bons résultats en positif direct. Il en est de même du bain; mais le relief sera plus saisissant, si l’on affaiblit le collodion par1/5à peu près d’éther. Il n’y a rien à changer à la manière d’opérer; on doit seulement faire poser moins longtemps, éclairer plus durement le modèle, développer au bain de fer, ne pas renforcer au pyrogallique et fixer au cyanure de potassium. On vernit, comme il est prescrit. Sur ce vernis, on peut colorier à couleurs sèches, et appuyer l’épreuve sur un papier noir. On peut aussi employer du verre violet au lieu de verre blanc. Le verre de couleur fait un joli effet.

Moyen d’obtenir des fonds dégradés sans le

secours du verre-vignette.

OBSERVATIONS.

Le verre de couleur, dit verre à dégrader ou verre-vignette, est entaché de plusieurs défauts qui le rendent peu propre à rendre les services divers que l’opérateur est; en droit d’exiger; en outre il est très cher et, comme il faut une quantité considérable de toute ouverture de ces engins fragiles, nous avons cherché à les remplacer utilement et à peu de frais.

SEPTIÈME OPÉRATION.

Sur les bords de la glace même, et non sur l’épreuve. posez5ou6millimètres de colle; couvrez avec une feuille de papier calque; laissez sécher.

On peut mouiller légèrement le papier; il s’étend mieux en séchant. Sur ce papier vous pouvez, à votre goût, tracer un ovale avec du crayon de Sausse, noir, puis avec une estompe, fondre un peu les contours, etc.; enfin, avec du papier nitraté de rebut ou du papier jaune, éliminer toute lumière du reste du cliché.

Si vous voulez dégrader l’épreuve presque carrément aux aisselles, même procédé.

Si vous voulez un fond parfaitement blanc, même procédé encore; avec l’estompe, vous promenez le crayon aussi uniment que possible et jusqu’au plus près des contours de la figure, etc. Cette opération se fait très-bien par transparence, le soleil frappant sur l’épreuve. Ce genre permet en outre une légere retouche préalable, c’est-à-dire que l’on peut donner une lumière vive à la joue, au front, etc. Si le cliché est d’un ton trop uniformément gris, on peut faire un ciel a un paysage, avec nuages et dégradations. Si les mains sont trop noires, un coup d’estompe suffit pour les mettre à l’unisson de la figure. En un mot, il n’est pas d’effet qui ne puisse surgir sous ce moyen, mis en pratique par une main un peu adroite.

Nous pourrons envoyer un spécimen, si l’on ne comprend pas très-bien le procédé.

SOLUTIONS DIVERSES.

Collodion ioduré, inaltérable et instantané.


Coton soluble......... 2 gr. Si l’on veut, donner une couleur jaune huile, on peut y ajouter gros comme une tête d’épingle d’iode sublimé. Nous pensons que cette addition ne saurait être inutile.
Iodure cadmium..... 1 gr.
Iodure d’ammoniac..... 0 80 cent.
Bromum de cadmium. 0 80 cent
Ether à 62o.... 125 c. c.
Alcool à 40o.... 125 c. c.

Quand nous disons inaltérable et instantané, il est bien entendu que c’est relativement; mais que, toutes choses égales d’ailleurs, il est aussi inaltérable et aussi instantané que tous les collodions que l’on vend et que l’on prône pompeusement avec ces deux épithètes. Puis, suivant la température, il est évident que la formule peut varier, mais de si peu, que nous pouvons assurer le succès quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent.

Bain d’argent négatif.


Eau distillée... 250 c. c. Lorsque la dissolution est complète, ajoutez 15 c. c. collodion ioduré.
Nitrate d’argent 15 gr.

Agitez et filtrez. Sans cette précaution, un bain neuf ferait peut-être des clichés voilés. Pour remédier à l’usure et à l’appauvrissement de ce bain en service, faites-en un autre.


Eau 250 c. c. Vous ajouterez au précédent à mesure qu’il diminuera.
Nitrate d’argent 18 gr.

Bain de fer ammoniacal.


Eau........... 1,000 c. c.
Sulfate de fer ammoniacal..... 60 gr.
Acide sulfurique....... quelques gouttes.

Cet acide a pour but d’empêcher le bain de jaunir, de s’oxider. Il restera toujours d’une couleur blanc-verdâtre.

Au moment de l’employer, filtrez ou décantez et ajoutez environ5p.% d’acétique cristallisable, ne décantez que100gr. environ, de manière à employer dans la journée la solution mélangée d’acide acétique.

La manière de jeter la solution de fer sur la glace est pour beaucoup dans la formation des taches; il faut même employer des précautions lorsque l’on plonge la glace dans une cuvette, car le moindre temps d’arrêt se traduit par un fil ou par des racines. Si l’on jette la solution de fer sur la glace, il faut que la nappe de liquide atteigne du coup la surface de la glace, que ce liquide y soit maintenu; le couvrant toujours, sous peine de voir se produire des taches. Hésiter, jeter lentement le révélateur, quel qu’il soit, c’est produire des solutions de continuité, c’est-à-dire, des marbrures, des jaspés, des racines, etc.

Répétons encore qu’après ce développement l’image est bien rarement à point, et qu’il est besoin de pyrogallique additionné d’argent pour continuer l’effet commencé. Dans ce cas, l’image ne se tache plus; il faudrait des efforts de maladresse pour arriver à un mauvais résultat. Mais elle peut se voiler, si le renforçage a lieu sur une surface mal impressionnée par la lumière, l’agent le plus énergique ne pouvant tenir lieu du défaut de pose ou de lumière.

La solution de sulfate de fer. a le privilége de dispenser de quelques secondes de pose, et, en hiver elle est d’un grand secours. Elle est aussi indispensable lorsque l’opérateur n’a qu’une lumière d’un côté et point ou presque point de l’autre. Mais, dans les beaux jours et dans un atelier de pose bien éclairé, l’acide pyrogallique est préférable; il ne produit pas de taches et donne des clichés d’un grand relief. Du reste, cette solution est toujours indispensable pour amener à point le cliché, dont l’image, venue par le fer, est bien rarement assez vigoureuse pour donner de bons positifs sur papier.

Bain révélateur au pyrogallique.

SOLUTIONS.


Eau...... 150 c. c 1re solution.
Acide pyrogallique................ 1 gr.
Acide acétique crist........ 3 c. c.
Eau......................... 100 c. c. 2e solution.
Nitrate d’argent.................... 3 gr.

Si l’on donne la préférence au pyrogallique, on peut l’employer seul dès le début; mais, si l’on change la solution lorsqu’elle devient trop rouge et boueuse, il faut, après avoir rincé le vase, mêler, en parties égales, la première et la deuxième solution; l’acide pyrogallique seul n’agirait pas. Il en sera de même pour renforcer le cliché, développé d’abord au sulfate de fer.

FIXATEURS.

Bain d’hyposulfite de soude


Eau..... 1,000 c. c.
Hyposulfite......... 500 gr.

Bain de cyanure de potassium.


Eau... 1,000 c. c.
Cyanure........ 30 gr.

Il n’est pas besoin de répéter que ce dernier fixateur n’est utile que pour les positifs directs; qu’il faut se méfier de son action dissolvante sur l’iodure libre et même sur l’image, qu’il peut enlever; que ce n’est qu’une question de force ou de temps; qu’il faut, en un mot, le considérer comme un poison violent et prendre les précautions les plus minutieuses pour éviter les accidents.

DES VERNIS.

Un vernis, pour être parfait, doit réunir plusieurs conditions. Inattaquable à l’ongle et ingerçable, il doit pouvoir rester exposé dans un châssis pendant plusieurs heures, et sous un soleil de30à35degrés centigrades, sans rester adhérent au papier qui le couvre. Il faut donc qu’il soit composé de trois éléments, c’est-à-dire de trois résines de nature différente. La gomme Elemi, la sandaraque et le benjoin nous ont donné le moyen de résoudre le problème, et le vernis que nous composons ainsi est certainement le seul qui puisse remplir les conditions du programme. Cependant, si le photographe, pris au dépourvu, n’a que du benjoin sous la main, il peut composer son vernis ainsi:


Alcool à 40o...... 100 c. c.
Benjoin........ 12 gr.

Après deux ou trois jours, cette solution peut être filtrée.

Photographie monumentale–Du collodium sec

OBSERVATIONS.

On appelle collodion sec celui qui est destiné à recevoir les images loin du laboratoire, et qui conserve plus ou moins longtemps sa sensibilisation. Plusieurs moyens peuvent être employés pour obtenir ce résultat, tels que l’hydromélite, les sirops, la gélatine, les mucilages de toutes sortes. Toutefois le procédé Taupenot et le collodion à la résine n’étant pas, comme les autres, destinés à conserver la couche humide, nous paraissent mériter seuls la dénomination de collodion sec. Chaque opérateur en a, du reste, imaginé et confectionné au moins un, auquel il n’a pas manqué de donner, non-seulement un brevet de perfectionnement, mais même un brevet de perfection. Ces divers procédés, exclusivement exaltés par leurs auteurs, ont donné lieu à d’assez vives polémiques. On a très-longuement discuté les questions de savoir s’il convenait de mettre de la résine dans le collodion, de le faire dense sans alcool ou avec excès de ce liquide, lequel des deux collodions, parchemineux ou pulvérulent, méritait la préférence, etc. Toutes ces controverses sont restées à peu près sans issue, et l’amour-propre des auteurs est venu les compliquer de manière à les embrouiller de plus en plus, sans compter que la question de priorité est venue plus d’une fois passionner et envenimer le débat. Quant à nous, notre opinion, basée sur notre expenence, est que tous ces procédés sont fort bons entre des mains habiles, et qu’ils ont dû à peu près également échouer tous, lorsqu’ils ont été mis en usage par des opérateurs novices qui ne savaient pas remédier aux inconvénients qui pouvaient se présenter. Cela ne veut pas dire pourtant que nous n’accordions pas une supériorité relative à l’un d’entre eux. Nous donnons la préférence au collodion au tannin, comme procédé facile et peu embarrassant. Aussi n’entendons-nous pas parler du collodion au tannin du major Russel, dont le procédé si compliqué est fait pour dégoûter le plus intrépide, mais du collodion simplement tannisé et traité presque comme le collodion que nous venons de décrire, et qui est connu sous le nom de procédé humide. Il ne peut être en usage que lorsque l’opérateur est près de son laboratoire hors de là il n’est guère praticable; car s’il ne peut disposer d’une tente ou d’un abri quelconque qui lui en tienne lieu, et qu’il soit obligé de préparer ses places avant l’excursion et de revenir ensuite dans son laboratoire pour y développer l’image, il suffit que dix minutes se soient écoulées pendant ces diverses opérations, pour que la solution argentique qui a donné la sensibilité au collodion, soit évaporée et laisse, sur la couche iodurée, du nitrate d’argent en excès. Ce nitrate dissoudra l’iodure, et le collodion deviendra collodion normal, taché seulement de quelques astérisques de sels d’argent

Pour éviter tous ces embarras aux opérateurs qui fonctionnent loin de tout laboratoire, on doit modifier le procédé du collodion humide de la manière suivante:

OPÉRATION.

Reprenez la glace au sortir du bain d’argent ruisselante encore et prête à être mise en œuvre (page7).

Le collodion, qui a puisé dans ce bain son principe sensible, a, en même temps, enlevé une assez grande quantite de la solution argentifère, qui, en séchant, eût. détruit l’iodure d’argent de la couche.

Plongez donc la glace dans l’eau distillée, agitez la cuvette, changez cette eau deux ou trois fois, et finissez en rinçant la glace. Quand le collodion sera complétement débarrassé par le lavage de la solution argentifère superficielle, vous couvrirez la couche de collodion d’une solution de tannin de la même manière que pour couvrir la glace de collodion, en laissant, toutefois, séjourner plus longtemps la masse du liquide; rejetez la ensuite, répandez une seconde couche de tannin, jetez-la encore, posez l’angle de la glace sur un papier buvard, puis enfin placez-la à l’abri de toute lumière.

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Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
73 str. 22 ilustracji
ISBN:
4064066335236
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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