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Alfred Gallier

Le cheval de trait, races françaises


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066322977

Table des matières

AVANT-PROPOS

RACES POSTIÈRES

CHAPITRE PREMIER

PRODUCTION

ÉTALONS

ÉTALONS NATIONAUX

POULINIÈRES

CHOIX DES REPRODUCTEURS

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

RACES DE TRAIT

CHAPITRE II

PRODUCTION

ÉLEVAGE

STUD-BOOK ARDENNAIS

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

CHAPITRE III

PRODUCTION

ÉLEVAGE

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

CHAPITRE IV

PRODUCTION

ÉLEVAGE

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

CHAPITRE V

PRODUCTION

ÉTALONS

POULINIÈRES

ÉLEVAGE

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

CHAPITRE VI

PRODUCTION

ÉTALONS

POULINIÈRES

ÉLEVAGE

ENCOURAGEMENTS

DÉBOUCHÉS

FOIRES

CHAPITRE VII

PRODUCTION

ÉLEVAGE

INDUSTRIE MULASSIÈRE


AVANT-PROPOS

Table des matières

L’accueil fait au Cheval de demi-sang par tous ceux qui s’intéressent à la production chevaline m’a engagé à suivre la même méthode d’exposition en ce qui concerne le Cheval de trait.

On m’a su gré d’avoir quitté les sentiers battus et donné, — ce qui n’avait pas encore été fait jusqu’ici — non pas seulement une compilation plus ou moins savante, mais une description complète de nos diverses races françaises de demi-sang.

C’est ainsi que j’ai passé successivement en revue la topographie et la géologie des aires géographiques de chacune de ces races, les caractères typiques, l’élevage, les encouragements et les débouchés, donnant ainsi, sous une forme aussi condensée que possible, des renseignements souvent inédits, toujours exacts et puisés aux sources officielles.

Dans le nouvel ouvrage que je livre aujourd’hui à la critique, je me suis inspiré du même esprit, rendant à chacun ce qui lui était dû et ne négligeant jamais d’indiquer mes sources.

Je dois tout spécialement exprimer ma vive gratitude à plusieurs de mes confrères qui ont bien voulu faciliter ma tâche et donner à mon travail un intérêt tout particulier en me communiquant des notes d’un haut intérêt, résultat de leurs observations personnelles et journalières.

MM. Beauclair à la Ferté-Bernard, Husson à Sedan, Dieudonné à Einville, Desjacques à Hennebont, ont, à cet égard, droit à toute ma reconnaissance et je suis heureux de les remercier publiquement.

Je ne saurais oublier MM. Viseur, Lavalard, Martin, Furnes, comte Henry de Robien, Gast, aux ouvrages ou communications de qui j’ai fait de nombreux emprunts.

Sans idée préconçue, j’ai rendu justice aussi bien au postier breton qu’au percheron, qu’à l’ardennais ou qu’au boulonnais et, en félicitant les éleveurs des résultats par eux obtenus, je ne saurais trop les engager à redoubler d’efforts pour maintenir à l’étranger le bon renom de nos belles races de trait.

Alfred GALLIER.

Caen, le 15 septembre 1909.

RACES POSTIÈRES

Table des matières

Il existait, il y a une quarantaine d’années, un cheval de trait léger absolument remarquable, trottant allègrement sous les plus lourdes charges, qui, à la veille de l’année terrible, remontait les postes de la cour impériale et que l’on admirait aux chasses de Compiègne.

C’était le petit percheron, tout à la fois rustique et robuste, et répondant à des besoins nombreux.

Ce petit percheron, ce postier d’antan, a aujourd’hui presque complètement disparu. Il a fait place à un animal beaucoup plus volumineux, que lui préfère le commerce d’exportation et que les étrangers enlèvent à prix d’or, et il a été remplacé par ce que l’on désigne actuellement sous le nom de postier breton, de Norfolk-Breton.

Les animaux de race postière, devant avoir au moins un ancêtre de demi-sang à la première génération, sont donc en réalité des demi-sang et il peut sembler singulier d’en retracer l’histoire dans un ouvrage consacré aux chevaux de trait.

Ce faisant, et c’est là notre excuse, nous avons pensé que, possédant de nombreuses affinités avec les deux races, ils serviraient entre elles d’une véritable transition.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

LE NORFOLK-BRETON

Les animaux de race postière, s’ils ont entre eux des caractères de famille qui permettent de les classer à part, sont cependant loin d’avoir toujours la même origine.

Il est toutefois indispensable, pour qu’ils puissent mériter ce nom, qu’ils possèdent un courant de sang Norfolk, que ce courant soit apporté directement par un Norfolk anglais, ou indirectement par un de ses dérivés, le Norfolk-Breton.

Etalon de croisement, le trotteur du Norfolk, le hackney, comme on l’appelle aujourd’hui, est, suivant les pays où il est employé comme reproducteur, allié avec des juments de trait, de demi-sang breton, de demi-sang Norfolk-Breton, de demi-sang normand, de pur-sang anglais et de pur-sang arabe.

Si, Gomme nous le verrons en étudiant les centres de production, on réclame l’infusion du sang Norfolk dans la Seine-Inférieure, le Berry, le Gers, ainsi d’ailleurs que dans quelques départements du Sud-Est, ce ne sont là que des exceptions.

Les véritables berceaux du postier sont les départements bretons desservis par les dépôts d’étalons de Lamballe et de Hennebont, et, parmi eux, les Côtes-du-Nord et le Finistère tiennent à coup sûr une pince prépondérante.

TOPOGRAPHIE, GÉOGRAPHIE, GÉOLOGIE, CLIMAT.

Par sa constitution géologique, le voisinage de la mer qui baigne ses côtes sur une étendue considérable, son climat tempéré et humide, la péninsule armoricaine, qui forme l’extrémité occidentale de la France, est exceptionnellement favorable à l’agriculture et à l’élevage, tant des chevaux que des bêtes à cornes.

Divisée en deux parties, l’une nord, l’autre sud, par les montagnes ou plutôt les hautes et arides collines qui la sillonnent de l’Està l’Ouest: les monts du Menez, les Montagnes Noires et les montagnes d’Arrée, pour venir se terminer aux falaises abruptes que battent sans relâche les vagues de l’Océan, la Bretagne appartient, quant au régime des eaux, au bassin de la Manche et à celui de l’Atlantique.

Roches, éruptives, terrains primitifs et primaires constituent l’ossature de cette région pittoresque entre toutes. C’est dire que partout l’on rencontre le granit, les schistes, de vastes plateaux plus ou moins arides émaillés de menhirs, des chaînons de coteaux toujours mouvementés, entrecoupés de vallons profonds où serpentent d’innombrables rivières ou rivièrettes.

Au point de vue agricole, la Bretagne forme deux régions bien distinctes: celle du littoral et celle de l’intérieur.

La région du littoral qui, comme son nom l’indique, avoisine la mer, est la mieux partagée sous le rapport de la richesse du sol. Elle est habitée par une population dense, active, industrieuse, qui cultive admirablement les terres et qui trouve un appoint considérable dans le varech et la tangue, c’est-à-dire dans les engrais de mer.

La région de l’intérieur, au contraire, où l’on rencontre les monts du Menez, de l’Arrée ou les Montagnes Noires, n’est qu’une succession ininterrompue de massifs granitiques ou de grès, de plateaux incultes, de landes stériles, de champs de bruyères, que le paysan défriche à la sueur de son front et dont le sol, formé d’argile et de fragments de schistes, constitue une terre froide dans laquelle les apports de chaux et d’acide phosphorique sont indispensables.

Alors que, dans l’intérieur, le cultivateur végète et peine, sur le littoral tout chez lui respire l’aisance, la prospérité et la richesse et l’on cite des terres, où l’on pratique la culture maraîchère, dont le revenu s’élève jusqu’à 4 et 6oo francs par hectare.

Dans le Finistère, sur une superficie totale de 672.112 hectares, on trouve 316.393 hectares de terres labourables; 52.534 hectares de prés et herbages.

Dans les Côtes-du-Nord, dont la superficie totale est quelque peu supérieure: 688.562 hectares, les terres labourables l’emportent de beaucoup. On en trouve en effet 455.689 hectares et 60.767 hectares de pâturages.

Ces deux départements tiennent les premiers rangs quant à leur population chevaline.

On estime, en effet, d’après les derniers recensements, que le Finistère arrive en tête avec 104.070 chevaux, suivi de près par les Côtes-du-Nord, qui en comptent 96.000 .

Le nombre des juments saillies est d’ailleurs considérable. D’après le rapport de l’Administration des Haras, les étalons nationaux approuvés et autorisés ont, en 1906, couvert 35.490 juments, 20.988 en Finistère, 14.502 dans les Côtes-du-Nord; mais si l’on songe qu’en regard de ces 469 étalons 1.074 reproducteurs admis par les Commissions d’examen saillissent en moyenne de 70 à 80 poulinières, on arrive à un chiffre total qui, pour les deux départements qui nous occupent, n’est pas inférieur à 116.000.

Origines de la race.

L’introduction en France des trotteurs du Norfolk date de 1834, époque à laquelle fut importé en Normandie le demi-sang anglais Fire-Away, mais ce n’est toutefois qu’à partir de 1844 que, dans le but d’améliorer, de régénérer notre race de demi-sang normand, l’Administration des Haras se décida à faire en Angleterre des achats réguliers d’étalons de Norfolk.

Obtenue par le croisement d’étalons de pur sang avec des juments du Norfolk possédant à un très haut degré des qualités de vitesse et d’énergie, unies à la beauté et à la régularité des allures, cette race présentait un ensemble de caractères qui, après les essais malheureux tentés à l’instigation du Jockey-Club, devaient rendre son importation toute rationnelle.

Après Fire-Away qui, de 1834 à 1844, fait la monte au Pin et à Saint-Lô, on introduit en Normandie Performer, par Performer et une fille d’Old Président. Au Pin, de 1844 à 1855; au haras de Serquigny, chez le marquis de Croix, après cette époque, Performer a donné naissance à des produits remarquables, entre autres à Eclipse (1846) issu de Léda, par Tigris.

Parmi les Norfolks importés en 1851 et 1852 citons: Gainsborough, Corsair (Saint-Lô), Telegraph , The Black Norfolk Phoenomenon (Le Pin), Wildfire, etc.

The Black Norfolk Phœnomenon a produit Y (1858), qui se dispute avec Crocus (1864) la paternité de Lavater. Il a donné également Ipsilanly et Niger.

Les trotteurs de Norfolk, importés en Normandie, peuvent donc être considérés comme les véritables fondateurs de notre race de demi-sang actuelle qu’ils ont complètement transformée.

En Bretagne, le terrain d’action des Norfolks devait être beaucoup plus étendu qu’en Normandie et comprendre tout à la fois le Littoral, la Montagne et l’Intérieur.

L’agent améliorateur devait agir non seulement sur les races de selle de la Montagne, de la Cornouaille, sur le bidet de Briec, mais encore et surtout sur les races de trait léger ou de gros trait indigènes, auxquelles il allait donner plus d’épaule, plus de vigueur et plus d’allures.

C’est en 1844 que le premier étalon Norfolk, Sir Henry Dimsdale, fut introduit en Bretagne.

Nous avons en effet sous les yeux les noms des étalons composant l’effectif du dépôt de Lamballe, lors de son rétablissement, en 1843; ceux du dépôt de Langonnet à la même époque. On y trouve des chevaux de pur sang et de demi-sang, des arabes du Nejd, voire même un cheval persan, mais pas de Norfolks.

En 1852, la station de Saint-Pol-de-Léon, sur 12 étalons, ne comprend qu’un Norfolk, Grey Shales, cheval gris, importé en 1851, que l’on retrouve — dit M. Gast dans son Essai sur la Bretagne hippique — dans le pedigree d’un assez grand nombre d’étalons postiers.

En 1854, le dépôt d’Hennebont reçoit The Norfolk Héro qui, comme Grey Shales, figure dans plusieurs pedigrees, puis, à partir de cette époque, l’introduction des Norfolks anglais en Bretagne est à peu près constante et régulière.

En somme, de 1844 à 1906, soit en 62 ans, il a été importé en France 133 Norfolks anglais qui,pour la plupart, ont été mis en station en Bretagne.

Parmi les Norfolks anglais ayant le plus contribué à la création du postier breton, du Norfolk-Breton, on doit citer, The General, Old Times, Good by, Lord Randy, Pretender, étalons d’un parfait modèle, membrés, près de terre, joignant à une musculature très développée, du sang, de l’énergie et des allures.

Il faut citer Flying-Cloud, introduit à Lamballe en 1864, qui, avec une jument ayant trois croisements de pur sang, Thérésine, donna le jour à Corlay dont la production, en Cornouailles, a été remarquable.

C’est en effet à Corlay que l’on doit les trotteurs Martial et Glazard, issus d’une Krestoffski, poulinière russe, et le fameux Voltaire, père lui-même de Kerbescoud, de Korrigan, de Léopard.

On peut dire de Corlay qu’il est le premier Norfolk-Breton qui, après avoir brillé sur le turf, a merveilleusement tracé pendant près de vingt ans et laissé dans son pays d’inoubliables souvenirs.

PRODUCTION

Table des matières

CENTRES DE PRODUCTION.

De tous les départements bretons, le Finistère est sans contredit celui qui possède les meilleures poulinières et qui en possède le plus. Encore faut-il établir une distinction entre le Finistère-Nord, qui comprend les arrondissements de Brest et de Morlaix, et le Finistère-Sud, qui réunit les arrondissements de Châteaulin, Quimper et Quimperlé.

C’est principalement vers le littoral du Nord où l’on trouve les deux berceaux principaux du Norfolk-Breton: Saint-Pol-de-Léon, et Lesneven, que l’on rencontre les juments poulinières. Le Finistère-Sud produit moins, mais, cependant, dans l’arrondissemet de Quimper; dans la région comprise entre cette ville et Scaer et comprenant Elliant, Pont-l’Abbé, Melgven, existent des centres de production importants.

Dans les Côtes-du-Nord, c’est encore sur le littoral qu’on entretient de très bonnes et de très fortes poulinières, en vue de la production du postier breton, tout particulièrement dans les arrondissements de Lannion, de Guingamp, de Saint-Brieuc.

L’arrondissement de Dinan, ainsi d’ailleurs que le département d’Ille-et-Vilaine, se livre presque exclusivement à la production du cheval de trait.

Quoique le Morbihan fasse peu naître,les environs de Vannes, ceux du dépôt d’étalons de Hennebont, possèdent cependant un certain nombre de poulinières. La Montagne bretonne fait naître un nombre assez considérable de poulains postiers qui, achetés à 6 mois, vont achever leur éducation dans le Léon.

En somme, le postier breton est surtout produit dans les arrondissements de Morlaix et de Brest et dans les communes suivantes: Plouenan, Mespaul, Plougoulon, Saint-Thonan, Guiclan, Plouédern, Ploudaniel, Saint-Vougay, Plourgourvest, Le Drennec, Saint-Pol-de-Léon, le Plougar, Bodilis, Trégarantec, Plouescat, Saint-Méen, Loperhet, Fulgoët, Tréflaouénan, Taulé, Kernoues, Cléder, c’est-à-dire dans ce qu’on appelle le Léon; à Bannalec, Plomeur, Elliant, Perguet, Rosporden, Scaër (Sud-Finistère); à Meslin, Plésidu, Bourbriac, Kerbournet, Sainte-Tréphine, Canihuel (Côtes-du-Nord); à Belz, Auray, Elven, Surzur, Sarzeau (Morbihan).

Le Haras de Blandureau, à Voinsles, par Hozoy-en-Brie (Seine-et-Marne), appartenant à M. Léon Thome, est un centre de production important pour le postier.

Il en est de même du Haras du Tilloy, par Cambrai (Nord), dirigé par son propriétaire, M. Prosper Leleu.

Dans la Seine-Inférieure, comme nous le verrons plus loin, presque toutes les stations de monte possèdent des Norfolks. On trouve des naisseurs à Doudeville, Hattenville, Saint-Maclou-la-Bruyère, Cany, Trouville-Alliqueville, Contremoulins, Sassetot, Cramesnil, Blosseville, etc.

Dans le Cher, spécialement dans l’arrondissement de Saint-Amand, certains Norfolks ont fait merveille et, pour cette raison, sont très recherchés des propriétaires des environs de Nérondes, de Lignières, de Charenton et de Sancoins, à Laverdines, Herry, La Guerche, Brécy, etc.

Dans le Midi, le dépôt de Tarbes ne possède plus que deux étalons Norfolks anglais qui font la saillie dans le Gers, à la station de Mirande et de Auch .

ÉTALONS

Table des matières

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU NORFOLK-ANGLAIS

«Le Norfolk est l’idéal de la force unie à l’activité. Ce cheval est, dans son ensemble, compact, gros, épais, trapu, corpulent et membru; sans être distingué il n’est pourtant pas commun; il respire l’énergie; il est doué d’une grande résistance au travail. C’est un excellent serviteur, un ouvrier capable, toujours prêt et dur à la fatigue, sans trop d’exigences, ni sous le rapport des soins, ni sous celui de la nourriture. »

Tel est le portrait flatteur qu’en tracé Eugène Gayot, en 1861, dans la Connaissance générale du cheval.

Dans le Norfolk-Breton devant l’opinion, M. le comte Henry de Robien rappelle de la façon suivante les caractéristiques du hackney-type:

«Un cheval de taille au-dessous de la moyenne, près de terre, alliant à beaucoup de substance, du sang, de la ligne, une structure, un tempérament irréprochables, enfin des allures éblouissantes comme élévation et propulsion, tel est le schéma fondamental. Joignez à cela beaucoup de rondeur de corsage, là poitrine large, les musculatures de l’épaule et de la cuisse très développées, les pieds de bonne nature et bien épanouis, les pâturons longs — à cause des réactions aux alluresvives, — les aplombs parfaitement réguliers, une tête plutôt forte que trop petite, un tempérament rustique, un bon caractère, et vous avez l’ensemble des principales qualités du parfait hackney.»

M. le comte de Robien ajoute toutefois avec beaucoup de raison que si les actions vives et éblouissantes existent toujours, elles sont parfois quelque peu artificielles, qu’avec l’abus de l’enrênement les dos se sont creusés, et que la rectitude des dessus, tend de plus en plus à disparaître chez les reproducteurs dont les garrots sont le plus souvent noyés.

Il n’est que trop certain que le type des étalons Old Times, The General n’existe plus ou bien rarement et quele vieux Norfolk, près de terre, compact, résistant et charpenté, qui plaisait tant à Eug. Gayot, a fait place au hackney moderne, affiné, enlevé, mal suivi, décousu, fait en deux morceaux, n’ayant plus la substance, la netteté des membres, le tempérament qui avaient assuré la réputation de son devancier,

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU NORFOLK-BRETON.

Dérivé immédiat du Norfolk anglais d’antan, qui lui a transmis sa bonne et solide structure, le Norfolk-Breton est un postier plus étoffé, plus puissant, mais aussi plus commun.

Il est généralement trapu, court de lignes, à encolure épaisse, à croupe large, à culotte très développée, à poitrine bien descendue, à épaule longue et oblique, et à allures très relevées.

Un certain nombre de postiers ressemblent à s’y méprendre à des étalons de trait. Il en est d’autres, au contraire, qui sont plus distingués, ont une bonne encolure, des hanches suffisamment longues.

Le plus grand reproche que l’on soit autorisé à leur faire c’est que, trop souvent, ils laissent à désirer dans leur ligne de dessus et pèchent dans leurs membres, devenus trop légers pour l’ensemble.

Bénéficiant des avantages de l’indigénat, unissant à une conformation étoffée et puissante beaucoup de trempe, de rusticité et d’endurance, auxquelles viennent encore s’ajouter aujourd’hui, en plus d’un certain degré de sang, l’élégance et la rapidité des allures, le Norfolk-Breton bien sélectionné est en Bretagne, le reproducteur de l’avenir.

ÉTALONS NATIONAUX

Table des matières

REMONTE DES HARAS. — ÉPREUVES. — ACHATS.

Les achats d’étalons postiers qui, tous les ans, ont lieu à Landerneau dans les premiers jours d’octobre, sont toujours précédés d’épreuves spéciales: épreuves sur l’hippodrome; épreuves attelées sur les terrains des concours de Brest ou de Morlaix, d’où sont exclues les voitures de course et où l’on est très surpris de rencontrer des tilburys, des carrioles, des chars-à-bancs ou autres véhicules du même genre.

D’après les listes officielles des étalons à présenter aux achats de Landerneau, les épreuves d’hippodrome ont donné les résultats suivants .

«En 1903, 70 ont couvert 3.000 mètres en un temps variant entre 7’28” et 10’30”.

«Dont 17 en moins de 8’ ; 31 en moins de 9’ et 17 en moins de 10’ (65);

«En 1904, 5o ont couvert la même distance en un temps variant entre 7’23” et 10’09”.

«Dont 9 en moins de 8’ ; 15 en moins de 9’ et 17. en moins de 10’(41);

«En 1905, 54 ont couvert la même distance en un temps variant entre 7’12” et 10’30” ;

«Dont 11 en moins de 8’ ; 17 en moins de 9”, et 15 en moins de 10’ (43);

«Enfin, en 1906, 45 poulains ont fait leur épreuve sur l’hippodrome dont:

«24 sur 4.000 mètres en un temps variant entre 1142” à 14’, dont 11 en moins de 13’ ;

«15 sur 3.200 mètres, en un temps variant entre 7’51” à 10’40”, dont 2 en moins de 8’ ; 2 en moins de 9’ et 10 en moins de 10’ (14);

«6 sur 3.000 mètres en un temps variant entre 7’12” à 9’55”, dont 2 en moins de 8’ et 3 en moins de 9’(5).»

En 1907, le concours-épreuves de Morlaix réunissait 91 concurrents, dont quelques-uns très vites.

Au concours central de Paris, en 1907, M. Sévère (Yves), le propriétaire d’Erèbe, par Denmark-Vigorous et Roscoff, 1er prix des étalons postiers de 3 ans et au-dessus, nous a affirmé qu’Erèbe avait couru en 2’ le 20 mai précédent à Morlaix.

Ce sont-là, on l’avouera, des résultats appréciables pour des postiers si l’on songe surtout que ces étalons, engraissés à l’écurie, avec du trèfle et des panais, n’ont, le plus souvent, subi qu’un entraînement de quelques jours.

Les épreuves attelées, étant donnés les véhicules dont on se sert, la nature du terrain généralement lourd, la régularité absolue des allures et le train exigés, la durée de l’épreuve, sont toujours des plus sévères.

Institué en 1903, le concours-épreuves de Brest comptait 16 chevaux dès la 1re année; 22 en 1904; 36 en 1905; 57 en 1906 et 41 en 1907 malgré son organisation tardive et la proximité du concours de Paris.

Les achats de Landerneau sont presque exclusivement réservés aux demi-sang postiers et aux étalons de trait de race bretonne.

Sur 145 étalons de demi-sang achetés à Landerneau par l’Administration des Haras de 1900 à 1906 inclus, soit pendant 7 ans :

63 sont issus du Norfolk, soit 43,45 0/0

63 — du Norfolk-Breton, soit 43,45 0/0

13 — du Carrossier, soit 8,96 0/0

6 — de divers étalons de trait et filles de

Norfolk, soit 4,44 0/0.

Et il avait été présenté dans cette période de 7 années:

213 fils de Norfolks;

215 fils de Norfolks-Bretons;

97 fils de Carrossiers;

27 fils de divers.

proportion d’autant plus frappante qu’il y a dans les dépôts de Lamballe et de Hennebont 135 étalons normands ou vendéens, contre 46 Norfolks anglais et 145 postiers bretons .

Pour répondre aux désirs exprimés, tant par les sociétés d’agriculture que par les Conseils généraux et les représentants — députés et sénateurs — des départements bretons, l’Administration des Haras remplace d’ailleurs progressivement dans les dépôts de Lamballe et de Hennebont les reproducteurs anglo-normands par des étalons postiers.

En 1917, il a été acheté à Landerneau 35 demi-sang postiers pour une somme globale de 135.600 fr. En 1908, 47 pour 183.000 francs.

Les prix varient de 3.400 à 5.600 francs, prix qui n’avait jamais été atteint avant 1908.

RÉPARTITION DES ÉTALONS POSTIERS DANS LES STATIONS.

Dépôt de Lamballe

Côtes-du-Nord.

Bégard, 3 post.

Bourbriac, 2 post.

Callac, 1 post.

Châtelaudren, 2 post.

Chemin-Chaussée, 1 post.

Collinée, 2 post.

Corlay, 4 post.; 1 n. a.

Guingamp, 1 post.

Hillion, 1 post,

Lamballe, 1 post.

Lannion, 1 post.

Lanvollin, 2 post.

Loudéac, 1 n. a.

Matignon, 1 post. 1 n. a.

Merdrignac, 3 post.

Moncontour, 2 post.

Mûr de Bretagne, 4 post.

Paimpol, 1 post.

Plancoët, 1 post.

Planguenoual, 1 post.

Plélan-le-Petit, 2 post.

Plénée-Jugon, 2 post.

Plestin, 1 post.

Plouguenast, 2 post.

Pontrieux, 2 post.

Plumieux, 4 post.

Quintin, 1 post.

Rostrenen, 2 post.

Saint-Brieuc, 2 post.

Tréguier, 1 post.

Uzel, 1 post.

Finistère.

Guipaoas, 1 post.; 1 n. a.

Lambezellec, 1 post.

Landerneau, 4 post.; 2 n. a.

Lanmeur, 4 post,; 2 n. a.

Lannilis, 4 post.; 1 n. a.

Lesneven, 5 post.; 4 n. a.

Morlaix, 4 post.

Ploudalmézeau, 1 n. a.

Plouescat, 5 post.; 2 n. a.

Plounéventer, 3 post.; 4 n. a.

Saint-Pol-de-Léon, 6 post;

8 n. a.

Saint-Renan, 1 post.

Taulé, 15 post. n. a.

Dépôt d’Hennebont

Finistère.

Beuzec-Conq, 2 n. br.

Briec, 1 n. br.

Carhaix, 4 n. br.

Châteaulin, 4 n. br.

Châteauneuf, 2 n. br.

Coray, 2 n. br.; 4 n. a.

Elliant, 2 n. a.

Le Faou, 4 n. br.; 3 n. a.

Melgven, 1 n. br.; 1 n. a.

Pleyben, 2 n. br.; 1 n. a.

Pont-l’Abbé, 3 n. br.; 1

n. a.

Quimper, 2 n. br.; 3 n. a.

Quimperlé, 2 n. br.; 3 n. a.

Scaër, 5 n. br.; 6 n. a.

Morbihan.

Auray, 3 n. br.

Baud, 2 n. br.

Guidel,. 1 n, br.

Hennebont, 3 n. br.; 3 n. a.

La Roche-Bernard, 1 n. br.;

1 n. a.

Le Faouët, 2 n. br.

Muzillac, 1 n. br.

Ploërmel, 1 n. br.; 2 n. a.

Pontivy, 1 n.

Rochefort-en-Terre, 2 n. br.

Vannes, 1 n. br.; 2 n. a.

Malestroit, 1 n. a.

Ille-et-Vilaine.

Antrain, 1 n. br.

Bain, 2 n. br.

Dol, 2 n. br.

Fougères, 2 n. br.

Janzé, 1 n. br.

La Guerche, 1 n. br.

Lohéac, 1 n. br.

Pleine-Fougères, 1 n. br.

Pleurtuit, 1 n. br.

Redon, 1 n. br.

Rennes, 1 n. br.

Saint-Aubin d’Aubigné, 1

n. br.

Sixt, 1 n. br.

Vitré, 3 n. br.

Dépôt du Pin

Seine-Inférieure.

Montivilliers, 1 n. a.

Yvetot, 1 n. a.

Valmont, 1 n. a.

Cany, 1 n. a.

Bacqueville, 1 n. a.

Envermeu, 1 n. a.

Neufchâtel, 1 n. a.

Gournay, 2 n. a.

Blangy, 1 n. a.

Saient-Saëns, 1 n. a.

Aumale, 1 n. a.

Dépôt de Blois

Cher.

Nérondes, 1 n. a.

La Guerche, 1 n. a.

Sancoins, 1 n. a.

Lignières, 4 n. a.

Charenton, 2 n. a.

Dun-sur-Auron, 1 n. a.

Dépôt de Tarbes

Gers.

Mirande, 1 n. a.

Auch, 1 n. a.

Il résulte des tableaux qui précèdent que, en Bretagne, le Finistère est singulièrement favorisé sous le rapport du nombre des Norfolks anglais mis en monte dans ses stations.

Parmi les Norfolks anglais ou Norfolks-Bretons qui se reproduisent le mieux et donnent toute satisfaction aux éleveurs, nous citerons Rosquelfen, Denmark-Vigorous, Cornfactor, Althorp-Wonder, Banknote, Rugged-Dane, Lord Dash, Revival, Jacob, Vicomte Raindy, Uguen, Bury-Squire, Red-hot-Shot, All’Fairs III, Cup Bearer, Golden-Duke, May King, Walden-Dukc-of Connaught, Duke-of-Portland, Norfolk-Héro II, Majestic, King Arthur, Original, Gaston-Denmarck, Joë Lowel, Rufus-of-Reedness, Unann, Partisan, Marot, Hercule, Bohémien, Unique, Canao, Lopréden, Quidam, Viveur, etc.

ÉTALONS APPROUVÉS, AUTORISÉS ET ADMIS.

Indépendamment des étalons qu’elle introduit dans ses établissements, l’Administration des Haras en approuve un certain nombre possédant de réelles qualités, que les éleveurs ont préféré conserver plutôt que de les livrer au commerce.

C’est ainsi que, dans les quatre départements bretons, on compte 88 étalons de demi-sang approuvés recevant en moyenne une pension de 400 francs. Ces demi-sang sont en majeure partie des postiers qui, eux aussi, concourent à l’amélioration générale.

Enfin, 1.066 demi-sang, reconnus exempts de cornage et de fluxion périodique par la commission spéciale d’examen, sont admis à la reproduction.

POULINIÈRES

Table des matières

Les juments poulinières varient beaucoup, comme origine et comme conformation, suivant les centres de production que l’on considère.

Si, dans le Léon, l’introduction, de 1840 à 1900, d’étalons anglo-normands n’a pas toujours donné les produits sur lesquels comptait l’Administration des Haras, ces croisements, parfois inconsidérés, ont eu surtout pour résultat d’affiner la race, de lui donner plus de distinction, mais, en revanche, d’en diminuer le volume.

Dans le Léon, chaque naisseur possède de trois à cinq juments, rarement plus, qu’il envoie pour la plupart à l’étalon. Si l’on consulte les pedigrees de ces juments on constate dans presque tous un ou plusieurs courants de sang anglo-normand et l’on retrouve, entre autres, les noms des étalons Sénégal, Ferret, Quillier, Champion, Rochambeau, Amasis, Bataille, Hamac, Montmirail, Marot, Muscadin, Laban, Kamors, Marcheur, etc.

L’alliance de ces juments, de formule plutôt longiligne, souvent primées dans les concours, avec les Norfolks anglais ou les Norfolks-Bretons, produit nécessairement des poulains distingués, ayant plus de taille, mais trop souvent enlevés, décousus, légers dans leur dessous, que l’Administration des Haras — cela peut sembler paradoxal — semble délaisser dans ses achats.

Du côté de Lesneven, l’étalon anglo-normand, employé de tout temps avec modération, a laissé moins de traces chez les mères, qui sont restées communes, râblées, près de terre. Aussi peut-on dire, sans crainte d’être démenti, que c’est dans l’arrondissement de Brest que se trouve le postier dans toute l’expression de sa force.

Dans la Montagne bretonne, les juments de trait léger, déjà améliorées par l’intrusion de sang trotteur, grâce aux étalons Corlay, Alcala, Gengis-Khan, Voltaire, Martial, Saint-Julien, pour ne citer que les principaux, donnent avec les Norfolks des produits unissant le sang à la charpente et au volume, qui, achetés de 6 mois à 1 an et transportés dans le Léon, y prennent, sous l’influence d’une alimentation très substantielle, de l’ampleur et de la taille, tout en conservant leurs qualités natives.

Si la Montagne bretonne est le berceau des races légères, en revanche la jument postière se retrouve plus à l’Est dans les environs de Uzel, Plouguenast, Loudéac, Merdrignac et la jument de gros trait au voisinage de la mer, près de Lamballe, Saint-Brieuc, Guingamp et Lannion.

La Basse-Bretagne, desservie par le dépôt de Hennebont, et particulièrement le Sud-Finistère (arrondissements de Châteaulin, de Quimper et de Quimperlé), possède un assez grand nombre de juments, parfois assez rapprochées du sang, qui, quelle que soit leur origine, doivent au mode d’élevage qui se fait au grand air, au climat doux et humide, à la qualité des eaux, à l’excellence des fourrages, leur trempe, leur rusticité toute particulière.

CHOIX DES REPRODUCTEURS

Table des matières

Pour obtenir des postiers il faut, de toute nécessité, recourir au métissage, c’est-à-dire à cette opération zootechnique qui consiste à accoupler ensemble des animaux de race différente, dont l’un d’eux, au moins, le mâle, est un métis.

L’étalon anglo-normand n’a fait bonne souche en Bretagne qu’à la condition d’être d’origine Norfolk, soit par Niger, soit par Lavater, et d’être en même temps puissant et étoffé, doté d’allures énergiques et relevées.

Le reproducteur qui semble aujourd’hui avoir toutes les préférences est le Norfolk anglais de taille moyenne, près de terre, puissant dans l’avant-main et dans l’arrière-main, ayant une bonne ligne de dessus, de bons membres et des actions.

Avec les bonnes juments de trait du littoral, ou les juments se rapprochant du sang, ce Norfolk anglais donnera des postiers, c’est-à-dire des chevaux de trait léger, plus distingués que l’ancêtre breton, assez étoffés pour pouvoir traîner du poids, dotés d’assez de sang, d’assez d’énergie pour avoir des allures vives, puissantes, brillantes .

C’est encore le dérivé immédiat du Norfolk anglais, le Norfolk-Breton, postier plus étoffé, plus puissant, plus commun, bien charpenté, bien soudé, avec un bon dessus et du membre qui, né et élevé sur le sol breton, doit bénéficier des avantages de l’indigénat.

L’influence du Norfolk anglais dans la formation de la race postière bretonne doit d’ailleurs être modérée et, sous peine d’arriver trop vite à un degré de sang avancé, sous peine d’affiner les formes trop rapidement, il faut surtout avoir recours au Norfolk-Breton.

«Il faut admettre que la vieille race bretonne avec ses siècles d’existence, avec sa puissance d’hérédité, avec sa fixité de caractères, de trempe, de rusticité, d’endurance, avec sa conformation étoffée et puissante, bien appropriée aux exigences et aux ressources du sol, mérite d’être maintenue et que, s’il faut la corriger, l’améliorer, la modifier, l’accentuer un peu plus dans le modèle du vrai cheval, à traction rapide, c’est simplement en voulant lui donner un peu plus de nervosité, de distinction, de mobilité, d’élégance et d’activité dans les allures .»

Mais il ne suffit pas au naisseur d’avoir à sa disposition de très bons étalons, bien râblés, bien équilibrés, il faut encore qu’on puisse les allier à des juments dignes d’eux. L’étalon ne peut tout faire et, particulièrement, rectifier, dans le produit, les imperfections de la jument. C’est donc aux propriétaires de bien choisir leurs poulinières, de conserver les bonnes et de se débarrasser des mauvaises, de n’amener aux stations de monte que des juments de taille moyenne, étoffées, près de terre, bien d’aplomb, sans tares, sans vices rédhibitoires, aussi jeunes que possible.

Et, si ces conditions sont remplies, il est permis d’espérer que l’emploi des étalons postiers «dotera la Bretagne d’un cheval de trait léger rapide, distingué, aux allures énergiques, relevées, assez puissant pour la traction, assez nerveux pour le service de la guerre, assez élégant pour les exigences du luxe, en tout cas assez étoffé pour trouver facilement un preneur en foire avec les marchands et être utilisé aux travaux de la culture, du commerce et de l’industrie .»

M. le. comte de Robien préconise avec insistance l’alliance des Norfolks avec des juments de pur sang ou des filles de pur sang et, à l’appui de sa thèse, il montre la différence existant au point de vue améliorateur entre deux étalons, fils d’un Norfolk anglais, mais issus, l’un d’une fille de pur sang, l’autre d’une jument commune.

Et au reproche que cette union est une cause d’affinement exagéré du squelette et de la musculature, d’inaptitude à la traction et à porter du poids, il cite plusieurs exemples, entre autres celui de l’étalon Bonheur par «The General» et une fille de Kirsch (p. s.), véritable type du postier, et celui de Sans-Peur, par Denmark-Vigorous et également une fille de Kirsch (2e prix des étalons postiers en 1907 au concours central de Paris) .

M. de Robien est d’ailleurs partisan de la création de deux classes de postiers: postiers de sang, devant être jugés tant sur leur modèle que par leur origine et leurs performances; postiers lourds, devant être jugés sérieusement sur leur modèle, leur charpente et leur musculature, ainsi que sur des épreuves ayant pour but d’écarter les animaux à excès de lymphe.

SAILLIE — GESTATION — SOINS AUX MÈRES ET AUX POULAINS — ÉLEVAGE.

Il existe très peu d’établissements en Bretagne où l’élève du cheval se fasse véritablement en grand. Chaque cultivateur, suivant l’étendue de son domaine, les ressources de la localité qu’il habite, se constitue un élevage toujours très restreint, plus ou moins bien sélectionné, se composant de 2 à 5 juments au plus.

Sur le littoral, spécialement dans le Léon, là où le terrain a une très grande valeur (g à 10.000 fr. l’hectare) et se loue de 2 à 300 francs, la culture maraîchère, celle des primeurs, est éminemment prospère. Les pièces de terre, d’une contenance très réduite, ayant rarement plus de 5o ares, sont entourées de talus élevés sur lesquels croissent des ajoncs, des pruniers sauvages, formant tout à la fois de véritables clôtures et des abris contre les vents du large.

Partout on pratique la culture intensive, encore favorisée par l’abondance des engrais marins, et l’on conçoit que, dans ces conditions, les prairies doivent être rares. L’élevage se fait pour ainsi dire d’une façon continue à l’écurie.

Dans l’intérieur, au contraire, voire même dans le Sud-Finistère, les fermes ont une bien plus grande étendue, et leur accès est le plus souvent difficile, à travers des chemins creux souvent transformés en marécages. Le sol y est moins bon, accidenté, montagneux, couvert de landes. A proximité des habitations on trouve de vastes pâtures, où les juments nourrices, suivies de leurs poulains, peuvent prendre un exercice favorable à leur santé.

Autrefois conduites à l’étalon dès l’âge de deux ans, les juments ne sont plus aujourd’hui saillies qu’à trois. La gestation n’arrête plus leur croissance et elles peuvent, dès la première année, donner un produit viable et vigoureux.

Suivant qu’elles sont couvertes par les étalons de l’Administration ou par ceux de l’industrie privée, les juments sont conduités aux stations de monte ou servies par le mâle à domicile.

Pendant la gestation elles ne reçoivent pas de soins spéciaux, travaillent comme à l’habitude aux charrois, aux travaux des champs, soit seules, comme dans le Léon ou le littoral des Côtes-du-Nord, soit devant les bœufs, comme dans la Montagne bretonne.

L’hiver, on leur distribue, en Léon, une nourriture très substantielle: de la paille, des carottes, des panais, des pommes de terre, du trèfle, des ajoncs pilés qui, crus ou cuits, parfois additionnés de farineux, les poussent au gros et les rendent grasses et luisantes. Il en est à peu près de même dans les environs de Lannion, Tréguier, Paimpol, Pontrieux, ainsi que sur le reste du littoral nord.

Si la nourriture est abondante, l’hygiène laisse fortement à désirer. Encore aujourd’hui, dans la plupart des exploitations, les écuries sont basses, sombres, mal aérées. D’ailleurs, pas de plafond. Un mauvais grenier à fourrage, d’où la poussière tombe dans les yeux des animaux, en tient lieu.

Quant au fumier il séjourne des mois entiers dans les écuries et arrive à avoir une hauteur considérable. C’est dans toute l’acception du mot l’emploi de la litière permanente.

A partir de la mise-bas jusqu’au sevrage, qui a généralement lieu vers 4 à 5 mois, le poulain accompagne sa mère soit à la pâture, soit au travail et ne reçoit que son lait si elle est bonne nourrice. Si la mère est mauvaise laitière, on substitue en partie, à l’alimentation normale, du thé de foin additionné de farineux. Souvent, quand la mère travaille, le poulain reste à l’écurie. Il ne tète alors qu’à des heures déterminées et il s’en trouve d’ailleurs parfaitement.

Sur tout le littoral nord, le poulain, habitué dès les premiers jours au contact de l’homme, devient rapidement très sociable.

Presque jamais abandonné à lui-même, sorti et rentré au moins deux fois par jour, il n’est laissé libre que dans les petits parcours dont nous avons parlé, bien clos par des talus de terre ou de pierre recouverts d’ajoncs, qu’il ne peut franchir, pas plus que les barrières qui ferment les brèches.

Dans la plupart des fermes, où vit une famille souvent nombreuse, c’est presque toujours le maître ou l’un de ses enfants qui soigne les chevaux, petits et grands, qui leur fait prendre de l’exercice dans les cours ou sur les routes, les conduit à la longe paître autour des champs de blé.

Aussi les jeunes chevaux de cette contrée sont-ils généralement doux, familiers et très faciles à dresser.

Dans la montagne, le cultivateur, généralement plus pauvre, nourrit juments et poulains avec parcimonie pendant la période hivernale. L’été, ils trouvent dans les prairies, dans les landes ou sur les routes, une herbe courte et fine assez nourrissante, à laquelle vient se joindre l’ajonc cultivé, dont les jeunes pousses, hachées menu ou concassées, donnent aux chevaux muscles, santé et vigueur.

Le département des Côtes-du-Nord, où l’on fait naître surtout, exporte annuellement 25.000 poulains de 6 mois à 1 an qui, pour la plupart, sont transportés dans le Léon où, sous l’influence d’un régime spécial, ils acquièrent un développement considérable.

Constitué par des terres médiocres, des landes, des bois de pins et des marécages, le Morbihan ne fait naître que dans les régions avoisinant l’Océan. Encore, un grand nombre de poulains émigrent-ils vers le Léon, où ils se transforment sous le rapport de la taille et de l’ampleur.

C’est à 18 mois que l’on commence à les atteler, pour les travaux de la ferme, les premières fois pendant une heure ou deux seulement et chacun d’eux avec des chevaux faits, en la compagnie desquels ils sont habitués à vivre. Au début on n’exige pas d’efforts. C’est, en somme, un véritable exercice qui favorise le dressage. Ce n’est guère que vers 2 ans ou 2 ans 1/2 qu’ils gagnent complètement leur nourriture.

Les éleveurs du Léon qui se livrent principalement au commerce de l’étalon postier, d’ailleurs très prospère aujourd’hui et qui l’ont pour ainsi dire monopolisé, ont un talent tout spécial pour rendre leurs produits gros, gras, brillants, luisants, en les soignant comme de véritables animaux d’engraissement.

M. le comte de Robien, avec beaucoup de raison, critique cette façon d’opérer, qui plaît cependant au commerce. «Dans le Nord du Finistère, vulgo «Léon» — écrit-il — l’élevage se fait à l’écurie, j’allais dire à l’étable. C’est en opposition avec l’élevage sportif au grand air, mais d’alimentation quelque peu parcimonieuse, de la Montagne Bretonne, l’engrais en vase clos, à l’étuve, où le suif remplace le muscle sous le poil luisant et trompeur.»

Nous né saurions mieux dire. C’est d’ailleurs cet engraissement exagéré qui rend les postiers bretons absolument inaptes à un travail immédiat et favorise chez eux le développement des maladies d’acclimatement.

CARACTÈRES DU POSTIER.

Le postier breton, qu’il soit postier de sang ou postier lourd, doit présenter les caractères suivants: cheval de demi-sang, de trait léger, près de terre, de. robe alezane, rouanne ou fleur de pêcher, de taille variant entre 1m. 55 et 1m. 60, se rapprochant du bréviligne de format moyen, à tête généralement fine et expressive, parfois chargée de ganaches, à chanfrein à peu près rectiligne, à encolure épaisse, bien sortie, à garrot noyé, prolongé par un dos court et droit, à poitrail haut et large, à épaule longue, à poitrine descendue, à côtes bien arrondies, à croupe, large, modérément inclinée, à cuisses puissamment musclées, à membres épais, larges, munis d’articulations sèches, bien accusées et de bons sabots, à allures brillantes et relevées.

Le postier de sang sera moins ample, moins gros, plus nerveux et plus agile; le postier lourd plus puissant, plus commun, mais l’ensemble de ce dernier sera néanmoins harmonieux.

Stud-Book Norfolk-Breton.

Dès 1847, dit M. Lava lard, dans son très intéressant rapport au CONGRÈS HIPPIQUE de 1905 sur les livres généalogiques, alors qu’on cherchait à introduire le Norfolk en Bretagne pour créer un postier Norfolk-Breton ayant plus de cachet et plus d’allures que le postier breton, on a, dans le Finistère, institué un Stud-book Norfolk-Brelon, qui n’a pas eu de suites. On ne trouve aujourd’hui que le Stud-book français publié par ordre du ministère de l’Agriculture et qui ne comprend que les chevaux de demi-sang nés et importés en France (section bretonne), tome I, 1849-1890; tome II, 1891-1898.

ENCOURAGEMENTS

Table des matières

Les postiers bretons étant considérés, d’ailleurs à juste titre, comme des demi-sang ou des animaux de trait léger, participent aux concours de pouliches et de poulinières organisés par l’Administration des Haras.

Concours de pouliches et de poulinières.

CONCOURS DE POULICHES.

Les subventions affectées aux concours de pouliches consistent, suivant les cas, en primes d’encouragement, de reproduction et de conservation.

En ILLE-ET-VILAINE, les concours de pouliches de 3 ans sont tenus à Fougères (les 6 cantons de l’arrondissement de Fougères); à Combourg (les 9 cantons de l’arrondissement de Saint-Malo, les cantons de Hédé et de Saint-Aubin-d’Aubigné); à Janzé (Rennes, cantons de Rennes, de Mordelles, de Châteaugiron et de Janzé ; Vitré — cantons de Rétiers et de la Guerche); Vitré (Rennes — canton de Liffré ; Vitré — cantons de Vitré, Argentré et Châteaubourg); à Messac (les 12 cantons des arrondissements de Redon et Montfort).

Il est distribué aux pouliches de trait léger:


Soit, au total, 1.110 francs offerts par le département.

Dans les CÔTES-DU-NORD, les pouliches de demi-sang concourent avec les pouliches de trait léger: en mars à Corlay (Corlay et Saint-Nicolas-du-Pélem), à Rostrenen (Rostrenen, Gouarec et Maël-Carhaix), à Loudéac (Loudéac, Uzel, Mûr, Plouguenast, La Chèze).

A Corlay et Rostrenen, où sont présentées des pouliches de 3 ans, il est distribué 2.4 10 francs divisés en 20 primes et flots de rubans.

Au concours de Loudéac, où est appliqué le programme spécial de la Société hippique de Loudéac, sont admises des pouliches de 1 an, de 2 ans et de 3 ans.

Le chiffre total des primes à décerner est de 2.700 fr. dont 1.190 francs sur les fonds offerts par le Gouvernement, affectés en primes de reproduction aux pouliches de 3 ans; 860 francs sur les fonds du département et 65o fr. sur ceux de la société attribués aux pouliches de 1 et 2 ans.

D’autres concours de pouliches de 3 ans ont lieu en août et septembre à Saint-Brieuc, Merdrignac, Plancoët, Paimpol, Guingamp, Lannion, Callac, Lamballe, en même temps que les concours de poulinières.

Les fonds de l’Etat sont attribués indifféremment à des pouliches de demi-sang ou de trait léger. Il en est de même de ceux du département, sauf à Saint-Brieuc, où ces fonds sont affectés exclusivement aux animaux de trait léger.

Il est distribué dans ces concours 4.130 francs ainsi répartis:


Dans le FINISTÈRE, les primes d’encouragement, de reproduction et de conservation accordées aux pouliches de demi-sang et de trait léger, de 2 ans et de 3 ans, sont distribuées: pour l’arrondissement de Brest, à Gouesnou ou à Lesneven par les soins de la Société hippique de Lesneven; pour l’arrondissement de Morlaix: à Saint-Pol-de-Léon et à Morlaix par les soins des Sociétés hippiques de ces localités; pour l’arrondissement de Châteaulin, à Carhaix et à Châteaulin; pour l’arrondissement de Quimper, à Quimper; et pour l’arrondissement de Quimperlé, à Bannalec.

Il est accordé : par l’Etat 10.475 francs, par le département 5.895 francs, par la société hippique de Morlaix 400 francs, soit au total 16.776 francs ainsi répartis:


En MORBIHAN, les concours de pouliches organisés par l’Administration des Haras se tiennent en même temps que ceux des poulinières: à Hennebont pour l’arrondissement de Lorient; à Vannes, à Guéméné-sur-Scorff pour l’arrondissement de Pontivy et à Ploërmel.

Il est alloué par l’Etat à chacun des concours de pouliches une somme de 225 francs. De son côté, le département inscrit à son budget, pour les concours de poulinières et de pouliches, une somme globale de 4.300 francs, qui est distribuée par les soins des sociétés d’agriculture et les syndicats agricoles.

Avec ce système les concours sont plus nombreux, mais leur intérêt est beaucoup moins grand.

Au Concours central d’animaux reproducteurs les pouliches postières de 3 ans sont dotées d’une somme de 1.800 francs divisée en 4 primes; d’une médaille d’or, d’argent et deux de bronze.

CONCOURS DE POULINIÈRES.

En ILLE-ET-VILAINE, les concours de poulinières ont lieu en même temps que les concours de pouliches, en septembre, à Fougères, Combourg, Janzé, Vitré et Messac.

A Messac, il n’est alloué de primes, et ce sur les fonds de l’Etat, qu’aux poulinières de demi-sang.

Dans les autres concours, il est affecté, sur les fonds du département, aux poulinières suitées


Dans les CÔTES- DU-NORD, les poulinières suitées peuvent prendre part aux concours organisés par l’Administration des Haras, à la seule condition d’être de demi-sang ou de trait léger. C’est dire que le jury doit souvent avoir une certaine difficulté pour juger et classer équitablement des sujets parfois très dissemblables.

Sauf à Saint-Brieuc, où les fonds donnés par le département sont exclusivement affectés aux animaux de trait léger, et à Lamballe, où les fonds du département sont réservés aux poulinières suitées d’un poulain de trait, les allocations, tant de l’Etat que du département, sont attribuées à des juments de toute espèce suitées d’un produit de demi-sang.

Les concours de poulinières se tiennent à Saint-Brieuc, Merdrignac, Loudéac, Plancoët, Paimpol, Guingamp, Lannion, Callac, Rostrenen, Corlay et Lamballe.

Il y est distribué : à Saint-Brieuc, 1.305 francs; à Merdrignac, 1.235 fr.; à Loudéac, 2.585 fr.; à Plancoët, 1.565 fr.; à Paimpol, 1.010 fr.; à Guingamp, 1.310 fr.; à Lannion, 2.115 fr.; à Callac, 775 fr.; à Rostrenen, 3.290 fr.; à Corlay, 3.290 fr.; à Lamballe, 2.010 fr.

En outre, à Corlay et à Rostrenen, il est accordé des primes de conservation à des juments de 4 et 5 ans, primées ou mentionnées à 3 ans, présentées suitées et pourvues de leur carte de saillie de l’année. A Corlay, ces primes ont une valeur de 2.000 fr.; à Rostrenen, de 2.100 fr.

Dans le FINISTÈRE, des concours de poulinières suitées ont lieu en septembre à Carhaix et à Châteaulin pour l’arrondissement de Châteaulin; à Quimper, pour l’arrondissement de Quimper et à Bannalec, pour l’arrondissement de Quimperlé.

Il est distribué :


Un concours spécial pour poulinières suitées et non suitées de demi-sang et de trait léger a également lieu à Saint-Pol-de-Léon, sous les auspices de la société hip-. pique de cette localité, comprenant dans sa circonscription les trois cantons de St-Pol-de-Léon, Plouescat et Plouzévédé.

Les primes sont ainsi réparties: 5 primes de conservation de 200 fr. chacune, aux juments de 5 ans primées à 3 ans.

42 primes, d’une valeur totale de 5.475 fr., aux juments suitées de 4 à 15 ans inclus.

7 primes d’une valeur totale de 85o fr. aux poulinières non suitées. En plus des médailles de vermeil, d’argent et de bronze.

Soit au total 7.325 fr., dont 6.000 offerts par le Gouvernement; 875 par la société hippique de St-Pol-de-Léon et 45o par le président de ladite société.

En MORBIHAN, il est distribué aux poulinières: à Hennebont, 1.000 fr. en 11 primes; à Vannes, 900 fr. en 9 primes, à Guéméné-sur-Scorff, 750 fr. en 9 primes; à Ploërmel, 950 fr. en 10 primes.

Au Concours central d’animaux reproducteurs, il est affecté aux juments de race postière, âgées de 4 ans et au-dessus, 10 primes d’une valeur totale de 4.900 fr., plus une médaille d’or, deux d’argent et sept de bronze.

CONCOURS DE POULAINS POSTIERS.

Le Conseil général du Finistère inscrit tous les ans au budget du département une somme de 4.000 francs pour subventionner le concours de poulains entiers de 18 mois et de 3o mois qui est organisé à Landerneau.

La Société hippique de Saint-Thégonnec tient également tous les ans, au bourg de Saint-Thégonnec, un concours destiné à encourager l’élevage et l’amélioration des poulains destinés à devenir étalons.

Les postiers concourent avec les demi-sang et les carrossiers et se disputent les 2.600 affectés à cette catégorie.

CONCOURS-ÉPREUVES D’ÉTALONS POSTIERS.

Des concours-épreuves pour chevaux entiers de 3 ans, d’espèce dite postiers bretons; nés et élevés dans les circonscriptions des dépôts d’étalons de Lamballe et d’Hennebont et destinés à être présentés dans l’année à la commission d’achat des Inspecteurs généraux des Haras, à Landerneau, ont lieu à Morlaix et à Brest.

Les chevaux sont d’abord présentés en main, puis attelés seuls à une voiture à deux roues contenant deux personnes. Toute voiture de course est interdite.

Les exercices, d’une durée de 15 minutes au moins, consistent en un ou plusieurs 8, au pas et au trot, et en plusieurs tours de piste au trot. La régularité des allures est de rigueur.

Les étalons ayant accompli d’une façon régulière le parcours du concours-épreuves sont dispensés des épreuves prévues par l’arrêté du 15 janvier 1 900.

A Morlaix, une allocation de 2.760 francs donnée par le Gouvernement est répartie en 14 prix.

A Brest, il est distribué 15 prix d’une valeur totale de 3.000 francs, dont 2.000 fr. accordés par le Gouvernement et 1.000 offerts par la Société hippique de Brest.

CONCOURS DE DRESSAGE. — CONCOURS HIPPIQUES.

Les postiers bretons peuvent prendre part à de nombreux concours de dressage ou concours hippiques.

En Ille-et-Vilaine, le Conseil général accorde des subventions de 800 francs, 1.500 francs et 400 francs à la Société hippique d’Ille-et-Vilaine, au Concours hippique départemental qui se tient à Rennes et à la Société hippique de Fougères.

Dans les Côtes-du-Nord, les diverses réunions hippiques constituent un puissant stimulant à la production du demi-sang postier et les subventions qu’accorde le département aux sociétés locales s’élèvent à la somme rondelette de 5.100 francs.

Il faut citer la Société hippique de Loudéac, la Société hippique des Côtes-du-Nord, la Société de dressage de Corlay, la Société de dressage de Loudéac, la Société hippique de Corlay. Le Conseil général des Côtes-du-Nord offre même une somme de 500 francs, à la Société hippique Brestoise.

Au concours de dressage de Corlay (en mai), où sont présentés des chevaux d’attelage et de selle, il est distribué 1.300 francs et des médailles d’or, d’argent et de bronze.

Le concours de dressage de Loudéac (en mai) comprend: 1° une présentation en mains; 2° une présentation aux trois allures des animaux montés; 3° une présentation des animaux attelés seuls; 4° des sauts d’obstacles.

Il y est affecté 1.420 francs, plus des médailles.

C’est la Société hippique des Côtes-du-Nord qui, au mois de juin, organise l’important concours de Saint-Brieuc.

Dans un certain nombre de classes d’attelage, les classes II, III, V, VI, VII, VIII, XI, XII, les chevaux hongres, les pouliches et les juments de demi-sang et de race postière concourent ensemble. Ne sont admis dans les épreuves départementales que les animaux nés et élevés dans le département des Côtes-du-Nord.

Sont au contraire admis dans les prix régionaux les chevaux de demi-sang et postiers nés et élevés dans l’un des cinq départements de la Bretagne.

Une somme de 5.800 francs est distribuée dans ces différents concours, où les animaux sont attelés seuls ou à deux.

Le concours de chevaux de selle de Corlay, qui se tient en juillet, est organisé par l’Administration des Haras et doté exclusivement par l’Etat et la Société sportive d’encouragement.

Il est présenté à ce concours un certain nombre d’animaux postiers et il en est qui, près du sang par leurs mères, obtiennent les plus hautes récompenses.

Dans le Finistère, sept sociétés hippiques reçoivent une subvention globale de 8. 900 francs de La part du département.

Ce crédit se répartit de la façon suivante:



Ces sociétés organisent des concours d’élevage, de dressage et d’animaux reproducteurs.

C’est ainsi qu’au concours de Morlaix (mai) il est distribué en prix départementaux et en prix régionaux aux chevaux hongres et juments présentés attelés seuls, attelés en paire, ou montés, une somme de 5.925 fr. offerte tant par le Gouvernement que par le département du Finistère, le département des Côtes-du-Nord et la Société hippique française.

C’est ainsi qu’à Brest (mai) il est distribué dans les mêmes conditions 6.080 francs accordés par le Gouvernement, le Conseil général du Finistère, et la Chambre de commerce de Brest.

Au concours de Quimper, qui se tient en juin, des prix d’une égale importance sont affectés aux épreuves d’attelage et de selle.

Dans le Morbihan, il est organisé à Vannes, au mois d’août, un concours hippique très suivi par les amateurs et les éleveurs.

Jusqu’en 1908, les postiers bretons prenaient part au Concours hippique de Nantes, organisé par la Société hippique française, dans les mêmes conditions que tous les autres demi-sang.

Le Conseil général du Finistère ayant bien voulu voter une importante subvention pour la création, à ce concours, d’une classe réservée aux postiers bretons, la Société hippique française, heureuse de coopérer à la mise en valeur d’une race dont les qualités sont de plus en plus appréciées, a inscrit au programme du Concours hippique, qui a lieu à Nantes, en mars, et ce, à partir de 1909, une classe réservée aux postiers bretons, et a affecté à ce concours spécial une somme de 2.000 francs divisée en 16 primes ou prix.

Au Concours central hippique de Paris, les postiers bretons, les hackneys, viennent encore rivaliser avec les demi-sang normands, vendéens, ou charollais et s’attribuent parfois la part du lion.

En 1907, Créole, une fille de Denmark-Vigorous, obtient le prix extraordinaire dans la 3e classe (attelage), et, dans la 5e classe (selle), une fille de Sélim et d’Althorp-Wonder remporte le 2e prix, cependant que Diaoul, par Revival et Old Times (primé en 1906 à Brest, Morlaix et Quimper, 1re prime à Nantes et à Morlaix en 1907) se place 4e dans la 5e classe (selle), 2e dans le prix des écoles (obstacles) et 2e dans le prix de l’élevage (obstacles).

En 1908, de nombreux hackneys: Porto, par Windsor; Aiglon, également par Windsor; Espion, par Birdstall-Connaught; Eudoxie, par Denmark-Vigorous (etc.), enlèvent, avec le prix extraordinaire, un 1er, un 2e et un 3e prix.

DÉBOUCHÉS

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REMONTE DES HARAS.

Les achats d’étalons postiers, qui se font tant à Paris, au Concours central de reproducteurs, qu’à Landerneau, constituent un débouché très important pour l’élevage breton et sont, principalement pour le Léon, une source de richesse.

Le chiffre des étalons postiers achetés par l’Administration des Haras est d’ailleurs en augmentation très sensible puisque, de 20 en 1903, de 22 en 1904, de 25 en 1905, de 3o en 1906, de 35 en 1907, il a été de 47 en 1908.

Si la moyenne du prix d’achat est à peu de chose près la même en 1908 qu’en 1907: 3.893 francs au lieu de 3.874, par contre les prix maxima 5.000, 4.900, n’avaient encore jamais été atteints. 16 étalons dépassent 4.000. Les prix inférieurs sont de 3.400, sauf pour un seul, acheté 2.800 francs.

En plus de l’Administration des Haras, des Commissions suisses, norvégiennes, espagnoles, procèdent à des achats importants pour leurs gouvernements respectifs et, tous les ans, il n’est pas exporté moins de 40 à 5o hackneys bretons, vendus à des prix très rémunérateurs, atteignant 10.000 et même 15.000 francs.

REMONTES MILITAIRES.

C’est le dépôt de remonte de Guingamp qui explore les départements bretons.

Sa commande, relativement peu importante — elle n’est que de 669 chevaux, — se compose principalement de chevaux de trait léger, aptes au service de l’artillerie et du train des équipages (55o en 1907), mais il est à présumer que l’augmentation de notre matériel de guerre, en batteries attelées, nécessitera l’achat d’un plus grand nombre de postiers bretons qui, par leur rusticité, leur poids, leur force et leur volume paraissent répondre aux services qu’on attend d’eux.

COMMERCE.

Animaux très séduisants, qui plaisent à l’amateur par leurs actions généralement très relevées, par l’ampleur de leurs formes, les hackneys qui brillent dans les concours trouvent facilement preneurs à de gros prix.

Tous les ans, au Concours hippique, MM. Léon Thome, Prosper Leleu, Auguste Roy présentent des hackneys qui sont très goûtés du commerce de luxe.

Des courtiers parcourent d’ailleurs tout le pays breton, achetant les postiers dans les fermes ou sur les foires, pour ensuite les envoyer dans le Midi de la France, l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie.

Il existe en Bretagne de nombreux marchands et, d’une façon générale, ils déclarent que leur clientèle est surtout satisfaite du postier breton issu du Norfolk.

Au Congrès hippique de 1906, M. Armand Gast, l’auteur d’un Essai sur la Bretagne hippique, a donné connaissance d’une lettre émanant d’un marchand de chevaux de Landerneau, M. H. Chanvril, de laquelle il résulte que, sur 1.600 chevaux vendus annuellement par lui, 3/4 sont des produits norfolksf

1.000 à 1.200 sont destinés à ses maisons de Bordeaux et de Toulouse, 500 vont remonter l’armée espagnole et italienne. Pour M. Chanvril, les propriétaires préfèrent aujourd’hui aux carrossiers que l’on vendait de 4 à 5.000 francs la paire, un attelage de Norfolks-Bretons dans les prix de 2.500 à 3.500 fr., qui sont employés à tous les usages et qui plaisent à la voiture par leur jolie prestance.

D’après un des plus gros courtiers de l’Ouest, M. M. Mathé, malgré la crise qui existe sur le cheval, la Bretagne est le seul pays dont les produits soient recherchés et vendus à des prix relativement élevés et cela parce qu’elle se sert, d’une façon méthodique, de l’étalon Norfolk.

Les poulains postiers se vendent, à 6 mois, de 150 à 300 francs, à un an ou 18 mois 400 à 500 fr.

Ceux qui sont, plus tard, susceptibles de faire des reproducteurs, atteignent jusqu’à 7 et 800 francs.

A l’âge de 4 ans, les postiers hongres plus ou moins étoffés, plus ou moins près du sang, dont la taille varie entre 1 m. 55 et 1 m. 65, se vendent isolément de 9 à 1.800 francs. Il en est qui atteignent 2.000, 2.500 et même 3.000 francs.

Les paires, suivant qualités, trouvent acquéreurs de 2.500 à 6.000 francs.

FOIRES

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Les foires bretonnes peuvent être divisées en deux catégories: 1° les foires ordinaires ou mensuelles, qui ont lieu régulièrement tous les mois ou tous les deux mois dans une localité ; 2° les grandes foires qui ne se tiennent qu’une ou deux fois par an dans un point plus ou moins central d’un arrondissement ou d’un canton.

Finistère. — Le Folgoët, 5 mars, 29 août, 9 septembre. Gouesnou, veille de l’Ascension, 25 octobre. Landivisiau, 2e mercredi de chaque mois, 15 et 22 septembre. Lesneven, dernier lundi, 25 juillet. La Martyre, 2e lundi de juillet (8 jours). Landerneau, 3e samedi de chaque mois, samedi précédant la Pentecôte, samedi précédant la Saint Michel, 24 et 25 novembre, 3, 4 et 5 octobre (achats d’étalons). Morlaix, 2e samedi, moins octobre et novembre, 15 et 16 octobre, 25 novembre. Scaër, 15 janvier, 15 février, 12 mars, 10 avril, 3 mai, 1er juillet, 24 août, 7 septembre, 1er octobre, 23 novembre, 16 décembre. Saint-Thégonnec, premier mardi de chaque mois, 1er jeudi d’octobre. Quimper, 15 avril, 2 mai, 3e samedi des autres mois.Quimperlé, lundi de la Passion, Jeudi Saint, 24 juillet, 10 août, 29 septembre, 17 et 28 octobre. Rosporden, 7 janvier, 6 décembre et 3e jeudi. Saint-Renan, 1er samedi. Châteaulin, 1er jeudi. Plonescat, 1er samedi saut en août, 10 août, 18 et 19 octobre. Saint-Pol-de-Léon, 4e mardi.

Morbihan. — Auray, 2e lundi de Carême, 1er juin, 25 juin, 22 juillet, 14 août, 16 octobre, 1er décembre. Erdeven, 18 avril. Daud, 4e samedi de janvier, 19 mai, 24 août, 28 octobre. Le Faollet, 22 janvier, 2e mardi de Carême, 3e mardi après Pâques, jeudi après, la Pentecôte, 20 juin, 6 juillet, mardi après la Saint Mathieu, 18 octobre, 13 et 31 décembre. Guéméné, 11 juillet, 9 octobre. Pontivy, 8 mai, 19 juin, 8 septembre, 21 octobre, 21 novembre. Ploërmel, 1er et 2e lundi de chaque mois. Josselin, dernier samedi de chaque mois. Vannes, tous les mercredis depuis les quatre-temps de Noël jusqu’au Carnaval, 21 mai, 22 août, lundi après le 18 octobre, 25 novembre. Lorient, dimanche des Rameaux, 1er lundi d’octobre. Hennebont, 17 janvier, jeudi de la Passion, 13 juin, jeudi après la Toussaint. Languidic, 2 janvier, 1er mars. 4e lundi de Carême, 28 mai, 31 juillet, 1er septembre. Pont-Scorff, 7 janvier, 19 mai, 25 juin, 22 juillet, 25 août, 9 décembre.

Côtes-du-Nord. — Dinan, 2e, 3e, 4e et 5e jeudis de Carême, dernier jeudi du mois. Plancoël, 1er samedi de Carême, 4 mai, 4 août, 29 août, 25 novembre. Guingamp, 1er samedi de janvier, samedi de la Mi-Carême, des Rameaux, 1er samedi de mai, 23 juin, 2e samedi dé septembre et octobre, 4e samedi de novembre, 24 décembre. Menez-Bré, 17 juin. Rostrenen, 1er mardi de janvier, de février, mardi après le 25 mai, 2e et 4o mardis de juin. 1er, 3e et 4e mardis de juillet, 16 août, mardi après la Toussaint, 1er mardi de décembre, mardi après Noël. Saint-Nicolas-du-Pelem, 2e lundi de mai, 3e lundi de septembre. Lannion, jeudi avant le dimanche gras, jeudi de la Mi-Carême, Jeudi Saint, 1er jeudi de mai, 23 juin, 1er août, 29 et 30 septembre, 31 octobre, 24 décembre. Lamballe, dernier jeudi de janvier, 1er mardi de Carême, jeudi avant le 25 avril, après l’Ascension, 25 juin, dernier jeudi de juillet, 24 août, 9 octobre, 28 octobre, dernier jeudi de novembre, jeudi avant Noël. Plaintel, 1er lundi de Carême, dernier lundi de juin, 1er d’octobre. Loudéac, tous les premiers samedi du mois. Merdrignac, 1er mercredi de janvier, de mars et d’avril, 2e de mai, dernier lundi de juin, 4e mercredi de juillet, 1er mercredi d’août et de septembre, 2e mercredi d’octobre, le 2 novembre. Corlay, 3e jeudi de janvier, 1er jeudi de février, jeudi avant la Passion, 2e jeudi après Pâques, lendemain de l’Ascension, 2e jeudi de juin, 22 juillet, 3e jeudi de septembre, 3e jeudi d’octobre. Uzel, 3e mercredi de chaque mois.

Ille-et-Vilaine. — Antrain-sur-Couesnon, 2e mardi d’octobre, mardi de Pâques, 2e mardi d’août et de décembre. Cesson, lundi après la Saint-Martin. Coesmes, jeudi avant le Carnaval, jeudi qui suit Pâques, 2e jeudi de juillet et d’octobre. Combourg, 1er lundi de septembre. janzé, 2e mercredi d’avril, mai, juin, juillet et d’octobre, 11 novembre. Fougères, samedi le plus près de la Chandeleur, samedi après la Mi-Carêtne; veille du dimanche des Rameaux; samedi après la Saint-Jean, 3 août, mardi qui suit le 1er septembre. Argentré-du-Plessis, 3e jeudi de Carême et de juillet. Redon, 2e et 4e lundis de chaque mois, lundi des Rameaux, 24 octobre. Bain, mardi de Pâques, lundi de Pentecôte, 1er et 3e lundis après le 14 novembre. Pipriac, 3e mardi, 2 mai, 26 octobre. Château neuf, 11 mai, 11 juin, 1er août, 9 octobre. Dol, dernier samedi. Vitré, 2e lundi de chaque mois. La Guerche, 1er mardi de février, d’avril, de juillet, mardi qui suit le 8 septembre et le 11 novembre. Rennes, le 1er de chaque mois.

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Ograniczenie wiekowe:
0+
Data wydania na Litres:
16 stycznia 2025
Objętość:
259 str. 32 ilustracji
ISBN:
4064066322977
Wydawca:
Właściciel praw:
Bookwire
Format pobierania:

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