Czytaj książkę: «Los carniceros y sus oficios»

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© Los autores, 2020

© De esta edición: Publicacions de la Universitat de València, 2020

Publicacions de la Universitat de València

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Maquetación: Letras y Píxeles, S.L.

Ilustración de la cubierta:

Albucasis. Observations sur la nature et les propriétés de divers produits alimentaires et hygiéniques, sur des phénomènes météorologiques, sur divers actes de la vie humaine, etc. Bibliothèque Nationale de France, NAL 1673. Fol. 61v. Marchand de viande de mouton Diseño de la cubierta: Publicacions de la Universitat de València

ISBN: 978-84-9134-690-6

Edición digital

ÍNDICE – TABLE DES MATIÈRES

Introducción – Introduction

LES BOUCHERS ET LEURS AFFAIRES ENTRE VILLES ET CAMPAGNES (FRANCE MÉRIDIONALE - ESPAGNE, XIIIe-XVIe SIÈCLES)

Catherine Verna et Sandrine Victor

1. Suministrar las ciudades. Competencias y poderes de los carniceros – Approvisionner les villes. Compétences et pouvoirs des bouchers

CAPÍTULO 1. LA APORTACIÓN DE LA GANADERÍA DE MENORCA AL APROVISIONAMIENTO DE LAS CARNICERÍAS MALLORQUINAS Y CATALANAS EN LA BAJA EDAD MEDIA

Antoni Riera

CAPÍTULO 2. CARNICERÍAS Y COMERCIO DE CARNE EN EL REINO DE ARAGÓN DURANTE EL SIGLO XV

Germán Navarro Espinach, Concepción Villanueva Morte

CAPÍTULO 3. LAS CARNICERÍAS MAYORES DE VALENCIA AL FINAL DE LA EDAD MEDIA. MONOPOLIO, INVERSIÓN Y BENEFICIO

Juan Vicente García Marsilla

2. Carnicerías, industria y empresas – Boucherie, industrie et entreprises

CAPÍTULO 4. LES BOUCHERS DE MARSEILLE AU XIVe SIÈCLE. AFFAIRES, RÉSEAUX ET POUVOIRS À LA VILLE ET DANS LA CAMPAGNE ENVIRONNANTE

Juliette Sibon

CAPÍTULO 5. LOS CARNICEROS Y EL NEGOCIO DE LA PIEL EN EL REINO DE CÓRDOBA A FINES DE LA EDAD MEDIA (1460-1520)

Ricardo Córdoba de la Llave

CAPÍTULO 6. ENTRE VILLES ET CAMPAGNES: LES BOUCHERS DU VALLESPIR (CATALOGNE, XVe SIÈCLE)

Catherine Verna

3. Familias de carniceros y redes de negocios – Familles de bouchers et réseaux d’affaires

CAPÍTULO 7. LOS CARNICEROS DE BESALÚ EN EL SIGLO XIV. LOS CASOS DE GUILLEM FORN Y LA FAMILIA MAS

Joel Colomer

CAPÍTULO 8. DU BOUCHER AU GRAND MARCHAND: LES AFFAIRES DES GRAVEZON (MILLAU, SECONDE MOITIÉ DU XIVe SIÈCLE)

Johan Paris

CAPÍTULO 9. LA FAMILIA CITJAR. CARNE, DINERO Y PODER EN LA BARCELONA DEL SIGLO XV

Ramón A. Banegas López

4. Carniceros castellanos: la fuerza de las pequeñas ciudades y de las villas – Bouchers castillans : la force des petites villes et des bourgs

CAPÍTULO 10. LOS CARNICEROS Y SUS NEGOCIOS ENTRE VILLAS Y ALDEAS: CASTILLA EN LA BAJA EDAD MEDIA

Mariana Zapatero

CAPÍTULO 11. LOS CARNICEROS Y SUS NEGOCIOS EN EL MUNDO RURAL CASTELLANO A FINES DEL SIGLO XV E INICIOS DEL XVI

David Carvajal de la Vega

INTRODUCCIÓN – INTRODUCTION

LES BOUCHERS ET LEURS AFFAIRES ENTRE VILLES ET CAMPAGNES (FRANCE MÉRIDIONALE - ESPAGNE, XIIIe-XVIe SIÈCLES)

Catherine Verna Université Paris 8 – UMR 7041 ArScAn

Sandrine Victor Institut National Universitaire Champollion, Albi – UMR 5136 Framespa

Les bouchers constituent l’objet central de cet ouvrage. Le choix du thème n’est en rien celui d’une monographie et doit plutôt se comprendre comme l’étape d’une trajectoire scientifique spécifique et l’illustration d’une enquête menée en parallèle, celle conduite sur l’entreprise rurale, dans un temps et un espace partagés. Les bouchers constituent l’observatoire d’un phénomène qui les dépasse, un observatoire d’autant plus riche que bouchers et boucheries ont profité, et encore très récemment, d’études fouillées et fondées sur des sources inédites, le plus souvent urbaines et où les grandes cités occupent une place de choix. Ce que cet ouvrage apporte de différent après tant d’études de qualité, c’est une attention particulière accordée aux liens entre villes (et petites villes) et campagne et à l’activité de boucherie comme une facette de la pluriactivité propre à l’entreprise médiévale.

Sans doute, l’Europe méridionale et ses archives notariées et comptables est-elle particulièrement bien adaptée à cette enquête. Dans les espaces du Languedoc, de la Provence et des Couronnes de Castille et d’Aragon, le boucher est souvent membre des élites des grandes cités, mais également des bourgs et des petites villes, acteur des politiques fiscales, en particulier par la ferme des taxes indirectes levées sur les produits de consommation, entrepreneur inscrit dans des domaines connexes de l’artisanat et de l’industrie dont il alimente et parfois domine les marchés (laine, cuir, suif), maquignon en mouvement dans les espaces de chalandises. À partir du cas des bouchers, dont les activités multiples se révèlent pourvoyeuses d’écrits, il s’agit d’approcher l’entrepreneur, à la ville, dans les campagnes et entre villes et campagnes, entre productions et marchés, engagé dans les affaires autour du trafic des animaux et des produits qui en dérivent, dont les disponibilités financières et les réseaux lui permettent d’exercer une très large pluriactivité. L’homme n’hésite pas à saisir toutes les opportunités, aider en cela par la pratique des techniques qui y sont associées (expertiser le bétail et la viande, compter, mesurer, pratiquer le crédit, établir des changes monétaires etc.). Il dispose également d’un capital symbolique. Sa réputation, sa fama, associée à son réseau sont, en effet, des armes commerciales redoutables.1 Il est, en quelque sorte, le marqueur privilégié d’une forme de sociabilité économique permettant à l’historien d’interroger à la fois les réseaux d’affaires, la pluriactivité, l’entreprise et les liens ville-campagne.

DES BOUCHERS DES GRANDES VILLES À CEUX ENTRE VILLES ET CAMPAGNES

L’historiographie, tant française qu’espagnole –mais la réflexion pourrait parfaitement s’étendre à l’aire méditerranéenne et en particulier à la péninsule italienne–,2 ne manque ni de bouchers ni de boucheries. Récemment, la boucherie a occupé une place majeure dans le domaine de l’histoire de l’alimentation, assortie d’un volet d’études sur le marché de la viande et, plus largement, sur l’approvisionnement des villes. L’ouvrage de Ramón A. Banegas López présente l’état de la recherche européenne dans ce domaine: la viande, son marché, sa qualité, sa découpe, sa surveillance en sont les thèmes privilégiés.3 Le boucher est dans son métier, urbain pour l’essentiel, bien inscrit dans une sociabilité qui recoupe souvent sa pratique professionnelle. Il détient ou loue les étaux et s’insère dans la politique fiscale de la ville en prenant traditionnellement à ferme les aides sur la viande. L’histoire de la boucherie et des bouchers, dans le domaine de l’histoire sociale de l’alimentation, est donc devenue un pan de l’histoire des grandes villes tant la viande est importante pour la consommation urbaine et le revenu qu’en tirent les cités (comme la sisa étudiée dans cet ouvrage à Valence et à Saragosse – Juan Vicente García Marsilla; Germán Navarro Espinach et Concepción Villanueva Morte). Elle est également une histoire des notabilités urbaines où les bouchers témoignent d’une ascension parfois fulgurante au cours des derniers siècles du Moyen fige.4 Cette ascension aboutit aux gouvernements urbains qu’ils intègrent, du fait de leur position maîtresse dans une ville turbulente et de plus en plus carnassière et grâce à leur large capacité financière mise au service des élites urbaines. Paris en constitue un cas exemplaire, mais non isolé.5 Dans cet ouvrage, Mariana Zapatero insiste sur les rapports étroits noués entre les bouchers et les autorités locales dans le cadre de la Couronne de Castille et propose une relecture des ordonnances et des litiges liés au contrôle du marché de la viande, enjeu hautement politique, mais également enjeu géostratégique de gestion du maillage rural correspondant au territoire de la cité. À une autre échelle, Juliette Sibon signale qu’à la fin du XIVe siècle, trois bouchers font partie des puissants créanciers qui concèdent aux syndics de Marseille un prêt suffisamment lourd pour qu’il soit hypothéqué sur les impôts municipaux et les revenus de la Table de mer, une autre forme du contrôle de la cité.

Cependant, une constatation s’impose: le boucher urbain est rarement suivi par ses historiens en dehors de la ville, sinon ponctuellement, pour parfois aboutir à la reconstitution de ses affaires dans les campagnes où il s’approvisionne. Il convient pourtant d’insister sur la mobilité géographique de ces hommes qui parcourent l’espace autour de leur cité d’origine pour trouver la viande nécessaire, une pratique propice à la création de larges réseaux. Partir des bouchers des villes et des sources urbaines peut donc s’avérer utile pour reconstituer les contacts entre ville et campagne. Ce fil rouge des affaires permet aux historiens d’atteindre l’espace des bourgs, des petites villes et des villages. Philippe Wolff en a fait l’expérience dans sa thèse: même si les bouchers ruraux, les maquignons, les bergers et autres intermédiaires qui leur sont associés, tous fournisseurs de la ville en viande ou en produits dérivés, ne sont pas traités de façon à aboutir à une étude prosopographique ou biographique, ce sont pourtant bien des figures d’entrepreneurs qui se dégagent des sources toulousaines. Ces hommes, du fait même des contraintes et des opportunités de leur métier, tissent des relations à la mesure du large ancrage régional de leurs activités.6 La consommation régulière de viande (certes de nature et de qualité très diversifiées, Germán Navarro Espinach et Concepción Villanueva Morte), quel que soit le niveau social des consommateurs, ouvre, en effet, sur la question prégnante de l’approvisionnement.7

Les boucheries sont multiples dans les cités et elles sont souvent spécialisées en fonction de la nature du bétail ou de la qualité de la viande mais aussi des confessions des consommateurs (Chrétiens et Juifs à Marseille et à Saragosse). Juan Vicente García Marsilla nous propose une plongée dans la boucherie de Valence, une ville fortement consommatrice qui rassemble au milieu de XVe siècle quarante tables de boucherie, reparties sur six sites dominés par les Carnicerias Mayores et les «seigneurs de la grande boucherie», seigneurs utiles qui sont les propriétaires des tables et correspondent à une quarantaine de rentiers parmi les notables de la cité qui défendent âprement leurs privilèges octroyés par la Couronne au XIIIe siècle et consolidés par la suite. Nous entrons ainsi de plain-pied dans la boucherie majeure: reconstitution des espaces, désignation des tables mises à disposition sous forme de parts, montant de leur location annuelle, revenus et coût de ces tables, types de viandes consommées. Les bouchers, et de plus en plus de marchands et d’entrepreneurs qui sous-traitent avec des bouchers artisans (utilisateurs modestes des tables qu’ils leur louent) tirent de substantiels revenus du contrôle de l’ensemble de la chaîne de production, de l’approvisionnement à la vente; de fait, ils sont en capacité d’organiser des disettes artificielles, et de spéculer (comme en Castille, Mariana Zapatero).

L’activité des bouchers, si elle se concentre sur l’abattage, le débitage et la vente des viandes, est très diversifiée en amont de la boucherie urbaine et projette, comme nous l’avons déjà abondamment souligné, les bouchers forcément en dehors de la cité. Rappelons que l’approvisionnement en viande est une préoccupation majeure des gouvernements municipaux, comme à Valence, qu’il s’agisse d’encadrer les importations en viande ou d’envoyer des émissaires pour se procurer du bétail sur les grandes foires d’Alpuente et Albacete car la majorité du bétail acheté par la municipalité provient de Castille et de Teruel (Juan Vicente García Marsilla; Germán Navarro Espinach et Concepción Villanueva Morte) et fait l’objet de contrats qui mobilisent de forts capitaux. C’est là une des activités les plus lourdes et souvent périlleuses et risquées que les bouchers doivent assurer: celle du transport des troupeaux (parfois des centaines de têtes de bétail) qui, une fois rassemblés, sont acheminés vers les villes. Outre les contrats conclus entre éleveurs et bouchers, les registres des douanes restituent ces flux réguliers de transhumance (Germán Navarro Espinach et Concepción Villanueva Morte). Les bouchers, organisés en sociétés souvent de grande envergure, se portent également eux-mêmes vers les campagnes, parfois très lointaines où ils savent pouvoir s’approvisionner. La grande ville, ses bouchers et les sources urbaines sont donc un accès aux affaires de la viande dans les campagnes, souvent par le relais des foires, des petites villes et des bourgs.

De ce point de vue, les textes rassemblés dans ce volume permettent de contraster les angles de vue, en partant du lieu d’importation pour revenir vers la cité. Ainsi, le cas de Minorque démontre combien l’activité d’élevage, attentive à la quantité comme à la qualité du bétail, est largement orientée vers le marché d’exportation. Elle s’inscrit dans une action politique, qu’il s’agisse de la souscription à des contrats d’approvisionnement urbain, associés souvent à l’exclusivité, ou de la politique fiscale articulée aux échanges internationaux impulsés par les cités. C’est à cette échelle de réflexion que nous invite Antoni Riera. Les bouchers de Majorque et de Barcelone aux deux extrémités de la chaîne de distribution, sont avec les marchands et les négociants de la laine (catalans et italiens) les interlocuteurs privilégiés des éleveurs minorquins. Les bouchers demeurent néanmoins en retrait dans les sources étudiées par Antoni Riera qui focalise toute son attention sur les conditions complexes de mise en place et le développement d’un élevage pour l’exportation, en amont des boucheries.

Il faut, dans ce cas précis, adosser l’étude à celle proposée par Ramón A. Banegas López qui nous fait entrer dans la famille Citjar, grande famille de bouchers barcelonais du XVe siècle, autour de la personne de Joan Citjar. Une nouvelle fois, le monde de la boucherie est très proche du pouvoir urbain. La fortune tant économique que politique de Joan est assise sur sa capacité à payer le bétail et le prix de sa circulation d’au-delà des Pyrénées jusqu’à Barcelone, parfois avec l’appui financier du gouvernement municipal, car Joan devient le fournisseur exclusif de la cité de Barcelone au grès des tensions internes qui secouent la ville et sous l’égide de la puissante (et fortement consommatrice de viande) Pia Almoina. Contrôler l’approvisionnement d’une grande cité, à partir d’une vaste zone de chalandise, du comté de Foix à l’Empurdan, c’est aussi être en capacité de s’introduire dans le gouvernement municipal de petites villes; c’est ce que Juan Citjar parvient à faire au moins à Puigcerdà. Notons, dès à présent, qu’à partir du cas de Puigcerdà, Ramón A. Banegas López montre que les bouchers de petites villes peuvent également, en retour, être très actifs.8 Ils établissent d’autant mieux un lien commercial et financier fort qu’ils se font reconnaître comme citoyens de Barcelone, détenteurs de tables à la grande boucherie. C’est également par ce jeu à l’origine fiscale entre ville et campagne mais aussi grâce à leur capacité à accorder des prêts dans les villages de Provence, que les bouchers de Marseille peuvent fidéliser autant les éleveurs que les notables locaux en position d’accorder (ou non) un monopole d’approvisionnement à la cité (Juliette Sibon).

À partir du cas marseillais à la fin du Moyen fige (et plus largement de la Provence) Juliette Sibon rappelle également la large pluriactivité inhérente à la profession de boucher. Bien sur l’activité industrielle enrichit la puissance des bouchers urbains (Marseille, Cordoue) et ils sont les seuls interlocuteurs des tanneurs et des cordonniers dans la cité célèbre pour ses cuirs qu’est Cordoue, qu’il s’agisse de peaux de vaches, de taureaux et de bœufs pour les semelles de chaussure, de brebis et de chèvres pour les courroies et zamarras, d’équidés pour la sellerie (Ricardo Córdoba de la Llave). L’industrie du cuir s’approvisionne prioritairement dans les campagnes proches, multipliant les lieux d’achat et profitant de mesures protectionnistes qui garantissent aux artisans des cuirs un accès privilégié à la matière première locale (comme à Madrid et à Murcie), une législation dont chacun sait qu’elle est difficile à appliquer tant la tension sur la matière première (et les prix) est forte. Un complément lointain est de toute façon nécessaire (pour Cordoue, les territoires de Jaén, Séville et Tolède). Précisons qu’il s’agit toujours d’un approvisionnement délicat car les peaux ne doivent pas être endommagées. À partir des contrats notariés, Ricardo Córdoba de la Llave livre une précieuse série de prix des peaux à Cordoue qui confirme leur hiérarchie en fonction de l’animal, les plus chères étant celles de bœufs et de taureaux. Le prix de la peau dépend également du prix du transport du bétail qui, comme il a été souligné, peut être très onéreux.

Il est à noter que l’enquête sur les bouchers profite actuellement d’une remise en cause historiographique: celle de la domination exclusive des grandes villes sur les campagnes, telle qu’elle a été formalisée dans un autre domaine de recherche, avec l’industrie et le verlagssystem, invitant à une nouvelle lecture des rapports entre espaces rural et urbain. Une meilleure connaissance de la vie des hommes engagés dans cette forme du contrôle des campagnes (le verlag) fait apparaître, en effet, qu’ils sont parfois originaires des lieux périphériques vers lesquels ils portent leurs activités et leurs capitaux.9 Qui domine dans ce cas de la ville et de ses campagnes? La question mérite d’être posée et élargie au domaine de la viande quand les bouchers ruraux et leurs réseaux atteignent la cité et orientent vers les bourgs et les petites villes de leurs origines, où s’épanouit leur réseau familial et amical, des capitaux rassemblés dans la cité.

LES BOUCHERS DES PETITES VILLES ET DES BOURGS

L’étude des relais que constituent les petites villes et les bourgs connaît un regain d’intérêt en tant qu’observatoire majeur des dynamiques rurales. La petite ville, ou vila-mercat en Catalogne, est dans l’historiographie espagnole mieux circonscrite que le bourg qui est un espace de recherche davantage investi par les historiens français.10 Dans le cadre de notre enquête sur les bouchers du Languedoc à la Castille, petites villes et bourgs disposent d’une capacité commune à rassembler marchés, ateliers et études notariales.11 L’intérêt n’est néanmoins pas strictement méridional, comme en atteste un article récent consacré aux bouchers des petites villes nivernaises.12 Le sujet a même pu profiter d’études pionnières comme celle qu’Édouard Perroy a dédiée aux Chambons dans la ville de Montbrisson.13 Il n’est pas surprenant, en outre, que les sources notariées catalanes, dont nous nous limiterons ici à rappeler la richesse, en particulier celles des bourgs du Vallespir et de l’Empordà, aient récemment livré l’activité de bouchers entrepreneurs.14 Rappelons que le débitage de la viande, les conditions de vente sur les étaux, la fixation des prix et les prescriptions sanitaires, sont des thèmes qui ont particulièrement intéressé les historiens dès les années 1970, à partir de la lecture des chartes de franchises et de privilèges des petites villes.15 Leurs réflexions ont été récemment enrichies par l’apport de l’archéologie et, en particulier, de l’archéozoologie.16 C’est dans ce même espace que peut être interrogé, tout comme dans la cité, le pouvoir politique des bouchers qui passe par le contrôle de la représentativité communale, les bouchers occupant une place d’intermédiaires à la périphérie des élites rurales traditionnelles comme cela a pu être étudié à partir du cas du Vallespir.17

Ainsi, dans ce contexte, des enquêtes serrées et inédites nous entraînent dès le début du XIVe siècle dans la Couronne d’Aragon (Joel Colomer à Besalú), plus tardivement dans celle de Castille (David Carvajal de la Vega, à partir des fonds notariés conservés pour le nord de la Meseta, à la fin du XVe siècle), inscrivant les bouchers dans leurs réseaux familiaux et d’affaires. Le Languedoc n’est pas absent: à partir de la petite ville de Millau et de ses belles archives notariées, Johan Paris est en mesure de suivre l’ascension de la famille Gravezon. Quel que soit le lieu, le boucher tient son étal; il peut en détenir plusieurs; il peut en louer certains. Il doit être capable d’y proposer de la viande dont les quantités sont à la mesure d’une population devenue carnivore (David Carvejal de la Vega en Castille, à San Martín de Valdeiglesias); s’y ajoute la vente des produits dérivés (le fumier, les peaux). L’absolu nécessité de l’approvisionnement et sa complexité poussent les bouchers à faire élever du bétail au point d’être assimilés à des éleveurs auxquels ils peuvent également s’associer par l’usage de contrats de gazaille, ce qui est un moyen habile d’orienter l’approvisionnement de telle façon qu’il corresponde, non seulement aux quantités attendues, mais également à la qualité. Les contrats mixtes qui associent prêt et gazaille assurent aux bouchers des petites villes un contrôle de ceux qui les approvisionnent. Comme pour les grandes villes, l’approvisionnement est au cœur du métier d’autant que les bouchers ruraux sont capables de se procurer du bétail loin de leurs villages d’origine, par l’intermédiaire des foires de Castille, les grandes comme Medina del Campo, ou les plus modestes, en Estramadure, par exemple (David Carvajal de la Vega), dont ils sont les acteurs bien informés. Les bouchers profitent également de leur situation particulière entre villes et campagnes pour s’activer dans certains domaines financiers, comme le boucher Juan de Olmedo, procurateur financier à Medina del Campo (David Carvajal de la Vega), certains prenant la ferme des rentes royales (comme à Besalú, Joel Colomer), et plus communément celle des taxes indirectes sur la viande (Catherine Verna, Arles-sur-Tech) mais également sur des produits associés, comme ceux relevant de la cordonnerie. Ils le font d’autant plus qu’ils sont également impliqués dans la vente et la transformation des produits dérivés (commerce de la laine et des peaux, en particulier, Catherine Verna, Joel Colomer). Si les bouchers de Besalú se livrent au commerce des peaux, ils investissent également dans leur transformation. À Arles-sur-Tech, les bouchers achètent des parts de teintureries; l’un d’entre eux, Pere Comelles, se lance également dans l’exploitation des mines argentifères, établissant des liens étroits entre le Vallespir et la Couronne d’Aragon (Catherine Verna). Il faut pour faire tout cela en avoir la capacité financière (l’usage du crédit est généralisé); être également capable de générer ou de participer à des sociétés et être en mesure de défendre ses intérêts et, dans ce cas, il faut tout autant savoir lire, compter et apprécier une comptabilité qu’une tête de bétail. On en revient, une nouvelle fois, aux compétences et aux savoirs.18

Pour mieux les apprécier, David Carvajal de la Vega nous fait entrer dans des compagnies de bouchers ouvertes également à d’autres porteurs de capitaux car l’association permet de répondre collégialement au coût de l’achat et surtout du transport du bétail. Même dans les bourgs, les bouchers savent jouer de différents types de contrats où la commande et/ou le contrat de gazaille occupent une grande place (Besalú). Le consentement de prêts, où le bétail sert de garantie, consolide des liens entre bouchers et paysans et induit dans ce contexte également le type de bétail élevé en fonction des marchés sélectionnés par les bouchers. Une chose est sure: les bouchers, même ceux des bourgs, sont, quand les sources permettent d’entrer dans la précision des contrats, parmi les grands pourvoyeurs de crédit dans les campagnes, ce qui explique leur influence et leur puissance locales.

LA BIOGRAPHIE: UN OUTIL POUR L’ENQUÊTE

L’imbrication des espaces et des activités se donne à voir dans l’exercice exemplaire de la biographie (qu’il convient bien évidemment de clairement distinguer de la prosopographie). Reconstituer des biographies n’est pas une fin en soi mais un moyen, une démarche pour accéder à une meilleure connaissance, par l’homme, de son activité et de ses réseaux, quels que soient ses domaines de compétence. En particulier, la biographie est un outil, parfois le seul dont l’historien dispose lorsqu’il s’agit d’approcher une forme spécifique de l’entreprise, celle des campagnes.19 Elle permet, ainsi, d’aborder les bouchers ruraux, leurs réseaux et leurs affaires, d’autant mieux que, comme le souhaitaient les théoriciens de la microstoria, l’individu choisi est à la marge des notabilités traditionnelles, ce qui est souvent le cas.20 Des dossiers récemment constitués et exposés prouvent que les bouchers donnent du corps à cette étude au ras du sol qui nous est si précieuse pour comprendre l’économie rurale. À partir du boucher, c’est une histoire des entreprises à la campagne qu’il est possible de construire car les conditions pratiques de l’approvisionnement dans les bourgs et les petites villes touchent à divers aspects de l’économie: élevage local et transhumance, contrat de gazaille, location de prairies, participation au marché de la laine, achat de parts et investissement courant dans l’industrie du cuir.. L’homme devient un point nodal à partir duquel se nouent des circuits de production et d’échange qui innervent profondément les campagnes et induisent des flux financiers et monétaires, en particulier à la fin du Moyen fige. Cette démarche a déjà livré des portraits de bouchers entrepreneurs. Le plus couramment, ils sont repérés en ville.21 L’enquête à la campagne, plus rare, n’en est pas moins déjà riche de résultats. Il ne paraît pas inutile de rappeler une nouvelle fois l’étude pionnière d’Édouard Perroy sur les Chambons, bouchers de la petite ville de Montbrison (en Forez). Sur trois générations, les Chambons établissent une fortune considérable en se livrant au commerce des draps et à celui de l’argent, auxquels ils ajoutent la spéculation foncière à partir de leurs très importantes disponibilités en capitaux. Autour des bancs de la boucherie, la capacité de ces hommes leur permet de dominer des marchés fondamentaux. À Montbrison, Édouard Perroy n’hésite pas à écrire à propos du troisième Chambon «qu’il trafiqua de tout»: du sel, du saindoux, des peaux, de la quincaillerie également (clouterie, objets de fer et d’acier), il ajoute à tout cela l’activité de marchand drapier (en particulier, draps du Puy et draps de Lodève). En Vallespir, un district industriel connu pour sa métallurgie, ce sont les bouchers qui dominent le marché du fer en gros et définissent le «juste prix».22 Cette maîtrise du marché, ils la tiennent de leur capacité financière mais aussi du lien qui les unit étroitement aux travailleurs des forges. Ils approvisionnent en viande et autres produits les ateliers isolés en montagne et ils se font payer en fer, en lingots de fer. L’un d’entre eux est particulièrement actif dans un domaine peu fréquenté par ses compères: l’extraction de l’argent. Il s’agit de Pere Comelles, boucher, marchand et exploitant minier qui, à la fin de sa vie, est en capacité d’atteindre les rangs de la petite aristocratie et cela par l’usage du prêt.23 Il prête tout autant aux notables de Perpignan qu’à l’aristocratie, celle des chevaliers (le seigneur de Bages, petit bourg de la plaine du Roussillon), mais également à des familles de plus haut lignage comme les Périllos. C’est Francesc de Fenouillet, vicomte de Périllos, qui lui cède la seigneurie de Saint-Marsal. Il s’agit du stade ultime d’un long processus d’endettement. Pere Comelles devient alors, en 1440, seigneur de Saint-Marsal, sur les pentes du Canigou, là où s’ouvrent les mines de fer. À Millau, Johan Paris nous livre les vies de Martin Gravezon boucher et de son fils Johan qui, à partir du réseau constitué par son père, pratique le commerce des draps et se hisse dans l’aristocratie de la cité; de même Joel Colomer restitue le portrait magistral de Guillem Forn, qu’il inscrit dans sa famille et celle de ses concurrents, les Mas, à Besalú.24 Parfois, des portraits peuvent être seulement esquissés comme celui d’Esteban Montfort, boucher de Mirambel durant la seconde moitié du XVe siècle (Germán Navarro Espinach et Concepción Villanueva Morte); ce sont également des morceaux de vie, trop rapidement estompés, qui apparaissent aux détours des registres judiciaires de la Couronne de Castille (David Carvajal de la Vega). Accompagnant une activité souvent harassante qui leur impose d’être présents sur de vastes espaces et dans des réseaux très divers pour établir et conforter leurs assises économiques, les bouchers se livrent aussi, pour asseoir leur fortune et leur famille, aux jeux des alliances matrimoniales. Établir son pouvoir et celui de sa famille imposent la construction de dynasties dont la réussite parfois fulgurante n’en est pas moins souvent fragile (Ramón A. Banegas López, à Barcelone; Johan Paris, à Millau; Joel Colomer, à Besalú). Tant que l’homme est désigné comme boucher, sa notoriété est liée à ses affaires, toujours en mouvement, en équilibre et en tension entre espaces et groupes sociaux.

1 Juliette Sibon y Sandrine Victor (coord.): «Normes et marchés en Occident, XIIIe--XVe siècle. De la professionnalisation des activités économiques autour de la viande et du vin», numéro spécial Rives Méditerranéennes, 55 (2017).

2 Fabien Faugeron: «Nourrir la ville: l’exemple de la boucherie vénitienne à la fin du Moyen fige», Histoire urbaine, 2006/2, pp. 53-70; Id.: Nourrir la ville: ravitaillement, marchés et métiers de l’alimentation à Venise dans les derniers siècles du Moyen fige. Rome, École Française de Rome (362), 2014.

3 Ramón A. Banegas López: Europa carnívora. Comprar y comer carne en el mundo urbano bajomedieval. Gijón, TREA, 2012.

4 Entre autres, Fabien Faugeron: op. cit. Ramón A. Banegas López: Sangre, dinero y poder. El negocio de la carne en la Barcelona bajomedieval. Lerida, Milenio, 2016; Id.: «Comer carne y pagar impuestos. El impacto de las imposiciones municipales en el comercio barcelonés de carne durante el siglo XV», Anuario de Estudios Medievales, 2009, pp. 329-355. Benoît Descamps: «Tuer, tailler et vendre char»: les bouchers parisiens à la fin du Moyen fige, vers 1350 - vers 1500. Thèse. Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2009. Pour Valence, nous disposons des études de Juan Vicente García Marsilla: «La sisa de la carn. Ganadería, abastecimiento cárnico y fiscalidad en los municipios valencianos bajomedievales», en R. Vallejo Pousada (ed.): Tributos de la tierra. Fiscalidad y agricultura en España, siglos XII-XIV. Valencia, Universitat de València, 2008, pp. 81-101. Juan Vicente García Marsilla, M. D. López Gila y Miquel Rosselló: «Localització d’unes possibles carnisseries medievals al barri de la Xerea (València)», Qulayra, Revista d’Arqueologia i Estudis Històrics, 2006, pp. 113-138.

5 B. Descamps: «Tuer, tailler et vendre char»: les bouchers parisiens à la fin du Moyen fige… Voir aussi, Juan A. Bonachía Hernando: «Abastecimiento urbano, mercado local y control municipal: la provisión y comercialización de la carne en Burgos (siglo XV)», Espacio, Tiempo y Forma. Serie III, 5 (1992), pp. 85-162.

6 Philippe Wolff: Commerces et marchands de Toulouse, vers 1350 – vers 1450. Paris, Plon, 1954. Voir également, Gilles Caster: «Les cuirs bruts à Toulouse au XVI e siècle», Annales du Midi, 1978, pp. 353-376.

7 Entre autres, F. Faugeron: «Nourrir la ville: l’exemple de la boucherie vénitienne à la fin du Moyen fige»; Benoît Descamps: «De l’étable à l’étal: les circuits d’approvisionnement en viande à Paris, à la fin du Moyen fige», en Alimentar la cuidad en la Edad Media, Nájera, Encuentros internacionales del Medioevà, 2008. Logroño, Instituto de Estudios Riojanos, 2009, pp. 333-350.

8 Marc Conesa: D’herbe, de terre et de sang. La Cerdagne du XIV e au XIX e siècle. Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, 2012.

9 Catherine Verna: L’industrie au village. Essai de micro histoire (Arles-sur-Tech, XIVe et XV e siècles). Paris, Les Belles-Lettres, 2017.

10 Entre autres, Guy Bois: «Entre la cuitat i el camp: el burg medieval», L’Avenç, 1995, pp. 36-41; Judicaël Petrowiste: Naissance et essor d’un espace d’échange au Moyen fige. Le réseau des bourgs marchands du Midi toulousain ( XIe-milieu du XIVe siècle). Thèse. Université de Toulouse-le-Mirail, 2007. Une synthèse pour la Castille, Pascual Martinez Sopena: «Le rôle des petites villes dans l’organisation de l’espace en Castille», en M. Bourin y S. Boisselier (ed.): L’espace rural au Moyen fige. Portugal, Espagne, France (XII-XIVe siècle), Mélanges en l’honneur de Robert Durand. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2002. Mercè Aventín Puig: «Le rôle du marché dans la structuration de l’habitat catalan au bas Moyen fige: l’exemple du Vallès oriental», en M. Berthe y B. Cursente (ed.): Villages pyrénéens. Morphogénèse d’un habitat de montagne. Toulouse, CNRS/Université Toulouse-Le Mirail, 2001, pp 273-282. Également, Catherine Verna: L’industrie au village…, pp. 21-31.

11 François Menant y Jean-Pierre Jessenne (ed.): Les élites rurales dans l’Europe médiévale et moderne: actes des XXVIIe journées internationales d’histoire de l’abbaye de Flaran, 9, 10 et 11 septembre 2005. Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2007.

12 Christophe Giraudet: «Les bouchers dans les petites villes à la fin du Moyen fige: l’exemple du Nivernais», Annales de Bourgogne, 2010, pp. 115-146.

13 Édouard Perroy: «Les Chambons, bouchers de Montbrison», en Études d’histoire sociale, Toulouse, 1979.

14 Joel Colomer: «La carnisseria de la vila de Santa Pau (1330-1337)», Annals del Patronat d’Estudis Històrics d’Olot i comarca, 15 (2005), pp. 13-38; Ramón A. Banegas López: «Travail et techniques des bouchers et des poissonniers dans la Catalogne rurale, XIVe et XVe siècles», en C. Verna y P. Benito (ed.): Savoirs des campagnes, Études roussillonnaises. Revue d’histoire et d’archéologie méditerranéennes, Perpignan, Trabucaïre, 2013-2014, pp. 145-152.

15 Deux exemples de travaux à partir des chartes de coutume de petites villes: Yves Dossat: «La boucherie à Cordes-Tolosannes à la fin du XIIIe siècle», en Carcassonne et sa région. Carcassonne, Gabelle, 1970, pp. 243-253; Daniel Christiaens: «La boucherie à Prayssas, 1266-1790», Revue de l’Agenais, 2008, pp. 369-378. On peut consulter également de nombreuses références dans J. Petrowiste, Naissance et essor…

16 Jean Catalo y Isabelle Rodet-Belarbi: «Déchets de boucherie et alimentation au XIVe siècle à l’hôpital du Pas, à Rodez», Archéologie du Midi médiéval, 1995, pp. 187-195; Isabelle Rodet-Belarbi y Vianney Forest: «Les activités quotidiennes d’après les vestiges osseux», en J. Chapelot (ed.): Trente ans d’archéologie médiévale en France. Un bilan pour un avenir, Actes du congrès de la Société d’Archéologie Médiévale, Vincennes, 16-18 juin 2006. Caen, publications du Crahm, pp. 89-104; Vianney Forest y Isabelle Rodet-Belarbi: «Viandes animales dans le Languedoc-Roussillon rural médiéval: bilan 2010», en Processing, Storage, Distribution of Food – Food in the Medieval Rural Environment, Actes du congrès international Ruralia VIII (7-12 septembre 2009, Lorca, Espagne), série Ruralia. Turnhout, Brepolls, 2011, pp. 91-112.

17 Catherine Verna: «Élites rurales, industries et fortune», en Élites rurales méditerranéennes au Moyen fige, Mélanges de l’École française de Rome, Moyen fige, 124-2. Rome, École Française de Rome, 2012, pp. 461-478.

18 C. Verna y P. Benito (ed.): Savoirs des campagnes (Catalogne, Languedoc, Provence) XIIIe-XVIIIe siècle, Études roussillonnaises. Perpignan, Trabucaïre, 2013; en particulier, Catherine Verna y Pere Benito: «Mobiliser des savoirs dans les campagnes médiévales et modernes», pp. 9-15; Josep Hernando Delgado: «L’aprenentatge de lletra en el món rural segons els Registra ordinatorum del bisbat de Barcelona, anys 1400-1500. Escolars i tonsurats», en Savoirs des campagnes…, pp. 105-114.

19 Catherine Verna: «Pour une approche biographique des entrepreneurs des campagnes médiévales», en J.-M. Minovez, C. Verna y L. Perez (ed.): Les industries rurales dans l’Europe médiévale et moderne, Actes des 33e Journées internationales d’Histoire de l’abbaye de Flaran, Flaran, 2011. Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2013, pp. 77-88.

20 Catherine Verna: L’industrie au village…, p. 40 et suivantes.

21 Mariana Zapatero: «El perfil de un carnicero Pedro de Heredia», Fundación, 2002, pp. 219-228. Claude Billen: «Les bouchers bruxellois au Moyen fige: profils d’entrepreneurs», en S. Jaumain y K. Bertrams (ed.): Patrons, gens d’affaires et banquiers. Hommages à Ginette Kurgan-van Hentenryk. Bruxelles, Le Livre Timperman, 2004, pp. 69-92.

22 C. Verna: L’industrie au village…, pp. 227 et suivantes.

23 Catherine Verna: «Les affaires de l’entrepreneur Pere Comelles, Vallespir, XVe siècle», en D. Chamboduc de Saint Pulgent y M. Dejoux (ed.): La fabrique des sociétés médiévales méditerranéennes. Les Moyen fige de François Menant. Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018, pp. 279-287.

24 Voir également, Joel Colomer: «Guillem Forn, carnisser de Besalú al segle XIV», en N. Puig y M. Viader (ed.): Ciutats, viles, sagreres. Els nuclis urbans a la Baixa Edat Mitjana (s. XIII-XV). Actes del II Seminari d’Estudis Medievals d’Hostalric (18-19 noviembre 2010). Hostalric, Ajuntament d’Hostalric, pp. 152-160.

1. SUMINISTRAR LAS CIUDADES. COMPETENCIAS Y PODERES DE LOS CARNICEROS – APPROVISIONNER LES VILLES. COMPÉTENCES ET POUVOIRS DES BOUCHERS

LA APORTACIÓN DE LA GANADERÍA DE MENORCA AL APROVISIONAMIENTO DE LAS CARNICERÍAS MALLORQUINAS Y CATALANAS EN LA BAJA EDAD MEDIA

Antoni Riera i Melis Universidad de Barcelona. Institut d’Estudis Catalans*

El archipiélago Balear está constituido por dos conjuntos de islas: el septentrional (Mallorca y Menorca), que los fenicios, en el siglo VII a. C., denominaron Balearides (¿islas de los honderos?), y el meridional (Ibiza y Formentera), al que le aplicaron el topónimo Aibschm (islas de los pinos). Los griegos, a mediados del siglo III a. C., helenizaron los dos nombres, substituyéndolos por los de Gimnesias y Pitiusas. En el segundo cuarto del siglo I a. C., los romanos extendieron el topónimo Baleares a las Pitiusas. El archipiélago se convirtió entonces en una unidad económica, administrativa y cultural, que se ha mantenido hasta la actualidad.

La historia de la ganadería medieval de Menorca está todavía por hacer. No ha generado aún artículos especializados ni monografías científicamente solventes. Entre las causas de esta falta de estudios destaca la destrucción de todos sus archivos públicos, en 1535 y 1558, por sendos ataques turcos. De la quema se salvó únicamente el códice de los privilegios de la isla (el Llibre Vermell de Ciutadella1). Este hiato informativo solo puede ser colmado, pues, mediante un prolongado trabajo heurístico en los archivos de los territorios que, en la Edad Media, mantuvieron estrechas relaciones económicas y políticoadministrativas con la isla: en el Arxiu del Regne de Mallorca, el Arxiu Episcopal de Mallorca y el Arxiu Capitular de Mallorca, de Palma; en el Arxiu de la Corona d’Aragó, el Arxiu Històric de la Ciutat y el Arxiu Històric de Protocols, de Barcelona; y en el Archivio di Stato, de Prato.

Una parte de la documentación conservada en los archivos mallorquines y catalanes ha sido recogida por un historiador local, Ramón Rosselló, que la ha ido publicando en forma de largas colecciones de «regestos» (extractos) ordenados con criterios diversos, sin índices antroponímicos ni toponímicos, lo que dificulta su manejo.2 Su tarea, prolongada y fiable, ha sido complementada, aunque de forma mucho más puntual, por historiadores y archiveros menorquines,3 catalanes4 y valencianos;5 sus esfuerzos, sin embargo, no se han traducido en corpora documentales, sino en alguna obra de síntesis y unas cuantas monografías. Las series documentales relativas a Menorca del Archivio Datini, depositadas en el Archivio di Stato de Prato, han sido examinadas, con un nivel de intensidad bastante dispar, por Federigo Melis6 y Coral Cuadrada.7

A pesar de que el conjunto de referencias disponible es reducido y heterogéneo, se puede asegurar que la economía menorquina, en la Edad Media, giró en torno a la ganadería. Se puede afirmar que, entre mediados del siglo XIII y finales del XV, se desarrolló en la isla una cabaña, reducida pero de alta calidad, que atrajo compradores de Mallorca, Cataluña e Italia septentrional. Esta monografía tiene como objetivo principal analizar la pugna que, en los siglos XIV y XV, mantuvieron los carniceros mallorquines con sus homólogos locales por el control del mercado ganadero de Menorca, enmarcándola en su contexto económico, social y político.

LOS CONDICIONANTES NATURALES Y LAS RAÍCES HISTÓRICAS DE UNA GANADERÍA MEDITERRÁNEA ESTANTE E INTENSIVA

Los pobladores de Menorca optaron pronto por la ganadería y en su elección jugaron un papel considerable las características geológicas y climáticas de la isla, la estructura y composición de sus suelos, el régimen pluviométrico y térmico, la vegetación natural. La isla, con una extensión de solo 714 kilómetros cuadrados, presenta unas estructuras geológica y geomorfológica complejas. Está constituida por dos grandes unidades líticas separadas por una línea prácticamente recta, que va desde del puerto de Mahón hasta Cala Morell, al norte de Ciutadella. La más antigua corresponde a la zona norte, a la región de la Tramuntana, constituida por un mosaico de materiales paleozoicos y mesozoicos de composición y color muy diversos, en el que las areniscas grises y las arcillas rojas alternan con las calizas rosadas y las margas verdes.8 Se trata de una región con un relieve relativamente acentuado, de pequeñas colinas y valles anchos y poco profundos. La mitad meridional, la región de Migjorn, presenta, en cambio, una composición y una coloración mucho más homogéneas, puesto que preponderan en ella los materiales calcáreos del Mioceno medio y superior.9 Geomorfológicamente constituye una llanura fragmentada por cavidades kársticas y barrancos largos, con salida al litoral.

Menorca posee un clima mediterráneo típico, de inviernos templados y veranos soleados y secos. La temperatura media anual es 17,5º y la amplitud térmica no supera los 14º. La pluviosidad, del orden de los 700 milímetros anuales, alcanza sus cotas máximas entre septiembre y diciembre, y mínimas entre mayo y agosto.10 Un aspecto importante de la climatología de la isla son las fuertes corrientes de aire, con un claro predominio del viento del norte (la tramuntana), que dificulta el desarrollo de la vegetación arbórea en la franja septentrional de la isla. La suavidad de las temperaturas genera, sin embargo, una considerable humedad relativa, que contrarresta el régimen irregular de lluvias y confiere, excepto en los meses de julio y agosto, un verdor al paisaje sin paralelo en las otras islas del archipiélago balear.

La interacción de estos factores geológicos y climáticos provoca que, en la región de Tramuntana, preponderen los suelos silíceos, de color oscuro, poco permeables, por los que el agua corre superficialmente. La franja de Migjorn, en cambio, se caracteriza por suelos calcáreos, delgados, porosos y pedregosos, las tierras rojas en las que el agua penetra en profundidad hasta que encuentra una capa impermeable.11 Esta disimetría edáfica explica que la totalidad de las reservas de agua dulce se encuentren al sur de la isla, en el acuífero denominado de Migjorn.

La vegetación natural, estrechamente condicionada por los factores edáficos y climáticos, es típicamente mediterránea; se caracteriza por una flora integrada básicamente por plantas de hoja perenne. En la franja costera septentrional solo crecen plantas espinosas, que adoptan la forma de almohada, denominada socarell. Se trata de especies endémicas, adaptadas al viento, la sal y los suelos de escasa potencia.12 Detrás de esta primera faja de halófilas bajas, aparecen unos arbustos fuertemente modelados por la tramontana, los labiérnagos menorquines, también endémicos, que sirven de protección a otras plantas que crecen en su interior.13 En las laderas más resguardadas del viento y del sol de las montañas centrales de la isla, y en el fondo de los barrancos meridionales preponderan los bosques de encinas. El sotobosque está constituido por una amplia variedad de plantas arbustivas y herbáceas (madroño, aladierna, ciclamen baleárico, entre otras).14 Los suelos calcáreos y bien soleados del Migjorn, en cambio, están cubiertos de herbazales en los que predominan las especies xerófilas, salpicados por acebuches, lentiscos y palmitos.15 Los matorrales de brezo y de romero, asociados a menudo al bosque de pino blanco y pino carrasco, prosperan en las áreas más secas.16 Sobre las dunas de los arenales arraigan únicamente los lirios de playa, el barrón, la oruga marítima y la sabina negra.17 Mientras que los bosques, especialmente los encinares, fueron sometidos a talas excesivas, que acabaron degradándolos,18 las praderas, según estudios botánicos recientes, se reprodujeron equilibradamente, al no ser sometidas a sobrepasto, hasta la Edad Moderna.19

La presencia de razas ovinas y bovinas autóctonas, adaptadas por generaciones de ganaderos al clima y a la vegetación natural de Menorca explica la insistencia de las comunidades campesinas en reproducir el mismo sistema agropecuario a lo largo de los siglos.20 La escasa extensión de la isla y la estrechez de los contrastes climáticos impidieron, sin embargo, el establecimiento de circuitos trashumantes. Los rebaños menorquines hasta finales del siglo XIV fueron estantes; desde el cambio de centuria se convirtieron en tranuitants (trasnochantes) durante los meses veraniegos, cuando pastaban libremente, día y noche, sobre todos los baldíos y barbechos del término municipal en que estaban registrados. Estos desplazamientos estacionales de los hatos, al no canalizarse por cañadas ni seguir un ritmo temporal único y rígido, no pueden considerarse, sin embargo, como típicos de una trashumancia corta. La inexistencia de lobos y otros animales depredadores posibilitó, además, que los hatos pastaran libremente por los yermos, sin pastor.

La economía rural de Menorca, por lo menos desde la Antigüedad, viene girando en torno a las greyes; según Rufo Festo Avieno, los griegos denominaron la Gimnesia menor Meloussa (tierra de ganado). En el afianzamiento de esta especialización pecuaria debieron de jugar un papel importante los beréberes,21 cuya presencia en la isla se incrementó considerablemente desde 1115, a raíz de la conquista almorávide. Fueron probablemente pastores magrebíes quienes mejoraron la selección genética de los rebaños, aportando una experiencia acumulada durante numerosas generaciones en las estribaciones del Atlas. Durante el segundo cuarto del siglo XII, un geógrafo musulmán, al-Zuhrí, redactó una descripción de las Islas Baleares;22 en el apartado relativo a Menorca, recalca la alta calidad de su ganadería vacuna, así como la escasez de rebaños de ovinos:

Es pequeña, copiosa de productos de la tierra y de viñas. En ningún otro lugar del mundo hay carne mejor que la que proporcionan sus bueyes y vacas. Cuando se cuece se funde como si fuese grasa y se transforma en aceite. Hay pocas ovejas.23

Este texto, a pesar de su concisión, reviste un gran interés, a causa de la extraordinaria escasez de fuentes escritas correspondientes al período islámico de Menorca. Induce a situar el despegue del ganado lanar después de 1125, que debió de producirse, pues, en la fase final del dominio islámico y en la inicial de la colonización feudal.

LA SEGUNDA MITAD DEL SIGLO XIII

Del protagonismo económico alcanzado por la ganadería a principios del siglo XIII constituye un buen testimonio el tratado de capitulación firmado, en 1231, por Jaime I el Conquistador y el almoxerif de Menorca,24 en Capdepera, durante su segunda fase de la conquista de Mallorca. El acuerdo estipulaba que el soberano aragonés colocaría bajo su protección directa a la comunidad musulmana y permitiría que se integrara en el reino cristiano de Mallorca como una colectividad étnicamente diferenciada, conservando todas sus propiedades y señas de identidad. El almoxerif se comprometía, en nombre de la comunidad islámica, a pagar un impuesto anual de 900 almudes de cebada, 100 almudes de trigo, 100 reses bovinas adultas, 300 cabras, 200 ovejas, 2 quintales de mantequilla y 200 besantes.25 La composición cualitativa del nuevo tributo refleja el peso específico de la agricultura y de la ganadería en la economía insular, así como la magnitud relativa de los diversos tipos de rebaños. No solo confirma la preponderancia del sector vacuno en la cabaña menorquina, sino que acredita además que, desde mediados del siglo XII, los rebaños de caprinos y ovinos habían experimentado un avance importante. La cuantía del tributo debía de ser idéntica o muy parecida a la del subsidio que la población menorquina pagaba anteriormente al valí almohade de Mallorca.26 Los cereales y el ganado se destinarían al mercado interior balear, que, como consecuencia del proceso de colonización feudal en curso, padecía un déficit transitorio de grano y de animales de trabajo y de carne. La mantequilla, que los cristianos no habían integrado aún en su alimentación, se reexportaba al Magreb.27

La documentación coetánea demuestra que Jaime I, durante el segundo tercio del siglo XIII, obtuvo de los musulmanes de Menorca, además de los contingentes anuales estipulados en el tratado de Capdepera, aportaciones extraordinarias de ganado: en el verano de 1269, para financiar una cruzada a Tierra Santa, exigió al almoxerif 1.000 reses bovinas.28 Este requerimiento del soberano catalanoaragonés, que provocaría un grave problema de conciencia a la comunidad islámica menorquina, al obligarla a aportar recursos económicos a una ofensiva cristiana contra sus correligionarios de Palestina, pone de manifiesto los inconvenientes de su estatuto de integración a la Corona catalanoaragonesa.

LA ÉPOCA DEL REINO PRIVATIVO

En 1276, a la muerte de Jaime I, su primogénito, Pedro el Grande, asumió el gobierno del Principado de Cataluña y de los reinos de Aragón y Valencia, y su segundogénito, Jaime II de Mallorca, empezó a regir, con soberanía plena, los condados del Rosellón y la Cerdaña y el señorío de Montpellier. Esta segregación del reino de Mallorca de la Corona de Aragón había sido diseñada por Jaime I en 1262 y ratificada, unos años después, en su último testamento. Las causas de esta anacrónica política sucesoria29 no han sido aún dilucidadas con rigor; sus efectos a medio y largo plazo, en cambio, resultan evidentes: generó tensiones entre ambas monarquías, coadyuvó a la consolidación de presencia de los Capetos en el Languedoc y aceleró la incorporación plena del Montpellier al reino de Francia.

La inestabilidad política generada por la guerra de Sicilia

El desequilibrio de poder entre los dos estados soberanos creados por Jaime I condicionó el tono de sus relaciones. El reino de Mallorca fue, desde sus inicios, un país mediatizado políticamente por la Corona de Aragón. Pedro el Grande, en 1279, obligó a su hermano, en el tratado de Perpiñán,30 a reconocer oficialmente que administraba el archipiélago balear, los condados pirenaicos y un sector del señorío de Montpellier en calidad de feudatario honrado suyo. El acuerdo significó simple y llanamente la casación del testamento del Conquistador, del que incorporó las cláusulas favorables a la rama primogénita y abrogó las que configuraban el reino de Mallorca como un estado soberano.

Los efectos del acuerdo –un auténtico acto de fuerza– fueron, sin embargo, mucho más profundos de los previstos por sus promotores. Cuando Martín IV, como represalia por la conquista de Sicilia, organizó una cruzada contra la Corona de Aragó, Jaime II de Mallorca, con el apoyo de la clerecía y de la aristocracia rosellonesa, abrió los pasos pirenaicos al ejército francoangevino. La alineación del monarca y de los estamentos privilegiados pirenaicos en uno de los bandos de la guerra del Vespro, al fracasar la invasión de Cataluña ante los muros de Gerona, tuvo también graves consecuencias. A finales de 1285, una hueste, con el infante Alfonso al frente, invadía Mallorca y la reintegraba por la fuerza a la Corona de Aragón. La resistencia a la invasión la asumieron la incipiente aristocracia autóctona, la alta jerarquía eclesiástica y un sector de la payesía.31

Los puertos baleares, desde la conquista de Sicilia, se habían convertido en escalas estratégicas para las expansiones mercantil y territorial de Cataluña, al incrementar la seguridad de las conexiones navales de Barcelona y Tortosa con Palermo y Trapani. Para la monarquía aragonesa y los mercaderes y armadores catalanes, el control islámico de Mahón y Ciudadela, en un contexto de conflagración generalizada en el Mediterráneo occidental, constituía un peligroso anacronismo.32 En enero de 1286, apenas expugnados los últimos reductos de resistencia en Mallorca, un ejército catalanoaragonés desembarcó en la ría de Mahón y, en pocas semanas, conquistó Menorca, suprimiendo por la fuerza el estatuto de autonomía que Jaime I había concedido en 1231 a sus pobladores. La suerte de los vencidos fue dispar. Los miembros del colectivo económicamente más solvente pudieron emigrar a los sultanatos e Granada o del Magreb, después de pagar el correspondiente rescate. El grueso fue reducido a la condición de cautivo; una parte fue distribuida, junto con las tierras y los rebaños, entre los conquistadores, en pago por su participación en la campaña, y el resto se vendió, como mano de obra esclava, en Mallorca, Valencia, Barcelona, Montpellier, Palermo y Génova.33

Las Islas Baleares, a finales del siglo XIII, se habían convertido –como ya se ha expuesto– en una de las principales encrucijadas de rutas navales del Mediterráneo occidental. Es lógico, pues, que tanto Alfonso III como su sucesor, Jaime II, procuraran, con el apoyo decidido de la burguesía comercial catalana, reforzar su vinculación político-administrativa y económica a la Corona de Aragón, alentaran el traslado de población desde sus dominios continentales hacia el archipiélago. Este trasiego humano se prolongó hasta 1298, cuando el enclave insular se reintegró al reino de Mallorca tres años antes, el Pontífice, ante la incapacidad del frente franco-angevino por reconquistar Sicilia, había ofrecido al monarca aragonés, a cambio de la evacuación de todos los territorios ocupados durante la guerra del Vespro, la infeudación de Cerdeña, con el beneplácito de Felipe IV de Francia, Carlos II de Nápoles y Jaime II de Mallorca. La aceptación de la propuesta por parte del conde-rey se plasmó en el tratado de Anagni,34 que circunscribió las hostilidades al mezzogiorno italiano.

El restablecimiento de las relaciones entre la Corona de Aragón y el reino de Mallorca se negoció en Argelers, en junio de 1298. De la entrevista de los dos monarcas surgió un acuerdo35 que se apoyaba en sendas renuncias. Jaime II de Aragón se comprometía a evacuar el archipiélago balear. Su tío, Jaime II de Mallorca, aceptaba ratificar el tratado de Perpiñán, tan lesivo para sus intereses, y notificaría su aceptación a sus aliados los reyes de Francia y Nápoles, a fin de que adquiriera validez internacional. La reintegración de las islas al reino de Mallorca se efectuó, pues, en unas condiciones que no comprometían el expansionismo mercantil y militar catalanes en ultramar ni erosionaban la poderosa presencia económica y naval barcelonesa en sus puertos.36

La creación de un mercado balear de alimentos

El vacío demográfico provocado en Menorca por la salida forzada de los musulmanes fue ocupado parcialmente por una primera oleada de familias cristianas, procedentes mayoritariamente de Cataluña y de Mallorca.37 La isla, entre 1286 y 1298, fue repoblada, según el cronista Ramon Muntaner, «que així és poblada l’illa de Menorca de bona gent de catalans, com negún lloc pot ésser bé poblat».38 La distribución de tierras fue confiada por Alfonso III, el 1 de marzo de 1287, a Pedro de Llibià;39 entre los beneficiarios figuraban, además de los participantes directos en la conquista, las órdenes mendicantes masculinas y femeninas, que recibieron casas e inmuebles para la construcción de conventos y hospitales. La conquista cristiana interrumpió también una larga experiencia agropecuaria. Sus efectos debieron de ser intensos en el sector ganadero, puesto que los nuevos pobladores, con unos reflejos típicamente feudales, concedieron una atención preferente a la agricultura, al cultivo de los cereales y la vid, y relegaron a un segundo plano los pastos y los rebaños.

Jaime II de Mallorca y sus asesores, tras recuperar el control político de Menorca, se apresuraron a reemprender las medidas adoptadas durante el reinado de Alfonso III para atraer población, garantizar su defensa, reactivar su economía e incrementar su rentabilidad fiscal. El monarca, el 22 de enero de 1301, encargó a Arnau Burgués y Pedro Estruç revisar las concesiones de tierra efectuadas durante la ocupación catalano-aragonesa,40 tarea que se cerraría, a finales de agosto, con un confirmación real de los establecimientos enfitéuticos anulados y confirmados,41 y la promulgación de la Carta de Franquesa.42 Esta normativa –inspirada en la que Jaime I había concedido a los mallorquines en 1230– tenía como objetivos retener a los pobladores ya instalados, tanto a los catalanes y valencianos como a los mallorquines, atraer nuevos contingentes humanos, especialmente de los dominios insulares y continentales del reino de Mallorca, y crear unas nuevas estructuras político-administrativas. El soberano definía en ella los derechos y deberes civiles, fiscales y militares de los pobladores, les eximía de muchas de las servidumbres propias del sistema feudal, incentivaba la actividad económica y garantizaba la seguridad jurídica. Las concesiones fueron eficaces, puesto que, durante la primera mitad del siglo XIV, la afluencia de colonos se incrementó progresivamente. En 1336, Menorca contaba con 963 fuegos fiscales (unos 4.340 habitantes), cifra que no sería rebasada en el resto de la centuria.43

Los procuradores reales reactivaron la distribución de tierras entre las familias recién llegadas de Cataluña y de Mallorca, a las que exigieron, además de la residencia preceptiva, varios tipos de contraprestaciones, desde censos a servicios militares. La disparidad de las obligaciones contraídas por los titulares refleja que unas alquerías fueron concedidas en plena propiedad y otras en enfiteusis o en feudo, según el rango social y la magnitud de la contribución del concesionario a la campaña de la conquista. Los yermos (garrigues) fueron declarados, en cambio, tierras comunales, para uso colectivo y gratuito de todos los pobladores.44 Al haberse perdido el libro de repartimiento y los primeros protocolos notariales, no podemos analizar, sin embargo, la estructura de la propiedad resultante de esta importante transferencia inicial de tierras, ni los cambios que los nuevos poseedores introdujeron en el sector agropecuario de la isla. Debieron de ser parecidos, sin embargo, a los que se produjeron, unas décadas antes, en Mallorca, donde la documentación coetánea atestigua un rápido avance de los cereales y de la viña a expensas de los huertos y los baldíos. Las autoridades musulmanas, como consecuencia del veto coránico al consumo del vino, habían restringido al máximo el cultivo de las vides en las islas.

El monarca, el 19 de marzo de 1301, ya había organizado la Iglesia menorquina:45 la había colocado bajo la jurisdicción del obispo de Mallorca, había creado una pavordía en Ciutadella, una prepositura en Mahón, cinco parroquias y cuatro capillas, se había reservado la recaudación del diezmo y había aplazado la cuantificación de la cantidad que entregaría anualmente al clero local.46

A pesar de que las medidas de reordenación económica, urbanística y administrativa concebidas por los asesores de Jaime II de Mallorca también antepusieron la agricultura a la ganadería, los rebaños no tardaron en despegar, en iniciar una nueva fase de crecimiento. La principal aportación de los colonos a este despegue fue la introducción de los suidos, inexistentes en Menorca, como consecuencia del veto coránico que prohibía a los musulmanes el consumo de todos sus derivados. Los colonizadores cristianos –en cuyos sistemas alimentarios, la manteca, los embutidos y las salazones de cerdo jugaban un papel importante– tuvieron que traer, pues, los animales desde sus respectivos lugares de origen. El crecimiento de las piaras, al no poder apoyarse en un legado islámico, debió de ser algo más lento que el de los rebaños de ovinos, a pesar de que la abundancia de encinares facilitaba su alimentación.

De la incidencia del sector pecuario en la economía menorquina, para el período del reino privativo, solo se dispone, sin embargo, de unas pocas referencias indirectas y dispersas. Jaime II, en 1301, al reglamentar la recaudación del diezmo, estableció que el de la lana se pagaría en los seis meses siguientes al esquileo,47 entre mayo y octubre, una restricción cronológica que tendría como objetivo reducir el fraude en una fuente de ingresos importante. Quince años después, su sucesor, Sancho I, acordó con el obispo de Mallorca Guillem de Vilanova que el diezmo se repartiría a partes iguales, con algunas reservas a favor de soberano, que serían compensadas anualmente en metálico.48 El monarca retuvo los diezmos de la lana, los quesos, los cerdos y el pescado,49 que debían de figurar entre los más rentables. Miquel Florejat, en 1325, declaraba haber invertido 6 libras y 5 sueldos mallorquines en la compra de unos pastos en la Mola d’Alaior.50 Por esta época, el precio de los carneros oscilaba entre los 8 y los 10 sueldos,51 y por una buena vaca se podían llegar a pagar 20 libras.52 Los rebaños, por su alta rentabilidad, interesaban entonces no solo a las familias campesinas, tentaban también a algunos menestrales, que invertían capitales en comandas de ganado,53 e incluso al monarca: Jaime III, adquiría, en 1331, dos alquerías y un rafal en la isla, por 350 libras, e instalaba en ellos una cuantas vacas.54 Por esta misma época, autorizaba a la Universidad de Menorca a imponer una tasa sobre la venta de carne y de vino para pagar los salarios de los jurados, notarios, médicos y otros funcionarios municipales;55 esta iniciativa fiscal demuestra que ambos alimentos gozaban entonces de una demanda sostenida pero no eran, a juicio de los asesores reales, tan básicos como el trigo.

Los campesinos menorquines, desde los primeros años del reino privativo, gozaban del derecho de introducir el rebaño en los yermos, barbechos y rastrojeras de sus vecinos, donde podía pacer desde la salida a la puesta del sol.56 Esta práctica permitía un aprovechamiento más equilibrado de los recursos vegetales, pero tenía un inconveniente: el propietario no podía ejercer sobre el hato, desde el momento en que cruzaba las lindes de su explotación, un control directo, efectivo, lo que favorecía los robos de animales. Las sustracciones de reses, durante el segundo cuarto de la centuria, se incrementaron considerablemente. Los rebaños, especialmente los de los campesinos, se habían convertido, pues, en un bien muy vulnerable; su indefensión sería debida a la inexistencia de pastores y a un crecimiento más rápido que el de la capacidad de vigilancia de sus propietarios. Entre los ladrones preponderaban las personas pobres, gentes que bordeaban la marginalidad social; las cuales solían sustraer un cordero, un cabrito o un panal de miel para compartirlo inmediatamente con unos cuantos cómplices en un lugar apartado del término.57

Durante la primera mitad del siglo XIV se estableció un comercio de compensación interinsular. Menorca aportaba carne, cueros, lana, animales de trabajo y queso a los mercados baleares; Mallorca contribuía a su abastecimiento con vino, aceite y cereales;58 Ibiza y Formentera, con sal.59 La saca de animales debió de crecer, sin embargo, a un ritmo demasiado rápido, puesto que las autoridades menorquinas la vincularon al aprovisionamiento de carne del mercado interior: desde 1321, de cada cien carneros seleccionados por los carniceros mallorquines, quince se desviaban hacia los mataderos locales.60 La medida, a pesar de las protestas formuladas por los perjudicados, que contemplaban impotentes como los agentes fiscales de Ciudadela les sustraían los animales mejores,61 fue ratificada veinte años después.62 Esta restricción cuantitativa y cualitativa tenía, sin embargo, una contrapartida: las extracciones de reses con destino a Mallorca estaban garantizadas incluso en las épocas de emergencia.63 Nobles y eclesiásticos mallorquines también acudían a Menorca en busca de rocines; cuya salida de la isla, por razones estratégicas, estaba estrechamente controlada por las autoridades locales.64 Antes de 1343, el ganado equino debió de circular también desde Menorca hacia Cataluña.65

Para la cabaña menorquina, la demanda exterior, en la época del reino privativo, ya debió de constituir, pues, un factor de desarrollo más importante que las necesidades de animales de trabajo y de estiércol de las explotaciones agrarias. Esta ganadería estante intensiva, comercial, debió de constituir el principal legado de los pobladores musulmanes a los conquistadores cristianos. Su evolución, durante el reino privativo, no puede reconstruirse, sin embargo, con el rigor que corresponde a su incidencia en la economía menorquina, por un déficit heurístico insuperable.

La reintegración definitiva del reino de Mallorca a la Corona de Aragón

Poco después de 1340, tras una etapa convulsa, las posiciones de la Corona de Aragón mejoraron en todos los frentes: restableció la paz con Génova, sofocó la revuelta sarda, contribuyó a la expulsión de los benimerines de la Baja Andalucía e incrementó su protagonismo internacional con motivo de la concentración de las monarquías francesa e inglesa en los pródromos de la Guerra de los Cien Años. Los consejeros de Pedro el Ceremonioso consideraron que esta favorable coyuntura permitía ejecutar un proyecto que se venía gestando desde 1318, la reintegración definitiva del reino de Mallorca a la Corona de Aragón.66 La empresa contaba con el apoyo decidido de las ciudades mercantiles de la «confederación», en cuyas redes comerciales los territorios sometidos a la jurisdicción del monarca balear se habían convertido en enclaves de vital importancia. La operación se iniciaría con una ofensiva diplomática encaminada a privar a Jaime III de Mallorca de sus potenciales aliados y con una guerra de corso contra las embarcaciones baleares y rosellonesas, a fin de erosionar sus apoyos interiores. El pretexto desencadenante del conflicto serían unas pretendidas acuñaciones de moneda catalana falsa por parte del rey de Mallorca en Perpiñán.

El 23 de mayo de 1343, una flota catalana, en cuyo armamento la ciudad de Barcelona había invertido más de 76.000 libras,67 desembarcaba en la Palomera, unos veinte kilómetros al este de la Ciutat de Mallorca, e iniciaba la conquista de la isla, que culminaría en pocas semanas.68 La caída de Mallorca y el repliegue de Jaime III al Rosellón precipitaron las capitulaciones de Menorca, Ibiza y Formentera. La conquista de los condados de Rosellón y Cerdaña, en cambio, exigiría dos cruentas campañas estivales y se prolongaría hasta el 15 de julio de 1344, cuando Pedro el Ceremonioso efectuaría su entrada en Perpiñán.69

Jaime III, después de solicitar infructuosamente, durante cuatro años, el apoyo militar y financiero de Francia y la Santa Sede, vendió, en abril de 1349, a Felipe VI todos los derechos de que disponía sobre el señorío de Montpellier, su último refugio, por 120.000 escudos de oro, pagaderos en tres plazos. Convencido de que su causa era aún popular entre la población balear, se apresuró a invertir los primeros 40.000 escudos recibidos del erario galo en la preparación de una flota y en el reclutamiento de efectivos militares. La hueste mercenaria, integrada básicamente por genoveses y provenzales, desembarcó, el 11 de octubre de 1349, en la bahía de Pollença. El gobernador de Mallorca, Gilabert de Centelles, había concentrado detrás de los muros de la capital a la población rural, diezmada por los recientes estragos de la Peste Negra. Los invasores, después de recorrer unos campos casi desiertos, vacíos de alimentos y de posibles colaboradores, serían derrotados, el 25 de octubre, en la llanura de Llucmajor, donde Jaime III encontraría la muerte.70 Su desaparición significaría el final del reino privativo.

DESDE MEDIADOS DEL SIGLO XIV A FINALES DEL XV

La reintegración de Menorca a la Corona de Aragón, en 1343, no implicó cambios económicos importantes; los carniceros mallorquines y los mercaderes catalanes continuaron adquiriendo ganado en la isla. Las nuevas autoridades ratificaron prácticamente todas las medidas reguladoras del mercado interior instauradas durante el reino privativo, incluida la imposición sobre la venta de carne.71 El lugarteniente del gobernador, en marzo de 1346, ante la desafortunada coincidencia de una fuerte escasez de cereales72 con los preparativos navales de Jaime III de Mallorca, prohibió la saca de carneros, cerdos, cabrones, cabritos, corderos, ovejas, cabras, cerdas, bueyes, vacas, terneros, terneras, caballos y rocines73 y equino, especificando, sin embargo, que el veto no era aplicable a los contingentes destinados a Mallorca. El texto de la prohibición demuestra que el tráfico de ganado de carne entre ambas islas se había diversificado, con la incorporación de los suidos y los caprinos. La reintegración el archipiélago a la Corona de Aragón potenció también los envíos de ganado menorquín a Cataluña.74

Las repercusiones de la Peste Negra

La Peste Negra, en 1348, provocó una fuerte contracción demográfica en Menorca, a pesar de las medidas adoptadas por las autoridades locales, que, siguiendo el ejemplo de las de Mallorca, sometieron a cuarentena todas las embarcaciones llegadas a la isla, exigieron ayunos al conjunto de la población, organizaron procesiones expiatorias y obligaron a algún esclavo condenado por homicidio a atender a los enfermos.75 Pedro el Ceremonioso, el 15 de junio de 1349, ordenó al lugarteniente general de las islas que enviara caballos armados y ballesteros a Menorca, puesto que la isla, a causa de la mortandad, había quedado casi desierta y no podría resistir un ataque de los partidarios de Jaime III.76 Al día siguiente, le transmitía, sin embargo, la queja que la Universidad de Menorca había formulado contra su veto de extracción de caballos del archipiélago balear, alegando que era incompatible con algunos de los privilegios reales concedidos a los habitantes de la isla.77

El monarca, a principios de julio de 1349, ordenaba a la Universidad de Menorca gravar con una nueva imposición la venta de carne en la isla y consignar íntegramente la recaudación a la reparación de las murallas de Ciudadela y a la mejora de la infraestructura defensiva de la isla.78 Los impuestos indirectos sobre el consumo de carne constituirían, pues, la vía más rápida de que disponía el monarca para obtener recursos económicos extraordinarios en los pródromos de un conflicto bélico. Su iniciativa fiscal debió de provocar tensión entre unos pobladores que se estaban reponiendo aún de los estragos de la epidemia, puesto que, en septiembre, el gobernador, para neutralizar la reciente subida del precio de la carne, bloqueaba las exportaciones de animales; el veto, como era de esperar, fue rápidamente desautorizado por el lugarteniente general de las islas, aduciendo que el derecho de compra de que gozaban los carniceros de Mallorca continuaba en vigor durante las coyunturas adversas.79 Las actuaciones de los diversos niveles de la administración pública en la gestión de la crisis política y alimentaria subsiguiente a la Peste Negra no fueron, pues, plenamente concordantes, debido a la prioridad que cada uno de ellos concedía a la defensa de sus intereses específicos. En los períodos de emergencia, tanto el lugarteniente general como los tablajeros mallorquines procuraban preservar la circulación de reses entre las islas, cortando de raíz las interferencias puntuales de las autoridades menorquinas.80

La mortandad provocó una brusca redistribución de la propiedad inmobiliaria, un fuerte declive de la producción agrícola y una sensible reducción de la demanda de alimentos, especialmente de cereales: el concesionario de la recaudación de las rentas reales, a finales del 1348, declaró unas pérdidas del orden de las 200 libras.81 Pedro el Ceremonioso, a pesar de su falta crónica de recursos, tendría que dispensar, en agosto de 1350, a la diezmada población de la isla de contribuir en el impuesto de maridaje, que se estaba recaudando con motivo de su matrimonio con Leonor de Sicilia.82

La brusca caída de la mano de obra provocada por la pandemia fue parcialmente contrarrestada con cautivos sardos, que se integraron como esclavos en el sistema productivo menorquín.83 A pesar de esta aportación demográfica externa, los propietarios rurales y los campesinos tuvieron que optar por la ganadería, que exigía menos de fuerza de trabajo que la agricultura; redujeron la superficie destinada a los cultivos, prolongaron los barbechos y crearon nuevas áreas de pastos.

En la prioridad concedida por los propietarios rurales menorquines, en 1349, a los rebaños intervino además un incremento transitorio de la demanda exterior y local de carne. Apenas finalizada la epidemia, los supervivientes se apresuraron a resarcirse tanto del pánico que había pasado como de los sacrificios expiatorios que les habían impuesto las autoridades eclesiásticas y seculares. Según la literatura satírica italiana,84 muchos de los que se habían enriquecidos con la acumulación de herencias, se autogratificaban gastronómicamente; frecuentaban las tabernas, organizaban fiestas y banquetes, comían y bebían sin medida,85 exigían sistemáticamente una alta presencia de carnes frescas, especias, azúcar y vinos dulces en sus mesas.86 Aunque la tácita finalidad moralizadora o crítica de sus autores desaconseja una lectura literal de estas obras, no se puede negar que reflejan, en parte, la realidad que se vivió a mediados del siglo XIV en las ciudades cisalpinas y en muchas otras regiones europeas, a las cuales una historiografía más pobre y menos expresiva ha privado de los testimonios correspondientes. Esta actitud hedonista debió de tener numerosos seguidores entre los colectivos más poderosos e influyentes de las sociedades balear y catalana, especialmente entre la aristocracia, el patriciado urbano y los profesionales liberales.

La desestabilización demográfica y económica de muchas familias campesinas permitió, en las décadas centrales de la centuria, a los caballeros y a los propietarios rurales acomodados ampliar a buen precio sus dominios,87 con predios privados y lotes de baldíos comunales, empezar a cercarlos con paredes de piedra seca, dejando únicamente unos portillo muy estrechos para el paso de los rebaños de sus vecinos,88 y solicitar licencias de veda. La expansión y la clausura de los patrimonios de los poderosos perjudicaban a los campesinos pobres, quienes, a medida que recuperaban la capacidad de análisis del nuevo contexto generado por la pandemia, denunciaban puntualmente la construcción de cercas.89 Sus quejas fueron neutralizadas, sin embargo, por la presión de los poderosos: el soberano, en 1352, prohibía la caza a pie y a caballo en las tierras valladas, la destrucción de cercas y el tránsito de personas y animales por los vedados, bajo pena de 10 sueldos.90 La medida debió de provocar un movimiento de defensa de los usos tradicionales, puesto que Pedro el Ceremonioso, cuatro años después, tendría que ratificar los citados vetos.91

A mediados del siglo XIV, la ganadería, como consecuencia de estos cambios, experimentó en Menorca una recuperación importante, como se desprende de la magnitud que alcanzaron entonces los contingentes de bueyes y ovejas,92 caballos,93 quesos,94 lana y cueros95 enviados a Cataluña, el destino más probable también de muchas de las licencias de extracción de equinos concedidas por el soberano tanto a miembros de la nobleza y oficiales de la administración como a algunos ciudadanos locales.96 Las ventas al Principado no comprometieron la circulación de ganado entre las dos Gimnesias, que no solo se mantuvo, sino que además se diversificó.97

Los comerciantes mallorquines aprovecharon su acceso irrestricto a la cabaña menorquina para reexpedir cerdos y todo tipo de ganado a Cataluña. Estas nuevas operaciones mercantiles fueron denunciadas inmediatamente como fraudulentas por los jurados de Menorca ante el soberano, alegando que sus adquisiciones de animales tenían que destinarse exclusivamente al abastecimiento del mercado interior balear.98 La finalidad de las quejas era evidente: obtener para los mercaderes y armadores locales el cuasi monopolio de las ventas exteriores de ganado. Apoyándose tal vez en estas arbitrariedades, el almotacén de Ciudadela, con la autorización tácita del consistorio, elevó la cuota de los animales seleccionados por los carniceros mallorquines que tenían que desviarse hacia los mataderos locales del 15 al 20%.99 La réplica del municipio de la Ciutat de Mallorca fue casi inmediata: gravó con una tasa específica, de 2 sueldos y 6 dineros, los ovinos traídos por los mercaderes menorquines que no se vendieran a peso.100 Esta escalada represalias acentuó el contencioso ya existente entre los consistorios de ambas islas por incrementar la participación de sus respectivos ciudadanos en las lucrativas sacas de ganado menorquín, disenso para el que, en 1368, todavía no se había encontrado una solución satisfactoria.101

La reaparición de los robos de animales, tanto por parte de esclavos102 como campesinos,103 demuestra que las ovejas y los bueyes, al pacer sin pastor por pastos dispersos, continuaban siendo una presa fácil. La sustracción de reses constituía, pues, uno de los costes principales de la expansión de las greyes y de la atenuación gradual de la capacidad de vigilancia de sus propietarios, especialmente de los pequeños.

La cabaña menorquina, a pesar de su desarrollo sostenido, todavía no podía cubrir sistemáticamente todos los segmentos de la demanda interior balear; en algunos momentos, algunas causas endógenas o exógenas podían provocar déficits sectoriales transitorios. En 1360, poco después que una flota castellana hubiese atacado Barcelona, el lugarteniente real, para garantizar la defensa del archipiélago, ordenó que, en Ciudadela y Mahón, solo se embarcasen caballos con destino a Mallorca.104 Pedro el Ceremonioso, para acelerar el crecimiento de los rebaños de equinos, prohibía, tres años más tarde, a los nobles, a los generosos105 y a cualquier persona que, a juicio del gobernador y de los jurados, pudiese adquirir un rocín cabalgar en mulos, asnos o yeguas.106 El precio de un buen caballo podía alcanzar entonces las 50 libras.107

Los efectos de la hambruna de 1373-1374

En una isla en la que la producción de cereales no satisfacía, ni en los años normales, la demanda interior, las crisis frumentarias podían convertirse en un flagelo muy importante. Las secuelas de la hambruna de 1373-1374, por ejemplo, han quedado reflejadas en la documentación coetánea con más precisión que las de la Peste Negra. El soberano y las autoridades menorquinas tuvieron que conceder moratorias de deudas a las familias con menos recurso,108 otorgar salvoconductos a quienes trajeran cereales,109 enviar síndicos a Cataluña, Aragón, Sicilia y Cerdeña para adquirir grano,110 organizar incluso repartos de pan entre los hambrientos111 y subvencionar con 7 libras la manumisión de esclavos, con la condición de que abandonasen la isla,112 medida que permitió a un considerable contingente de cautivos sardos regresar a su tierra. La situación todavía no se había normalizado después de la mieses de 1375, puesto que, en septiembre de aquel mismo año, las autoridades menorquinas solicitaban a sus homólogas de Mallorca que autorizasen la salida de trigo, higos pasos y otros alimentos.113 A pesar de las providencias adoptadas por el concejo, muchos vecinos de Menorca, bajo la presión del hambre, cometieron robos y, para escaparse de la justicia, se enrolaron como remeros en galeras armadas, acentuando con ello el déficit demográfico que ya padecía la isla.114 La falta de pobladores alcanzó cotas tan alarmantes que Pedro el Ceremonioso, en enero de 1376, tuvo que prohibirles que participasen, como mercenarios, en la defensa del castillo de Cagliari.115

Dos años de meteorología adversa y de especulación con los alimentos básicos incidieron negativamente sobre la agricultura y la ganadería; provocaron una expansión puntual del área sembrada, un recorte de los barbechos, un retroceso de los yermos y una importante contracción de la cabaña. Grandes y medianos propietarios, ante la fuerte subida del precio de los cereales, ampliaron, en la medida en que se lo permitieron sus respectivas reservas de grano, las sementeras, a fin de compensar con soluciones de tipo cuantitativo la brusca caída de la productividad. Las familias campesinas pobres tuvieron que empeñar o vender gradualmente sus rebaños para poder comprar grano, especialmente en las épocas de la «soldadura» y de la siembra. Una vez agotadas sus provisiones de cereales secundarios, legumbres, salvado y otros alimentos de emergencia, incapaces de obtener nuevos préstamos, se vieron obligadas a sacrificar los pocos animales que les quedaban, desde las cabras hasta la yunta de bueyes. Dos años de sequía, al agostar unos pastos en retroceso y encarecer los derivados de los cereales secundarios, acabaron por diezmar también los hatos de las grandes explotaciones, redujeron el contingente de animales que no habían sido destinados al mercado o a la mesa de sus respectivos propietarios.116 La contracción de las manadas no fue debida, sin embargo, solo a causas internas; dimanó también de algunos factores exógenos, como el incremento de las compras de ovejas, cabras y cerdos por parte de los carniceros mallorquines, que hicieron valer, durante la prolongada crisis alimentaria, su derecho de acceso irrestricto al mercado pecuario menorquín.117 El tirón simultáneo de las demandas local y foránea elevó los precios de la carne y del queso hasta cotas nunca vistas. Los recaudadores de la fábrica de la catedral de Mallorca, que obtenían anualmente de las seis parroquias menorquinas unos 130 quesos, se quejan, en 1373, por no haber podido alcanzar la cantidad acostumbrada, per so que els formatges hi eren tant cars que [els pagesos] no li’n volien donar.118 La subida inicial de los precios de los cereales acabó, pues, por arrastrar al alza los del ganado de carne y otros alimentos básicos, aunque con un ritmo no sincrónico.

Durante la fase álgida de la hambruna, las autoridades locales, mediatizadas por los colectivos privilegiados, autorizaron la división de los pastos compartidos.119 Para acelerar la regeneración de la principal fuente de recursos de la isla, Pedro el Ceremonioso, en 1376, prohibió el sacrificio de ovejas en condiciones de procrear, bajo pena de 10 morabetinos de oro.120 La elevada cuantía de la sanción evidencia la importancia que el soberano concedía entonces al crecimiento de la cabaña menorquina.

El relanzamiento de finales del siglo XIV

El cambio de coyuntura se produjo hacia 1380, cuando empiezan a aparecer en la documentación referencias indirectas de una reactivación económica, en la que la ganadería volvería a jugar un papel decisivo. El soberano, en abril de 1383, autorizaba la salida de carneros;121 dos años después, en noviembre de 1385, concedía a los habitantes de Menorca el derecho a extraer libremente rocines y caballos para venderlos en el mercado mallorquín.122 La privatización de los baldíos comunales se aceleraba.123 Las autoridades menorquinas, alarmadas por el incremento de los robos de reses y la rotura de cercas por parte de los cautivos, habían tenido que instaurar, en 1382, un procedimiento judicial acelerado para este tipo de delitos, crear un cuerpo de encerquadors (rastreadores), para detener a los delincuentes, y establecer una escala de sanciones en función del número de animales sustraídos y del grado de reincidencia del reo, que iba desde los azotes públicos hasta la pena de muerte.124 El protagonismo de los esclavos no respondería tanto a un movimiento de protesta social por parte de una fuerza de trabajo sobreexplotada y hambrienta, como a su instrumentalización por los respectivos propietarios, interesados en acelerar el crecimiento de sus hatos, en reducir la competencia de los pequeños ganaderos. Los ladrones depredarían, pues, los rebaños más vulnerables, los de los campesinos pobres, y respetarían los de los poderosos. Este colectivo, en Menorca, estaba integrado por unos caballeros exentos de inmunidad fiscal125 y con unas rentas que apenas les permitían mantener el nivel de consumo y el rango propios de la baja nobleza, y por los generosos, terratenientes acomodados con obligaciones militares pero sin título nobiliario.126 Tanto para unos como otros, los hatos se estaban convirtiendo en su principal fuente de recursos. Es posible también que estas reiteradas sustracciones de animales fueran una de las secuelas económicas de la lucha de bandos que, desde 1349, sacudía intermitentemente la sociedad menorquina.127

La multiplicación de las denuncias evidencia, en todo caso, que la ganadería constituía entonces una actividad clave para la mayoría de los estamentos sociales menorquines, una hipótesis que cuadra bien tanto con el avance de la clausura de las alquerías, como con la solicitud que las autoridades locales habían cursado, en enero de 1376, al Gran e General Consell de Mallorca de que derogase la nueva imposición de cinco sueldos por res que gravaba las ventas de ganado menorquín. La propuesta tenía como objetivo que los carniceros y los mercaderes mallorquines incrementasen sus compras de ovinos, atraídos por su alta calidad;128 aumentar la demanda de carne menorquina mediante una reducción sensible de la presión fiscal que soportaba en el principal mercado balear. Parece que la iniciativa del concejo de Ciudadela alcanzó su objetivo, puesto que, en la primera década del siglo XV, no solo crecieron considerablemente las sacas de animales, sino que además algunos ciudadanos mallorquines confiaban en comanda los carneros adquiridos a ganaderos locales, para que finalizaran su engorde.129 Los precios y la calidad del ganado también atraían entonces a los carniceros barceloneses,130 que pugnaban con sus homólogos baleares por el control del mercado pecuario menorquín.

Entre 1380 y 1410, como contrapartida de las citadas extracciones de ganado, circulaban desde la Gimnesia mayor a la menor alimentos de origen vegetal (vino,131 aceite,132 trigo133 e higos134), pescado salado (sardina,135 anchoa136 y haleche137), materiales para la construcción naval138 (pez, estopa e hierro). Los ibicencos acudían a Menorca en busca de ganado mayor, tanto de trabajo como de transporte.139 Los menorquines se abastecían de sal en las Pitiusas140 y de trigo en Tortosa.141 Los quesos de Menorca se vendían bien en Cataluña y Valencia.142

A pesar de los avances experimentados por la producción pecuaria, el equilibrio entre la oferta y la demanda continuaba siendo, en Menorca, precario, y los déficits sectoriales transitorios, aunque escasos, están documentados en las últimas décadas del siglo XIV, un período con un trend claramente expansivo. En junio de 1385, el lugarteniente general de las islas autorizaba una subida del precio de la carne de carnero y de buey, para incrementar la oferta con la captación de animales foráneos, y establecía que, en ningún caso, podría venderse a más de 13 dineros la libra.143 ¿Cuál sería la causa de esta inversión del sentido de la circulación del ganado en los circuitos internos de la Corona de Aragón? La ausencia total de fuentes locales coetáneas no permite identificarla con un mínimo de precisión. ¿Una epizootia potenciada por una concentración excesiva de los rebaños en los cercados? ¿Un tirón excesivo de la demanda externa? ¿Una retracción de la oferta por parte de los ganaderos con finalidad especulativa? ¿Una subida puntual del consumo local de carne? La crisis fue, sin embargo, efímera, puesto que la ganadería recuperó pronto su tendencia expansiva: la recaudación del diezmo, entre 1411 y 1414, pasó de 63 libras 3 sueldos 9 dineros a 92 libras 12 suelos 6 dineros.144

El reenderezamiento experimentado, desde 1380, por la ganadería menorquina no se apoyó solo en un crecimiento cuantitativo, dimanó también de un importante avance cualitativo. El progreso gradual de los pastos y la culminación de una larga y cuidadosa selección genética, iniciada durante la dominación islámica,145 permitieron a los ganaderos diversificar la oferta, obtener, además de carneros bons i grassos, lana de una finura y longitud sin paralelo en el Mediterráneo occidental. Fue la fibra, no la carne ni el queso, lo que indujo a las grandes compañías comerciales de la Italia septentrional a introducirse en el mercado pecuario menorquín.

La lana de Menorca reunía, para los hombres de negocios toscanos, dos ventajas importantes: era de una calidad muy superior a la de la mallorquina, a la valenciana y a la beréber, solo parangonable a la de la inglesa; se podía adquirir en unas plazas próximas y bien situadas en su red de rutas marítimas, circunstancia que, al reducir los costes de transporte, repercutía positivamente en el precio final. Aunque los descubridores fueron probablemente los pisanos,146 la primera compañía italiana que instaló un factor en Menorca fue la de Francesco di Marco Datini, de Prato, cuyas adquisiciones de lana, cueros y queso han quedado bien reflejadas en la abundante documentación contable y epistolar de su archivo profesional.147 Los compradores extranjeros se multiplicaron y diversificaron rápidamente: en 1408, ya acudían a la isla en busca de fibra, agentes de sociedades florentinas luquesas y sienesas, y mercaderes lombardos, romañolos, del marquesado de Monferrato y de otras regiones italianas.148 La concurrencia creciente de los hombres de negocios cisalpinos con los comerciantes mallorquines y catalanes, que hasta entonces habían monopolizado la distribución de la lana menorquina por los territorios continentales y ultramarinos de la Corona de Aragón, contribuyó, desde 1390, a elevar su precio y se convirtió en un importante factor exógeno del desarrollo de la cabaña insular.

Los ganaderos menorquines castrarían anualmente una parte de los corderos y los venderían después de meses de engorde, a los tablajeros foráneos o locales. Estos carneros, por su corta vida, de poco más de un año, solo habrían podido ser esquilados, pues, dos veces. Los ovinos restantes, tanto hembras como machos, se destinarían a la producción de lana y se trasquilarían anualmente a principios de la primavera y a finales de verano. Cuando, por imperativos de la edad, su rendimiento se degradara cuantitativa y cualitativamente, se sacrificarían; los canales y las vísceras de estas reses viejas, sin embargo, se venderían en las carnicerías locales, puesto que serían difíciles de colocar en los mercados mallorquines y catalanes, por la concurrencia de la oferta local.

En la expansión de la ganadería menorquina influyeron, además de las compras de lana por los mercaderes italianos, otros factores exógenos, que reforzaron la articulación de las plazas insulares a los grandes circuitos del comercio internacional. Estos cambios agilizaron, entre 1370 y 1450, la circulación de mercancías, capitales e información a escala occidental. Una serie de innovaciones técnicas tanto en el diseño y la construcción del casco, como en el aparejo y el mecanismo de dirección,149 incrementaron considerablemente la productividad del principal medio de transporte, la embarcación. La difusión de unos fletes económicamente más flexibles permitió que el precio no dependiera ya solo de la magnitud de los fardos y de la distancia a recorrer, sino también del valor de las mercancías que contenían.150 La generalización de la póliza de seguros, que permitía a comerciantes y armadores transferir, mediante el pago de una cantidad, el riesgo de un cargamento o de un bajel durante un trayecto mercantil,151 aumentó considerablemente la seguridad de las inversiones comerciales. El descubrimiento de la letra de cambio agilizó la transferencia de dinero entre plazas y redujo su margen de incertidumbre. El éxito de esta solución bancaria fue debido a su polifuncionalidad, puesto que era simultáneamente un instrumento de cambio (de monedas), de crédito (para el tenedor) y de giro (de plaza a plaza).152

El comercio internacional, hasta principios del siglo XIV, había pivotado casi exclusivamente en los artículos de lujo, con los que los colectivos privilegiados manifestaban su poder, y los alimentos estratégicos, como la sal y el trigo, que gozaban de una demanda sostenida entre todos los estamentos sociales. El aumento, lento pero sostenido, de la productividad en el sector primario, la acentuación de la división social del trabajo, el desarrollo urbano y el triunfo de una mentalidad económica más dinámica provocaron, a partir de 1300, la incorporación progresiva a los circuitos del gran comercio internacional de las mercancías pobres no indispensables, al alcance de las clases populares. Desde entonces tanto la lana corriente, los colorantes textiles secundarios, el alumbre, los paños de calidad media, los cueros, la madera, los minerales, la cerámica, la cordería y la brea, como el ganado de carne y de trabajo, las salazones, el queso, la fruta seca, el vino común y el aceite incrementaron gradualmente la longitud de sus desplazamientos comerciales. A esta prolongación de sus circuitos contribuyeron de forma decisiva los ya mencionados fletes flexibles, que redujeron considerablemente sus costes de transporte, al trasladar una parte de los mismos sobre las mercancías ricas.

Las estructuras productivas a mediados del siglo XV

¿Cómo se producían estos terneros y esta lana que atraían hacia Menorca compradores de Mallorca, Cataluña e Italia septentrional? ¿Por qué esta importante pregunta no se ha incluido en los apartados anteriores? La causa de esta posposición ha sido la falta de fuentes documentales locales; un hiato heurístico que la consulta de las externas coetáneas no puede colmar plenamente, puesto que la información que aportan no puede extrapolarse a Menorca, aunque corresponda a países con estructuras parecidas. De los numerosos protocolos redactados por los notarios menorquines desde la conquista cristiana solo se han localizado cinco, uno de Jaime de Riudavets y cuatro de Jaume Comes, oportunamente extractados por Ramón Rosselló.153 La abundancia, la diversidad y la calidad de la información aportada por este pequeño conjunto de escrituras privadas permiten captar con precisión, para el período comprendido entre 1450 y 1473, algunos aspectos de la ganadería menorquina apenas vislumbrables en las etapas anteriores.

Los contratos conservados en los citados protocolos permiten reconstruir, por primera vez, las estructuras productivas; analizar cómo se gestionaban los rebaños en la isla. Aunque las técnicas ganaderas no experimentaron, en las décadas centrales del siglo XV, cambios importantes y, en consecuencia, debieron de ser parecidas a las existentes en las épocas anteriores, se ha circunscrito su análisis, para evitar anacronismos, a este período, el único para el que actualmente disponemos de fuentes locales coetáneas.

El grueso de esta ganadería intensiva, comercial, se criaba en alquerías, un tipo de explotación rural de origen islámico, de extensión media,154 reestructurado durante la colonización feudal. A mediados del siglo xv eran fincas con un alto grado de compactación, algunas de ellas delimitadas ya con paredes de piedra seca de hasta seis palmos de altura,155 roturadas en su mayor parte, con algunas áreas cercadas y con cultivos permanentes (viñas y huertos), y otras –residuales– de yermos. El aspecto mejor documentado es, sin embargo, la cabaña, ya que aparece inventariada –como se verá más adelante– en los contractos de arrendamiento. Solía estar integrada por dos pares de bueyes, unas seis vacas con sus terneros, una burra, unas doscientas ovejas y unas tres cerdas con sus cochinillos. Al frente de las alquerías no habría pues familias campesinas pobres, sino acomodadas, pertenecientes a una clase media rural.

TABLA 1

Cabañas de las alquerías menorquinas a mediados del siglo XV, según los contratos de arrendamiento


De la magnitud y la composición de la cabaña se desprende que la alquería tendría la extensión suficiente para integrar una agricultura mediterránea extensiva con una ganadería semiestante intensiva. En la economía de las familias propietarias, el hato de ovejas, que proporcionaba carneros, lana y queso para el mercado, constituiría la principal fuente de ingresos, puesto que la mayor parte de las cosechas de las sementeras y de la viña se destinaría aún al autoconsumo. Los bueyes se reservarían para el arado, instrumento imprescindible para el cultivo de los cereales y, en menor grado, de las vides. Las vacas con sus terneros acreditan la práctica de la recría de bovinos, tanto para la renovación periódica de la fuerza de tracción como para la venta. La baja presencia de toros, documentados únicamente en las explotaciones más extensas, sugiere que estos ganaderos intermedios dependerían de los grandes para multiplicar el ganado mayor. Los animales de transporte, representados por las burras, tampoco se podrían reproducir, por su escasa presencia, en las alquerías. En cuanto a los cerdos, la situación era parecida, puesto que las familias solo disponían de unas pocas cerdas con sus cochinillos, que, al estar destinados al consumo doméstico, castrarían poco después de nacer. Cada año, tendrían, pues, que conducir sus marranas al verraco señorial para que las fecundara. Solo en el caso de los ovinos, la coexistencia equilibrada de los dos sexos en el rebaño garantizaba la recría autónoma y sistemática. Sorprende la ausencia total de ganado cabrío, desplazado completamente por el ovino, que producía, además de carne y leche, lana, un artículo que gozaba entonces de una fuerte demanda en los mercados mediterráneos. Los bueyes y los cerdos adquiridos por los carniceros mallorquines y catalanes, procederían, pues, de las explotaciones grandes, de los feudos de los caballeros y de las possessions de los generosos.

Los titulares de las alquerías, para poder incrementar sus rebaños sin comprometer su abastecimiento de cereales, vino y hortalizas, expandían gradualmente las sementeras, confinaban los yermos a las áreas más secas o menos fértiles, y practicaban unas rotaciones muy extensivas. Cada año solo sembraban un tercio de sus campos, los dos tercios restantes se dejaban en barbecho, como zona de pasto para el ganado. A fin de proteger los sembrados de la voracidad de los rebaños y aprovechar al máximo hierbas y rastrojos, dividían el área roturada en pequeñas unidades cerradas (tanques), mediante una red de paredes de piedra seca y setos, en las que confinaban los rebaños durante una buena parte del año, para que pacieran libremente, sin pastor. Cuando los animales habían consumido íntegramente el manto vegetal y abonado una de estas tanques, se les desplazaba a la vecina.

Algunos los propietarios optaron por arrendar su alquería. En los contratos redactados por los dos notarios mencionados, los arrendadores son cuatro albaceas,163 el procurador de una viuda,164 el administrador del dominio de las clarisas de Ciudadela,165 el lugarteniente del procurador real,166 un heredero que acababa de asumir el legado paterno167 y, únicamente en dos casos, el dueño del predio.168 La renuncia a la explotación indirecta no constituía, pues, una estrategia económica libremente elegida, sino un solución impuesta por la muerte del miembro principal de una familia campesina o por la peculiaridad jurídica del propietario.

El arrendador cedía temporalmente la alquería con todo el ganado, que era minuciosamente inventariado, y se comprometía a adquirir anualmente, a un precio estipulado, la lana, los añinos, los quesos y, en algunos casos, los corderos169 y la mantequilla.170 El arrendatario se comprometía a pagar un alquiler en moneda y trigo,171 o solo en metálico,172 y a realizar todos los trabajos necesarios para mantener la fertilidad de los campos, especialmente de las viñas. El contrato solía tener una vigencia de tres años, que constituían el curso de la rotación normal, a fin que el arrendatario reintegrara las tierras en el estado en que las recibió.

Los contratos de arrendamiento parecen ser más favorables para el arrendador que para al arrendatario, al garantizarle la comercialización íntegra de la lana, los corderos y el queso, los productos de mayor valor de cambio, más especulativos, así como el aprovisionamiento de un alimento básico, el trigo, cuya demanda entonces superaba –como se verá más adelante– casi sistemáticamente a la oferta en los mercados locales. La inexistencia de una muestra bastante amplia y representativa de los precios de estos artículos obliga, sin embargo, a ser prudente a la hora de calibrar las ventajas e inconvenientes que el contrato tenía para cada una de las partes.

La prioridad concedida a la ganadería induciría también a los propietarios de alquerías a solicitar de las autoridades correspondientes –como ya se ha expuesto– licencias de vedado y a exigir que privatizaran los comunales. Este tipo de yermos, a pesar de su retroceso gradual, tenían aún un peso considerable en la economía de la isla. La documentación bajomedieval acredita la existencia de tres clases de comunales: las quintanas, situadas en las proximidades de los núcleos urbanos, que los concejos consideraban inalienables, por la importante función social que todavía tenían; los bienes de propios, de propiedad municipal, dispersos por el término; y los baldíos reales, que pertenecían al soberano y cuya gestión, por lo tanto, a los consistorios.173

La estructuración interna de las alquerías en pequeñas unidades cercadas, además de librar los suelos de la abundante rocalla de la isla, aportaba algunas ventajas: posibilitaba la coexistencia de las tareas agrarias y ganaderas, al proteger las sementeras de las incursiones de los rebaños; aseguraba un abonado uniforme y sin costes de los campos, permitía criar el ganado sin pastor; facilitaba la selección, ordeño y esquileo de los animales, así como la tarea de ojeo de los compradores foráneos o de sus agentes. El sistema, sin embargo, no estaba exento de inconvenientes para el propietario, dificultaba la evasión fiscal, al simplificar el recuento anual de los rebaños por los recaudadores del diezmo, y tenía un techo, el agostamiento anual de los pastos. Para superar este último hándicap y reducir los costes de producción, los ganaderos menorquines acordaron extender el derecho de pasto diurno en las explotaciones confrontantes –vigente desde la conquista feudal– a todos los yermos, barbechos y rastrojeras no vedados del término municipal, y lo prolongaron cronológicamente, incluyendo la noche. Los hatos de ovinos y vacunos pacían en las respectivas alquerías desde finales de septiembre hasta mediados de mayo, período en que los animales se reproducían, sus propietarios queseaban con la leche sobrante y realizaban el esquileo, y los agentes fiscales diezmaban los rebaños. Durante el verano, en cambio, las greyes campeaban libremente, sin pastor;174 al estar sometidas a un control bastante laxo, debían de atravesar frecuentemente los confines del municipio en que estaban matriculadas. Los rebaños dejaron de ser, pues, estrictamente estantes; se convirtieron en trasnochantes, incluso transterminantes, durante unos meses del año.

Esta práctica exigía, como contrapartida, que todas las reses de cada ganadero estuviesen marcadas con una señal específica, que garantizara su identificación. El consistorio de Ciudadela era el organismo que concedía los distintivos para todo el ganado insular y guardaba una copia en un registro general.175 La señal consistía en una serie de pequeños cortes efectuados con unas tijeras en una de las orejas de los animales. La ampliación del derecho de pasto requirió también la creación de unos inspectores municipales de los rebaños, los batlles de les ovelles. Sus atribuciones consistían en acorralar periódicamente los rebaños del término, recoger las solicitudes de marca de los ganaderos locales, diseñarlas, comprobar que no coincidía con ninguna de las existentes y proponerlas al concejo de Ciudadela para que las aprobara. Estaba facultado también para dirimir verbalmente y en primera instancia los conflictos que se planteasen por la propiedad de las reses, identificar los animales que hubiesen penetrado en los sembrados y establecer la sanción que sus propietarios tendrían que pagar a los damnificados, recoger los hatos foráneos y reconducirlos a sus respectivas circunscripciones y finalmente estar a disposición del concejo local para todas la cuestiones relativas al ganado.176 Esta práctica ganadera, que los observadores externos consideraban poco racional, por no permitir un control sistemático de los rebaños y facilitar la pérdida de parte de las mieses, estaría en vigor hasta mediados del siglo XIX, puesto que los campesinos menorquines continuarían considerando que, a pesar de sus inconvenientes, minimizaba esfuerzos y costes.177

De los enfrentamientos de banderías a la guerra civil

Esta dinámica de las estructuras agropecuarias se produjo en un contexto social y político complejo. A partir de la segunda década de la centuria, la economía y la población menorquina entraron en una fase recesiva, debido a la interacción de una serie de causas generales y específicas. Entre los factores genéricos, que afectaron coetáneamente al conjunto de la Corona de Aragón, destaca la reaparición intermitente de enfermedades infecciosas y de las crisis de subsistencia. Alfonso el Magnánimo, para frenar el proceso de despoblación y garantizar la defensa de la isla, concedió, en enero de 1427, un salvoconducto general a todas las personas que se instalasen en ella; estas no podrían ser perseguidas por ningún tipo de delito, excepto los de lesa majestad y falsificación de moneda, y solo estarían obligadas a devolver las deudas derivadas de censos, violarios, comandas y cambios.178 Si la primera oleada de pobladores feudales la había integrado, según el cronista Ramón Muntaner, «buena gente catalana»,179 en la segunda preponderaron los delincuentes y los marginados sociales. Las medidas reales solo consiguieron atenuar la tendencia demográfica, no revertirla: en 1459, la isla contaba con 703 fuegos fiscales,180 que equivalían aproximadamente a 3.165 habitantes, un 27% menos que en 1336.

Otro de los principales factores exógenos que contribuyeron a desestabilizar la economía menorquina fue el aumento de la presión fiscal. Para poder atender los subsidios económicos que exigía reiteradamente el soberano, los concejos menorquines, desde mediados del siglo XIV, habían tenido que endeudarse, vender censales y violarios,181 el pago de cuyas pensiones desestabilizaban sus presupuestos y les impedían efectuar una asignación equilibrada de los recursos disponibles.182 Las emisiones de deuda pública, por otra parte, fueron adquiridas casi íntegramente por ciudadanos de Mallorca y de Barcelona, los cuales, para preservar la rentabilidad de sus inversiones, no dudaban en mediatizar la gestión de los consistorios menorquines. Durante el segundo tercio del siglo XV, coincidiendo con la costosa campaña de la conquista de Nápoles y la agresiva política exterior de Alfonso el Magnánimo en los Balcanes, los municipios menorquines, incapaces de afrontar sus obligaciones financieras, tuvieron que negociar algunos acuerdos con los censalistas foráneos. La serie se inicia, en 1439, con la sentencia arbitral del gobernador Galceran de Requesens,183 y continúa con las concordias de 1458, 1460 y 1462,184 cada una de las cuales incluía una reducción de la pensión de los censos. Su reiteración evidencia, sin embargo, la dificultad de deudores y acreedores para encontrar una solución efectiva a un problema que, en vez de reducirse, se incrementaba con el paso de los años.

La distribución de la carga fiscal era competencia de los consistorios, una facultad que incrementaba el enfrentamiento entre los diversos estamentos sociales por la elección de los cargos185 y estimulaba la ambición política de los poderosos. La aspiración al poder municipal reforzaría las banderías que, desde mediados del siglo XIV, ya sacudían transitoriamente la sociedad menorquina.186 En 1451, coincidiendo con el levantamiento dels forans (campesinos) mallorquines, la tensión desembocó en una auténtica guerra entre dos facciones, encabezadas por las familias Parets y Cintes,187 perteneciente a la nobleza antigua y consolidada, la primera, y al colectivo de los terratenientes ricos pero sin título, la segunda.188 La pugna entre Pere de Bell-lloc y Jofre de Ortafà por el cargo de gobernador de la isla abrió, en 1457, un nuevo frente de lucha189 y polarizó todavía más las facciones ya existentes. La situación alcanzó tal grado de conflictividad que obligó que Juan II a intervenir directamente. El soberano, durante el bienio de 1458-1459, adoptó una serie de medidas de reenderezamiento: reducción de las pensiones de los censales, mejora del aprovisionamiento de cereales, reparación judicial de los crímenes, lesiones y robos de ganado y lana, con los que se habían enriquecido rápidamente algunos de los facciosos,190 perfeccionamiento del sistema de selección de los cargos municipales191 y expulsión de algunos payeses mallorquines que habían participado en los altercados.192 La aceleración de los acontecimientos no permitió, sin embargo, que estas reformas dieran sus frutos, puesto que, en mayo de 1463, pocos meses después del inicio de la guerra civil en Cataluña, la facción menorquina encabezada por el gobernador Pere de Bell-lloc se decantó por la Diputación del General. La revuelta fue sofocada, con la contribución de un contingente armando procedente de Mallorca; los rebeldes, sin embargo, consiguieron refugiarse, con el apoyo de la Generalitat, en Mahón. Desde este momento la isla quedó dividida en dos áreas, encabezadas por los dos principales núcleos urbanos, situación que se mantendría hasta la derrota final de los sublevados.193 La guerra se prolongaría hasta 1472 y tendría un alto coste demográfico, no tanto por la pérdida directa de vidas humanas en los combates, como por el saldo migratorio negativo que provocaría, al generar inseguridad y alterar la actividad económica. El fogatge de 1475 solo registraría 494 fuegos fiscales,194 unos 2.225 habitantes. La isla, en menos de veinte años, habría perdido, pues, un 30% de su ya escasa población. Tanto Cataluña como Menorca pagarían, pues, un alto precio por haber perdido la contienda.

En la recesión económica menorquina del siglo XV intervinieron también algunos factores endógenos, específicos, como la tensión creciente entre sus dos villas principales. Aunque Ciudadela era el principal núcleo urbano y conservaría aún durante varios siglos la capitalidad, Mahón y la zona oriental de la isla, durante la fase expansiva de 1380-1410, se habían convertido en el área más dinámica demográfica y económicamente, debido en buena parte a las compras de lana realizadas por los agentes de las compañías italianas. El cambio de coyuntura, el incremento de la presión fiscal y la eclosión de las banderías acentuaron, durante el segundo tercio de la centuria, la conflictividad entre ambas poblaciones. Las consecuencias de la revuelta contra Juan II, fueron desastrosas para el conjunto de la isla, pero alcanzaron sus cotas máximas en Mahón, donde –como ya se ha expuesto– se replegaron los partidarios de la Generalitat de Cataluña. Juan II, desde el inicio de la guerra, indemnizó a los miembros del bando realista por las pérdidas que les ocasionaba con bienes inmuebles, rebaños y censales confiscados a los partidarios de «los catalanes», y concedió al consistorio de Ciudadela rentas para financiar la reconstrucción de las infraestructuras defensivas y económicas.195 La guerra civil provocó, pues, una transferencia considerable de población y de recursos desde el sector oriental hacia el occidental, reforzó transitoriamente –en un contexto global recesivo– la preponderancia de Ciudadela sobre Mahón,196 pero no desmontó la estructura bipolar de la isla. Este proceso no tiene equivalente en Ibiza, con un único núcleo urbano dominante sobre una población campesina dispersa; ni en Mallorca, donde los treinta y un núcleos rurales no consiguieron atenuar la superioridad de la Ciudad. Los enfrentamientos internos del siglo XV solo retardaron el basculamiento del centro de gravedad demográfico, económico y político de la isla hacia Mahón, no lo evitaron. En la balear mayor, tanto la revuelta campesina de 1450 como la Germanía de 1521 reforzaron, en cambio, la preeminencia de la capital.197

La continuidad de las salidas de carneros, bueyes y lana

El recrudecimiento de las banderías y la guerra civil, al destruir muchas explotaciones agrarias,198 agravaron las crisis frumentarias y acentuaron la dependencia –ya crónica– de los menorquines de los cargamentos de trigo aportados por comerciantes mallorquines199 y catalanes.200 Entre 1415 y 1472, el lugarteniente general de Mallorca autorizó la salida de grano con destino a Menorca en 1420, 1430, 1433, 1437, 1457, 1462, 1465 para atenuar las penurias que padecieron, en aquellos años, sus pobladores.201

Los efectos del ascenso de la agresividad debieron de ser, sin embargo, bastante menos intensos en la ganadería que en la agricultura, puesto que continuaron saliendo contingentes de ovinos y vacunos con destino a Mallorca y Barcelona; las ventas exteriores solo quedaron bloqueadas durante la fase final de la guerra civil catalana. En 1436, Simón de Granada, ciudadano de Ciudadela, reclamaba judicialmente a Bernat Tió, vecino de Pollença, las 15 libras que le debía por la venta de dos bueyes menorquines.202 Un año después, Antonio Huguet, menorquín, confiaría a Miquel Martorell, de Pollença, un buey y 19 cerdos para que los vendiera en Mallorca.203

Los hombres de negocios y los carniceros catalanes, en el segundo y tercer tercio del siglo XV, también siguieron adquiriendo lana y reses en Menorca. El concejo de la Ciudad Condal, el 23 de febrero de 1437, protestaba ante el lugarteniente del gobernador por la retención, con el pretexto de una escasez local de carne, de una partida de bueyes que habían adquirido los tablajeros barceloneses Antonio Llunes y Jaume Begur.204 La respuesta corrió a cargo de los jurados de la universidad, quienes, el 15 de abril, justificaban el bloqueo con el argumento de que los precios de los animales en la capital catalana habían dejado de ser rentables para los ganaderos locales y recomendaban a sus homólogos barceloneses, después de recordarles la decisiva contribución de los rebaños insulares al aprovisionamiento de la urbe, que restablecieran las cotizaciones vigentes antes de la reciente caída.205 El consistorio de la Ciudad Condal, sin embargo, rechazó de plano las razones expuestas por las autoridades menorquinas, alegando que los precios no habían experimentado ningún cambio importante, y les requirió que autorizasen el embarque de la citada partida de bueyes.206 Dos años después, en 1439, la galera de Galceran de Requesens, gobernador de Menorca, interceptaría una embarcación catalana que navegaba, cargada de bueyes, terneros, ovejas y otros animales de carne, rumbo a Barcelona.207

El ganado menorquín no vuelve a aparecer, en la documentación barcelonesa y mallorquina, hasta mediados de la decada de 1460, en plena guerra civil catalana. La adhesión de uno de los dos bandos que se disputaban el poder en la isla, el del gobernador Pere de Bell-lloc, a la causa de la Generalitat garantizó a los sublevados el acceso al estratégico puerto de Mahón, que jugaría, en las fases álgidas de la contienda, un papel decisivo en el abastecimiento alimentario tanto de la Ciudad Condal como del enclave balear.

A principios de 1466, una escuadra realista se apoderó, en las inmediaciones del puerto de Mahón, de un balener cargado de vitualles (alimentos) e altres coses, que navegaba rumbo a Barcelona, y lo desvió hacia Ciudadela. Los consellers de la capital catalana, en diciembre de aquel mismo año, ofrecieron a sus homólogos de Mahón el envío de cereales, especificando que podrían ser pagados en metálico o con carneros, lana u otras mercancías.208 El ofrecimiento fue aceptado, puesto que, en abril del año siguiente, el consistorio catalán avisaba al capitán de Blanes del paso por su demarcación jurisdiccional de un contingente de ganado menorquín con destino a Barcelona, a fin de que no lo sometiera al pago del cabessatge209 (impuesto de paso). Un tráfico de alimentos idéntico debía de funcionar coetáneamente entre Mallorca y el sector realista de la isla de Menorca, puesto que el Gran e General Consell de la balear mayor había autorizado, el año anterior, la salida de grano para Ciudadela, con la condición de que el dinero obtenido con las ventas se consignase íntegramente a la adquisición de carneros.210

Un delegado de los rebeldes, el 1 de abril de 1472, anunciaba, desde Mahón, al concejo de Barcelona la inminente llegada de embarcaciones cargadas de trigo, procedentes de Marsella, y solicitaba el envío de una nave para remitirles ganado menor y mayor.211 El capitán y los jurados de Mahón, reiteraban la oferta el 6 y el 10 de dicho mes.212 En la segunda de las misivas, le notificaban, además, que, ante la eventualidad de un ataque realista, habían sustraído 1.000 cuarteras de un cargamento de trigo provenzal en tránsito hacia la capital catalana. La presencia de una escuadra realista en agua de Menorca, y el asedio de Barcelona, que impedía la salida de bajeles, obligan, sin embargo, a postergar el embarque de los animales.213 La situación bélica, en los meses sucesivos, evolucionará negativamente para los partidarios de la Generalitat y el ganado menorquín no llegará nunca a la hambrienta Ciudad Condal. De este conjunto de referencias se desprende que el puerto de Mahón jugó, durante la guerra civil catalana, un papel importante en el aprovisionamiento alimentario de Barcelona, como escala segura en la ruta por la que llegaban los cereales adquiridos en los puertos de Provenza y plaza expedidora de ganado de carne. Constituye también un testimonio muy expresivo de la capacidad de resistencia de la ganadería menorquina frente a los efectos destructivos de la larga contienda, que acentuaron el déficit crónico de grano en ambos sectores de la isla, pero no bloquearon las salidas de ganado de carne desde Ciudadela y Mahón, hacia la Ciudad de Mallorca y Barcelona, respectivamente.

¿Se replegaron los comerciantes italianos del mercado lanero menorquín a partir de 1410? No hay ninguna evidencia de que las relaciones económicas entre los ganaderos de la Gimnesia menor y los hombres de negocios toscanos colapsaran a la sazón; las fuentes documentales cisalpinas demuestran, sin embargo, que la agresiva política exterior de Alfonso el Magnánimo tuvo importante secuelas comerciales. Durante las fases álgidas de la conquista de Nápoles y de las subsiguientes campañas italianas, el soberano prohibió la actividad económica de los genoveses214 y de los florentinos,215 en los emporios ibéricos y ultramarinos de la Corona de Aragón; los gobiernos de los estados afectados adoptaron como represalia medidas parecidas. Aunque estos bloqueos recíprocos fueron cortos y los intercambios mercantiles se restablecieron a menudo antes de que se firmara el cese oficial de las hostilidades, su reiteración los fue degradando a medio plazo y contribuyó a que la lana menorquina desapareciera gradualmente de los obradores toscanos durante el segundo cuarto del siglo XV, sustituida, en parte, por la castellana.216 La caída progresiva de la concurrencia toscana repercutió negativamente en los precios de la fibra menorquina, favoreció su acaparamiento por parte de los mercaderes mallorquines217 y catalanes,218 y aceleró el desarrollo de la pañería local,219 un proceso lento y complejo en el que la experiencia de los tejedores y pelaires mallorquines jugó también un papel importante. En 1438, las autoridades menorquinas, para favorecer el despegue de la nueva manufactura, retenían contra su voluntad a dos tejedores que querían emigrar a la Ciudad de Mallorca,220 donde entonces se teñían y aprestaban una buena parte de los paños fabricados en la Gimnesia menor.

Durante el último cuarto del siglo XV, con las medidas reenderezadoras adoptadas por Juan II y Fernando el Católico, Menorca entrará en una fase de recuperación demográfica y reactivación económica; el sector más dinámico volverá a ser el ganadero, cuyos avances serán especialmente rápidos en el sector oriental de la isla, donde los efectos de la guerra habían sido más intensos. La afluencia de mercaderes y carniceros mallorquines y catalanes en busca de ganado de calidad no tardará en superar las cotas alcanzadas antes de la contienda. Con el cambio de centuria, la isla tendrá que enfrentarse, sin embargo, a un nuevo peligro exterior, la piratería berberisca. En 1535 y 1558, sendas flotas turca desembarcarán en la Gimnesia menor y provocarán, además una fuerte degradación de las infraestructuras económicas y defensivas, y una brusca pérdida de población, puesto que a los que morirán resistiendo al invasor habrá que sumar los que serán capturados y trasladados como cautivos a las bases de salida de la flota. Todos estos cambios pertenecen ya a otra era y corresponden a otros especialistas, que, para analizarlos, podrán apoyarse en un conjunto de fuentes locales coetáneas mucho más abundante y expresivo que el que disponen los medievalistas.

CONCLUSIONES

Desde la Antigüedad, la economía de Menorca giró en torno a la ganadería. Esta opción dimanaba de la combinación de las condiciones edáficas y climáticas de la isla, que favorecían el crecimiento de los pastos naturales, con la larga experiencia específica acumulada por sus pobladores. A pesar de que la escasez de fuentes directas no permite afirmarlo de manera apodíctica, parece que la contribución islámica al desarrollo de los rebaños menorquines fue, entre los siglos X y XIII, muy importante.

La conquista feudal de Menorca, en 1286, implicó la desaparición casi total de la población musulmana y el reparto de sus tierras y rebaños entre los invasores. Los campos de cultivo fueron concedidos en plena propiedad, enfiteusis o feudo, de acuerdo con el rango social y la magnitud de la contribución del concesionario a la campaña. Los yermos fueron declarados, en cambio, tierras comunales, para uso colectivo y gratuito de todos los pobladores, cuyos rebaños podían pastar libremente además, desde la salida a la puesta del sol, en los barbechos, rastrojos y baldíos de las explotaciones confinantes. Este régimen de explotación intensiva del herbaje favoreció a la reestructuración de la cabaña insular. La principal aportación de los nuevos campesinos cristianos consistió en la introducción de los suidos, inexistentes en Menorca, como consecuencia del veto coránico que prohibía a los musulmanes el consumo de todos sus derivados.

Durante la primera mitad del siglo XIV se estableció un comercio de compensación interinsular. Menorca aportaba carne, cueros, lana, animales de trabajo y queso a los mercados baleares; Mallorca contribuía a su abastecimiento con vino, aceite y cereales; Ibiza y Formentera, con sal. Las sacas de animales, en la Gimnesia menor, debieron de progresar, sin embargo, a un ritmo demasiado rápido y provocaron problemas de abastecimiento en el mercado interior: desde 1321, de cada 100 carneros seleccionados por los carniceros mallorquines, 15 tenían que desviarse hacia los mataderos locales

Estos flujos de alimentos se mantuvieron después de la reintegración definitiva, en 1343-1344, del reino de Mallorca a la Corona de Aragón, que potenció además la penetración de los mercaderes y comerciantes catalanes en el mercado pecuario menorquín. Las secuelas de la Peste Negra y de la hambruna del 1373-1374 fueron más intensas en el sector agrario que el ganadero, que exigía mucha menos mano de obra, y contribuyeron a acentuar el desfase ya existente entre ambos. Fue en esta época cuando se inició un proceso de clausura de las explotaciones y de privatización de los yermos.

En el último tercio el siglo XIV, la cabaña menorquina experimentó un importante crecimiento cuantitativo y cualitativo. El progreso gradual de los pastos a expensas de las sementeras y la culminación de una larga y cuidadosa selección genética permitieron a los ganaderos diversificar la oferta, obtener, además de carneros de alta calidad, lana de una finura y longitud sin paralelo en el Mediterráneo occidental. Fue la fibra, no la carne ni el queso, lo que indujo a las grandes compañías comerciales de la Italia septentrional a introducirse en el mercado pecuario menorquín. La concurrencia creciente de los hombres de negocios cisalpinos con los comerciantes mallorquines y catalanes, que hasta entonces habían monopolizado la distribución de la lana menorquina por los territorios continentales y ultramarinos de la Corona de Aragón, contribuyó, desde 1390, a elevar su precio y se convirtió en un importante factor exógeno del desarrollo de la cabaña insular.

Esta ganadería intensiva, comercial, se criaba en las alquerías, un tipo de explotación islámico, reestructurado durante la colonización feudal cristiana. Eran fincas con un alto grado de compactación, delimitadas ya con paredes de piedra seca, roturadas en su mayor parte, con algunas áreas cercadas y con cultivos permanentes (viñas y huertos), y otras –residuales– de yermos. Permitían, pues, articular una importante cabaña semiestante con una agricultura mediterránea extensiva.

Para los propietarios de las alquerías, que pertenecían a una clase media rural, los rebaños se habían convertido en la principal fuente de ingreso. Cada año solo sembraban un tercio de sus campos, los dos tercios restantes se dejaban en barbecho, como zona de pasto para el ganado. A fin de proteger los sembrados de la voracidad de los animales y aprovechar al máximo hierbas y rastrojos, dividían el área roturada en pequeñas unidades cerradas (tanques), mediante una red de paredes de piedra seca y setos, en las que confinaban los rebaños durante una buena parte del año, para que pacieran libremente, sin pastor. Cuando los animales habían consumido íntegramente el manto vegetal de una de estas tanques, se les desplazaba a la vecina.

La estructuración interna de las alquerías en pequeñas unidades cercadas aportaba algunas ventajas: aseguraba un abonado uniforme y sin costes de los campos, permitía criar el ganado sin pastor; y facilitaba la selección, ordeño y esquileo de los animales El sistema tenía, sin embargo, un techo, el agostamiento anual de los pastos. Para superar este último hándicap, los ganaderos menorquines acordaron extender el derecho de pasto diurno en las explotaciones confrontantes a todos los yermos, barbechos y rastrojeras no vedados del término municipal, y prolongarlo cronológicamente, incluyendo la noche. Los hatos de ovinos y vacunos pacían en las respectivas alquerías desde finales de septiembre hasta mediados de mayo, período en que los animales se reproducían, sus propietarios queseaban con la leche sobrante y realizaban el esquileo. Durante el verano, en cambio, las greyes campeaban libremente, sin pastor; al estar sometidas a un control bastante laxo, debían de atravesar frecuentemente los confines del municipio en que estaban matriculadas. Los rebaños dejaron de ser, pues, estrictamente estantes; se convirtieron, durante unos meses del año en trasnochantes, e incluso transterminantes.

Esta práctica requirió que todas las reses de cada ganadero estuviesen marcadas con una señal específica, que garantizara su identificación, y la creación de unos inspectores municipales de los rebaños, los batlles de les ovelles, con competencias suficientes para dirimir los conflictos que se planteasen por la propiedad de las reses, identificar los animales que hubiesen penetrado en los sembrados y establecer la sanción que sus propietarios tendrían que pagar a los damnificados, recoger los hatos foráneos y reconducirlos a sus respectivas circunscripciones y finalmente estar a disposición del concejo local para todas la cuestiones relativas al ganado. Esta práctica ganadera, que los observadores externos consideraban poco racional, por no permitir un control sistemático de los rebaños y facilitar la pérdida de parte de las mieses, estaría en vigor hasta mediados del siglo XV, puesto que los campesinos menorquines continuarían considerando que, a pesar de sus inconvenientes, minimizaba esfuerzos y costes.

Este sistema ganadero autóctono sufriría, a mediados del siglo XIX, los efectos de los enfrentamientos de banderías locales y las secuelas, largas y prolongadas, de la guerra civil catalana. Tanto los unos como las otras redujeron considerablemente, pero no colapsaron, las salidas de ganado de carne y de balas de lana rumbo a Mallorca y Cataluña.

* Este trabajo es resultado del proyecto de investigación «Mercados y comercialización de vituallas en el Mediterráneo occidental, siglos XI-XV: factores e indicadores de desarrollo e integración regional y supraregional», reconocido y financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación (HAR2016-80298-P). Abreviaturas empleadas: ACA = Archivo de la Corona de Aragón, ACM = Arxiu Capitular de Mallorca, AHCB = Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona, ARM = Arxiu del Regne de Mallorca, C = Cancillería (cast.), ECR = Escrivania de Cartes Reials.

1 Que ha sido regestado por Antoni Maria Aragó y Rafael Conde: El Llibre Vermell de Ciutadella. Catàleg dels seus documents. Barcelona, 1977.

2 Ramón Rosselló: Aportació a la història medieval de Menorca. El segle XIII. Ciudadela, Consell Insular de Menorca, 1980. Id.: Aportació a la història medieval de Menorca. Segle XIV(Reis de Mallorca i Pere el Cerimoniós). Mahón, Consell Insular de Menorca, 1985. Id.: Aportació documental a la història de Menorca. El segle XV. Ciudadela, Consell Insular de Menorca, 1982. Id.: Llibre del notari de Ciutadella Jaume Riudavets. 1450-1453. Mahón, Consell Insular de Menorca, 1982. Id.: «El notari Jaume Comes», Revista de Menorca, LXXVI (1985), pp. 193-260.

3 Véase infra, notas 21, 40, 42, 43, 46, 47, 48, 125, 183 y 185.

4 Véase infra, notas 181 y 205.

5 Véase infra, nota 83.

6 Véase infra, nota 147.

7 Véase infra, nota 147.

8 Joan Josep Fornós y Antoni Obrador: «Geología de Menorca», en V. M. Rosselló, J. J. Fornós y Ll. Gómez-Pujol (ed.): Introducción a la Geografía Física de Menorca. Guia de campo de las XVIII Jornadas de Geografía Física. Palma de Mallorca, Asociación de Geógrafos Españoles / Universitat de València / Universitat de les Illes Balears / Societat d’Història Naturals de Balears, 2003, pp. 31-35; Bernardí Gelabert: «La estructura geológica de Menorca: las zonas de Tramuntana y Migjorn», en Ibid., pp. 39-43.

9 J. J. Fornós y A. Obrador: «Geología de Menorca»…, pp. 36-38; Guillem Xavier Pons y Lluís Gómez-Pujol: «Introducción al medio físico de Menorca», en V. M. Rosselló, J. J. Fornós y Ll. Gómez-Pujol (ed.): Introducción a la Geografía Física de Menorca…, p. 6.

10 G. X. Pons y Ll. Gómez-Pujol: «Introducción al medio físico de Menorca»…, p. 7.

11 Oriol de Bolós, René Molinier y Pere Montserrat: Observations phytosociologiques dans l’île de Minorque. Barcelona, Universitat de Barcelona, 1970, pp. 8-10.

12 Ibid., p. 146.

13 Ibid., pp. 31-36; Ecosistemes terrestres. Mahón, Consell Insular de Menorca, 2004, p. 10.

14 O. de Bolós, R. Molinier y P. Montserrat: Observations phytosociologiques…, pp. 20-26.

15 Ibid., pp. 26-31.

16 Ibid., pp. 47-55.

17 Ibid., pp. 113-121.

18 El lugarteniente general de las islas, en marzo de 1346, restringió las exportaciones de leña menorquina a Mallorca y prohibió cortar árboles para fabricar cenizas, sin una licencia especial de las autoridades locales: R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 230-231.

19 O. de Bolós, R. Molinier y P. Montserrat: Observations phytosociologiques…, pp. 121-145; Maria Àngels Cardona: «El mon vegetal», en Enciclopédia de Menorca. Ciudadela, Obra Cultural de Menorca, II, 1988, pp. 102, 113-114, 119 y 124-127.

20 Joan Pons: «El batlle de les ovelles de l’illa de Menorca, una institució comunal oblidada (s. XVI-XIX)», Estudis d’Història Agrària, 17 (2004), p 707.

21 Francesc Hernández Sanz, Compendio de Geografía e Historia de la isla de Menorca. Mahón, s. ed., 1908, p. 159.

22 Que ha sido traducida al francés y al catalán: L. Sabbha y A. Ammi: «Les Baléares vues par un géographe arabe», Bolletí de la Societat Arqueològica Lul·liana, XXXIII (1968-1972), pp. 622-625; Miquel Barceló: «Alguns problemes d’història agrària mallorquina suggerits pel text d’al-Zuhri», en M. Barceló: Sobre Mayurqa. Palma de Mallorca, Museu de Mallorca, 1984, p. 50.

23 M. Barceló: «Alguns problemes d’història agrària…», p. 50.

24 Del cual se ha perdido el original y solo se conserva una copia, de 1281, en la Biblioteca Nacional de Francia (Ms. Latins, 9261). Fue publicado, a mediados del siglo XIX, por Louis de Mas Latrie: Traités de paix et de commerce et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale au Moyen fige. París, Henri Pilot, 1866, pp. 182-185. Esta edición ha sido reimpresa reiteradamente, a menudo sin compulsarla con el original: Ambrosio Huici y María Desamparados Cabanes: Documentos de Jaime I de Aragón. Valencia, Anubar, I, 1976, pp. 274-277; Llorenç Pérez: «Corpus documental balear. I: Reinado de Jaime I (1128-1235)», Fontes Rerum Balearium, I, (1977), pp. 74-76; Miquel Barceló: «El tractat de Capdepera de 17 de juny de 1231 entre Jaume I i Abu Abd Allah Muhammad de Manurqa. Sobre la funció social i política dels fuqaha», en M. Barceló: Sobre Mayurqa…, pp. 82-84. La edición más recomendable es, sin embargo, la que hizo, con motivo de unas jornadas de estudio específicas, Antoni Mut: «El document del tractat de Capdepera, de 1231 (estudi codicològic, transcripció i traducció)», en Actes de les jornades d’estudi i debat. El tractat de Capdepera de 1231 i la independència de Menorca. Palma de Mallorca, Ajuntament de Capdepera, 2009, pp. 17-76.

25 «Ad mayorem etiam recognitionem vestre dominationis promittimus vobis et heredibus vestris […] dare singulis annis nonagentos almudinos ordei et centum tritici […] et centum cabeças inter boves et vacas, qui sunt duobus annis usque ad sex, et trescentes cabeças inter capras et capronos et ducentes cabeças inter moltones et oves, et duo quintaria de mantega» (M. Barceló: «El tractat de Capdepera…», p. 82).

26 Pau Cateura: «La Menorca musulmana en temps dels cristians (1230-1287)», en I Jornades de recerca històrica de Menorca. La Manurqa de Said Ibn Hakam, un país islàmic a Occident. Ciutadella, Publicacions del Born, 2005, pp. 31-32.

27 ARM, 342, f. 11v. Antonio Ortega: «Navegación mediterránea por el Atlántico. El caso de Mallorca (1230-1349)», Minius, 21 (Vigo, 2013), p. 51.

28 Jaume I: «Llibre dels feits», en F. Soldevila (ed.): Les quatre grans cròniques. Barcelona, Selecta, 1971, p. 168 y p. 376.

29 Analizada, entre otros, por Ferran Soldevila y Antonio Riera i Melis: Pere el Gran. Primera part: l’Infant. Barcelona, Institut d’Estudis Catalans, I, 1950, pp. 16-30 y 11-114; Antoni Riera i Melis: La Corona de Aragón y el Reino de Mallorca en el primer cuarto del siglo XIV. Madrid/Barcelona, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 1986, pp. 31-32. Id.: «El regne de Mallorca en el contexto internacional de la primera meitat del segle XIV», Homenatge a la memòria del Prof. Dr. Emilio Sáez. Aplec d’estudis dels seus deixebles i col·laboradors. Barcelona, Universitat de Barcelona, 1989, pp. 46-47.

30 Editado por Manuel de Bofarull: Colección de documentos inéditos del Archivo de la Corona de Aragón. Barcelona, Imprenta del Archivo, XXIX, 1866, pp. 446-449, y por Albert Lecoy de la Marche: Les relations politiques de la France avec le Royaume de Majorque. París, Ernest Leroux, 1892, I, pp. 446-449. Para un análisis más detenido del mismo véase A. Riera i Melis: La Corona de Aragón y el Reino de Mallorca…, pp. 32-33 y 56-57; y Id., «El regne de Mallorca en el context internacional»…, pp. 47-48.

31 Ramon Muntaner: «Crònica», en F. Soldevila (ed.): Les quatre grans cròniques. Barcelona, Institut d’Estudis Catalans, 3, 2011, pp. 253-255 y 264; Jerónimo Zurita: Anales de la Corona de Aragón. A. Canellas (ed.). Zaragoza, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, II, pp. 264-269; Ludwig Klüpfel, Die aüssere Politik Alfonsos III von Aragonien (1285-1291). Berlín/Leipzig, W. Rothschild, 1911-1912, pp. 17-18 y 160-162; Miguel Ferrer: «La conquista de Mallorca por Alfonso III», Boletín de la Sociedad Arqueológica Luliana, XXX (1947-1952), pp. 274-288; A. Riera i Melis: La Corona de Aragón y el Reino de Mallorca…, pp. 69-71.

32 Como se desprende de la frase que Ramon Muntaner, en su crónica, pone en boca del almirante Roger de Llúria, en el verano de 1285: «Aquella cosa que a mi fa paor d’aquesta guerra és que l’illa de Mallorca no fos contra nos». (R. Muntaner: «Crònica»…, p. 254.)

33 R. Muntaner: «Crònica»…, pp. 287-290; Cosme Parpal: La conquista de Menorca en 1287 por Alfonso III de Aragón. Barcelona, Imprenta de la Casa de Caridad, 1901.

34 Vicente Salavert: Cerdeña y la expansión mediterránea de la Corona de Aragón, 1297-1314. Madrid, 1956, I, pp. 107-113; Steven Runciman: I Vespri siciliani Storia del mondo mediterraneo alla fine del tredicesimo secolo. Bari, Dedalo, 1976, p. 352.

35 Editado por Manuel de Bofarull: Colección de documentos inéditos…, XXIX, pp. 45-57 y 251-259.

36 A. Riera i Melis: La Corona de Aragón y el Reino de Mallorca…, pp. 34 y 71-72; Id.: «El regne de Mallorca en el context internacional»…, p. 55.

37 Proceso bien analizado por Elena Lourie: «La colonización cristiana de Menorca durante el reinado de Alfonso III “el Liberal”, rey de Aragón», Analecta Sacra Tarraconensia, 53-54 (1983), pp. 135-185.

38 R. Muntaner: «Crònica»…, p. 289.

39 Ibid.

40 Jaume Sastre: «L’organització de Menorca el 1301», Mayurqa, 24 (1997-1998), p. 46.

41 Ibid., pp. 47-48.

42 J. Sastre: «L’organització de Menorca…», pp. 46 y 51; Joan Hernández: «Florentins a terres de Menorca. Un model de comerç marítim a la baixa edat mitjana», Bulletí de la Societat Catalana d’Estudis Històrics, XI (2000), p. 41.

43 En este padrón fiscal no figuran las familias más pobres ni los marginados sociales: Jaume Sastre, «El impuesto del morabatí en el Reino de Mallorca (1300-1349)», Acta Historica et Archaelogica Mediaevalia, 10 (1989), pp. 159-187.

44 Como recordaría, casi cien años después, Pedro Fàbregues al soberano, ante el avance de las privatizaciones y los cierres: ACA, C, reg. 144, ff. 91r-92v.

45 Del documento, conocido con el nombre de Pariatge, se conserva el original: ARM, Pergs. RP, segle XIV, núm. 29.

46 La creación de las estructuras eclesiásticas menorquinas ha generado abundante bibliografía, entre las aportaciones mejor documentadas destancan: Gabriel Llabrés Quintana: «El pariatge de Menorca (1300)», Revista de Menorca (1907), pp. 75-83; Florencio Sastre: «El Paritage de Menorca de 1301», Mayurqa, 20 (1981-1984), pp. 141-154; Miguel Ángel Casasnovas: Història de Menorca. Mallorca, Moll, 2005, p. 197.

47 Lluc Carreras: «Avance de un estudio sobre comercio e industria de Menorca», Revista de Menorca, XI, (1916), pp. 306 y 313-314; J. Hernández: «Florentins a terres de Menorca… », p. 41.

48 Jaume Sastre: La Seu de Mallorca (1390-1430). La prelatura del bisbe Lluis de Prades i d’Arenós. Palma, CIM, 2007, p. 41.

49 R. Rosselló, Aportació. Segle XIV…, pp. 13-14.

50 Ibid., p. 54.

51 Ibid., p. 54.

52 Ibid., p. 52.

53 Ibid., p. 57.

54 Ibid., p. 49. Es probable que estas explotaciones fueran las que vendería Pedro el Ceremonioso, en junio de 1345, poco después de la reintegración del archipiélago a la Corona de Aragón, a Dalmau de Totsó, en franco alodio, por 1.310 libras, 15 sueldos y 2 dineros (Ibid., p. 152). Si la identificación es correcta, la operación habría sido muy rentable para el soberano, que se habría embolsado aproximadamente el triple del precio que pagó por ellas el difunto monarca mallorquín.

55 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 128.

56 Ibid., p. 157.

57 Ibid., p. 61.

58 Ibid., p. 43. Véase también infra, notas 113, 131-137, 199, 201 y 210.

59 Ibid., p. 40. Véase también infra, nota 140.

60 Ibid., pp. 42-43.

61 Ibid., p. 16.

62 ARM, Lletres Comunes, vol. 2, f. 59v.

63 Véase infra, notas 73, 79 y 117.

64 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp.43-44.

65 Véase infra, nota 77.

66 A. Riera i Melis: «El regne de Mallorca en el context internacional…», p. 62.

67 Jaume Sobrequés: «Contribució econòmica del municipi de Barcelona a l’empresa de recuperació del regne de Mallorca», en VIII Congrés d’Història de la Corona d’Aragó. Valencia, 1973, II/3, pp. 291-302.

68 La liquidación del reino privativo ha atraído la atención de numerosos historiadores mallorquines y extranjeros: A. Lecoy de la Marche: Les relations politiques…, II, pp. 63-118; Carl Arnold Willemsen: Ocaso del Reino de Mallorca y extinción de la dinastía mallorquina. Palma de Mallorca, Ayuntamiento, 1955, pp. 10-11; Álvaro Santamaría: «Mallorca, del Medioevo a la Modernidad», en J. Mascaró Pasarius (ed.): Historia de Mallorca, III. Palma de Mallorca, 1970, pp. 110-112; A. Riera i Melis: «El regne de Mallorca en el context internacional…», p. 62. El análisis más documentado y riguroso corresponde, sin embargo, a Gabriel Ensenyat: La reintegració de la Corona de Mallorca a la Corona d’Aragó (1343-1349). Palma de Mallorca, Moll, 1997, I, pp. 139-202.

69 A. Lecoy de la Marche: Les relations politiques…, II, pp. 118-135; C. A. Willemsen: Ocaso del Reino de Mallorca…, pp. 11-12; G. Ensenyat: La reintegració de la Corona de Mallorca…, I, pp. 202-241.

70 A. Lecoy de la Marche: Les relations politiques…, II, pp. 162-163; C. A. Willemsen: Ocaso del Reino de Mallorca…, pp. 14-29; Bartomeu Font: «Mallorca en 1349», Boletín de la Sociedad Arqueológica Luliana, XXXII (1961-1965), pp. 245-260; A. Santamaría: «Mallorca del Medioevo a la Modernidad»…, pp. 126-134; G. Ensenyat: La reintegració de la Corona de Mallorca…, I, pp. 265-286.

71 ACA, reg. 1410, f. 7 r., y reg. 1418.

72 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 229-230 y 245-246.

73 «Item que nul hom ne neguna persona stranya o privada de qualque condició o stament sia no gos trer ne fer trer […] moltons, porchs, cabrons, cabrits, anyels, ovelles, cabres, truges grans e poques, bous, vaches, vedels o vedeles […] cavalls, rossins o altra bèstia cavallina»: ARM, Lletres Comunes, 6, ff. 161r-161v; transcripción de R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 231.

74 Véase infra, notas 92, 93, 96, 98, 204, 207, 208 y 209.

75 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 121-122.

76 Ibid., p. 294.

77 Ibid., p 232.

78 Ibid., pp. 141, 142 y 298-299.

79 Ibid., pp. 232-233.

80 Ibid., pp. 232-233 y 236.

81 Ibid., p. 131.

82 Ibid., p. 132.

83 Jesús Ernesto Martínez Ferrando: «Exceso de población sarda en Menorca a finales del siglo XIV», en VI Congreso de Historia de la Corona de Aragón, I. Madrid, 1961, pp. 319-329.

84 Analizadas sucintamente por Robert S. Gottfried: La Muerte Negra. Desastes naturales y humanos en la Europa medieval. México, Fondo de Cultura Económica, 1989, pp. 165-167.

85 «Altri […] affermavano il bere assai e il godere e l’andar cantando a torno e sollezando e il sodisfare d’ogni cosa all’appetito che si potesse e di ciò che avveniva ridersi e beffarsi esser medicina certissima a tanto male: e cosí come il dicevano il metevano in opera a lor potere, il giorno e la notte, ora a quella taverna ora a quella altra, andando, bevendo senza modo, senza misura»: G. Boccaccio: Decameron. A cura di Vittore Branca. Turín, Einaudi, 1992, I, p. 19.

86 Actitud analizada con detalle en Antoni Riera i Melis: «Dulzores orientales para traumas postpestilenciosos. Importaciones de azúcar en Barcelona durante el bienio de 1349-1350», en S. Brouquet y J. V. García Marsilla (ed.): Mercados del lujo, mercados del arte. El gusto de las elites mediterráneas en los siglos XIV y XV. Valencia, PUV, 2015, pp. 465-491.

87 Gil de Lozano, en 1353, obtuvo del soberano una licencia para adquirir tierras de realengo por valor de 30.000 sueldos mallorquines: ACA, C, reg. 1417, f. 73r.

88 Véase infra nota 89.

89 ACA, C, reg. 1426, ff. 166v y 186v, y reg. 1431, f. 166v.

90 ACA, C, reg. 1416, f. 171r.

91 ACA, C, reg. 1418, f. 47v.

92 Solo en el semestre comprendido entre junio de 1350 y febrero de 1351, el soberano autorizó la salida de Menorca, rumbo a Barcelona, de 250 bovinos adultos, 100 terneros y 100 carneros: ACA, C, reg. 1414, f. 197v, y reg. 1415, f. 84v.

93 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 235, 237 y 238.

94 Ibid., pp. 234-235.

95 Ibid., p. 233.

96 Ibid., pp. 235-236.

97 Ibid., pp. 137 y 233.

98 Ibid., pp. 233-235.

99 Ibid., p. 234.

100 ACA, C, reg. 1418, f. 145r.

101 ACA, C, reg. 1426, f. 135r.

102 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 165.

103 Ibid., p. 197.

104 Ibid., p. 238.

105 Véase infra, nota 105.

106 ARM, pergs. Pere IV, núm. 56.

107 ACA, C, reg. 1414, f. 154r.

108 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 214-215 y 253.

109 Ibid., p. 251.

110 Ibid., pp. 251-252 y 253-254.

111 Ibid., p. 203.

112 Ibid., pp. 166 y 215.

113 Ibid., p. 252.

114 Ibid., pp. 318-319.

115 Ibid., p. 317.

116 Ibid., p. 253.

117 Ibid., p. 252.

118 ACM, Fàbrica, vol. 4, f. 33v; cit. R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 343.

119 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 157-158.

120 ACA, C, reg. 1435, f. 168v.

121 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 150.

122 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 39.

123 ACA, C, reg. 1444, ff. 91r-92v.

124 ACA, C, reg. 1444, ff. 132r-133r.

125 Andreu Murillo: «Introducció», en R. Rosselló, Aportació. El segle XV…, p. 4.

126 Ibid.

127 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 171-175 y 182.

128 «Per so que pus valenterosament venguen a comprar dels dits bestiars en esta ylla, …puix que e.ls anyells hic són bons e grassos»: cit. R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 239.

129 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 37.

130 Dos de ellos, Guillem Carpinter y Guillem Tallada, en marzo de 1415, se trasladaban de Alcudia a Menorca, para adquirir ganado: Ibid., p. 74.

131 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 222-224; Id.: Aportació. El segle XV…, p. 74.

132 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 240.

133 Ibid., p. 252; R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 78.

134 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 222 y 254; Id.: Aportació. El segle XV…, p. 74.

135 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 223-225.

136 Ibid., p. 226.

137 Ibid., p. 223.

138 Ibid., pp. 222-226.

139 Ibid., p. 224.

140 Ibid., p. 225.

141 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 78-79.

142 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 222-223.

143 Ibid., pp. 243-244.

144 Maria del Camí Dolç: Estudi agroeconòmic de Mallorca i Menorca de 1380 a 1420, segons el delme eclesiàstic. Tesis doctoral inédita. Palma de Mallorca, Universitat de les Illes Balears, 2015, vol. 1.

145 J. Hernández: «Florentins a terres de Menorca…», p. 43.

146 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, p. 222.

147 Analizada en profundidad por Federigo Melis y parcialmente por Coral Cuadrada y Joan Hernández: Federigo Melis: «La llana de l’Espanya mediterrània i de la Berberia occidental en els segles XIV-XV», en A. Furió (ed.): València, un mercat medieval. Valencia, Diputación Provincial de Valencia, 1985, pp. 61-80; Id.: Aspetti della vita economica medievale (Studi nell’Archivio Datini di Prato). Florencia, L. S. Olschki, 1962; Id.: Documenti per la Storia Economica dei secoli XIII-XVI. Florencia. L. S. Olschki, 1972; Coral Cuadrada: «El paper de la llana menorquina segons la documentació datiniana: mecanismes i estratègies comercials», Acta Historica et Archaeologica Mediaevalia, 20-21 (1999-2000), pp. 391-407; Id.: La Mediterrània, cruïlla de mercaders (seglesXIII-XV). Barcelona, Rafael Dalmau, 2001; J. Hernández: «Florentins a terres de Menorca…», pp. 42-45.

148 R. Rosselló, Aportació. El segle XV…, p. 77.

149 Bien analizadas en Paul Adam y Louis Denoix: «Essai sur l’apparition du gouvernail d’étambot», Revue d’Histoire Économique et Sociale, XL (1962), pp. 90-109; Paul Gille: «Les navires du quinzième siècle», Journal des Savants, I/1, (1962), pp. 102-107; Rolf Eberenz: Schiffe an den Küsten der Pyrenäenhalbinsel. Frankfurt, Peter Lang GmbH, 1975, passim; Josep Maria Madurell: «Antiguas construcciones de naves (1316-1740)», Hispania, XXVIII (1968), pp. 3-74; Michel Mollat: «La transformation des marines européennes du XIVe au XVIe siècle», en Annals de la III Universitat d’Estiu. Andorra, Conselleria d’Educació i Cultura, 1985, pp. 230-237; Marie-Pierre Jezegou: «Le gréement des navires catalans aux XIVe et XVe siècles d’après les textes et l’iconographie», en III Congrés International d’études des cultures de la Méditerranée Occidentale. Tunis, 1985, pp. 223-232; Arcadi Garcia Sanz: Història de la marina catalana. Barcelona, Aedos, 1977, pp. 43-74; Antoni Riera i Melis: «La construcció naval a Catalunya a les vespres dels grans descobriments geogràfics (1350-1460)», en Studi Storici in Memoria di Alberto Boscolo. Roma, Bulzoni, III, pp. 107-131.

150 Federigo Melis: «Werner Sombart e i problemi della navigazione nel Medioevo», en Id.: I transporti e le comunicazini nel Medioevo. Florencia, Le Monnier, 1984, pp. 54-61; Arcadi García Sanz: «Fletamentos catalanes medievales», Historia. Instituciones. Documentos, 5 (1978), pp. 235-256; Manuel Peláez: «Los contratos de fletamento en el derecho histórico catalán», Anuario de Derecho Marítimo, II (1984), pp. 93-133; Id.: «Los contratos de fletamento en el derecho catalanobalear y pisano-genovés: notas y reflexiones ius-históricas sobre la institución fletamentaria y sobre el transporte», Revista Europea de Derecho de la Navegación Marítima y Aeronáutica, III/IV (1989), pp. 277-301, y VII (1991), pp. 913-978.

151 Arcadi Garcia Sanz y Maria Teresa Ferrer: Assegurances i canvis marítims medievals a Barcelona. Barcelona, Institut d’Estudis Catalans, 1983, I, pp. 134-140.

152 Anna Maria Adroer y Gaspar Feliu: Història de la Taula de Canvi de Barcelona. Barcelona, Caixa de Barcelona, 1989, p. 12; A. Garcia Sanz y M. T. Ferrer: Assegurances i canvis marítims…, I, pp. 108-110.

153 Véase supra, nota 2.

154 La superficie media de las alquerías mallorquinas documentadas en el Llibre del Repartiment de la porción real era, en 1230, de 125 hectáreas: Ricard Soto: «L’organització agrícola de les noves terres a Mallorca i el paisatge rural», en Ma. Th. Ferrer (ed.): Jaume I. Commemoració del VIII centenari del naixement de Jaume I. Barcelona, Institut d’Estudis Catalans, II, 2013, pp. 458-459.

155 Véase supra, notas 88-90.

156 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, p. 7.

157 Ibid., p. 8.

158 Ibid., p. 18.

159 Ibid., p. 19.

160 Ibid., p. 25.

161 R. Rosselló: «Notari Jaume Comes…», p. 243.

162 Ibid., p. 218.

163 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, pp. 8, 18 y 19; Id.: «Notari Jaume Comes…», p. 218.

164 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, p. 7.

165 R. Rosselló, «Notari Jaume Comes…», p. 243.

166 Ibid., p. 241.

167 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, p. 25.

168 Ibid., p. 18; Id., «Notari Jaume Comes…», p. 223.

169 Ibid., pp. 218-219 y 223.

170 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, p. 18.

171 Ibid., pp. 7, 18 y 19; Id.: «Notari Jaume Comes…», pp. 223, 241 y 243.

172 R. Rosselló: Llibre del notari Jaume Riudavets…, pp. 8,18 y 25.

173 J. Pons: «El batlle de les ovelles…», p. 716.

174 Ibid., p. 707.

175 Ibid., p. 709.

176 Ibid., p. 712.

177 Ibid., p. 708.

178 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 66-67.

179 Véase supra, nota 38.

180 A. Murillo: «Introducció…», p. 3.

181 Jordi Morelló: «El “Gran captiveri” de Menorca o la seva dependència financera del Principat. Estat de la qüestio», Mayurqa, 29 (2003), pp. 332-333.

182 La Universidad de Menorca, en 1416, informaba detalladamente a Alfonso el Magnánimo de la cantidad creciente de recursos que tenía que consignar cada año al pago de censales: R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 89.

183 Andreu Murillo: «Pressió fiscal i altres pressions econòmiques i extraeconòmiques a la Menorca de finals del segle XVI», Fiscalitat estatal i Hisenda local (ss. XVI-XIX): Funcionament i repercusions socials (VI Jornades d’Etudis Històrics Locals). Palma de Mallorca, Institut d’Estudis Baleàrics, 1988, p. 315; J. Morelló: « El “Gran captiveri”… », p. 335; María Luisa Serra, Guillem Rosselló y Joan Antoni Orfila: Història de Menorca. I. De los orígenes al final de la Edad Media. Mahón, Rafel Timoner Sintes, 1977, p. 304.

184 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 16, 25, 30; J. Morelló: «El “Gran captiveri”…», pp. 336-338.

185 Los conflictos los generaba no tanto el procedimiento de selección, que se efectuaba por el sistema de insaculación, sino la periódica confección de la lista de insaculables de cada estamento: María Luisa Serra: «El establecimiento del régimen de insaculación en Menorca bajo el reinado de Alfonso V», en IV Congreso de Historia de la Corona de Aragón. II, Barcelona, 1970, pp. 305-329; R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 72-73; A. Murillo, «Introducció…», p. 5.

186 R. Rosselló: Aportació. Segle XIV…, pp. 171-176, 182-183, 192, 195.

187 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 9-10.

188 A. Murillo: «Introducció…», p. 5.

189 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 10-13; A. Murillo: «Introducció…», pp. 5-6.

190 «Com se digui que alguns de l’illa, abans dels morts, furts i altres crims, eren pobres “e havien prou fer de viure e sostenir lur cases, se són fets richs e oppulaents dels dits furs”»: cit. R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 17.

191 Depurando las listas de los inasaculables.

192 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 15-21.

193 Una parte considerable de la documentación generada por la revuelta ha sido recogida y extractada por Ramon Rosselló: La revolta menorquina contra Joan II. Mahón, Consell Insular de Menorca, 1981; Id.: Aportació. El segle XV…, pp. 97-111. Para el desarrollo del conflicto, véase Ricard Urgell: El regne de Mallorca a l’època de Joan II. La guerra civil catalana i les seves repercussions. Palma de Mallorca, El Tall, 1997, pp. 129-146; M. A. Casasnovas: Història de Menorca…, pp. 236-237.

194 A. Murillo: «Introducció…», p. 4.

195 M. L. Serra, G. Rosselló y P. A. Orfila: Historia de Menorca…, p. 283; R. Rosselló: Aportació. El segle XV..., pp. 97-111.

196 Las dos villas, en 1459, contaban con 286 y 108 fuegos fiscales, respectivamente; unas décadas después, en 1482, los fuegos habían pasado a 401, en Ciudadela, y a 287, en el resto de la isla: A. Murillo: «Introducció…», p. 4.

197 A. Murillo: «Introducció…», pp. 3-4.

198 El consistorio de Ciudadela, en el primer semestre de 1467, solicitaba a Juan II que, «per poder conrear e culturar segurament e ab repós les terres e possessions llurs», le concediese «licència e facultat de poder, ensemps ab lo governador de la dita illa de Menorca fer treves algunes veguades ab los del dit loch de Mahó rebel·les» (cit. R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 105-106). Dos años después, en la fase final de la guerra civil catalana, Joan Parets, un miembro de la nobleza menorquina que había optado por el bando realista, informaba a Juan II que per causa de la extrema guerra qui és en aquella vostra ylla de Menorcha són stades destroïdes moltes possessions i alqueries: ARM, RP, 46, f. 129 v.

199 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 14, 27, 30, 44 y 79.

200 Ibid., p. 14, 40.

201 Ibid., pp. 79-81 y 97.

202 Ibid., p. 44.

203 Ibid.

204 AHCB, Lletres Closes, vol. 5, f. 78v.

205 AHCB, Lletre Comunes Originals, vol. 9, f. 19r; Ramón A. Banegas: Sangre dinero y poder. El negocio de la carne en la Barcelona bajomedieval, Lleida, Milenio, 2016, p. 49..

206 AHCB, Lletres Closes, vol. 5, f. 89v.

207 AHCB, Lletres Closes, vol. 6, ff. 116r y 120r.

208 AHCB, Lletres Closes, vol. 23, f. 91v; R. A. Banegas: Sangre dinero y poder…, p. 50.

209 AHCB, Lletres Closes, vol. 23, f. 119r.

210 R. Rosselló: La revolta menorquina…, p. 46; Id.: Aportació. El segle XV…, p. 97.

211 AHCB, Lletres Comunes originals, vol. 38, f. 46r; R. A. Banegas: Sangre dinero y poder…, p. 50.

212 AHCB, Lletres Comunes originals, vol. 38, ff. 50r y 53r; R. A. Banegas: Sangre dinero y poder…, p. 50.

213 AHCB, Lletres Comunes originals, vol. 38, f. 53r.

214 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 75-76.

215 Ibid., p. 76.

216 J. Hernández: «Florentins a Menorca»…, p. 44.

217 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, pp. 31, 42, 44, 45, 106-107 y 108-109.

218 J. Morelló: «El gran captiveri de Menorca»…, p. 335.

219 L. Carreras: «Avance de un estudio sobre comercio»…, pp. 312-313; J. Hernández, «Florentins a Menorca»…, p. 44; R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 77-78.

220 R. Rosselló: Aportació. El segle XV…, p. 45.

CARNICERÍAS Y COMERCIO DE CARNE EN EL REINO DE ARAGÓN DURANTE EL SIGLO XV

Germán Navarro Espinach y Concepción Villanueva Morte Universidad de Zaragoza*

En algunos trabajos anteriores hemos tratado el desarrollo ganadero que se produjo en el sur de Aragón y su vinculación con el reino valenciano a través de la trashumancia, sin abordar directamente el sistema de abastecimiento de carne.1 La provisión cárnica de las grandes ciudades fue un problema crónico durante la época medieval.2 Los momentos de escasez en el reino de Aragón, tanto de trigo como de carne, hacían necesaria su importación,3 y esta fue una de las principales preocupaciones de los concejos, junto con el control del negocio mediante el cobro de las sisas correspondientes tanto por los animales sacrificados como por el consumo de carne. Por otro lado, no cabe duda de que la demanda de ganado surgida de las ciudades levantinas desde finales del Trescientos era fuerte y sostenida, siendo además una mercancía que solo podía transportarse por tierra, lo que dejaba la responsabilidad de atender el reclamo a las áreas peninsulares circunvecinas.4 En ese sentido, la ganadería del tercio sur de Aragón, se especializó en la exportación de lana pero también en el suministro de carne a los habitantes de Valencia y su reino.5 De hecho, las posibilidades eran fructíferas y todo aquel que quisiera intervenir podía hacerlo con garantías. Por eso la participación de carniceros levantinos en adquirir animales para surtir de carne fue directa y muy activa, contratando sobre el terreno a los propios ganaderos locales cifras importantes de ganado, lo que es un claro exponente de la importancia económica que adquiría este negocio.6

COMPRAS DE CARNE Y ADMINISTRACIÓN DE CARNICERÍAS

Albarracín y determinadas aldeas de su comunidad destacan en los primeros años del siglo XV al concentrar una gran parte de las gestiones administrativas derivadas de la comercialización de carneros –corderos adultos–7 producidos en el territorio de la comunidad, lo que en cierta manera justifica la escasa participación de la zona en los movimientos trashumantes y en el mercado lanero.8 A juzgar por los restos de protocolos conservados, aparecen con frecuencia compras masivas de cientos de carneros y ovejas, y se pueden observar cómo los carniceros de Valencia van creando lazos de tipo profesional con los ganaderos de las zonas proveedoras e incluso con otros carniceros de pueblos cercanos, que actúan a veces como intermediarios. Así, por ejemplo, en Albarracín se dan cita a finales del verano y durante los primeros días de otoño un numeroso grupo de negociantes levantinos para cerrar tratos de este tipo con ganaderos de las aldeas vecinas. En estos negocios se manejan sumas importantes de dinero.

Un ejemplo puede ser la reunión mantenida a mediados de agosto de 1414 en la que Belenguer Maestre, vecino de El Puig, Ramón Sernas, vecino de Meliana, Guillermo Pérez, vecino de Puzol, Bernat Serra, vecino de Valencia y Aparicio Fogón, vecino de Albalat, reconocen mancomunadamente deber a Domingo Soriano y a su hijo, vecinos de Bronchales, 370 florines por la compra de carneros que ya han recibido, al tiempo que Sancho Ximénez, de Ródenas, les absuelve y se da por pagado de las deudas que mantenían con él por la misma razón. A continuación, ese mismo día y ante el mismo notario, Domingo Romeo, de Murviedro, se compromete a pagar antes de la festividad de Todos Santos a Pascual Domingo de Valdecuenca y a Martín de Bonachía de Terriente, la cantidad de 365 florines que les adeuda por la adquisición de animales. Dos meses más tarde, el 8 de octubre, Juan Yust y Jaime Vicent, vecinos de Valencia, confirman ante ese notario que deben a García Garcés de Monterde y a Pedro Fernández, alias Pedro Fuertes, de Villar del Cobo, 467 florines y medio, asimismo debido a la compra de carneros, comprometiéndose a hacerlo efectivo antes del primero de febrero próximo, lo que efectivamente harán antes del día 8, en que se cancela el acto inicial. Al día siguiente, esos mismos ganaderos, reciben el compromiso de Jaime Gavarda, también vecino de Valencia, por 280 florines, precio de los carneros que le acababan de vender.9

Otro caso similar es el de un pastor de Villar del Cobo, aldea de Albarracín, llamado Domingo Cavero, que hace procurador suyo al carnicero valenciano Francesc de Roda para que defienda sus intereses en la ciudad.10 Quien ejerce de intermediario entre ellos es Juan Catalán, ciudadano de Albarracín y mercader con residencia en Ródenas. Este personaje realizó algunas operaciones ganaderas de altura, como los más de 1.238 florines que obtuvo por carneros vendidos en octubre de 1422 y que le reconocen deber Foch Grau y Domingo Romeo, vecinos de Murviedro, participantes en otros contratos; o los 220 florines que Jaime Montiel, carnicero de Mora, por la misma razón se compromete a pagarle en Teruel el 9 octubre de 1419.11 Interviene en negocios laneros, también claramente como intermediario. De hecho, en agosto de 1422 el mercader veneciano Martín Contarín, como procurador de su padre, Paulo Contarín, habitante en Venecia, y heredero del difunto Nicolau Contarín, su hijo, en testimonio notarial extendido en Teruel, le confirma la deuda de este último, por compra de lana hasta el día de su muerte, por un total de 221 florines, 7 sueldos, un marco y medio de plata y una romana de pesar, quedando todavía en poder de Juan Catalán 26 sacas de lana que debería entregar cuando fuera satisfecho de la cantidad debida.12

En Teruel también se cierran algunos de estos tratos ganaderos. Así, Pascual Martín, carnicero de Valencia, contrata en esta ciudad el 2 de septiembre de 1420 con Juan de Checa, vecino de Albarracín, la compra de carneros por valor de 488 florines, que hará efectivos en su casa de Valencia dentro de tres semanas; y con Juan Gómez Caforexas, vecino de Villar del Cobo, por valor de 700 florines que pagará también en su casa para Todos Santos. En ambos casos, los plazos de pago y el lugar indican que serán los vendedores los encargados de conducir los rebaños, escalonadamente, primero el menor, hasta el domicilio del comprador y, una vez allí, este debería hacer efectivo el importe del contrato.13 En definitiva, la bien conocida riqueza pecuaria de las serranías ibéricas, origen de muchas de las exportaciones de carne hacia Valencia, debió influir en la ampliación de la base social que pudo acceder al consumo de dicha producción.14

Dos elementos son comunes a todas las localidades que hemos estudiado en Aragón, a saber, la existencia de medidas para favorecer el abasto de carneros y/o corderos en Cuaresma, en principio para atender a las necesidades de los enfermos, y en segundo lugar la de proporcionar uno o varios toros para las corridas de la población, que solían coincidir con las fiestas cívicas o patronales. Tal es el caso de la cláusula que aparece en los capítulos de la arrendación de las carnicerías turolenses del ganado menor del año 1454. Tenían que traer dos toros o novillos bravos para correrlos en la plaza mayor «porque el pueblo se alegre e tome placer», uno en San Juan y el otro en Santa María de agosto, o cuando señalasen los regidores. Si después de corridos los querían matar los carniceros, lo podían hacer, pero si la carne no se vendía, el procurador de la ciudad satisfaría la pérdida.15

A estas variaciones estacionales se sumaban otras que se producían a lo largo de la semana, y que venían determinadas por dos hechos fundamentales. En primer lugar, la existencia del viernes, día de abstinencia que, además de eliminar la carne de las mesas, impelía a los carniceros a prever con antelación la carne justa que se iba a gastar tirando a la baja o, más habitualmente, a pensar qué hacer con aquella que no se vendía. La solución era el salado de las sobras bajo control estricto de la justicia. De hecho, la venta de carne fresca salada –término que la diferencia de la cecinada– debió marcar la venta de sábados y domingos. El segundo factor era la existencia de un día dedicado a sacrificar las reses de los vecinos que normalmente no viene especificado en la documentación, pues bastaba con que el interesado informase de ello al menos con una jornada de antelación y pagase al matarife por su trabajo. A ello hay que sumar la presencia ocasional de reses perniquebradas o enfermas que, si contaban con el beneplácito de los fieles de la ciudad, podían pesar y vender en la carnicería. Por último, en algunos lugares se especifica la frecuencia semanal de determinadas carnes. Por ejemplo, los arrendadores de las carnicerías de vacuno en Teruel tenían que matar dos bueyes, novillos o vacas cada sábado, hasta el día de San Miguel, uno en las carnicerías mayores del concejo sitas en la calle del Pozo, y otro en las de la Puerta de Zaragoza; y si entre semana veían necesario matar algún buey, novillo o vaca más podían hacerlo. Había una multitud de posibilidades, fijas y alternantes, que podían dar lugar a modificaciones significativas en las ventas de un día respecto a otro.

Debido a la información que proporcionan los documentos es muy difícil evaluar el número de locales que se dedicaba a la venta de carne en cada localidad, ya que habitualmente se mencionan las tablas existentes. Dado que en una misma carnicería podía haber un número variado de mostradores, dependiendo de su importancia, no puede establecerse una relación proporcional que nos ayude a resolver la cuestión. A pesar de todo, queda claro que el número de tablas y de locales fue en aumento a la par que crecían los núcleos urbanos y la población que albergaban.16 La mayoría de las carnes, así como el sebo, el tocino y la manteca se vendían por peso dentro de las carnicerías, pero la casquería, lo que los documentos llaman menudos de las reses (cabeza, corazón, liviano, vientre, tripas, manos, pies), por regla general solía venderse a ojo y fuera de las mismas. No obstante, no todas las vísceras lo eran, de manera que observamos una tendencia a pesar las de los animales más apreciados (carneros y cabritos principalmente) o las de aquellos de gran tamaño (vaca y cerdo).

Se conservan los capítulos que regulaban la actividad de los carniceros de vacuno de la ciudad de Teruel en 1428,17 a los cuales pueden añadirse los capítulos finales de la arrendación del ganado menor de 1454,18 así como los de la arrendación de sus carnicerías en 1470.19 En estos últimos capítulos las autoridades locales se preocuparon por mantener bien abastecidas las carnicerías, regulando los precios de la carne: el carnero a 10 dineros la libra de peso, el cabrón a 7, la oveja y el cordero a 6, el cabrito de leche a 10, la cabra a 4, el buey a 5 y la vaca a 4 dineros. Asimismo, queda patente como el concepto de «carnicería» abarcaba todas las fases de la industria de la carne, desde la matanza del animal a la venta al detalle.

De interés también es el abasto de carne en las carnicerías moras. En Zaragoza, fue cedida en posesión por privilegio del rey Pedro IV en 1358 a Gil Pérez de Buisán y vinculada ya en el siglo XVI por herencia a la familia de los Fernández de Heredia.20 Sita en la morería, surtía a la población musulmana de carne degollada según el rito islámico, sujeta en ocasiones a las sisas cargadas sobre esta minoría. De esta forma, todavía en febrero de 1534, según lo acordado el año anterior en las Cortes de Monzón, el concejo zaragozano impuso dos dineros sobre la libra de carne allí vendida, ahora denominada carnicería de los nuevos convertidos, con objeto de recuperar las sumas gastadas en cancelar las deudas de la aljama mudéjar tras su conversión forzosa en 1526.21

En el período bajomedieval en el que nos movemos es indudable que el consumo de carne se había homologado en todos los ámbitos, entre todas las clases sociales. Con todo, no puede olvidarse que la mayoría de los trabajadores urbanos o rurales, que conformarían la mayor parte de la población, tendrían acceso aparte de las menudencias o despojos –que se adquirían sobre todo fuera de la carnicería–, a las carnes que presentaban un precio menor, como la cabra, la oveja o el cabrón cojudo, siendo el recurso más popular, así como aquellas vacas y bueyes viejas y/o en mal estado que vendían los agricultores a los carniceros.

La jerarquía del consumo en los mercados tiene su reflejo en el precio de los productos cárnicos. Independientemente de los motivos que explican la fijación de los precios, lo cierto es que el examen de los listados de estos nos informa de que el carnero era el animal más caro, costando alrededor de 9 u 11 dineros la libra de su carne, precio que se mantiene inalterable tanto al principio como al final del siglo XV. Detrás están el cabrón castrado, el cerdo y la vaca, todos con un precio similar pero inferior al precedente, en torno pues a los 4 o 5 dineros la libra de buey, novillo o vaca, o 7 dineros la libra de cabrón, por ejemplo. Cabra, oveja y cabrón cojudo conforman el grupo más barato dentro de las carnes de peso, a una media de 5 dineros la libra de cabra y oveja. Los menudos o menudencias ocupan el peldaño inferior del escalafón y aparecen a su vez jerarquizados según su destino fueran las asaduras a las turmas y a las cabezas; o aquellos limpios sobre los sucios y los cocidos sobre los crudos. En cuanto a las aves, se prefieren las hembras sobre los machos, a excepción del capón.

LA IMPOSICIÓN DE LA SISA SOBRE EL CONSUMO DE CARNE

Tanto interés por las carnicerías no era casual, y es que el sacrificio de los animales y el consumo de carne estaban gravados con impuestos bastante altos, lo suficiente para provocar rivalidades entre la monarquía, los concejos y las aljamas. En ese sentido, un hecho común era que los cristianos acudiesen a las carnicerías mudéjares o judías para evitar los impuestos de la suya propia. El principal impuesto sobre la venta de la carne eran las sisas especiales cargadas sobre este alimento de primera necesidad y alto consumo. El carnicero era el intermediario forzoso de su cobro, ya que era él quien, tras llevar a cabo la matanza y antes de poner la carne en venta, debía presentarla al sisero, quien le cobraba la «sisa» y expedía un albarán autorizando su venta. Esta fiscalización del mercado de la carne sería una de las principales razones del interés de los gobiernos municipales por tener bajo control en recintos cerrados. En este punto, el observatorio valenciano proporciona ya un buen modelo de referencia sobre este tipo impositivo.22

Se conserva un greuge dirigido a la reina doña María de Castilla, lugarteniente de Alfonso el Magnánimo, enviado por Pere Estevan, procurador del deán y capítulo de los canónigos de la Seo de Huesca y del clero de la dicha ciudad, diciendo que en Aragón las sisas estaban prohibidas (según el Privilegio General, obtenido por Pedro III en 1283), con lo que ni directa ni indirectamente se debían imponer ni exigir. Estando así las cosas, y como siempre se había acostumbrado en Huesca a vender las carnes al precio de Zaragoza –el carnero a 8 dineros la libra, la cabra, la oveja y el buey a 4 dineros la libra (la carne de los pobres) y el cabrón a 6 dineros la libra– el problema era que se estaban vendiendo allí a un dinero más por libra en todas las carnes nombradas, lo cual era fraude de las sisas, porque estaban imponiendo este gravamen de más.23 Ante esa queja se argumentó que ciertos herbajes de Huesca, que era costumbre arrendar a los carniceros por 4.000 o 5.000 sueldos anuales, en esos años de 1441-1442 y en los dos siguientes habían hecho incrementar la arrendación a 8.000 sueldos, causa por la que tenían que dar a 9 dineros la carne del carnero, 5 la de cabra, oveja o buey y a 7 la de cabrón. Protestaban pues de que los jurados, concejo y universidad oscense habían «puesto sisa en el vender de dicha carne» en contra de lo que se dictaba en el fuero de las sisas, y por esa razón la arrendación mencionada debía ser revocada y la carne vendida al mismo precio que Zaragoza. La respuesta de la reina al agravio fue remitir la causa al Justicia de Aragón, con lo que no la consideraría demasiado grave como para negociarla y darle solución directamente.

Dicho documento es interesante primero porque se trata de una imposición encubierta, bajo mano (no oficial como ocurrirá diez años más tarde en Cortes de Zaragoza de 1451); y segundo porque permite conocer hipotéticamente, si hacemos las cuentas, cuáles fueron aproximadamente los ingresos municipales por el abasto de carne en ese año. Lo que a su vez demuestra que el monopolio de la carne reportaba al concejo oscense cifras muy bajas para mediados del siglo XV en aras de seguir conteniendo los precios, sustentar la demanda local (es decir, asegurar su suministro estable a un precio asequible) y reactivar las transacciones en este mercado; aun sabiendo que las carnicerías de Huesca constituían la ganancia concejil más importante en la partida de explotación de bienes propios. Parangonable con el caso de Zaragoza donde tenemos cifras de principios del Quinientos de 11.000 sueldos de la carne: más de 4.000 sueldos de tocino y 3.200 sueldos de las candelas en 1503; importe que decae más adelante (hacia 1516 son 5.000 sueldos tanto de la carne, como del tocino y del sebo). Esas cifras disminuyeron proporcionalmente conforme avanzó el siglo XVI, cuando se incrementaron los beneficios por el aumento de la vistreta, que era la cantidad fijada en el contrato que el concejo entregaba al arrendatario para gestionar el abasto (100.000 sueldos en 1523-30); y también por la introducción de arriendos más específicos sobre la ternera, el cabrito y el cordero lechal.24

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9788491346906
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